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Croix de Bourgogne
Drapeau
Utilisation Drapeau et pavillon national Version officielle
Caractéristiques

La croix de Bourgogne (encore appelée Cruz de Borgoña aujourd'hui en espagnol) est un emblème héraldique espagnol, bien que d'origine bourguignonne, qui consiste en une croix de saint André rouge jonchée de nœuds de branches coupées. Cet emblème fait partie des armoiries et drapeaux d'Espagne, à la fois terrestre et maritime, depuis 1506, sous Philippe le Beau, jusqu'à aujourd'hui où il est encore un élément important des armoiries du roi d'Espagne.

Sommaire

DescriptionModifier

On appelle croix de Bourgogne une croix de saint André rouge dont les branches sont écotées sur fond blanc. Cet emblème se blasonne ainsi : « d’argent au sautoir écoté de gueules ». On le retrouve sur les drapeaux des armées du duc de Bourgogne puis sur ceux de ses héritiers espagnols. La croix de Bourgogne est une forme particulière de croix de saint André, mais les deux termes ne sont donc pas synonymes.

HistoireModifier

BourgogneModifier

Les ducs de Bourgogne adoptèrent saint André comme saint patron. Saint André devint ainsi le patron de l’ordre de la Toison d’or et celui des États bourguignons. Le cri d’arme des ducs de Bourgogne était « Montjoie Saint-André ». Un étendard à croix de saint André rouge fut adopté par les armées du duc de Bourgogne à l’époque de Jean Ier de Bourgogne, dit Jean sans Peur[1], duc de Bourgogne, comte de Flandre, d'Artois, comte palatin de Bourgogne (c'est-à-dire de Franche-Comté) (1371-1419).

À la suite du rattachement du duché de Bourgogne à la couronne de France, leurs héritiers Habsbourg conservèrent le symbole de la croix de saint André, toujours utilisé au début du XXIe siècle par l’armée espagnole. Sous les Habsbourg d’Espagne, le drapeau à croix de saint André fait office de symbole de la monarchie catholique et est utilisé aussi bien en Espagne, qu’en Amérique, aux Pays-Bas ou en Franche-Comté.

Franche-ComtéModifier

La croix de Bourgogne fait partie de l’héritage bourguignon légué à la Franche-Comté après la chute des ducs-comtes de Bourgogne. Lorsque les guerres du XVIIe siècle opposent la France et la Comté (alors dernière terre bourguignonne), cet emblème antifrançais est fréquemment arboré par les patriotes comtois. Son utilisation est même courante dans un cadre plus officiel et il n’est pas rare de la rencontrer, seule ou aux côtés du lion d’Othon (sur le sceau du Parlement de Dole, par exemple).

Louis XIV souhaitait conquérir la totalité des anciens États bourguignons, en s’appuyant sur ses droits de descendant des ducs de Bourgogne qu’il tenait de sa mère et surtout de son épouse. C'est pourquoi il attribua à son premier petit-fils, né en 1682, le titre de « duc de Bourgogne ». La Franche-Comté avait été conquise en 1668 et restituée par le traité d’Aix-la-Chapelle. Les Francs-Comtois tinrent à affirmer leur fidélité au roi d’Espagne et pour ce faire ils fabriquèrent des plaques de cheminée où figurent l’écu de la Comté, entouré par le collier de la Toison d’or, accompagné de C couronnés, initiales de Charles II d'Espagne, et de croix de saint André écotées prises dans des briquets qui supportent aussi le bélier de la Toison.

C’est certainement pour répondre à cette plaque qu’on en fabriqua d'autres, sans doute dans le duché, où l’on voit la croix de Bourgogne écotée, placée derrière le briquet d’où pend le bélier, accostée de deux cailloux d’où sortent des flammes, le tout accompagné de trois fleurs de lys et de trois L.

Louis XIV décida de prendre pour lui cette croix devenue l'emblème par excellence de la Maison d'Espagne. En 1668, il créa un régiment de Bourgogne, d'infanterie, et une compagnie de chevau-légers de Bourgogne, ensuite « gendarmes de Bourgogne ». Le régiment de Bourgogne, et plus tard le Royal-Comtois, eurent sur leurs drapeaux la croix de Bourgogne. Il en fut de même des régiments de milice levés en Bourgogne et en Franche-Comté. Les « gendarmes bourguignons » avaient sur leur étendard une grande croix de Bourgogne et quatre petites, plus des sautoirs sur le tablier des timbaliers, les fontes de pistolets .

Les propos suivants de l'historien comtois Jules Chifflet (1615-1676) commentant l'utilisation de la croix de saint André par des unités de l'armée royale française illustre particulièrement bien l'attachement des Comtois à ce symbole de leur identité.

« Ils [les officiers du régiment] prirent pour drapeaux une croix de Bourgogne semée de fleurs de lys, dont si j'avois entrepris de décrire l'offense, il sembleroit que je voulusse l'aggraver […]. Nos anciens princes qui sont en l'autre vie, à la vue de cet étendard, auroient peine de croire un tel oubli de notre nation, sinon jugeant, comme tous les hommes sages firent, que Dieu fit entreprendre cette témérité pour nous humilier d'autant plus par le reproche qui en sera fait à jamais à ceux qui s'enrôlèrent sous une telle enseigne. »

Espagne et son empireModifier

L’année 1506 devrait être considérée comme la première utilisation théorique en Espagne gand qu’elle a fait son apparition sur les bannières portées par les gardes de Phillipe le Beau), bien que d'autre donne 1925. Après son mariage avec Jeanne de Castille, Philippe devint le premier roi d'Espagne et utilisa la croix de Bourgogne comme emblème, car elle était l'emblème de la maison de sa mère, Marie de Bourgogne.

Le fils de Philippe et Jeanne, l'empereur Charles Quint (le roi Charles Ier d'Espagne), utilisa pour les différentes armées de son empire le drapeau avec la Croix de Bourgogne. Néanmoins, le drapeau officiel était toujours blanc. Les monarques espagnols - les Habsbourg et leurs successeurs, la Maison de Bourbon - ont continué à utiliser la Croix de Bourgogne sous diverses formes, notamment en tant que partisan aux Armoiries royales. [2].


Comme symbole vexillologique, la croix de Bourgogne était toujours arboré en tant drapeau secondaire et resta largement utilisée aux Amériques dans l'Empire espagnol jusqu'à la création en 1785 du pavillon espagnol rouge-jaune-rouge lors du règne de Charles III.

Pays-Bas méridionauxModifier

 
Drapeau des Pays-Bas autrichiens avec la croix de Bourgogne.
 
Action de la Compagnie d'Ostende comportant le Symbole de la croix de Bourgogne

Le symbole est aussi utilisé comme un symbole des Pays-Bas méridionaux, correspondant à l'actuel Belgique (à l'exception de la Principauté de Liège, de celle de Stavelot-Malmedy et du duché de Bouillon), au Luxembourg et au Nord-Pas-de-Calais. Le drapeau des Pays-Bas méridionaux lors de la période autrichienne de 1781 à 1786 était un aigle à deux têtes noir sur un croix de Bourgogne rouge, le tout sursur un fond de rouge sur blanc sur jaune. C'était également le symbole de la Compagnie d'Ostende, la compagnie des indes des Pays-Bas méridionaux.

Usages modernes et variantesModifier

BelgiqueModifier

Pavillon navalModifier

 
Pavillon naval de l'armée belge

Le pavillon naval de l'armée belge actuel, qui date de 1950, est un hommage à la croix de Bourgogne tout en réutilisant les couleurs de la Belgique[3].

Parti rexiste et 28e division SS WallonieModifier

Avant et durant la Seconde Guerre mondiale, le parti belge Rex (dirigé par Léon Degrelle) a adopté la croix de Bourgogne comme emblème. Ce parti a largement collaboré avec l'occupant allemand, faisant de la croix de Bourgogne l'équivalent local de la croix gammée nazie. Le choix de la croix de Bourgogne par le parti Rex était justifié par l'ancienne appartenance de la Belgique à l’État bourguignon que ce parti rêvait de reconstituer, de Bruges à Besançon.

 
Drapeau de la Légion Wallonie

La croix de Bourgogne fut le symbole utilisé par les rexistes sur les étendards de leur division SS durant la Seconde Guerre mondiale. Léon Degrelle rêvait en effet de restaurer les anciens États bourguignons. Le premier drapeau de la Légion Wallonie fut remis le 8 août 1941, dans la Salle de Marbre du Palais des Beaux Arts de Bruxelles.

Il s'agissait d'un drapeau à champ noir, à croix de saint André écarlate et frange d’or c'est-à-dire aux trois couleurs de la Belgique. Ce drapeau ne respectait pas les règles de l'héraldique du fait de la superposition du noir et du rouge (règle de contrariété des couleurs).

Lors du départ du second contingent de la Légion Wallonie, le 10 mars 1942. Victor Mathys remit un nouvel étendard. Celui-ci était blanc, découpé à deux pointes, avec croix de saint André rouge et orné sur ses deux faces d’une banderole avec la devise «  Dur et Pur Rex vaincra ». À cette occasion, furent également remis quatre fanions de compagnie reprenant l'étendant mais sans la devise et avec en plus un dextrochère sortant d'un nuage brandissant un glaive représentant le bras de Dieu. L’étendard et les fanions avaient été dessinés par John Hagemans, prévôt de la Jeunesse Rexiste.

Le 8 août 1943, un nouvel étendard et quatre fanions furent remis aux légionnaires. Les fanions de compagnie étaient identiques à ceux remis en mars 1942, mais numérotés de 5 à 8. L’étendard était identique à celui de 1942, mais avec une nouvelle devise sur la banderole : «  Qui s’y frotte s’y pique ».

Dans leur retraite, des officiers de Légion Wallonie auraient confié les drapeaux au bourgmestre d’un petit village allemand, aux alentours de Lubeck. Plusieurs années plus tard, quelques anciens seraient retournés dans ce village où le bourgmestre les aurait soigneusement conservés. Ils auraient alors été remis à Léon Degrelle en Espagne. De fait, Léon Degrelle exposa de tels drapeaux dans son bureau.

PhilippevilleModifier

 
Blason ville de Philippeville

Le drapeau local et les armoiries de Philippeville (Belgique) portent une croix bourguignonne de couleur jaune sur fond bleu.


FranceModifier

FootballModifier

La croix est aujourd'hui utilisée en Bourgogne par les supporters des clubs sportifs tels que la Jeanne d'Arc Dijon, l'AJ Auxerre ou le Dijon Football Côte-d'Or.

Pays-BasModifier

EspagneModifier

Symbole des rois d'EspagneModifier

Le blason actuel des rois d’Espagne contient une croix de Bourgogne.

Symbole CarlisteModifier

Le drapeau est l'un des symboles du mouvement carliste.

C'est un mouvement traditionaliste-légitimiste qui a combattu lors des trois guerres carlistes contre Isabelle II d’Espagne, réclamant le trône d'Espagne pour Charles, qui aurait été l'héritier légal de la loi salique, qui avait été controversée et abolie par Ferdinand VII. Dans la première guerre carliste (1833-1840), la bannière bourguignonne était cependant une bannière de l'armée permanente de la reine plutôt que carliste.

Finalement, sous la direction de Manuel Fal Condé, la Croix de Bourgogne devint l’insigne carliste en 1934.

Les carlistes ayant participé à la guerre civile espagnole aux côtés du général Franco, ils furent contraints par ce dernier d'intégrer le seul parti autorisé par son gouvernement, la FET de las JONS. Dès lors, le drapeau à croix de Bourgogne devint un symbole officiel du régime franquiste et il flotta à côté du drapeau national et du drapeau de la Phalange espagnole. Les partis politiques se réclamant du carlisme ont repris la croix de Bourgogne après la fin du régime franquiste.

Amérique LatineModifier

BolivieModifier

Le drapeau de département bolivien de Chuquisaca est la croix de Bourgogne.

ChiliModifier

 
Drapeau de Valdivia

Le drapeau de Valdivia, qui est composé d'une croix rouge sur un champ blanc, proviendrait de la croix de Bourgogne, car la ville de Valdivia, dans le sud du Chili, était une importante place forte de l'empire espagnol.

États-UnisModifier

 
Croix de Bourgogne à côté des drapeaux de Porto Rico et des États-Unis à Fort San Cristóbal à San Juan, Porto Rico

GaleriesModifier

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Notes et sourcesModifier

BibliographieModifier

  • Nicolas Vernot, « La croix de Saint André, facteur d’unité entre les Pays-Bas et le comté de Bourgogne, de Maximilien aux Archiducs (-) », dans Laurence Delobette (dir.) et Paul Delsalle (dir.), La Franche-Comté et les anciens Pays-Bas, XIIIe – XVIIIe siècles, t. 1 : Aspects politiques, diplomatiques, religieux et artistiques, Actes du colloque international, Vesoul Tournai, -, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, (lire en ligne le chapitre), p. 95-128

RéférencesModifier

  1. http://www.cadole.eu/histoire/draipea/croix-de-bourgogne.htm
  2. (es) Álvarez Abeilhé, Juan. La bandera de España. El origen militar de los símbolos de España. Revista de historia militar Año LIV (2010). Núm extraord. Madrid: Ministerio de Defensa. (ISSN 0482-5748). PP. 37-69.
  3. Valérie Fassotte, Étiquette des marins,étiquette des pavillons et code International (lire en ligne)

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier