Huawei

entreprise chinoise de télécommunications et d'informatique

Huawei Technologies
logo de Huawei
illustration de Huawei

Création 1987
Fondateurs Ren Zhengfei
Forme juridique Entreprise privée à capital fermé
Siège social Longgang, Shenzhen
Drapeau de Chine Chine
Direction Ren Zhengfei, PDG
Liang Hua, président
Meng Wanzhou, DAF
Directeurs Ren ZhengfeiVoir et modifier les données sur Wikidata
Actionnaires Actionnariat salarié
Activité Télécommunications, informatique
Produits Réseaux de téléphonie mobile et fixe, technologies multimédias, smartphones, tablettes, conseil et services
Filiales HiSilicon, Huawei Technologies (UK) (d), Huawei (d), Huawei Technologies Deutschland (d), Huawei Technologies (Canada) (d), Huawei Technologies (France) (d) et Huawei Technologies (Czech) (d)
Effectif en augmentation 194 000 (2019)
Site web http://www.huawei.com

Chiffre d'affaires en augmentation 121.72 milliards de dollars (2019)
en augmentation +15 % de 2016 à 2017
Résultat net 37 052 000 000 de Renminbi ()[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
en augmentation + 33 % en 2013 à 4,5 milliards de dollars

Huawei (prononciation française : /wawɛj/ ; en chinois simplifié : 华为 ; chinois traditionnel : 華為 ; pinyin : Huáwéi Écouter), officiellement Huawei Technologies Co. Ltd. (en chinois simplifié : 华为技术有限公司 ; chinois traditionnel : 華為技術有限公司 ; pinyin : Huáwéi jíshù yǒuxiàn gōngsī), est une entreprise fondée en 1987, dont le siège social se trouve à Shenzhen en Chine et qui fournit des solutions dans le secteur des technologies de l'information et de la communication (TIC).

Le métier historique de Huawei est la fourniture de réseaux de télécommunication aux opérateurs : l'entreprise fournit des matériels, des logiciels et des prestations de services pour les réseaux de télécommunications des opérateurs et les réseaux informatiques des entreprises.

Huawei en élargissant son marché est devenu un fournisseur de solutions numériques en terminaux, réseaux et cloud, pour les opérateurs, entreprises et consommateurs. Ses produits et solutions sont déployés dans plus de 170 pays.

En 2018, Huawei est le 2e constructeur mondial de smartphones derrière Samsung et devant Apple[2].

Au second trimestre 2020, Huawei détrône Samsung et devient le 1er vendeur mondial de smartphones[3].

DénominationModifier

Le caractère signifie notamment « Chine », mais peut aussi être utilisé comme adjectif pour signifier « beau », « splendide ». Le caractère signifie « action » ou « travail fini ». Huáwéi lui-même en tant que mot dissyllabique peut donc être traduit en « bel ouvrage ».

HistoireModifier

 
Ren Zhengfei en 2014.

L'entreprise a été créée en 1987 à Shenzhen, à l'époque zone économique spéciale développée à proximité de Hong Kong, par Ren Zhengfei, ancien colonel[4] de l'Armée populaire de libération, membre du Parti communiste chinois, qui est devenu un magnat des télécommunications[5]. Le premier produit commercialisé par Huawei en 1988 est le PABX, un commutateur pour les entreprises.

En 1997, Huawei décroche son premier contrat à l’étranger et, en 2004, son premier gros contrat en Europe en signant avec le fournisseur néérlandais Telfort (en)[6].

En 2003, Huawei s’installe en France, notamment à Boulogne-Billancourt et Issy-les-Moulineaux. Plus tard, le groupe ouvrira une antenne à Lyon en 2011 puis un centre de recherche à Grenoble en 2018[7].

En 2007, Huawei transfère son siège européen de Londres à Düsseldorf.

Le , Huawei Technologies et Bain Capital tentent de racheter le fabricant d'équipements réseau 3Com pour un montant de 2,2 milliards de dollars américains[8],[9], mais l'offre est abandonnée à cause de l'opposition du gouvernement américain pour des raisons de sécurité nationale, face aux menaces de cyber-espionnage venues de Chine[10].

En 2009, Huawei met en œuvre le premier réseau LTE commercial dans le monde pour l’opérateur finno-suédois Telia Sonera, pour couvrir la ville d’Oslo en haut débit mobile[11].

Depuis 2009, Huawei commercialise également des téléphones portables en marque propre, sous Android[12].

En 2010, avec 19,81 milliards d’euros de chiffre d'affaires, Huawei devient le deuxième fournisseur mondial en réseaux de télécommunications, derrière Ericsson et devant Nokia Siemens Networks, Alcatel-Lucent, Cisco Systems et ZTE[13],[14]. Ceux-ci ont vu leurs parts de marché en Asie s'effriter et ont assisté à la montée en puissance du groupe chinois sur les marchés émergents et occidentaux.

En 2010, Huawei réalise 65 % de son chiffre d'affaires à l'export, contre 60 % en 2009. Il s'élève à 185,2 milliards de yuans (27,36 milliards de dollars) en hausse de 24,2 % par rapport à 2009.

En 2011, Huawei se développe sur le marché de terminaux et des solutions pour les entreprises (informatique en nuage, téléprésence, centre de données, sécurité…).

En 2011, Huawei travaille avec 45 des 50 principaux opérateurs de télécommunication, et possède 110 000 collaborateurs dans 140 pays. Ces collaborateurs sont composés de 80 % d'ingénieurs avec une moyenne d'âge de 29 ans[15].

En 2013, 70 % du chiffre d'affaires de Huawei est réalisé à l'international[16]. Preuve de cette croissance, Huawei s'impose progressivement comme l'un des constructeurs de smartphones les plus importants. Au deuxième trimestre 2018, l'entreprise chinoise dépasse ainsi le géant Apple quant au nombre de smartphones vendus[17].

Selon le cabinet Dell'Oro, en 2018, Huawei est le premier fabricant mondial d'équipements télécoms avec 31 % du marché(contre 29 % pour Ericsson et 23 % pour Nokia).

En 2018, Huawei doit se retirer du marché australien. En effet, les autorités australiennes ont exclu le chinois Huawei des contrats pour la mise en place de la future infrastructure 5G du pays[18].

En 2019, le groupe Huawei est en situation de quasi-monopole sur le continent africain[19].

En janvier 2020, le Royaume-Uni pose des garde-fous sur le déploiement de la 5G par Huawei, aucun équipement sur les coeurs de réseaux, part de marché limitée à 35 % et aucune présence sur les sites critiques, comme les centrales nucléaires[20].

Le 27 février 2020, se positionnant pour le déploiement la 5G en Europe, Huawei annonce son intention d’installer un site de production d’équipements en France[21]. Mais, les autorités françaises ont indiqué le non renouvellement des autorisations pour les opérations télécoms français souhaitant acheter des équipements 5G à Huawei. Les autorisations sont d'une part limitées à 3 ou 5 années pour le matériel de l'entreprise et ne pourront d'autre part pas être reconduites.[22]

Guerre commerciale entre les États-Unis et la ChineModifier

La directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou qui est également la fille du fondateur Ren Zhengfei est arrêtée au Canada en sur requête des autorités américaines qui l'accusent de fraude bancaire et de fraude électronique[23],[24].

Le , le Secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis Kirstjen Nielsen, le Procureur général des États-Unis Matthew Whitaker, le Secrétaire au commerce Wilbur Ross, le Directeur du FBI Christopher Wray et les procureurs fédéraux annoncent 23 chefs d'accusation (dont fraude bancaire et financière, blanchiment d'argent, complot visant à escroquer les États-Unis, vol de technologie des secrets commerciaux, prime offerte aux travailleurs qui volaient des informations confidentielles à des sociétés du monde entier, fraude par fil, entrave à l'exercice de la justice et violations de sanctions) contre Meng Wanzhou, Huawei, Huawei Device USA Inc. et la filiale iranienne de Huawei, Skycom. Le ministère a également déposé une demande d'extradition formelle concernant Meng auprès des autorités canadiennes le même jour[25],[26],[27],[28],[29].

En 2019, Huawei est exclu de plusieurs appels d'offres notamment concernant les cœurs de réseaux, où ses équipements sont dans certains pays occidentaux démontés[30]. En , Donald Trump annonce l'interdiction pour Huawei de vendre des équipements de réseaux aux États-Unis[31].

Dans le cadre de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine et du soupçon envers Huawei de laisser Pékin espionner les télécommunications, le président américain Donald Trump interdit aux groupes américains de commercer dans les télécommunications auprès de sociétés étrangères jugées dangereuses pour la sécurité nationale, et Google suspend ses relations avec l'entreprise chinoise, utilisatrice de son système Android[32]. Il en va de même pour Intel, Qualcomm et Broadcom[33]. Il faut noter que Huawei avait déjà anticipé un tel scénario et était déjà en train de développer une alternative à Android, un nouveau système d’exploitation sous le nom de code de "HarmonyOS" depuis 2012[34]. En , des analyses effectuées par The Wall Steet Journal montrent que Huawei a moins recours aux fournisseurs américains depuis mai et élimine l'utilisation de puces américaines dans les nouveaux modèles de smartphones[35].

Le , les États-Unis annoncent une prolongation de 90 jours de la licence provisoire accordée à Huawei (la troisième prolongation après celles de mai et août)[36],[37]. Toutefois, malgré ce sursis, les smartphones Huawei ne peuvent toujours pas bénéficier de la certification Android et donc des applications Google[38].

En février 2020 de nouveaux chefs d'accusation pour vol de secrets industriels s'ajoutant à ceux relatifs au commerce avec l'Iran et la Corée du nord sont prononcés contre Huawei [39].

En mai 2020, les États-Unis adoptent de nouvelles mesures interdisant la fourniture de composants électroniques semi-conducteurs à Huawei, dès le mois de septembre, sur la base des ses lois d'extraterritorialité, cet embargo devient mondial. TSMC(Taiwan Semiconductors Manufacturers), devra cesser ses fournitures[40],[41]. En parallèle du conflit sino-américain, d'autres nations prennent position et mettent à mal la place de Huawei sur l'échiquier mondial dans le déploiement de la 5G. En juillet 2020, la Grande-Bretagne annonce ainsi renoncer à continuer l'âge d'or des relations sino-britannique. Le 14 juillet 2020, le gouvernement britannique annonce ainsi bannir Huawei de tous ses projets de télécommunications avec une prise d'effet à compter du 21 janvier 2021[42]. La France confirme quant à elle que Huawei pourra investir sur son territoire[43].

Marchés, produits et solutionsModifier

 
Un modem USB Huawei.

Huawei Technologies décline son offre à destination de trois types de publics : opérateurs, entreprises, consommateurs.

OpérateursModifier

L'entreprise conçoit des équipements de télécommunications (antennes-relais, DSLAM, routeurs) pour les opérateurs de télécommunications, et commutateurs pour les entreprises.

La pose des câbles sous-marins de télécommunications constitue un nouvel axe de développement stratégique[44] de Huawei car jusqu'à présent, seules 3 entreprises (ASN, TE Subcom et NEC) contrôlaient la majeure partie de ce marché mondial, sachant que 99 % du trafic internet passe par ces câbles dont 80 % du flux transite par les États-unis quelqu'en soit sa destination[45].

Le métier historique de Huawei est d'accompagner les opérateurs dans la migration de leurs infrastructures réseaux vers des technologies plus récentes (par exemple pour les réseaux mobiles GSM vers successivement la 4G (LTE), 5G), ce qui permet de remplacer les équipementiers en place.

EntreprisesModifier

En matière de convergence des réseaux, Huawei construit pour les entreprises le produit Single RAN (Radio Access Network), qui a pour fonction de fusionner toutes les capacités de communication radio d’un réseau cellulaire (GSM, UMTS HSPA+, LTE…) en un seul équipement[46].

Pour les entreprises, Huawei développe des solutions de bout en bout : commutateur, cloud computing, communications unifiées[47], et solutions pour les gouvernements : Huawei 4G eLTE.

En 2015, Huawei et Alstom ont finalisé un projet pilote à Valenciennes consistant à développer une technologie de réseau haut débit de radiocommunication multiservice LTE 4G destinée à l'exploitation la signalisation embarquée des métros. Ce système prend en charge les messages vocaux et vidéo essentiels, le système CBTC (contrôle des trains basé sur la communication en réseau) et des applications de données à large bande comme les systèmes d’information passagers et la diffusion continue en direct d’images en TVCF[48]

En 2016, Huawei et Siemens ont annoncé la validation d'un système d'exploitation des trains CBTC basé sur un réseau mobile 4G LTE (les tests d'interopérabilité ont eu lieu en France fin 2015)[49].

En mars 2020, Huawei se positionne sur le marché des hôpitaux en signant à Paris un accord-cadre avec Schnell Li-Fi, un « spin-off » de l'institut allemand Fraunhofer. Les deux sociétés vont proposer aux hôpitaux une solution mondiale pour les salles opérationnelles basée sur le Li-Fi, une technologie similaire au Wi-Fi, mais plus sécurisée, car elle utilise la lumière pour fournir du très haut débit[50].

Grand publicModifier

 
Le Huawei Mate 10, sorti en 2017.

Pour le grand public, Huawei fabrique des téléphones mobiles. Ses smartphones sont équipés du système d'exploitation Android, mais également des clés 3G, tablettes, modems hybrides 3G / Wi-Fi…

Présent dans les entreprises européennes en coentreprise depuis quelques années[51], Huawei décide en de s'implanter avec sa propre marque sur le marché grand public français en plaçant le U8230 équipé d'Android chez Bouygues Telecom[52],[53].

En 2011, sort le Huawei Sonic (U8650), également sous Android 2.3, et le Huawei Vision (U8850)[54],[55].

Leader mondial des ventes de modems USB 3G / 3G+, Huawei développe en 2009 le plus petit modem au monde, le i-Mo[56].

Huawei construit la première tablette tactile sous Android 3, appelé aussi Android Honeycomb[57], ainsi que des clés 3G distribuées par les grands opérateurs comme Orange, SFR, et Bouygues Telecom. C’est le cas des clés 3G Huawei E160, Huawei E1552 ou Huawei E5823 vendu chez Orange avec le nom Domino.

En mars 2020, Huawei lance son service de streaming de musique en Europe, concurrençant Spotify : Huawei Music[58]

En juillet 2020, Huawei lance Sound X, une collaboration avec le fabricant français Devialet[pourquoi ?][59].

SoC ARMModifier

Le , Huawei annonce au MWC de Barcelone la sortie de téléphones dont les processeurs sont coproduits avec l'entreprise HiSilicon[60], filiale de Huawei. Les deux entreprises coopèrent depuis à la production de processeurs d'architecture ARM Cortex A9, Cortex A7 et Cortex A15, sous licence de propriété intellectuelle d'ARM[61].

Les premiers téléphones utilisant le K3v2 sont les Huawei Ascend D1 Quad et Quad XL annoncés avec 20 jours d'autonomie en mode veille et un processeur Cortex A9 MP 4 cœurs, accompagné d'un GPU 16 cœurs[62].

Au même moment, en 2012, la tablette Huawei MediaPad 10 FHD utilisant le même processeur est présentée.

SmartphonesModifier

Honor est une marque numérique filiale de Huawei Technologies Co. Ltd, créée le . Elle a pour objectif de vendre des smartphones essentiellement sur Internet, sans avoir de budget publicité élevé, ce qui lui permet de proposer des smartphones performants à prix compétitifs.

La marque est présente lors d'événements qui fédèrent une population jeune, tels le FISE et les ColorRun.

Les produits Honor arrivent en France en avec le Honor 6.

Les années 2018 à 2020 voient arriver respectivement

  • en 2018 : les P20 et P20 Pro ;
  • en 2019 : les P30 et P30 Pro ;
  • en 2020 : les P40 et P40 Pro.

Ces modèles entendent se spécialiser en photographie et vidéo FHD et 4K, ainsi qu'en séquences de ralenti 240 fps jusqu'à 10 secondes. Toutefois une décision de Donald Trump interdit dès 2019 à Google toute fourniture de produits et services à Huawei, dont le Play Store, les applications Google, Google Maps et Gmail, et surtout YouTube. Huawei s'adapte en proposant le moteur de recherche français Qwant, son propre service de distribution de logiciels et l'usage du service français Dailymotion.

Recherche et développementModifier

 
L'immeuble de Recherche et Développement de Huawei à Shenzhen.

Le département R&D de Huawei emploie environ 70 000 personnes dans le monde, soit un peu plus de 45 % de la masse salariale.

Huawei compte aujourd’hui seize centres de R&D notamment en Allemagne, en Suède, aux États-Unis, en France, en Italie, en Russie, en Inde et en Chine.

Les champs d’investissement en R&D de Huawei sont les suivants : technologies clés, architectures, standards dans les TIC.

En 2008, Huawei est à la tête des dépôts de brevets à l’OMPI avec 1 737 brevets[63] et est depuis resté dans le trio en tête des déposeurs de brevets. Cependant il faut noter qu'il s'agit de demande de brevets, et non d'octrois de brevets[64].

En 2009, Huawei se place au deuxième rang avec 1847 dépôts de brevets. L’entreprise détient 10 % des brevets du LTE et de la 4G[65], 15 % en 2011[66].

En 2012, Huawei dépose 41 948 brevets en Chine et 14 494 en dehors de Chine. Parmi ces dépôts de brevets, 30 240 ont été obtenus. En 2012 toujours, les dépenses en R&D de Huawei atteignent 30 090 millions de yuans, soit 13,7 % du revenu annuel. 1 300 millions de yuans ont été investis dans la recherche.

ImplantationModifier

Aujourd'hui, le centre de R&D de Huawei de Shanghai s'étend sur 227 000 m2 et compte 8 000 ingénieurs[67].

Structure financièreModifier

Huawei est une entreprise privée dont le capital est détenu par ses salariés à travers un système de stock option[68] et par conséquent n'est pas cotée en bourse. Dispensée juridiquement de présenter ses résultats car non cotée en bourse, l'entreprise publie toutefois sur son site web un rapport annuel d'activité.

Il faut d’abord rappeler que Huawei compte en tout et pour tout deux actionnaires : Ren Zhengfei, qui détient 1,18 % du capital, et le « syndicat » des employés qui possède le reste, soit 98,82 %[69]

Selon la Central Intelligence Agency (CIA), Huawei reçoit un financement de l'appareil sécuritaire de l'État chinois[70].

Pour contourner les monopoles d'État accordés par les opérateurs de téléphone à leurs fournisseurs étatiques, Ren Zhengfei a eu l'idée de faire entrer certains de ses clients dans le capital de Huawei[71]. [réf. souhaitée].

Chiffre d'affairesModifier

En 2013, le chiffre d'affaires mondial de Huawei est 40 milliards de dollars, en augmentation de 8,5 % par rapport à 2012. Son bénéfice net de 3,47 milliards de dollars a crû de 34,4 % par rapport à 2012.

En 2015, le chiffre d’affaires de Huawei a atteint 395 milliards de CNY (60,8 milliards de dollars américains), soit une augmentation de 37% par rapport à la même époque de l’année précédente[72].

En 2018, le chiffre d'affaires est estimé à 93,5 milliards d'euros[73].

Critiques et controversesModifier

EspionnageModifier

En 2014 un jury décide de dédommager T-Mobile, à hauteur de 4,8 millions de dollars, concernant un espionnage du robot Tappy développé par l'opérateur. En 2018, Le Monde indique que des serveurs installés par Huawei au siège de l'Union africaine, à Addis-Abeba, ont permis de transférer pendant cinq ans des données confidentielles à la Chine[74].

Plusieurs pays de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) refusent le développement de la 5G par Huawei à cause du risque d'espionnage que celle-ci pourrait représenter[75]. Le fondateur de l’entreprise, Ren Zhengfei, dément ces risques d’espionnage : « J'aime mon pays, je soutiens le Parti communiste. Mais je ne ferai jamais rien pour nuire au monde »[76].

En 2019, Huawei est soupçonné d’un vol massif de données aux Pays-Bas. Selon la presse néerlandaise, les services de renseignement du royaume jugeraient « non souhaitable » l’ouverture du marché national de la 5G au groupe chinois[77].

En 2019, il est révélé que Huawei a tenté d'espionner l'entreprise californienne AKHAN semiconductor, ce qui donne lieu à une enquête du FBI[78]. À la suite des accusations d’espionnage, les États-Unis sanctionnent le groupe, puis Google s'en distance. Le cœur des accusations porte sur les équipements permettant de déployer aux Etats-Unis le réseau de données sans fil 5G[79]. Ils annoncent l'interdiction des infrastructures téléphoniques Huawei sur le territoire, considérées comme une menace en matière de sécurité nationale. Dans ce conflit épineux qui mêle sécurité nationale et guerre économique, l'Europe joue le balancier entre la Chine et les États-Unis[80], ce qui permettrait de renforcer la place de la France[81] mais la soumet aux pressions des 2 parties[82].

Le , The Wall Street Journal affirme que des employés de Huawei ont aidé les gouvernements de Zambie, d'Ouganda et d'Algérie à espionner leurs citoyens[83],[84].

Le , la Commission européenne émet des réserves sur la participation de Huawei au déploiement de la 5G en Europe en raison des risques d'espionnage et de détournement des données des citoyens ou des entreprises. La loi chinoise oblige en effet les entreprises comme Huawei à transmettre des informations aux services secrets chinois[85],[86].

En juillet 2020, le Royaume-Uni décide d'exclure Huawei de son réseau 5G. L’achat de nouveaux équipements de l'entreprise sera interdit dès la fin 2020 et les équipements existants devront être retirés d’ici à 2027, a déclaré le ministre chargé de la culture et du numérique, Oliver Dowden, à la Chambre des communes à l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité nationale (NSC) présidée par le premier ministre conservateur Boris Johnson[87].

Violation de propriété intellectuelleModifier

En 2002, le groupe américain Cisco Systems accuse Huawei d’avoir dérobé du code source en lien à ses routeurs. En janvier 2003, Cisco Systems dépose une plainte en justice contre Huawei pour violation de la propriété intellectuelle, concernant essentiellement une version du logiciel VRP, utilisé dans certains produits de routage, et de manuels d’utilisation contenus dans quelques produits[88]. En juin 2003, la cour du Texas a émis un jugement préliminaire contre Huawei. En octobre 2003, Cisco Systems annonce la suspension de son action afin de permettre aux deux sociétés de trouver un accord à l'amiable. Entre-temps, Huawei s'est engagé à respecter une décision de justice préliminaire lui ordonnant d'effectuer quelques modifications sur ses routeurs et ses commutateurs.

De manière plus générale, Huawei a souvent fait l'objet de critiques selon lesquelles le groupe chinois en serait resté au stade de la copie des technologies des concurrents occidentaux. Les investissements du groupe chinois dans la recherche sont élevés[89] et leur réalité ne fait plus de doute pour la plupart des observateurs[réf. souhaitée].

Vie privée et contrôle socialModifier

Huawei développe et commercialise, à partir de son expérience en Chine, son concept de ville sûre, une extension de la ville intelligente. Elle repose sur une infrastructure de télécommunications de nouvelle génération (5G), la capacité de contrôler à distance des milliers de types d'objets connectés (par exemple feux de circulation, panneaux d'affichage, signalisations diverses), un déploiement de caméras de surveillances connectées au réseau et, potentiellement (car déjà déployées en Chine), des applications d'intelligence artificielle sur les images (reconnaissance des plaques minéralogiques, reconnaissance faciale, etc.). Toutes ces technologies combinées peuvent mener à un contrôle social très développé mettant en péril les libertés individuelles (notation sociale base d'un système de crédit social, « pilori » numérique sur écran d'affichage). La nocivité effective des villes sûres[90] est totalement dépendante des autorités en charge et met en alerte les associations de défense des droits humains[91],[92] et les autorités indépendantes de contrôle telle la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) en France[93].

En France, la mairie de Valenciennes se laisse séduire en 2017 par un cadeau de l'équipementier Huawei pouvant représenter 2 millions d'euros, à charge pour la municipalité d'en définir son usage[94]. Huawei a pu expérimenter librement son système de « caméras intelligentes » dans la ville de Valenciennes grâce à un accord passé avec le maire Jean-Louis Borloo ; quelques années plus tard, en 2016, celui-ci est nommé au conseil d'administration de Huawei France, il est administrateur de l’équipementier pendant deux ans, jusqu’à fin 2018. Il renonce à prendre la présidence du conseil d'administration qui lui est proposée en 2019[95],[96],[97].

DumpingModifier

En 2013, le commissaire européen au commerce extérieur Karel De Gucht affirme que les équipementiers chinois Huawei et ZTE « pratiquent le dumping de leurs produits sur le marché européen »[98].

La même année, Fleur Pellerin, alors ministre française de l'innovation et de l'économie numérique, déclare lors d’un sommet du groupe de réflexion IDATE sur les télécoms, que « l’Europe a lancé des enquêtes sur des pratiques de dumping ou d’aides d’État, mais nous n’avons pas de données pour les prouver. »[99].

CorruptionModifier

En 2014, Huawei identifie 116 employés suspectés d'avoir participé à un système de corruption entre commerciaux, au sein même de l'entreprise, et distributeurs externes. À l'issue de l'enquête interne, quatre personnes ont été remises à la justice[100].

Les pots-de-vin étaient versés par les distributeurs aux commerciaux. Ces derniers autorisaient de plus grand rabais dans les services de Huawei ce qui permettait aux distributeurs de toucher des bénéfices plus importants[101].

Roland Sladek, porte-parole du groupe, a précisé : « Sur le marché des entreprises, Huawei met strictement en place une politique de canaux de distribution ouverts, transparents et stables, afin d'instaurer équité et justice. Nous ne faisons preuve d'aucune tolérance à l'égard de pratiques qui ne respecteraient pas les standards que nous nous imposons[102] ».

InfluenceModifier

Pour assurer son influence sur les décisions politico-économiques, Huawei recrute activement, et à prix d'or, d'anciens politiciens et diplomates au large carnet d'adresses, parfois aux limites des règles de déontologie.

Gérard Errera (en), élevé à la dignité d'Ambassadeur de France en 2008, ex-secrétaire général des Affaires étrangères, ex-ambassadeur au Royaume-Uni, siège au comité consultatif de Huawei International[103]' [104].

L'ancien ministre Jean-Louis Borloo a été administrateur de l’équipementier pendant deux ans, de 2016 à fin 2018. Huawei Technologies[97].

Travail des enfantsModifier

En 2014, Un reportage du magazine Cash Investigation sur France 2 révèle le travail des enfants, y compris la nuit, dans l'usine d'un sous-traitant de Huawei à Nanchang[105]. Interrogé par les journalistes de L'Usine nouvelle, François Quentin, président du conseil d'administration de Huawei France, menace la présentatrice de Cash Investigation, Élise Lucet : « J'ai activé tous mes réseaux et Madame Lucet n'aura plus aucun grand patron en interview, sauf ceux qui veulent des sensations extrêmes ou des cours de media training ! »[106]. Quelques jours plus tard, il publie sur son profil Twitter : « Je n'ai pas l'intention de porter atteinte à la réputation de l'équipe de Cash Investigation et regrette sincèrement ces propos mal exprimés. »[107]. Huawei annonce par la suite avoir décidé de cesser de travailler avec le sous-traitant concerné[108],[109].

EnvironnementModifier

En 2017, Greenpeace reproche à Huawei sa conduite sur les questions environnementales. Si dans sa communication l'entreprise soutient les initiatives gouvernementales chinoises sur l’environnement, elle ne livre aucune donnée sur ses propres produits et ne semble pas conduire de politique industrielle liée au recyclage[110].

Notes et référencesModifier

  1. « http://www-file.huawei.com/-/media/CORPORATE/PDF/annual-report/AnnualReport2016_en.pdf »
  2. Huawei reste numéro 2 mondial devant Apple… avant les fêtes de fin d’année, frandroid.com.
  3. [1],presse.citron.net.
  4. Éric Chalmet, « Le chinois Huawei brigue le leadership mondial d'Ericsson », La Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le 27 mai 2018).
  5. (en) Blake Schmidt, « Huawei's CEO Built an Empire. Trump Could Tear it Down », Bloomberg,‎ (lire en ligne, consulté le 10 décembre 2018).
  6. Alain Coffre, « Huawei gagne son premier contrat 3G en Europe », sur mobiworld.fr (consulté le 27 mai 2018).
  7. « Huawei ouvre à Grenoble un centre de recherche », sur www.lefigaro.fr, (consulté le 21 décembre 2018).
  8. Jérôme Bouteiller, « Le chinois Huaweï s'offre l'équipementier 3Com », sur clubic.com, (consulté le 27 mai 2018).
  9. « 3Com passe dans le giron du fonds Bain Capital et du chinois Huawei », Les Échos,‎ (lire en ligne, consulté le 27 mai 2018).
  10. Yves Drothier, « Le rachat de 3Com par le chinois Huawei inquiète les États-Unis », sur journaldunet.com, (consulté le 27 mai 2018).
  11. Christian D., « Huawei et TeliaSonera : première connexion sur réseau LTE », sur generation-nt, (consulté le 27 mai 2018).
  12. « Huawei sort son premier mobile en France », La Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le 27 mai 2018)
  13. « Huawei devient le deuxième plus grand fournisseur mondial en télécoms », sur itrnews.com, (consulté le 27 mai 2018)
  14. Édouard Laugier, « Huawei, nouveau numéro 2 mondial des équipementiers télécoms », sur bfmbusiness.bfmtv.com,
  15. Édouard Laugier, « Christian Paquet : “L'influence de la culture chinoise : rien n'est immuable et tout est dans le mouvement” », sur lenouveleconomiste.fr, (consulté le 27 mai 2018)
  16. « Huawei à l'assaut d'Apple et Samsung en Europe », L'Expansion,‎ (lire en ligne, consulté le 27 mai 2018)
  17. « Huawei numéro 2 du marché des smartphones : pourquoi est-il préféré à Apple ? », MonPetitForfait,‎ (lire en ligne, consulté le 1er août 2018)
  18. https://www.lesnumeriques.com/mobilite/huawei-ne-pourra-pas-participer-infrastructures-5g-en-australie-n77423.html
  19. « Selon Huawei, « la Chine n’a aucun intérêt à espionner l’Afrique » », sur lemonde.fr,
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Articles connexesModifier

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