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Maison de Habsbourg

Maison souveraine d'Europe connue pour avoir fourni tous les empereurs du Saint-Empire...
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Maison de Habsbourg
Description de cette image, également commentée ci-après
Premier armorial des Habsbourg au XIe siècle : d'or au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'azur
Type Impériale
Pays Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Titres Empereurs germaniques
Fondation 1045
Werner Ier
Déposition Charles VI
Dissolution 1740
Ethnicité Bavarii
Branche Habsbourg-Laufenbourg

La maison de Habsbourg /ˈabzbur/ ou maison d'Autriche est une importante Maison souveraine d'Europe connue entre autres pour avoir fourni tous les empereurs du Saint-Empire romain germanique entre 1452 et 1740, ainsi qu'une importante lignée de souverains d'Espagne et de l'empire d'Autriche, puis de la double monarchie austro-hongroise. La dynastie porte le nom de « maison de Habsbourg-Lorraine » depuis 1780.

Historique de la maison d'AutricheModifier

 
Drapeau de la maison de Habsbourg - également drapeau de l'Empire d'Autriche jusqu'au compromis de 1867 (Empire austro-hongrois).
 
Blason de l'empereur Habsbourg montrant l'étendue de ses possessions territoriales.
 
Poignée en forme d'aigle habsbourgeoise, Petit Appartement de la reine à Versailles.

Sous le nom de maison d'Autriche, la dynastie règne sur plusieurs pays d'Europe :

Marie-Thérèse d'Autriche est la dernière représentante de cette maison. Les enfants qu'elle a de son mariage avec François-Étienne de Lorraine commencent la dynastie des Habsbourg-Lorraine.

Les chefs de la maison de Habsbourg-Lorraine règnent comme empereurs germaniques, rois de Hongrie et de Bohême jusqu'en 1806 puis comme empereurs d'Autriche de 1804 à 1918, ainsi que rois de Hongrie et de Bohême jusqu'en 1918.

Les membres actuels de la maison de Habsbourg-Lorraine, dite maison d'Autriche, tous descendants de Marie-Thérèse et de François-Étienne, portent tous les titres d'archiduc ou archiduchesse d'Autriche, prince ou princesse royale de Hongrie et de Bohême, avec le prédicat d'altesse impériale et royale. Les membres de la famille ayant contracté une union non égale au regard du statut de la maison de Habsbourg, ou non autorisée par le chef de famille, et issus de telles unions portent le titre de comte ou comtesse de Habsbourg à défaut d'un autre nom ou titre attribué, comme Hohenberg pour les descendants de l'archiduc François-Ferdinand, issus de son union morganatique avec la comtesse Sophie Chotek, titrée duchesse de Hohenberg.

La devise des Habsbourg d'Autriche est « Alles Erdreich ist Österreich untertan » en allemand et « Austriae est imperare orbi universo » en latin. On l'abrège « A.E.I.O.U. », dans chacune des deux langues. Elle signifie « Il appartient à l'Autriche de commander à tout l'Univers » et affiche l'ambition de cette famille.

Ancêtres des HabsbourgModifier

Tirant son nom du château de Habsbourg en Suisse alémanique, l'histoire de cette maison ne commence à offrir quelques certitudes qu'à partir de Gontran le Riche (Guntram)[1], comte d'Alsace de 917 à 954.

On a cherché à la faire descendre d'Etichon-Adalric d'Alsace, premier duc d'Alsace, né vers 626 et mort vers 690[2]. En effet, la première mention du premier ancêtre des Habsbourg date du milieu du Xe siècle avec Gontran le Riche (Guntramnus dives). Or, dans le but de contrôler les routes commerciales reliant la Germanie et l'Italie, le roi Otton Ier confisque, lors d'une Diète d'Empire à Augsbourg en août 952, une grande partie des possessions situées en Alsace, en Brisgau et en Thurgovie d'un comte, dénommé Gontran (Guntramnus comes), un membre de la famille des comtes éberhardiens du Nordgau (Bas-Rhin). Un solide faisceau d'arguments tend à montrer que ce dernier et Gontran le Riche ne forment qu'un seul et même personnage. Si l'identité s'avère, la maison de Habsbourg descend ainsi des Étichonides, l'illustre famille des ducs mérovingiens issue d'Etichon-Adalric d'Alasace, régnant aux VIIe et VIIIe siècles sur l'Alsace, dont le membre le plus éminent est sainte Odile de Hohenbourg.

Deux petits-enfants de Gontran le Riche, Radbot et Rodolphe d'Altenbourg, entrent dans l'histoire comme d'actifs bâtisseurs. Le premier, tige du lignage des Habsbourg, jette les bases de l'abbaye de Muri (Muri (Argovie) en Suisse) ; le second, mort sans descendance, fonde l'abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul d'Ottmarsheim en Alsace, un chef-d'œuvre architectural très inspiré de la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle (chapelle privée de Charlemagne) et de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem (le tombeau du Christ).

L'évêque de Strasbourg Werner de Habsbourg (mort à Constantinople le 28 octobre 1028[3]), un frère de Radbot et de Rodolphe, fonde en Argovie, au début du XIe siècle, le château de Habsbourg de Habsburg (Argovie) en Suisse alémanique, qui donne son nom à la dynastie issue de Radbot. Selon d'autres auteurs, Werner n'est que le beau-frère de Radbot, et ce dernier le véritable fondateur du château[4]. Jamais les Habsbourg ne doivent habiter leur château éponyme : à sa fondation le château se présente comme un simple avant-poste militaire au service de la politique impériale, face au Second Royaume de Bourgogne mûr pour tomber dans l'escarcelle de l'Empire.

Une implication politique au plus haut niveau doublée d'une habile stratégie matrimoniale permet aux descendants de Radbot d'asseoir durablement leur domination sur un grand nombre de terres alsaciennes, suisses et badoises. Le centre de leur puissance, essentiellement politique, accessoirement territoriale, se situe en Alsace. Dès le début du XIIe siècle, les Habsbourg acquièrent le landgraviat (comté provincial) de Haute-Alsace (Haut-Rhin), l'avouerie sur des terres épiscopales strasbourgeoises (Haut-Mundat) et surtout l'avouerie sur la puissante et prestigieuse abbaye de Murbach.

Le statut des Habsbourg évolue en 1273 lorsque le comte Rodolphe IV de Habsbourg, allié des bourgeois des villes de Strasbourg et de Zurich, est élu empereur, prenant le nom de Rodolphe Ier de Habsbourg. En effet, les princes-électeurs préfèrent, comme souvent, confier la couronne de l'Empire à un seigneur qui ne leur semble alors ni trop puissant, ni trop menaçant pour leurs propres intérêts[5].

Histoire des HabsbourgModifier

 
Armoiries des premiers comtes de Habsbourg.
 
Sur l'actuel drapeau alsacien, les couronnes symbolisent les aspirations des Habsbourg, elles sont ajoutées au rouge et blanc, couleurs alémaniques traditionnelles.

Werner II, un des fils de Radbot, est le premier à prendre le titre de comte de Habsbourg. Dans la guerre entre l'empereur du Saint-Empire Henri IV et l'anti-empereur Rodolphe de Rheinfelden, Werner embrasse le parti de ce dernier (1077-1080).

Adalbert III, petit-fils de Werner II, succède à son père Werner III en 1163, fait la guerre en Palestine (1187-1191 et 1196-1198), combat ensuite Berthold V de Zähringen et fonde Waldshut ; il prend le premier le titre de Landgrave d'Alsace.

Après la mort de Rodolphe II l'Ancien, fils d'Adalbert III, en 1232, la maison des Habsbourg se partage en deux branches : Habsbourg-Habsbourg et Habsbourg-Laufenbourg, dont les chefs sont Albert IV le Sage et Rodolphe III, son frère. La maison de Habsbourg-Laufenbourg s'éteint en 1415[6].

Depuis l'Alsace historique, la famille étend son influence vers l'est, contrôlant le Saint-Empire romain germanique dès 1273, l'étendant jusqu'à l'actuelle Autriche (1278-1382). En seulement deux ou trois générations, les Habsbourg réussissent à s'assurer le contrôle quasi permanent du trône impérial pour plusieurs siècles (1273-1291, 1298-1308 et 1438-1740).

Branche aînéeModifier

Albert IV le Sage (mort en croisade en 1239), tige de la branche aînée ou impériale, a pour sa part Habsbourg, le comté d'Argovie et les alleux d'Alsace ; il y joint par mariage le comté de Kybourg. Son fils Rodolphe IV agrandit considérablement ses domaines du côté de la Suisse et acquiert en 1278 les duchés d'Autriche et de Styrie par la défaite de son compétiteur Ottokar II de Bohême à la bataille de Marchfeld. Il est le premier Habsbourg appelé au trône impérial en 1273 ; il règne 18 ans (1273-1291) sous le nom de Rodolphe Ier de Habsbourg, et a pour successeur dans ses États héréditaires, et plus tard à l'Empire (1298), son fils Albert (Albert Ier comme duc d'Autriche et empereur). Sous celui-ci les Suisses se révoltent, et pendant toute la durée du XIVe siècle et la moitié du XVe siècle, la maison de Habsbourg s'épuise vainement à les combattre ; elle se voit successivement enlever la plus grande partie de ses domaines. En 1438 un nouveau prince de la maison d'Autriche-Habsbourg est appelé au trône impérial ; Albert V, roi de Hongrie et de Bohême, régna sous le nom d'Albert II ; depuis lors, la maison de Habsbourg règne sans interruption sur le Saint-Empire romain germanique jusqu'en 1740, date de la mort sans descendance mâle de Charles VI du Saint-Empire. Sa fille aînée, héritière de cette maison, Marie-Thérèse d'Autriche « La Grande », porte ses possessions, par mariage, dans la maison de Lorraine.

Branche cadetteModifier

Elle a pour tige Rodolphe IV d'Autriche, oncle de l'empereur Rodolphe Ier de Habsbourg, et reçoit en partage Laufenburg, Waldshut, Neu-Habsbourg (sur le lac des Quatre-Cantons) et les domaines de Klekgau. Après la mort de Rodolphe IV, cette branche se partage en deux rameaux (les comtes de Habsbourg-Laufenbourg et les nouveaux comtes de Kybourg). Le premier de ces deux rameaux, commencé par Godefroy (mort en 1271), s'éteint au commencement du XVe siècle. Eberhard, tige du second, a acquis le comté de Kybourg en épousant Anne, héritière de cette maison ; il meurt en 1284 ; sa descendance s'éteint en 1415. La branche aînée réunit alors tous les domaines de la maison.

SuiteModifier

 
Les possessions des Habsbourg après la bataille de Muehlberg (1547).
 
L'Europe en 1547.

Après le mariage de Maximilien Ier avec Marie de Bourgogne, princesse de Valois et héritière des possessions bourguignonnes (notamment les Pays-Bas) et le mariage de son fils Philippe « le Beau » avec Jeanne « la Folle », héritière des Espagnes et de leurs nombreuses dépendances, le fils de ces derniers, Charles Quint (ou Charles V), hérita d'un empire sur lequel « le soleil ne se couchait jamais ».

Après l'abdication de l'empereur Charles V — aussi roi Charles Ier des Espagnes et des Indes (1516-1556), la famille se sépare en deux branches, l'autrichienne et l'espagnole.

Les Habsbourg mirent le mariage de leurs enfants au service de leur politique diplomatique en favorisant les unions avec différents souverains européens, faisant de la maison d'Autriche une véritable usine à princes et princesses Habsbourg. Pour maintenir au sein de la famille les possessions acquises par la politique matrimoniale de leurs ancêtres, les Habsbourg, successeurs de Charles, malgré le Traité d'Oñate (1617), abusèrent des unions consanguines qui finirent par épuiser la lignée et on estime que les unions à l'intérieur de la maison de Habsbourg contribuèrent à son extinction : ainsi Philippe IV d'Espagne était simultanément plusieurs fois cousin de Ferdinand III d'Autriche, son beau-frère et son gendre. Son fils Charles II fut de santé délicate et ne put avoir de descendance[7].

La branche espagnole s'éteignit dans les mâles en 1700, déclenchant la guerre de Succession d'Espagne, comme fit l'autrichienne en 1740, provoquant la guerre de Succession d'Autriche. Cependant la dernière de tous les Habsbourg (Marie-Thérèse) avait épousé François-Étienne, duc de Lorraine et de Bar, et leurs descendants perpétuèrent le nom de Habsbourg dans la maison de Lorraine sous l'appellation Habsbourg-Lorraine. La Hongrie, nominalement sous la royauté Habsbourg depuis 1526, mais pour la plus grande partie sous occupation turque pendant un siècle et demi, fut reconquise en 1683-1699 par Charles V de Lorraine qui épousa une Habsbourg, sœur de Léopold Ier du Saint-Empire. Ils furent les grands-parents de l'époux de Marie-Thérèse. La Hongrie se révolta contre les Habsbourg-Lorraine en 1848 ; ceux-ci ne parvinrent à la maintenir qu'en faisant appel aux troupes russes du tsar Nicolas Ier.

Souverains issus de la maison de HabsbourgModifier

Empereur du Saint-Empire, roi de Hongrie et de Bohême, archiduc souverain d'AutricheModifier

N.B. : Marie-Thérèse Ire, ultime Habsbourg et épouse de l'empereur des Romains François Ier Étienne, régna comme roi de Hongrie, reine de Bohême et archiduchesse souveraine d'Autriche, 1740-1780

Roi des Espagnes et des IndesModifier

Article détaillé : Maison de Habsbourg en Espagne.

Roi de Portugal et des AlgarvesModifier

Roi et Reine de BohêmeModifier

Roi de NaplesModifier

Roi et Reine de HongrieModifier

Notes et référencesModifier

  1. Généalogie de Guntram le Riche sur le site Medieval Lands
  2. Les Habsbourg et Ottmarsheim - Ottmarsheim, berceau des Habsbourg par Philippe Nuss
  3. Généalogie de Werner de Strasbourg sur le site Medieval Lands
  4. Jean Bérenger, Histoire de l'empire des Habsbourg Fayard 1990, rééd. Tallandier 2012 coll. Texto, tome I p. 34
  5. Pour en savoir plus, consulter le verbatim de cette conférence.
  6. Die Habsburger, Eine Europäische Familiengeschichte, Brigitte Vacha, Sonderausgabe 1996, p. 22
  7. Catarina de Habsbourg, Ces Autrichiennes, nées pour régner, Michel de Maule, , 302 p.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean Bérenger, Histoire de l'Empire des Habsbourg : 1273-1918, Fayard, [Paris], 1990.
  • Henry Bogdan, Histoire des Habsbourg : des origines à nos jours. Paris, Perrin, coll. « Tempus », no 107, 2005. 425 pp., 18 cm. (ISBN 2-262-02376-X).
  • Philippe Nuss, Les Habsbourg en Alsace, des origines à 1273. Recherches pour une histoire de l’Alsatia Habsburgica. Société d'Histoire du Sundgau, Altkirch, 2002, 542p.
  • Habsbourg Biographies
  • Philippe Nuss, Les Regestes des Comtes de Habsbourg : en Alsace avant 1273. Société d'histoire du Sundgau, Altkirch, 2005, 513 p.

Source partielleModifier

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Maison de Habsbourg » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie, (lire sur Wikisource)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier