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Maison d'Harcourt
Image illustrative de l’article Maison d'Harcourt
Armes

Blasonnement De gueules à deux fasces d'or
Devise Gesta verbis praeveniant
(lignée française)
« Le bon temps viendra »
(lignée anglaise)
Lignées France
Angleterre
Branches Olonde
Beuvron
Période XIe siècle - XXIe siècle
Pays ou province d’origine Normandie
Demeures Demeures actuelles

Château de Thury-Harcourt
Château d'Orcher
Château de Maisons-Harcourt
Château de Saint-Eusoge
Château de Grosbois-en-Montagne
Château de Vibraye
Château d'Argenson
Château de Saint Marcel d'Ardèche
Château de Beaufossé
Château de Montmelas

Charges Chancelier d'Angleterre
Chambellan du Roi de France
Grand-maitre des eaux et forêts
Garde des Sceaux
Secrétaire d'État
Chancelier de l'Échiquier
Secrétaire général de l'Elysée
Fonctions militaires Gouverneur de Normandie
Gouverneur de Picardie
Connétable de Normandie
Chambellan de Normandie
Maréchal de France
Amiral de France
Maréchal d'Angleterre
Capitaine du Mont Saint-Michel
Fonctions ecclésiastiques Archevêque de Rouen
Archevêque de Narbonne
Archevêque d'York
Patriarche d'Antioche
Patriarche d'Alexandrie
Patriarche de Jérusalem
Évêque de Salisbury
Évêque de Bayeux
Évêque de Coutances
Évêque de Lisieux
Évêque d'Amiens
Évêque de Tournai
Évêque d'Orléans
Évêque de Béziers
Évêque de Carlisle

La maison d'Harcourt est une famille subsistante de la noblesse française, d'extraction féodale, originaire de Normandie.
Sa filiation est suivie depuis 1094[1], ce qui fait d'elle l'une des plus anciennes familles françaises subsistantes. Elle a formé vers 1100 deux lignées qui se sont perpétuées séparément, en France et en Angleterre. La lignée française a notamment produit la tige de Bonnétable, qui s'est scindée dès 1407 en deux branches aujourd'hui seules subsistantes : la branche ainée d'Olonde, dont le chef est marquis d'Harcourt, et la branche cadette de Beuvron, dont le chef est duc d'Harcourt.

OrigineModifier

Lorsque le chef viking Rollon obtint en 911, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, les territoires qui allaient constituer le duché de Normandie, il distribua lui-même des domaines à ses principaux fidèles qui l'accompagnaient dans ses expéditions contre les Anglais et les Neustriens. Des terres considérables, et notamment la seigneurie d’Harcourt, près de Brionne, auraient été attribuées pour prix de ses exploits à Bernard le Danois, régent du duché de Normandie en 942.

La tradition familiale fait de Bernard le Danois l'auteur de la maison d'Harcourt, mais la filiation des premiers seigneurs d'Harcourt n'est que supposée, faute de preuves écrites originales :

HistoireModifier

La filiation suivie commence avec Robert Ier :

En AngleterreModifier

 
William, 3e comte Harcourt ; George Simon, 2e comte Harcourt ; Elizabeth Vernon, comtesse Harcourt
Gravure d'après Sir Joshua Reynolds

Yves d'Harcourt, mort après 1166, s'est implanté en Angleterre au début du XIIe siècle. Sa descendance forma plusieurs branches, dont seule subsiste la branche d'Ankerwycke.

Arbre 
  • Seigneurs de Stanton (éteints aux XVIe siècle)
    • Seigneurs de Wytham, puis de Stanton, puis vicomtes et comtes Harcourt (éteints en 1830)
      • Branche d’Ankerwycke
      • Branche de Pendley (éteinte en 1846)
      • Seigneurs de Ranton
Comtes Harcourt 

La branche aînée des Harcourt anglais obtint la pairie, sous les titres successifs de baron, vicomte, et comte. Cette branche des comte Harcourt (en) de Stanton-Harcourt s'éteignit avec la mort du maréchal William Harcourt (en), 3e comte Harcourt, en 1830.

Philip Harcourt (vers 1635 - 1688), seigneur de Stanton-Harcourt, eut pour fils :

En FranceModifier

 
Guillaume d'Harcourt († 1327), baron d'Elbeuf, conseiller du roi, grand maître d'hôtel et grand-queux de France, fondateur de la collégiale de La Saussaye
 
Arrestation du roi de Navarre et du comte d’Harcourt lors du banquet de Rouen (1355)
 
Marie d'Harcourt († 1425), duchesse de Gueldre, représentée dans son livre d'heure

En France, Guillaume d'Harcourt, seigneur d’Harcourt, mort après 1154, fils de Robert Ier, fut l'auteur de la lignée française. D'une épouse inconnue, il eut [3] :

  • Robert II d'Harcourt, dit le Vaillant ou le Fort, seigneur d'Elbeuf, mort vers 1208. Il fut désigné vers 1200 comme pleige et otage par Jean Sans Terre, roi d'Angleterre, dans le cadre de la paix conclue avec Philippe Auguste. Robert II aurait fait construire le premier château d'Harcourt en pierre, dans l'Eure, auquel succédèrent des constructions plus tardives toujours visibles de nos jours. II épousa vers 1179 Eve Crespin[3], dont :
    • Richard d'Harcourt, baron d'Harcourt. Il épousa en 1213 Mathilde Tesson, héritière de la vicomté de Saint-Sauveur, dont :
      • Jean Ier d'Harcourt, dit le Prud'homme, baron d'Harcourt, vicomte de Saint-Sauveur-le-Vicomte, né autour de l’an 1215. Il épousa vers 1240 Alix de Beaumont, décédée en 1275. En 1257, il fonda le prieuré conventuel Notre-Dame du Parc d’Harcourt.

La descendance de Jean Ier d'Harcourt produisit notamment la tige de Bonnétable, qui se scinda en deux branches, la branche d'Olonde et la branche de Beuvron, toutes deux subsistantes.

Arbre 
  • Seigneurs d’Harcourt
    • Comtes d’Harcourt (éteints en 1476)
      • Barons de Montgomery, puis comtes de Tancarville (éteints en 1488)
      • Seigneurs de Bonnétable, puis barons d’Olonde, puis marquis d’Harcourt
        • Barons, puis marquis de Beuvron, puis ducs d’Harcourt
          • Seigneurs de Bailleul (éteints en 1597)
          • Seigneurs de Fontaines-le-Henri et d’Annebecq (éteints en 1599)
          • Branche illégitime de Tilly (éteints au XIXe siècle)
    • Seigneurs d’Avrilly (éteints en 1363)
    • Seigneurs de Beaumesnil (éteints avant 1415)
      • Seigneurs de Charentonne (éteints au XVe siècle)

La branche de Beuvron compta plusieurs maréchaux de France et lieutenants généraux des armées du roi, entre autres François III d'Harcourt (mort en 1705), marquis d’Ectot et de Beuvron, lieutenant-général des armées du roi et son lieutenant général en Normandie, Henri Ier, duc d’Harcourt, maréchal de France, ambassadeur à Madrid en 1697 (mort en 1718), Anne-Pierre, IVe duc d’Harcourt, maréchal de France, gouverneur de Normandie (mort en 1783), et son fils François-Henri, Ve duc d’Harcourt, gouverneur de Normandie, représentant du comte de Provence auprès du gouvernement britannique durant la Révolution française.

Dans la branche d'Olonde, le marquis Georges d’Harcourt-Olonde (1808-1883) fut également ambassadeur à Londres et à Vienne.

En 1966, 126 Harcourt français et anglais ont célébré le millénaire de la Maison d'Harcourt, autour de Lord Harcourt, du marquis d'Harcourt, chef de famille, et du duc d'Harcourt, chef de la branche de Beuvron.

Les d'Harcourt et la guerre de Cent AnsModifier

Comme ce fut le cas pour de nombreux seigneurs normands, les importantes possessions des d'Harcourt en Angleterre et en France les mirent dans une position difficile pendant les conflits entre Capétiens et Plantagenêts. Dans ce contexte, la famille d’Harcourt joua son propre jeu : se rendre indépendants à la fois des rois de France et des rois d'Angleterre ; aussi, après la conquête de la Normandie par Philippe-Auguste en 1204, les d'Harcourt furent-ils les chefs habituels des mouvements féodaux normands dirigés contre le roi de France.

 
Gilonne d'Harcourt (1619-1699), comtesse de Fiesque
 
François III d'Harcourt (1627-1705), marquis de Beuvron, père du Ier duc d'Harcourt
 
Simon 1er viscount Harcourt, lord chancelier d'Angleterre — manière noire de John Simon.
 
Simon, 1er earl Harcourt, gouverneur du Prince de Galles, ambassadeur en France, vice-roi d'Irlande
 
William, 3e earl Harcourt, maréchal d'Angleterre

Famille Venables-Vernon-HarcourtModifier

Après la mort sans postérité de William Harcourt (en) en 1830, 3e et dernier comte Harcourt, son cousin Edward Venables-Vernon-Harcourt, archevêque d'York, hérita du majorat et prit le nom et les armes de la maison Harcourt anglaise, par autorisation royale du 15 janvier 1831. La famille des Venables-Vernon-Harcourt ainsi créée, descendant des Harcourt par voie féminine, est aujourd'hui subsistante. Sa branche aînée accéda à la pairie en 1917, mais le titre de vicomte Harcourt s'est éteint en 1979 avec la mort du second vicomte Harcourt.

PersonnalitésModifier

Hommes d'État et gouverneurs 
Maréchaux de France et d'Angleterre 
Ambassadeurs de France 
Chefs militaires 
Résistants 
Prélats 
Parlementaires 
Autres 

Possessions de la maison d'HarcourtModifier

 
Château d'Harcourt à Chauvigny (Vienne)
 
Façade du château des ducs d'Harcourt à Thury-Harcourt
 
Nuneham, résidence des lords Harcourt jusqu'en 1947 (Oxfordshire)

Les membres de la maison d'Harcourt ont possédé les terres ou titres suivants[4] :

En France 
Titres réguliers subsistants 
  • duc d'Harcourt (1700) et pair de France en 1709, puis duc-pair en 1814
  • marquis d'Harcourt et pair de France (1817)
En Angleterre 

Collège d'HarcourtModifier

Au Moyen Âge, Raoul et Robert d'Harcourt ont fondé à Paris le collège d'Harcourt, devenu ensuite le lycée Saint-Louis, situé boulevard Saint-Michel à Paris.

ArmoiriesModifier

Image Armoiries
  Armes de la maison d'Harcourt

De gueules aux deux fasces d'or.

  • La commune d'Harcourt (département de l'Eure) « porte » aujourd'hui le blason de la famille éponyme.
  Harcourt de Beaumesnil
Selon le folio 72r de l'Armorial de Gelre 
De gueules, à deux fasces d'hermine.
 
 
Jean VI d'Harcourt (13421388), comte d'Harcourt, comte d'Aumale, vicomte de Saint-Sauveur et de Châtellerault, baron d'Elbeuf, seigneur de Lillebonne, de Brionne, d'Arschot.
Selon le folio 46v de l'Armorial de Gelre 
Écartelé : I et IV, d'Harcourt ; II et III, d'azur, à trois bandes d'or (Bellême-Ponthieu).
 
 
Louis d'Harcourt († 1388), frère du précédent, vicomte de Châtellerault, seigneur d'Aerschot, lieutenant général de Normandie (1356-1360).
Selon le folio 104v de l'Armorial de Gelre 
Écartelé : I et IV, d'Harcourt ; II, de Brabant ; III, d'argent, au lion de gueules, à la bordure de sable (Châtellerault).
 
 
Philippe d'Harcourt6 février 1355 - château d'Harcourt1403), troisième fils de Jean V, baron de Bonnétable, seigneur d'Arschot, de Tilly-sur-Seulles (dans le Bessin[5]), de Beuvron, seigneur de Vibraye, de Montcolain ; chevalier, auteur de la branche des barons de Bonnétable, subdivisée en branches d'Olonde et de Beuvron.

D'Harcourt, au lambel d'argent brochant

 
 
Jacques III d'Harcourt (vers 16501712 - Saint-Sauveur-le-Vicomte), baron d'Olonde.

Écartelé : I et IV, d'Harcourt ; au II, de sable[6] au sautoir d'argent, cantonné de quatre aigles du même (Saint-Ouen de Beauval) ; au III, de gueules à trois chevron d'argent (de Warignies, seigneurs de Blainville).

 
 
Guillaume d'Harcourt († 1487), comte de Tancarville, baron de Varenguebec, vicomte de Melun, baron de Montgomerry, seigneur du Bec-Crespin, de Dangu et de Blangy-en-Auge, connétable et chambellan de Normandie.

Écartelé : aux 1 et 4 de gueules à deux bandes d'or (qui est d'Harcourt), au 2 d'azur semé de fleurs de lys d'or à un lambel à trois pendants de gueules, chaque pendant chargé en pal de trois châteaux d'or (qui est d'Artois), au 3 bandé d'azur et d'or à la bordure de gueules (qui est de Bellême-Ponthieu), et sur le tout parti au 1 de gueules à un écusson d'argent accompagné en orle de huit angemmes d'or, (qui est de Tancarville), au 2 d'azur à sept besants d'or 3, 3, 1 et un chef d'or (qui est de Melun).[7]

Sources et bibliographieModifier

ArchivesModifier

  • Les papiers de la famille d'Harcourt (branche marquisale) sont conservés aux Archives nationales sous la cote 380AP[8]. Ils sont consultables sous forme de microfilms.

BibliographieModifier

  • Jean Le Feron, Histoire de la maison d'Harcourt, BNF, XVIe siècle
  • Gilles-André de La Roque, Histoire généalogique de la maison de Harcourt, Paris, Sébastien Cramoisy, 4 vol. in f°, 1662 Tome ITome IITome IIITome IV
  • La Chenaye Desbois, Dictionnaire de la noblesse de France, 3° éd., tome 10, Paris, Schlesinger, 1863-1876
  • Dom Lenoir, Preuves généalogiques et historiques de la Maison d'Harcourt, publiées par M. le marquis d'Harcourt, Paris, Champion, 1907, XLIX-343-74 pp. ;
  • Revue Art de Basse-Normandie no 78, La Famille d'Harcourt, histoire, iconographie, 1979, 68 pages, tableau généalogique dépliant ;
  • Franck Marthaz, La famille de Harcourt à la fin du Moyen Âge, XIVe-XVe, mémoire de DEA, Université de Rouen, 1994 ;
  • Georges Martin, Histoire et Généalogie de la Maison d'Harcourt, 3e éd. en 2 vol. in 8°, Lyon, l'auteur, 2013 ;
  • Romain Auguste Laurent Pezet Les barons de Creully, Bayeux, St.-Ange Duvant, 1854
  • Dictionnaire de biographie française, 1989
  • Dictionnaire des parlementaires français

Notes et référencesModifier

  1. Régis Valette, Catalogue de la noblesse française au XXIe siècle, Robert Laffont, Paris, 2007
  2. Ne pas confondre Turquetil d'Harcourt et Turquetil de Neuf-Marché
  3. a b et c Charles Cawley, Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy lire en ligne
  4. Georges Martin, Histoire et Généalogie de la Maison d'Harcourt, 3e éd. en 2 vol. in 8°, Lyon, chez l'auteur, 2013
  5. Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France, t. 8, p. 259.
  6. On trouve aussi pour la famille de Saint-Ouen de Beauval D'azur, au sautoir d'argent, cantonné de quatre aigles du même. Source : Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. 1 et 2, Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887
  7. Inventaire des sceaux de Normandie, par Demay.
  8. « 380AP [448MI, 478MI et 479MI]. HARCOURT (famille d') / domaine de Saint-Eusoge », sur Archives nationales, salle des inventaires virtuels (consulté le 17 octobre 2017)

Voir aussiModifier