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Château d'Harcourt (Eure)

château fort français dans l'Eure
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Château d'Harcourt
Image illustrative de l’article Château d'Harcourt (Eure)
Le Châtelet d'entrée.
Période ou style Moyen Âge
Type Château fort
Début construction XIIe siècle
Fin construction XVIIe siècle
Propriétaire actuel Conseil départemental de l'Eure
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)
Coordonnées 49° 10′ 26″ nord, 0° 47′ 11″ est
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Normandie
Département Eure
Commune Harcourt

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Château d'Harcourt

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Château d'Harcourt

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Château d'Harcourt

Le château d'Harcourt est un château du XIIe siècle situé à Harcourt, dans le département de l'Eure en Normandie. Modèle d’architecture médiévale, cet édifice a conservé intact une grande partie de sa structure initiale. Il est lié à la famille d'Harcourt, une famille de la noblesse française qui tirerait ses origines de Bernard le Danois. Il possède l'un des plus anciens arboretums de France, créé par Louis Gervais Delamarre, en 1802. Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862.

Sommaire

LocalisationModifier

Le château d'Harcourt se situe sur le territoire de la commune d'Harcourt dans le Centre-Ouest du département de l'Eure, entre Brionne et Le Neubourg. Il s’élève au nord du bourg, au cœur de la région naturelle de la campagne du Neubourg, en bordure d'un petit vallon qui conduit vers une petite vallée sèche dans laquelle serpente la voie verte Évreux - Le Bec-Hellouin[1],[2]. L'édifice appartient à une ligne de défense du duché Normandie construite le long de la Risle, et constituée notamment des châteaux de Monfort-sur-Risle, Brionne, Beaumont-le-Roger et Conches-en-Ouche[3]. Le château est environné par un arboretum qui forme un écrin autour de lui[4].

HistoriqueModifier

 
Blason de la famille d'Harcourt

Lorsque le chef viking Rollon obtient, en 911, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte, une partie des territoires qui constitueront le duché de Normandie, il distribue lui-même des domaines à ses principaux fidèles. Parmi ceux-ci, figure Bernard le Danois, qui se voit attribuer, pour prix de ses exploits, des terres considérables, dont notamment la seigneurie d’Harcourt[3],[4],[5].

Bernard le Danois semble être le premier d’une lignée qui prendra, deux siècles plus tard, le nom d’Harcourt. Toutefois, sa filiation avec les d’Harcourt n’est pas assurée. Les premiers seigneurs d'Harcourt dont l'existence est attestée sont Turketil et son fils Ansquetil vers l’an 1000[3].

Le tout premier château construit à Harcourt daterait du XIe siècle. Il devait être, comme les forteresses de l'époque, édifié en terre et en bois, et ceint d’une palissade et d’un fossé[3],[5],[6].

Le second château, construit en pierre[6], est l’œuvre de Robert II d'Harcourt, compagnon de croisade de Richard Cœur de Lion. Il date de la seconde moitié du XIIe siècle (une charte de l’abbaye du Bec-Hellouin le mentionne en 1173-1174 et une autre, de Notre-Dame-de-Barbery, date sa construction après 1175). Il s'agit d'un important donjon carré, élevé sur une motte isolée par un large fossé, avec basse-cour et qui s'accompagne d'une chapelle[3],[4],[5],[6].

Au XIIIe siècle, ce donjon est complété par un château de forme polygonale, à cinq tours rondes. La basse-cour est aussi de forme polygonale, entourée d’une enceinte flanquée de douze tours à archères[3],[6]. Ces modifications, très philipiennes dans le style, sont probablement l’œuvre de Jean Ier d'Harcourt[5].

En 1338, le roi de France Philippe VI de Valois érige la seigneurie d'Harcourt, alors propriété de Jean IV, en comté[3].

À partir de 1364, la défense du site est renforcée par Jean VI d'Harcourt avec la construction d'un châtelet d'entrée[4].

Pendant la guerre de Cent Ans, le château passe dans le camp anglais, sous Godefroy d’Harcourt, allié d’Edouard III, roi d’Angleterre, à qui il lègue son domaine à sa mort en 1356. Le château est pris définitivement par les Anglais en 1418 lors de l'invasion de la Normandie par Henri V d'Angleterre. Il faut attendre le 15 septembre 1449 pour que ces derniers en soient expulsés par les comtes de Dunois[3],[4], d'Eu et de Saint-Pol[réf. nécessaire] grâce à l'emploi de l'artillerie[5].

Au sortir de la guerre, le domaine revient à la famille de Rieux puis à partir de la seconde moitié du XVIe siècle à la puissante maison de Lorraine-Guise.

Entre 1589 et 1591, au cours des guerres de religion, les troupes de la Ligue, retranchées dans le château d'Harcourt, subissent les assauts des troupes royales d’Henri III, puis de celles d'Henri IV. Chaque camp prend par deux fois le château, alors fortement endommagé par l’artillerie[5].

Au XVIIe siècle, la forteresse perd tout intérêt militaire. En 1695, Françoise de Brancas, épouse du comte d'Harcourt, Alphonse de Lorraine, entreprend de la réaménager afin de la rendre plus habitable et de l'adapter au goût classique. Cette amie de Madame de Maintenon détruit trois côtés du château polygonal pour y installer un jardin d’agrément et ouvre ainsi ses appartements à la lumière. Dans le même but, de grandes baies rectangulaires sont percées. Enfin, la disposition intérieure est revue[3],[4].

Après la Révolution, le château, qui a échappé à la ruine, est mis en vente[5]. En 1802, Louis Gervais Delamarre, un avoué parisien, l'acquiert pour y créer un arboretum[3],[4] composé d'essences rares, dont notamment deux cèdres du Liban[5].

À sa mort, en 1827, il lègue Harcourt à l'Académie royale d'Agriculture[n 1]. Cette dernière cède par acte de donation le château et l'arboretum au Département de l'Eure. Depuis le 1er janvier 2000, le Conseil départemental de l'Eure en est le propriétaire[4].

ArchitectureModifier

La motte et le logisModifier

Au regard du site, il semble probable qu'à l'origine, le château d'Harcourt consistait, comme beaucoup d'autres châteaux du XIe siècle, en un ensemble fortifié en terre et en bois, avec une motte et une basse-cour, le tout entouré par des fossés[3],[5].

L'édifice, tel qu'il est connu aujourd'hui, conserve probablement le tracé primitif de cet ensemble fortifié. En effet, la motte d'origine a certainement servi de base à la construction de la tour carré romane du XIIe siècle qui succède aux constructions de bois. Puis, au XIIIe siècle, elle a fait l'objet d'une extension afin d'y accueillir le logis qui est venu s'accoler à la tour[5].

Le logis forme un polygone irrégulier composé du donjon carré au nord-ouest, d’un logis abritant l’escalier d’honneur, du châtelet d’entrée flanqué de deux hautes tours circulaires et de la tour sud-est avec latrines. Un puits, avec cage à écureuil et voûte décorée en bâtons brisés, décor typique du XIIe siècle, s’appuie sur le logis. Cette arcade n'est sans doute pas d'origine, mais plutôt un élément appartenant à un édifice religieux roman aujourd'hui détruit, remonté au château pour y apporter une touche décorative[5].

Au XVIIe siècle, le logis a perdu sa courtine orientale, le dernier étage de son donjon, son chemin de ronde et ses mâchicoulis. En revanche, il a gagné une façade intérieure d'époque classique, de grandes baies et une cour d’honneur. Toutefois, l'apport de cette nouvelle façade a bousculé la structure de l'édifice et les deux parties, médiévale et classique, tendent à s'écarter dangereusement[5].

À l'extérieur, sur la terrasse qui permet d'accéder au château, un puits datant du XIIe siècle a été creusé à même la roche. Au XIVe siècle, il s'est vu agrémenté d'une roue en bois[6].

À l'intérieur, le logis comprend un escalier monumental du XVIIe siècle, formé de marches en pierre avec une rampe en ferronnerie, puis en bois}[6].

La basse-cour et l'enceinteModifier

La basse-courModifier

À l’ouest du logis, s'ouvre une basse-cour semi-circulaire entourée par un large et profond fossé sec[5]. Cet espace constituait le lieu de vie des soldats et des domestiques, mais pouvait également servir de refuge pour la population des environs. Il s’oppose à la haute cour (aujourd’hui disparue) qui était réservée aux habitants du logis[7],[6].

Aujourd'hui, la basse-cour ne comprend presque plus aucun bâtiment alors qu'elle en comptait plusieurs au Moyen Âge dont les logements pour les soldats, une chapelle, des écuries, etc. Recouverte de pavés, elle faisait partie intégrante du dispositif défensif, à la façon d'une grande barbacane[5],[7].

L'enceinteModifier

 
Tours de l'enceinte

La basse-cour est protégée par une enceinte bâtie en silex avec chaînages en pierres calcaires. Cette enceinte, qui était surmontée d'un chemin de ronde et de mâchicoulis aujourd'hui disparus, comprenait douze tours car elle englobait également le logis[5],[7],[6]. Il ne reste que cinq tours rondes dont la caractéristique est d'être évasées à leur base (ce qui permettait de faire ricocher les projectiles ennemis) et qui sont ponctuées de meurtrières. Ces tours étaient autrefois surmontées de poivrières et se composaient de trois niveaux reliés les uns aux autres par un escalier intérieur[5],[7].

La porte PiquetModifier

La porte nord de la basse-cour, dite Porte Piquet, est en grande partie détruite. Des études archéologiques menées au début des années 2010 ont permis d'apporter des éléments sur cette partie du château[8].

Ainsi, cette porte, tournée vers le vallon sec, était défendue par une barbacane et de puissants fossés, le plus proche de cette dernière étant franchissable par un pont dormant. Elle était composée d’un couloir axial, de deux tours de flanquement, encadrées de courtines contre lesquelles étaient adossés des grands édifices[2],[8].

L'édifice a connu deux états successifs : le premier datant certainement de la fin du XIIe ou de la première moitié du XIIIe siècle ; le second datant probablement de la fin du XIIIe ou du XIVe siècle. Un incendie suivi d'une importante démolition expliquerait le passage du premier au second état[8].

Composé d'une architecture globalement identique, ces deux états présentent certaines différences : passage d’un mortier jaune à un mortier orange, modification de l’épaisseur de certains murs, probable augmentation de la taille des tours, ajout d’un pavage de silex dans le couloir), d’une cheminée (bâtiment est), d’enduits muraux en plâtre (bâtiment ouest), et d’un emmarchement sous une archère (tour est). Le passage entre les deux tours est réduit par la mise en place d’un épais mur, puis définitivement condamné par des pierres en vrac, liées de torchis[8].

Il demeure, dans le fossé de la hautecour, les pans subsistants du glacis de la contrescarpe, les restes d’une hypothétique tour dans l’angle nord-est de la basse-cour et les ruines d’un mur ou d’un glacis appuyé contre le talus séparant le fossé de la haute-cour de celui de la basse-cour[8].

 
Le châtelet
Le châteletModifier

Le châtelet du château d'Harcourt est le résultat de quatre phases de construction et de modification entre le XIIIe et le début du XVIIIe siècle[2] :

  • Fin du XIIIe siècle : édification des deux tours circulaires. Construit comme une porte de l'enceinte, l'édifice était défendu par des archères dont certaines sont encore visibles à ce jour ;
  • Fin XIIIe - début XIVe : construction du bâtiment rectangulaire. Un édifice rectangulaire est accolé aux deux tours, faisant ainsi de l'ensemble, un châtelet. Le bâtiment se compose de deux salles et d'un couloir de 14 mètres défendu par au moins deux archères. Il était également équipé de deux herses et d'un assommoir, créant ainsi un système de sas. La salle du premier étage, qui occupe une surface de 73,50 m2, est pourvue d’une grande cheminée et d’une charpente voûtée. Elle servait certainement de salle de justice ;
  • XVe : réaménagement intérieur. Cette phase se caractérise par la disparition des principaux éléments défensifs principaux : abaissement du niveau de circulation d’environ 1 m au rez-de-chaussée, obturation des archères de la salle ouest, suppression des dispositifs de fermeture et de l’assommoir. Par ailleurs, les murs sont refaits et un nouvel escalier est installé ;
  • Fin XVIIe - début XVIIIe : transformation de l’édifice sous l'égide de Françoise de Brancas. Celle-ci entreprend d'importantes modifications de l'édifice. Ainsi, le mur gouttereau nord avec son escalier, détruit ou effondré, est reconstruit, mais seulement jusqu’au sol de l’étage. Une toiture asymétrique à deux versants a donc été mise en place. Un escalier droit en bois est construit dans la salle ouest contre le mur pignon occidental.

ProtectionModifier

Le château d'Harcourt fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862[6].

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Laquelle nomme Armand Jardillier conservateur († 10 novembre 1988), qui laisse un ouvrage dédié au château.

RéférencesModifier

  1. « Le plateau du Neubourg », sur Atlas des paysages de la Haute-Normandie (consulté le 18 mai 2018).
  2. a b et c Damien Thomire, « Harcourt – Le château : châtelet d'entrée », ADLFI. Archéologie de la France - Informations,‎ (lire en ligne).
  3. a b c d e f g h i j et k « Le château d'Harcourt », Patrimoine normand, vol. 23,‎ (lire en ligne).
  4. a b c d e f g et h POULAIN F. ; Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie). Harcourt > Château [en ligne]. In : Conseil no 99 – 16 novembre 2015. Disponible sur : [1] (page consultée le 2 mai 2018).
  5. a b c d e f g h i j k l m n o et p « Château d'Harcourt, XIe, XVIIe siècle », sur Éditions des riches heures (consulté le 18 mai 2018).
  6. a b c d e f g h et i « Château d'Harcourt », notice no PA00099443, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  7. a b c et d « Construisons le château-fort d'Harcourt - Parcours autonome cycle 1 - Château », sur Département de l'Eure (consulté le 19 juin 2018).
  8. a b c d et e Gilles Deshayes, « Harcourt – Le château : porte Piquet », ADLFI. Archéologie de la France - Informations,‎ (lire en ligne).