Lycée Saint-Louis

établissement d'enseignement supérieur français

Lycée Saint-Louis
Image illustrative de l’article Lycée Saint-Louis
Entrée principale du lycée Saint-Louis.
Généralités
Création 1820 (Prise du nom lycée Saint-Louis), 1280 (Collège d'Harcourt)
Pays Drapeau de la France France
Académie Paris
Coordonnées 48° 50′ 57″ nord, 2° 20′ 30″ est
Adresse 44 boulevard Saint-Michel (ce site est desservi par la station de métro Cluny - La Sorbonne).
75006 Paris
Site internet https://lycee-saintlouis.ac-paris.fr
Cadre éducatif
Type Établissement public local d'enseignement (EPLE)
Proviseur Mme Basso
Matricule 0750658 H
Population scolaire 1 416 élèves
Formation CPGE scientifiques et économiques
Langues étudiées anglais, allemand, espagnol, italien, arabe
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
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Géolocalisation sur la carte : 6e arrondissement de Paris
(Voir situation sur carte : 6e arrondissement de Paris)
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Le lycée Saint-Louis est un établissement public local d'enseignement situé au 44 boulevard Saint-Michel, dans le 6e arrondissement de Paris (Quartier latin). Il a comme particularité d'être le seul lycée français public exclusivement consacré aux classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). De plus, les classes sont exclusivement scientifiques à l'exception de la classe ECS.

Le lycée est réputé pour ses excellents résultats aux concours des grandes écoles d'ingénieurs (Polytechnique, Centrale Supelec, École des Mines), au même titre que les deux autres établissements de la montagne Sainte-Geneviève (le lycée Henri-IV et le lycée Louis-Le-Grand). Cinq Prix Nobel, un président de la République et un médaillé Fields y ont étudié.

HistoireModifier

Collège d'HarcourtModifier

Le collège d'Harcourt est fondé en 1280 par le chanoine Raoul d'Harcourt et son frère Robert, afin d'héberger quarante étudiants pauvres venant à Paris poursuivre leurs études[1] (dont 28 originaires des quatre diocèses de Normandie).

 
Le collège d'Harcourt, en haut à droite d'un plan de 1775 par Jaillot.

Dès le départ, il ne s'agit pas seulement d'un simple hébergement mais aussi d'un lieu d'enseignement, cette activité prenant au fur et à mesure de plus en plus d'importance. Durant les guerres de Religion, il s'agit d'un fief catholique. En conséquence, Henri IV confisque les biens du collège et renvoie son directeur. Une fois la paix revenue, le roi réforme l'enseignement des collèges : initialement destiné à former des clercs et des universitaires grâce à des études de théologie, le collège se transforme en institution où étudient les enfants d'une noblesse en majorité de robe, bourgeois parisiens et boursiers venus de Normandie[1].

Le collège connaît une très grande renommée dès le XVIe siècle, et de grands noms comme Racine, Boileau, Perrault le fréquentent au XVIIe et au XVIIIe siècles. Durant ces deux derniers siècles, le collège s'oppose à l'influence des jésuites dans l'enseignement, dont le fief est situé non loin, au collège de Clermont[1].

En 1793, la Convention nationale met fin à ses activités comme à celle des autres collèges. Il devient ensuite une prison, une caserne et une maison de correction[1].

Lycée Saint-LouisModifier

 
Le lycée, en arrière-plan, sur une photo de 1938 prise depuis la place de la Sorbonne.

En 1812, un décret de Napoléon Ier ordonne sa réouverture, pour l’accueil d’un lycée impérial ; ce n’est pourtant qu’en octobre 1820 que le « collège royal Saint-Louis » succède à l’ancien collège d'Harcourt, accueillant à nouveau des internes dès 1823. En 1848, à la suite de la révolution, il change de nom pour devenir le « lycée Saint-Louis », après s'être appelé durant plusieurs mois « lycée Monge »[1].

Il se spécialise dans les enseignements scientifiques (l’internat n'accueille depuis 1885 que des élèves scientifiques) et dans les classes préparatoires aux grandes écoles (établies en 1866, seules présentes au lycée depuis la fermeture, en 1969, de la dernière classe de terminale). En 1843, un élève de l'établissement obtient pour la première fois le premier prix de mathématiques au concours général. Les classes préparatoires ouvertes en 1866 permettent de viser les concours de l'École polytechnique, l'École normale supérieure (en sciences), Centrale, l'École forestière et Saint-Cyr, augmentées en 1885 par la préparation à l'École navale. De nombreux élèves parviennent à intégrer ces établissements, si bien qu'à partir de cette dernière année, l'internat est réservé aux jeunes gens de classe préparatoire. Le nouveau lycée Lakanal se charge alors de loger une partie des élèves du lycée Saint-Louis. Avant la fin du XIXe siècle, les petites classes et le premier cycle secondaire sont supprimés à Saint-Louis, l'accent étant porté sur les classes scientifiques[1].

Après son introduction en France à partir de 1818 par Francisco Amorós, la gymnastique scolaire est enseignée à Saint-Louis à partir de 1836[2].

Dans les années 1860, la façade du lycée est retranchée de plus de cinq mètres pour l'aligner sur le nouveau boulevard Saint-Michel, tracé par le baron Haussmann[2].

À la rentrée 1880, notamment à cause du trop grand nombre de nouveaux d'élèves, le lycée est contraint d'installer des baraquements dans sa cour[2].

Avant 1945, les classes de latin-grec sont supprimées, ne permettant pas d'intégrer une terminale scientifique. En 1969, la dernière classe du secondaire disparaît. Le lycée Saint-Louis devient alors le seul lycée français à ne compter que des classes préparatoires aux grandes écoles[1].

InfrastructuresModifier

Le lycée possède un CDI de 350 m2 (ouvert jusqu'à 22 h 30 pour les internes et les internes-externés), un internat mixte de 356 lits (234 chambres individuelles, 61 doubles) et une chapelle. Il possède également une cafétéria, en plus du réfectoire, et les salles de cours sont à la disposition des étudiants en dehors de leurs horaires d'utilisation.

Association sportiveModifier

Le lycée dispose aussi d'infrastructures sportives : une cour et deux gymnases multi-sports (ultimate, basket-ball, volley-ball, badminton, etc.), une salle de musculation, une salle de billard et une salle d'escalade. Outre les deux heures de sport obligatoires par semaine, l'association sportive permet l'accès à ses équipements à midi et en soirée.

EnseignementsModifier

Le lycée propose principalement des filières scientifiques, à savoir les filières MPSI (mathématiques, physique et sciences de l'ingénieur), PCSI (physique, chimie et sciences de l'ingénieur) en première année, MP (mathématiques, physique), PC (physique, chimie), PSI (physique, sciences de l'ingénieur) en deuxième année ainsi que la filière BCPST (biologie, chimie, physique et sciences de la Terre). Il existe de plus une classe de préparation aux grandes écoles de commerce (filière ECS), destinée aux élèves ayant fait une terminale scientifique (première et deuxième années).

Le lycée Saint-Louis, tout comme ses voisins les lycées Louis-le-Grand et Henri IV, communément appelés « les trois lycées de la montagne Sainte-Geneviève », est réputé pour sa sélectivité, sa qualité d'enseignement et ses résultats aux différents concours des Écoles normales supérieures, des grandes écoles d'ingénieurs (Polytechnique, Mines ParisTech, ESPCI Paris, Centrale Paris, etc.), de commerce (ESSEC, HEC, ESCP Europe, EDHEC, etc.), et d'agronomie (AgroParisTech, Écoles vétérinaires, etc.).

Les élèves du lycée Saint-Louis sont appelés les « Sancto-Ludoviciens » ; plus de 98 % d'entre eux ont obtenu une mention bien ou très bien au baccalauréat et 43 % des élèves sont de sexe féminin, avec des différences selon les filières[3].

Classes préparatoiresModifier

Le lycée Saint-Louis accueille 1 300 bacheliers scientifiques par an dans ses classes préparatoires. Le lycée abrite des CPGE économiques et commerciales (ECS), et scientifiques (MPSI, PCSI, MP, PC, PSI, BCPST).

En 2018, L'Étudiant donnait le classement suivant pour les concours de 2017 :

Filière Élèves admis dans
une grande école*
Taux
d'admission*
Taux moyen
sur 5 ans
Classement
national
Évolution
sur un an
ECS[4] 23 / 46 élèves 50 % 53 % 9e
sur 100
  1
MP / MP*[5] 74 / 167 élèves 44 % 35 % 9e
sur 117
  3
PC / PC*[6] 53 / 162 élèves 33 % 24 % 9e
sur 112
  5
PSI / PSI*[7] 96 / 236 élèves 41 % 36 % 12e
sur 122
=
BCPST[8] 101 / 140 élèves 72 % 76 % 4e
sur 55
  1
Source : Classement 2018 des prépas - L'Étudiant (Concours de 2017).
* le taux d'admission dépend des grandes écoles retenues par l'étude. Par exemple, en filières
ECE et ECS, ce sont HEC, ESSEC, et l'ESCP qui ont été retenues; en filières scientifiques, c'est un
panier de 11 à 16 écoles d'ingénieurs qui a été retenu selon la filière (MP, PC, PSI, PT ou BCPST).

Origine géographique des élèvesModifier

La répartition géographique des origines des élèves de première année est relativement classique pour une CPGE située au centre de Paris, avec une forte quantité de personnes originaires de la capitale.

Origines géographiques des élèves de première année en 2014[9]
Paris Île-de-France hors Paris Autres départements français Hors France
25 % 50 % 20 % 5 %

Langues vivantes étrangères des élèvesModifier

La répartition des choix de langues vivantes 1 révèle une majorité écrasante de LV1 anglais, liée aux déséquilibres que l'on peut rencontrer dans les classes de terminale scientifique.

Répartition des LV1
Anglais Allemand Autre
81 % 14 % 5 %

La répartition des choix en langues vivantes 2 est, quant à elle, nettement plus équilibrée, avec tout de même une forte majorité de personnes ayant choisi de ne pas suivre cet enseignement.

Répartition des LV2
Anglais Allemand Espagnol Autres Aucune LV2
15 % 16 % 20 % 3 % 46 %

Anciens élèves célèbresModifier

Du collège d'Harcourt
Du lycée Saint-Louis

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Victor Chauvin, Histoire des lycées et collèges de Paris : suivie d'un appendice sur les principales institutions libres et d'une notice sur le concours général, Librairie L. Hachette et Cie, Paris, 1866, p. 121-133, 200-204 (lire en ligne)
  • H.L. Bouquet, L'ancien collège d'Harcourt et le lycée Saint-Louis, Paris, 1891, ill.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier