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Narendra Modi

homme politique indien (1950-)
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Modi.

Narendra Modi
नरेन्द्र मोदी
નરેન્દ્ર મોદી
Illustration.
Narendra Modi en 2015.
Fonctions
Premier ministre de l'Inde
En fonction depuis le
(5 ans, 6 mois et 12 jours)
Président Pranab Mukherjee
Ram Nath Kovind
Gouvernement Modi I et II
Législature 16e et 17e
Coalition NDA
Prédécesseur Manmohan Singh
Ministre en chef du Gujarat

(12 ans, 7 mois et 14 jours)
Gouverneur Sunder Singh Bhandari
Kailashpati Mishra
Balram Jakhar
Nawal Kishore Sharma
S. C. Jamir
Kamla Beniwal
Législature 10e, 11e, 12e et 13e
Prédécesseur Keshubhai Patel (en)
Successeur Anandiben Patel
Biographie
Nom de naissance Narendra Damodardas Modi
Date de naissance (69 ans)
Lieu de naissance Vadnagar (Inde)
Nationalité indienne
Parti politique Bharatiya Janata Party
Diplômé de université de Delhi
université du Gujarat
Religion hindouisme
Résidence Panchavati, New Delhi

Signature de Narendra Modiनरेन्द्र मोदीનરેન્દ્ર મોદી

Narendra Modi
Premiers ministres de l'Inde

Narendra Damodardas Modi (né le au Gujarat) est un homme d’État indien. Membre du parti nationaliste hindou Bharatiya Janata Party (BJP), il est Premier ministre depuis 2014.

Il commence son engagement au Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), un groupe paramilitaire nationaliste. Lors de l'état d'urgence imposé dans tout le pays en 1975, il est contraint de se cacher. Le RSS l’affecte au BJP en 1985 : au sein du parti, Modi occupe plusieurs responsabilités et en devient secrétaire général en 2001.

Modi est nommé ministre en chef du Gujarat en 2001, en raison de la santé précaire de Keshubhai Patel et à la suite du tremblement de terre à Bhuj. Il effectue quatre mandats, bénéficiant d'une importante croissance économique ; cependant, son administration est critiquée pour sa gestion des émeutes de 2002 et pour ses résultats en matière d’indices de santé, de pauvreté et d'éducation.

Lors des élections générales de 2014, il conduit le BJP, qui obtient la majorité à la chambre basse, le Lok Sabha, pour la première fois depuis 1984. Il quitte alors sa fonction de ministre en chef du Gujarat pour devenir Premier ministre de l’Inde. Son gouvernement réduit certaines dépenses sociales, initie une démonétisation controversée de billets de grande valeur et lance une campagne sur l'assainissement. Il affiche son souhait d'améliorer l'efficacité de la bureaucratie et centralise le pouvoir en abolissant la Planning Commission. À l’issue des élections législatives de 2019, il est facilement reconduit pour un second mandat, ce qui fait de lui le premier chef de gouvernement indien hors du Indian National Congress à remporter deux mandats consécutifs à la majorité absolue.

Son positionnement est qualifié de national-populiste, anti-musulman et xénophobe.

Jeunesse et éducationModifier

Narendra Modi est né dans une famille d'épiciers de Vadnagar[1], se déclarant appartenir à un statut d'intouchable (dalit)[2]. Il est le troisième enfant de Damodardas Mulchand Modi et sa femme Heeraben[3],[4]. Adolescent, il tient un tea stall avec son frère dans une gare routière[5]. Il est scolarisé à Vadnagar où un enseignant le décrit comme un élève moyen mais bon orateur[4].

Modi aurait quitté la maison après avoir terminé ses études secondaires en partie à cause d'un mariage arrangé avec Jashodaben Chimanlal, qu'il a abandonnée et reconnue publiquement plusieurs décennies plus tard[réf. nécessaire]. Modi a voyagé en Inde pendant deux ans et a visité plusieurs centres religieux avant de rentrer au Gujarat.

Modi travaille ensuite dans une cantine de la Gujarat State Road Transport Corporation où il reste jusqu'à devenir pracharak (propagandiste) à plein temps pour le Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS)[4],[6]. Après avoir reçu une formation du RSS à Nagpur – un prérequis pour occuper une fonction officielle dans le Sangh Parivar – il est responsable du Akhil Bhartiya Vidyarthi Parishad (ABVP), l'aile étudiante du RSS, au Gujarat. Modi milite pour le RSS durant l'état d'urgence[4].

Durant ses années au RSS, Modi rencontre Vasant Gajendragadkar et Nathalal Jaghda, chefs du Jan Sangh qui fondent ensuite la section du Bharatiya Janata Party (BJP) au Gujarat[6]. Modi reste pracharak au RSS pendant sa maîtrise de science politique à l'université du Gujarat[7].

Parcours politiqueModifier

Ministre en chef du GujaratModifier

Premier mandatModifier

La santé défaillante du ministre en chef du Gujarat Keshubhai Patel (en), ainsi que des accusations d'abus de pouvoir et de corruption ainsi que la perte de plusieurs sièges lors d'élections partielles, poussent le BJP à chercher un remplaçant. Narendra Modi est alors choisi[4], malgré l’opposition de L. K. Advani (en), soucieux de ne pas mettre de côté Patel et du manque d'expérience de Modi. Une proposition est faite à Modi de devenir ministre en chef adjoint dans un gouvernement dirigé par Patel, mais Modi refuse. Le , Modi est finalement nommé ministre en chef du Gujarat, avec la responsabilité de préparer les élections prévues en .

En tant que ministre en chef, Modi souhaite réduire la taille du gouvernement et privatiser des entreprises publiques, malgré les positions « anti-privatisation » du RSS.

Article connexe : Violences au Gujarat en 2002.

Le , un train transportant plusieurs centaines de passagers dont de nombreux pèlerins hindous est incendié près de Godhra par des extrémistes musulmans tuant 58 personnes - dont des femmes et des enfants. Ceux-ci ont mis le feu à des wagons du train après avoir bloqué les sorties. Une vague de violence anti-musulmans se répand alors à travers le Gujarat[8],[9],[10] et fait entre 900 et 2 000 morts et plusieurs milliers de blessés[11],[12]. L'administration de l'État du Gujarat est accusée par des organisations de défense des droits de l'Homme, l'opposition et certains médias, de ne pas avoir pris la mesure des violences voire de les avoir approuvées dans certains cas[13],[14]. La décision de Modi de faire déplacer les corps brûlés des pèlerins de Godhra à Ahmedabad est également critiquée pour avoir enflammé les tensions[15],[16].

Toutefois, l'équipe d'investigation spéciale mise en place en par la Cour suprême pour enquêter sur l'implication du gouvernement du Gujarat et de Narendra Modi dans les violences communautaires conclut en 2010 qu'il n'existe pas de preuve que Modi ait intentionnellement autorisé les violences dans l'État[17].

Après la vague de violences communautaires, des appels s'élèvent pour demander la démission de Narendra Modi, y compris parmi les partis alliés du BJP[18],[19]. Modi démissionne et l'Assemblée législative du Gujarat est dissoute[20]. Le , un tribunal de New York demande à Narendra Modi de répondre dans les 21 jours du chef d'accusation de « tentative de génocide » en relation avec les émeutes anti-musulmanes de 2002[21].

Durant la campagne qui s'ensuit, Modi fait appel à une rhétorique anti-musulmane[22],[23],[8]. Sous sa tutelle, le BJP remporte 127 des 182 sièges de l'Assemblée[24].

Second mandatModifier

 
Narendra Modi en conférence de presse en 2007.

Durant son second mandat, Modi s'écarte de l'Hindutva et met en avant le développement économique du Gujarat. Il réduit également l'influence des organisations du Sangh Parivar[25] et écarte certains ministres radicaux[25].

La politique de Modi est alors louée pour avoir permis de faire du Gujarat un lieu attractif d'investissement et de réduction de la corruption.

Toutefois, selon le Premier ministre Atal Bihari Vajpayee, la défaite du BJP aux élections nationales de 2004 est due aux violences au Gujarat[26],[27].

À l'approche des élections de 2007, le BJP met en avant un discours anti-terroriste[28]. Le , Modi critique le Premier ministre Manmohan Singh pour ne pas appliquer la législation antiterroriste : il demande au gouvernement national le droit pour les États d'adopter des lois plus dures[29] et demande l'exécution d'Afzal Guru (en)[30], un complice des attaques de 2001 sur le Parlement indien[31].

En , Modi devient le ministre en chef du Gujarat étant resté le plus longtemps en fonction[32]. Le BJP remporte les élections de 2007, avec 122 sièges, et Modi entame un troisième mandat[33].

Troisième mandatModifier

En 2010, Modi fait un discours dans lequel il justifie l'assassinat par la police de Sohrabuddin Sheikh (en), un criminel mafieux, en réponse à une attaque de Sonia Gandhi le qualifiant de « marchand de mort »[34]. La Commission électorale indienne met alors Modi en garde, considérant ce discours comme une activité aggravant les tensions entre communautés[35]. Le ministre de l'Intérieur du gouvernement Modi, Amit Shah, a été inculpé pour avoir ordonné l’assassinat de Sohrabuddin et deux autres personnes[36],[37].

 
Narendra Modi lors d'un discours au Forum économique mondial.

En 2012, Maya Kodnani, ministre de 2007 à 2009 dans le gouvernement Modi, est condamnée pour sa participation au massacre de Naroda Patiya pendant les violences de 2002[38],[39]. Après avoir annoncé qu'il demanderait la peine de mort pour Kodnani, le gouvernement commue finalement sa peine en peine de prison en 2013[40],[41],[42].

Fin 2011 et début 2012, Modi entreprend une série de 36 jeûnes de 1 à 3 jours dans huit villes[43] dans le cadre d'une Sadbhavna Mission (« mission de bonne volonté ») afin de se lier à la communauté musulmane du Gujarat[44]. Il annonce croire que sa grève de la faim « renforcera l'environnement de paix, d'unité et d'harmonie au Gujarat »[45].

Le , la gouverneure du Gujarat Kamla Beniwal (en) nomme le juge R. A. Mehta au poste de lokayukta (en) (médiateur anti-corruption)[46]. Cette décision est prise sans consultation avec le ministre en chef[47] et crée des tensions entre Modi et la gouverneure. Le , Modi accuse Beniwal de former un gouvernement parallèle au Gujarat avec le soutien du Congrès national indien et demande qu'elle soit révoquée[48].

Le , Narendra Modi organise un chat sur Google+ avec des citoyens[49], une nouveauté dans la politique indienne.

Quatrième mandatModifier

En , le gouvernement BJP conduit par Narendra Modi est reconduit pour un nouveau mandat, avec 115 sièges sur 182.

« Miracle » économique du GujaratModifier

Le gouvernement de Narendra Modi est salué pour le dynamisme économique et la croissance du Gujarat, avec notamment le slogan « Vibrant Gujarat »[50],[51],[52],[53]. Toutefois, des critiques pointent le manque de progrès dans la lutte contre la pauvreté, la malnutrition et pour l'éducation[54],[55]. Le Gujarat est classé en 13e position en Inde pour son taux de pauvreté, 21e pour l'éducation et 23 % des enfants de moins de cinq ans sont mal nourris, un chiffre jugé « alarmant »[56].

Le gouvernement du Gujarat indique toutefois que l'État a fait mieux que l'Inde au niveau national dans l'amélioration de différents indicateurs, comme l'éducation des femmes, et que la mortalité maternelle a baissé de 32 % de 2001 à 2011[57].

Le politologue Christophe Jaffrelot relève que le développement du Gujarat a été limité aux classes urbaines moyennes, alors que les zones rurales et les basses castes ont été marginalisées. Il indique que, sous Modi, le nombre de familles sous le seuil de pauvreté a augmenté, particulièrement chez les Adivasis et les Dalits[36]. En , Amartya Sen a critiqué la gouvernance de Narendra Modi : « les résultats en termes d'éducation et de santé sont assez mauvais »[58].

En revanche, les économistes Arvind Panagariya (en) et Jagdish Bhagwati notent que les indicateurs sociaux du Gujarat se sont améliorés par rapport à un point de départ plus bas que dans d'autres États indiens. Ils pointent notamment le taux d'illettrisme en baisse et l'amélioration rapide d'indicateurs de santé[59].

Ascension nationaleModifier

En , Narendra Modi est nommé membre du bureau parlementaire du BJP, la plus haute instance du parti, et président du comité central de campagne[60],[61].

L.K. Advani, chef historique du BJP, démissionne de toutes ses fonctions au sein du BJP à la suite de ces nominations, mais revient sur ses démissions le lendemain, à la demande de Mohan Bhagwat (en), chef du RSS[62].

En , le BJP annonce que Narendra Modi sera son candidat au poste de Premier ministre lors des élections générales de 2014[63], qui sont largement remportées par le BJP. Le , le président Pranab Mukherjee le nomme Premier ministre[54]. Le lendemain, il démissionne de ses fonctions de ministre en chef du Gujarat[64]. Sa prestation de serment se déroule le 26 mai 2014[65].

Premier ministreModifier

Premier mandatModifier

 
Narendra Modi le 1er décembre 2014.

Le , Modi crée le ministère du yoga[66] à l'issue d'un remaniement ministériel. Le rôle de ce ministère, dirigé par Shripad Yesso Naik, est de promouvoir le yoga et de développer l'ensemble des médecines traditionnelles de l'Inde telles que l'ayurveda, les médecines unani et siddha, ainsi que l'homéopathie et la naturopathie[67],[68]. En , l'Assemblée générale des Nations unies adopte à 177 voix (sur 193), une résolution initiée en septembre par Modi, invitant les pays membres à soutenir l'idée d'une « Journée internationale du yoga », le 21 juin, afin de faire connaître les bienfaits de la pratique du yoga, qui a la capacité de « rassembler toute l’humanité »[69],[70]. Cette récupération du yoga par Modi est dénoncée par l'opposition qui y voit une utilisation politique de propagande[71].

Son gouvernement fait l'objet de critiques pour la répression des défenseurs des droits de l’homme et journalistes sous couvert d'une loi anti-terroriste très sévère[72]. D'après Christophe Jaffrelot « les années du gouvernement de Narendra Modi sont marquées par une dégradation de l’État de droit, que ce soit en matière de justice ou de police. Finalement, le pouvoir est en passe d’établir de facto un État hindou, en prétendant laisser s’exprimer la volonté du « peuple » et respecter « ses sentiments religieux »[73]. »

Fin 2016, parait en Inde l'ouvrage de la journaliste Swati Chaturvedi (en) I Am a Troll. Inside the secret world of the BJP’s digital army. Un article du Monde indique en 2017 que l'ouvrage « décrit pour la première fois les campagnes orchestrées sur les réseaux sociaux par les membres du BJP [qui] attaquent violemment tous ceux qui osent critiquer Narendra Modi. [...] Les petites mains de la propagande gardent un œil sur l’activité des idéologues du mouvement et les épaulent en cas d’offensive. [...] Tout en haut de la pyramide, il y a M. Modi lui-même, le dirigeant qui compte le plus d’abonnés (32,2 millions) sur Twitter dans le monde après Donald Trump, qui a promu dans son cabinet un conseiller chargé des réseaux sociaux au rang de joint secretary, l’un des plus élevés de la fonction publique. Un gage de modernité dans un pays où la moitié de la population a moins de 24 ans, et surtout un moyen de contourner les médias traditionnels. Depuis qu’il a été élu premier ministre, M. Modi n’a donné aucune conférence de presse, mais poste régulièrement des messages sur les réseaux sociaux. « Son parti utilise le réseau WhatsApp, très répandu dans le pays, pour diffuser des informations biaisées ou des rumeurs », ajoute Swati Chaturvedi[74]. » Plusieurs auteurs relèvent le discours populiste[75],[76],[77] voire national-populiste de Modi[78].

 
Narendra Modi et Aung San Suu Kyi en 2018.

Les syndicats de travailleurs déclenchent une grève générale de deux jours en janvier 2019, protestant contre des « modifications brutales de la législation du travail en faveur du patronat »[79],[80]. À l'approche des élections législatives d'avril et mai 2019, il entreprend de remobiliser sa base électorale en instaurant un quota de 10 % de places réservées aux castes supérieures dans l’emploi public et l’université[81]. Dès son accession au pouvoir Modi avait fait modifier le mode de calcul du PIB, permettant de gonfler artificiellement les chiffres de la croissance (qui se situe à 6-7 % par an mais ne permet pas d'absorber la douzaine de millions de travailleurs arrivant sur le marché de l'emploi chaque année)[82]. Le taux de chômage est si considérable que le ministère du travail ne communique plus de statistiques. En 2018, la compagnie des chemins de fer reçu 19 millions de candidatures pour 63 000 postes. Les secteurs bancaire et ferroviaire ont commencé à être privatisés. Les budgets de la santé et de l'éducation, déjà très faibles (respectivement 1,2 % et 0,6 % du PIB), ont été réduits, de mème que d'autres dépenses sociales : aides à l'emploi, allocations aux cantines scolaires, plans pour l'accès à l'eau potable. Sur la question du droit du travail, des amendements votés en 2018 restreignent davantage les activités syndicales et tendraient à faciliter les licenciements et à allonger la durée de travail hebdomadaire des salariés[83].

Victoire aux élections législatives de 2019Modifier

 
Narendra Modi et le président américain Donald Trump en 2019.

Bien que controversé[84],[85],[86],[87] et malgré une aggravation des tensions ethniques et des difficultés économiques[82], il est le favori des élections législatives d'avril et mai 2019.

Modi mise sur l’exaltation du nationalisme et sa personne pour remporter un deuxième mandat[88]. Christophe Jaffrelot indique : « Modi s’érige en protecteur des Indiens contre la menace extérieure pakistanaise, chinoise et islamiste – cette dernière recouvrant des cibles intérieures, les musulmans du Cachemire, de manière plus ou moins explicite. Sa campagne diffère de celle de 2014, où il avait mis en avant le développement économique et les créations d’emplois, domaines pour lesquels il n’a pas tenu ses promesses. Le seul thème de 2014 qu’on retrouve aujourd’hui, c’est la critique du Parti du Congrès, dont Modi dénonce le caractère dynastique et corrompu. [...] Le national-populisme de Modi s’exprime d’abord par le rejet des élites, notamment l’establishment du Parti du Congrès, au nom de la plèbe dont le premier ministre dit être issu – ce qui ne l’empêche pas de recevoir le soutien des milieux d’affaires ; deuxièmement, par sa défense des hindous contre les dangers que feraient peser sur eux les minorités et des puissances étrangères – cette dimension xénophobe expliquant qu’on parle ici de « national-populisme ». Troisièmement, par un style politique où l’homme fort, paré de vertus parfois surhumaines, entre en relation directe avec son peuple par toutes sortes de moyens de communication[89]. »

À l'issue des six semaines de votes, Modi remporte un second mandat avec une très large majorité[90]. Une victoire dans de telles proportions était inattendue[91]. Courrier international indique : « Le triomphe du Premier ministre indien aux élections législatives s’explique, d’après la presse locale, par sa capacité, nouvelle, à transcender les clivages de caste et de classe sociale. Et par les changements réels qu’il a apportés dans la vie quotidienne des plus pauvres. [...] Les nationalistes hindous ont obtenu 37 % des voix contre 31 % en 2014, ce qui leur permet d’avoir 303 députés à la chambre sur un total de 542, contre 282 précédemment. « L’ampleur de la victoire est telle que le débat politique est désormais vain », estime l’Indian Express[92]. »

Notes et référencesModifier

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    « In the campaign, Modi fused religion and politics and, as a spur to anti-Muslim sentiment, made Islamic terrorism and its ties to Pakistan a central plank in the BJP platform" etc »

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    « the successful anti-Muslim campaign run in Gujarat in December 2002 by its provincial chief minister Narendra Modi – a hardline Hindu nationalist preacher turned politician – has ominous implicitions. »

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  66. « Ministry of Yoga in India as a method to solve the world problems », Embassy of India, Yerevan, Arménie.
  67. (fr)Dans la foulée d’un important remaniement ministériel, Modi nomme le 9 novembre dernier Shripad Yesso Naik, ancien ministre du tourisme, au poste nouvellement crée de ministre du Yoga, une surprise au moins aussi grande pour la plupart des indiens que pour le monde occidental !
  68. (fr) Le ministre du yoga est aussi responsable de l'ayurveda, de l'unani et du siddha. L'homéopathie et la naturopathie font aussi partie de ses prérogatives.
  69. (fr) Narendra Modi « Le fait que 177 nations s'accordent et votent une résolution montre bien le pouvoir intégrateur du yoga .../... Je suis pratiquant depuis des années et vous ne pouvez pas savoir à quel point cela a fait une différence positive dans ma vie. Le yoga est l'ancre de ma vie».
  70. A propos de la Journée Internationale du « Yoga » Selon Modi, le Yoga a la capacité à « rassembler toute l’humanité ».
  71. « Inde. Le yoga, une arme du nationalisme hindou », sur L'Humanité, (consulté le 9 février 2019)
  72. « Inde: l’arrestation de cinq militants des droits de l’homme sème la discorde », RFI,‎ (lire en ligne, consulté le 25 octobre 2018)
  73. La-Croix.com, « En Inde, « le pouvoir est en passe d’établir de facto un État hindou » », sur La Croix, (consulté le 15 janvier 2019)
  74. « Narendra Modi, nationaliste hindou et maître des trolls », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 9 février 2019)
  75. Jean-Claude Kaufmann, la fin de la démocratie, les liens qui libèrent, (ISBN 9791020907028, lire en ligne), p. 78
  76. Frank Tétart, Grand Atlas 2018. Comprendre le monde en 200 cartes, Autrement, (ISBN 9782746746145, lire en ligne)
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  89. « Christophe Jaffrelot : « Depuis Indira Gandhi, il n’y a jamais eu une telle personnalisation du pouvoir » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 27 avril 2019)
  90. https://www.europe1.fr/international/legislatives-en-inde-large-majorite-parlementaire-pour-les-nationalistes-de-modi-3900562
  91. « Vers une victoire écrasante du premier ministre Modi aux législatives en Inde », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 24 mai 2019) : « Avant le dépouillement, les analystes doutaient que « NaMo » parvienne à réitérer son exploit de 2014 en obtenant la majorité absolue avec son seul parti. »
  92. « Inde. “Modi a été réélu parce qu’il est un homme d’action” », sur Courrier international, (consulté le 24 mai 2019)

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

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