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Andrew Scheer

homme politique canadien, chef du Parti conservateur

Andrew Scheer
Illustration.
Andrew Scheer en 2018
Fonctions
Chef de l'opposition officielle
En fonction depuis le
(1 an, 10 mois et 28 jours)
Monarque Élisabeth II
Premier ministre Justin Trudeau
Législature 42e
Prédécesseur Rona Ambrose
Chef du Parti conservateur du Canada
En fonction depuis le
(1 an, 10 mois et 28 jours)
Prédécesseur Stephen Harper
Rona Ambrose (intérim)
Député à la Chambre des communes
En fonction depuis le
(14 ans, 9 mois et 27 jours)
Élection 28 juin 2004
Réélection 23 janvier 2006


Circonscription Regina—Qu'Appelle
Législature 38e, 39e, 40e, 41e et 42e
Groupe politique Conservateur
Prédécesseur Lorne Nystrom
Président de la Chambre des communes

(4 ans et 6 mois)
Législature 41e
Prédécesseur Peter Milliken
Successeur Geoff Regan
Biographie
Nom de naissance Andrew James Scheer
Date de naissance (39 ans)
Lieu de naissance Ottawa (Ontario, Canada)
Nationalité Canadienne
Parti politique Parti conservateur
Diplômé de Université d'Ottawa
Université de Regina
Profession Courtier d'assurances
Religion Catholicisme

Andrew James Scheer, né le à Ottawa (Ontario), est un homme politique canadien.

Député fédéral pour Regina—Qu'Appelle depuis 2004, il est président de la Chambre des communes du Canada de 2011 à 2015. Il est chef du Parti conservateur du Canada et donc chef de l'opposition officielle depuis 2017.

Sommaire

BiographieModifier

Origines et formationModifier

Andrew Scheer est né et a grandi à Ottawa, en Ontario. Il est le fils de Mary Gerarda Therese (Enright), infirmière, et de James Scheer, bibliothécaire et correcteur d'épreuves, diacre de l'archidiocèse catholique d'Ottawa. Il a deux sœurs. Une partie de sa famille vient de Roumanie. Scheer a fait ses études secondaires à l'Immaculata High School, puis a étudié l'histoire à l'Université d'Ottawa. Au cours de ses études universitaires, Andrew Scheer a travaillé au département de la correspondance pour le Bureau du chef de l'opposition (OLO) sous Preston Manning[1]. Andrew Scheer a également travaillé au comité consultatif des jeunes de la conseillère municipale d'Ottawa Karin Howard.

Scheer a été commissaire scolaire du Conseil scolaire catholique d'Ottawa-Carleton lors des élections municipales d'Ottawa en 2000, mais a perdu contre Kathy Ablett.

Il a déménagé à Regina après avoir rencontré sa future épouse Jill Ryan à l'université et a terminé son baccalauréat à l'Université de Regina. Au lieu de retourner à Ottawa, Andrew Scheer a travaillé chez Shenher Insurance et au bureau de circonscription d'un député de l'Alliance canadienne, Larry Spencer, à Regina-Lumsden-Lake Centre. Il a également travaillé comme serveur.

DéputéModifier

Lors de l'élection de 2004, Scheer est élu dans Regina—Qu'Appelle sous la bannière du Parti conservateur du Canada, remportant la victoire sur le député néo-démocrate de longue date, Lorne Nystrom, par 861 votes. Il est réélu lors de l'élection de 2006, défaisant de nouveau Nystrom, cette fois par une marge plus confortable de 2 740 voix.

En avril 2006, Stephen Harper en fait un des trois vice-présidents de la Chambre des communes : il est alors le plus jeune député à servir dans ce rôle dans l'histoire du Commonwealth.

Président de la Chambre des communesModifier

Le , élu à la présidence de la Chambre des communes du Canada, il devient, à 32 ans, le plus jeune président de l'histoire de la Chambre[2].

Au cours de son mandat, plusieurs députés de l'opposition ont questionné son impartialité en raison de son refus de donner suite à des demandes d'information sur l'affaire des appels téléphoniques automatisés[3] payés par la campagne conservatrice pour l'élection de 2011[4],[5] et effectués par une société dont il avait été lui-même client[6].

Chef du Parti conservateur du CanadaModifier

Le 28 septembre 2016, il annonce sa candidature à la direction du Parti conservateur, avec pour slogan « Vrai conservateur, véritable leader[7]. » Après treize tours de scrutin, Scheer obtient la majorité absolue face à Maxime Bernier, député fédéral de la circonscription de Beauce. Il remporte le scrutin avec 50,95 % des voix, et ce après avoir occupé la deuxième position derrière son rival québécois aux précédents tours.

Il est parfois comparé à l'ancien premier ministre Stephen Harper et décrit comme un « Harper's boy » ou un « Harper avec un sourire »[8],[9],[10]. Il a lui-même repris la comparaison[11],[12].

Lors du congrès conservateur d'août 2018, une fuite de documents révèle que le regroupement des producteurs de lait du Canada (Dairy Farmers of Canada) avait collaboré avec son bureau pour bloquer une motion visant à modifier la position du parti sur la gestion de l'offre en matière de produits laitiers[13],[14].

Prises de positionModifier

Scheer est surtout un conservateur fiscal ou « conservateur avec un petit c »[15]. Il mentionne l'ancien premier ministre canadien John Diefenbaker comme une figure de référence[16]. Il partage aussi des points communs avec le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall. Scheer a qualifié les sénateurs américains Ted Cruz et Marco Rubio de « voix conservatrices fortes » lors de la conférence 2016 du Manning Centre. Contrairement à d'autres candidats, l'équipe dirigeante de Scheer se concentrait moins sur les manchettes ou les politiques accrocheuses, et plus sur les données et l'organisation[17].

Questions économiquesModifier

Scheer exprime son soutien aux marchés libres, déclarant qu'il croit en « un marché libre où les entreprises profitent en ayant le meilleur produit ou service »[18].

Il a été un ardent défenseur de la suppression de la Commission canadienne du blé[19]. Il a proposé une politique obligeant les stations-services à apposer sur leurs pompes une collant avec le drapeau canadien indiquant « Essence éthiquement produite au Canada »[20].

Pendant la course à la direction de son parti, Andrew Scheer promet, s'il venait à prendre le pouvoir, de nommer un ministre québécois à la tête de l'agence de Développement économique Canada pour les régions du Québec. Alors que son opposant Maxime Bernier défendait une politique de la demande en matière agricole, il a pris la défense du système de gestion de l'offre pour les produits laitiers, ce qui explique sa bonne performance au Québec[21]. Les initiés du parti croient que, en fait, il ne soutient pas cette position par conviction personnelle[22].

Il veut introduire un crédit d'impôt pour les familles qui envoient leurs enfants dans des écoles privées[23],[24].

En février 2018, Scheer présente un projet de loi d'initiative parlementaire, le deuxième de sa carrière. Le projet de loi C-394, loi modifiant la loi de l'impôt sur le revenu (crédit d'impôt pour les parents), créerait un nouveau crédit d'impôt destiné à compenser les impôts fédéraux dus sur les prestations de maternité et les congés parentaux. Selon un calcul du DPB, ce crédit d'impôt coûterait 600 millions de dollars ou plus aux contribuables pour la première année[25].

EnvironnementModifier

En octobre 2016, Scheer s'est prononcé contre la ratification de l'accord de Paris sur le climat[26]. Il s'oppose à toute politique précise en ce domaine[27] et a fait campagne contre la taxe carbone mise en place par le gouvernement de Justin Trudeau[28].

Sujets de sociétéModifier

En juillet 2008, il critique l'attribution de l'ordre du Canada au médecin controversé Henry Morgentaler, qui avait milité en faveur de la légalisation de l'avortement[29]. Cependant, une fois élu chef du Parti conservateur, il affirme ne pas vouloir rouvrir les débats sur l'avortement ni le mariage homosexuel et promet de ne pas changer la législation en ces matières s'il devient premier ministre[30],[31].

Il a toutefois déclaré que, s'il devenait chef du gouvernement, il faciliterait l'introduction de projets de loi privés au Parlement, notamment en vue de protéger les droits du fœtus[32]. Catholique pratiquant, Scheer affirme avoir aussi des appuis chez des chrétiens œcuméniques et des évangéliques[33].

Scheer a critiqué Justin Trudeau à propos des commentaires de la gouverneure générale Julie Payette sur l'interrogation des gens qui soutiennent le créationnisme en affirmant que des millions de personnes ont été « offensées » par ses commentaires[34].

Andrew Scheer a accusé le gouvernement libéral d'« imposer » le point de vue du premier ministre sur le respect des « droits des femmes et des droits reproductifs des femmes » lorsque des groupes religieux demandent des fonds pour des programmes d'emplois d'été[35].

Il s'oppose à la légalisation de la marijuana récréative. Scheer a ordonné au caucus conservateur du Sénat de bloquer le passage de la loi sur le cannabis[36]. Shceer n'a pas exclu la possibilité de le criminaliser[37].

Scheer se décrit comme un féministe[38]. Après avoir révélé que l'équipe de campagne conservatrice de 2015 était au courant des allégations d'inconduite sexuelle contre l'ancien député conservateur Rick Dykstra, Scheer a répondu qu'il ne pouvait pas parler des « décisions prises par les équipes de campagne précédentes ». Cependant, après que les députés conservateurs Maxime Bernier et Brad Trost ont demandé une enquête sur le traitement de la candidature de Dykstra par le parti, alors que Michelle Rempel critiquait la décision du parti, Scheer a demandé une enquête en tierce partie le 31 janvier 2018[39]. Le 6 février 2018, Scheer a refusé de commenter le sort des personnes impliquées dans la mauvaise gestion des allégations contre Dykstra lors des élections de 2015 ou de dire si les personnes concernées restent les bienvenues dans le parti. Il a également été demandé à Scheer s'il avait déjà agi de façon inappropriée dans le passé, dans lequel il répondait par « Non » et « Un bon ami à moi quand j'ai été élu a dit que rien de bon ne se produisait à Ottawa après 8 heures. essayé de vivre selon cette règle »[40].

Politique du SénatModifier

Andrew Scheer s'oppose à ce que le gouvernement actuel considère le Sénat non partisan et suggère qu'il nomme au Sénat « des gens qui partagent [s]on objectif d'abaisser les impôts et de développer le secteur privé [...] Ils seraient des sénateurs conservateurs la vision conservatrice pour le Canada »[41].

Affaires étrangèresModifier

Il est partisan du Brexit[42],[43].

Il figure à la liste des personnalités interdites de séjour en Russie dans le cadre de la crise ukrainienne, depuis le .

Il est partisan inconditionnel d'Israël dont il cautionne sans nuance toutes les actions quelles que soient les circonstances et souhaite déménager l'ambassade du Canada à Jérusalem, comme l'a fait Donald Trump avec celle des États-Unis.

Vie privéeModifier

Il est marié à Jill Scheer, avec qui il a cinq enfants (Thomas, Grace, Madeline, Henry et Mary). Thomas, l'aîné, est né le . Il est un membre actif de son église et de l’organisation des Chevaliers de Colomb[44]. Pendant la course à la direction, Scheer a révélé que ses enfants fréquentaient une école confessionnelle privée[23].

Le 31 octobre 2017, Scheer comptait trois sociétés en commandite immobilière: des véhicules d'investissement qui réduisent le fardeau fiscal des porteurs en amortissant jusqu'à 50% de leur investissement initial, pour ceux qui gagnent un revenu moyen. de 75 000 $ ou plus en Saskatchewan. Scheer a investi 75 000 $ dans les RELP et ses avoirs ont été divulgués à Mary Dawson, la commissaire à l'éthique.

Le frère cadet de Jill Scheer est le joueur professionnel de football américain Jon Ryan.

Notes et référencesModifier

  1. Althia Raj, Andrew Scheer, 'Consensus Candidate', Hopes The Nice Guy Finishes First In Tory Leadership
  2. Meagan Fitzpatrick, MPs elect youngest Speaker, CBC News, 3-06-2011.
  3. Hansard, Le jeudi 8 mars 2012
  4. Paul McLeod, Speaker frustrating some MPs, Herald News, 20-06-2012
  5. Hélène Buzzetti, Appels frauduleux - «Pierre Poutine» au cœur de l'enquête , Le Devoir, 29-02-2012.
  6. Laura Peyton, House Speaker used firm linked to Cotler calls, CBC, 14-12-2011.
  7. (en-US) « 'We lose when we are divided': Saskatchewan MP kicks off Conservative leadership bid », CBC News,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mai 2018)
  8. (en) « Alan Holman: Is Scheer just a smiling Harper? », The Guardian, (consulté le 26 janvier 2018)
  9. (en) « Speaker frustrating some MPs », The Chronicle Herald,‎ (lire en ligne, consulté le 26 janvier 2018)
  10. (en-US) « Why Andrew Scheer will never be prime minister - iPolitics », iPolitics,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mai 2018)
  11. (en-ca) « 'Harper with a smile' argues he can keep the Conservative coalition together », sur CBC, (consulté le 10 mai 2018)
  12. (en-ca) « Andrew Scheer and the anti-abortion movement in Canada », Ricochet,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mai 2018)
  13. (en-US) « Colby Cosh: The dairy lobby’s vile plan to screw us all — revealed! », National Post,‎ (lire en ligne, consulté le 13 septembre 2018)
  14. (en-US) « Full text: The dairy lobby briefing binder found on the floor of the Conservative convention », National Post,‎ (lire en ligne, consulté le 13 septembre 2018)
  15. Vicky Fragasso-Marquis, Legault dit proposer des mesures «conservatrices avec un petit c», Huffington Post, 9-09-2018
  16. Roy MacGregor, Andrew who? In search of Scheer's still-elusive Conservative identity, The Globe and Mail, 6-10-2017.
  17. (en) « Video: Former Speaker Andrew Scheer praises Ted Cruz and Marco Rubio as “strong conservative voices” », PressProgress,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mai 2018)
  18. (en-GB) « Scheer lays out Conservative economic vision, but withholds specifics », The Globe and Mail,‎ (lire en ligne, consulté le 19 janvier 2018)
  19. (en) Jennifer Ditchburn et Graham Fox, The Harper Factor: Assessing a Prime Minister's Policy Legacy, McGill-Queen's Press - MQUP, (ISBN 9780773548725, lire en ligne)
  20. « Canadian-sourced, ethically produced oil ». Voir Toronto Sun, Five things to know about Andrew Scheer's policy positions, 30-05-2017.
  21. Zone Politique - ICI.Radio-Canada.ca, « Comment expliquer la bonne performance d'Andrew Scheer au Québec? », sur Radio-Canada.ca.
  22. (en-US) « FUREY: It’s Scheer, not Bernier, who faces tough decisions ahead », Toronto Sun,‎ (lire en ligne)
  23. a et b (en-US) « Trost mimics Scheer's policy on homeschooling - iPolitics », iPolitics,‎ (lire en ligne)
  24. Parlement du Canada (5-02-2018) et LEGISinfo (10-04-2019]
  25. (en-US) « Proposed Conservative parental tax credit would cost $600M or more: PBO. », sur CBC News,
  26. Le Devoir, Le Canada ratifie l'Accord de Paris, 5-10-2016
  27. Le Devoir, Manon Cornellier, Déni conservateur des changements climatiques, 4-01-2019.
  28. Radio-Canada, Taxe carbone : les conservateurs en avance dans la guerre du message, 1-04-2019
  29. CTV news, Henry Morgentaler named to Order of Canada, 1-07-2008.
  30. Le Devoir, Andrew Scheer ne veut pas rouvrir le débat sur l’avortement, 25-08-2018.
  31. Le Journal de Montréal, Le candidat Scheer s’engage à ne pas rouvrir le débat sur l’avortement et le mariage gai, 28-09-2016.
  32. (en) Michael Coren, The trouble with Andrew Scheer, Now Toronto, 29-05-2017.
  33. Ives 2012, 25.
  34. (en-ca) Martin Regg Cohn, « Don’t silence our high-flying Governor General: Cohn », The Toronto Star,‎ (ISSN 0319-0781, lire en ligne, consulté le 19 janvier 2018)
  35. (en-US) « Liberals 'imposing' values on groups seeking summer job grants, Andrew Scheer says | CBC News », CBC, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne, consulté le 10 mai 2018)
  36. « Cannabis: les conservateurs «concentrés sur le but de bloquer» C-45, dit Scheer », HuffPost Québec,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mai 2018)
  37. (en-ca) « Scheer Smoked Pot When He Was 'Young,' In Case You Were Wondering », HuffPost Canada,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mai 2018)
  38. (en) « Andrew Scheer », Wikipedia,‎ (lire en ligne, consulté le 10 mai 2018)
  39. (en-US) « Scheer orders investigation into Dykstra candidacy following sexual assault allegation | CBC News », CBC, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne, consulté le 27 février 2018)
  40. (en) « Scheer mum on persistent questions about blame in Rick Dykstra affair », CBC News, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne, consulté le 27 février 2018)
  41. (en-US) « Stephen Greene: Andrew Scheer is wrong to propose a return to a partisan Senate », National Post,‎ (lire en ligne, consulté le 22 mai 2018)
  42. (en) Monique Scotti, « 'I think I have the best chance of winning' says Tory leadership hopeful Andrew Scheer », Global News,‎ (lire en ligne)
  43. (en-US) « Andrew Scheer: A strong Britain is an independent Britain », National Post,‎ (lire en ligne)
  44. « Biographie d'Andrew Scheer (sur son site Web) », sur www.vraichef.ca, (consulté le 27 mai 2017).

Articles et ouvrages citésModifier

  • Andrew Ives, « Ferveur religieuse et convictions politiques : la transformation de la culture politique saskatchewannaise », Études canadiennes/Canadian Studies, no 73,‎ , p. 61-73 (lire en ligne)

Liens externesModifier