Fatou Bensouda

avocate gambienne, ministre de la justice, procureure à la CPI

Fatou Bensouda
Illustration.
Fonctions
Procureure générale de la Cour pénale internationale
En fonction depuis le
(8 ans et 18 jours)
Président Song Sang-hyun
Silvia Fernández de Gurmendi
Chile Eboe-Osuji
Prédécesseur Luis Moreno Ocampo
Ministre de la Justice
Procureure générale

(2 ans)
Président Yahya Jammeh
Prédécesseur Hawa Sisay-Sabally
Successeur Pap Cheyassin Secka
Biographie
Nom de naissance Fatou Bom Nyang
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Banjul (Gambie)
Nationalité Gambienne
Diplômée de Université Obafemi Awolowo
Profession Avocate
Religion Islam

Fatou Bensouda
Procureurs généraux de la Cour pénale internationale

Fatou Bom Bensouda, née le à Banjul, est une avocate gambienne, procureure générale de la Cour pénale internationale (CPI)[1], après en avoir été pendant huit ans procureure-adjointe.

BiographieModifier

EnfanceModifier

Fatou Bensouda naît à Banjul au sein d'une famille nombreuse, son père est polygame, et a six enfants de l'une de ses épouses (la mère de Fatou) et sept enfants de l'autre épouse[2]. Son père est fonctionnaire, sa mère travaille dans le service de restauration scolaire d'un lycée. Elle souligne que filles et garçons de sa famille étaient également encouragés à faire des études. L'une de ses sœurs est parlementaire, une autre fut la première femme journaliste à présenter le journal télévisé en Gambie, une autre travaille pour un programme des Nations unies destiné aux femmes[2].

FormationModifier

Fatou Bensouda est très jeune intéressée par la défense des droits des personnes, notamment des femmes et assiste à des procès[2]. Après une scolarité secondaire brillante, elle devient quelque temps greffière au tribunal de Banjul[3]. Grâce à une bourse de l'État gambien, elle entreprend des études de droit au Nigéria, d'abord de 1982 à 1986 à l'université d'Ife, aujourd'hui nommée Obafemi Awolowo University. Puis à la Nigerian Law School de Lagos, où, en 1987, elle obtient un diplôme de droit, dit barrister at law[4].

Après trois années d'activité professionnelle, en 1990 elle s'inscrit à l'International Maritime Law Institute basé à Malte, une agence des Nations Unies qui lui décerne son diplôme de droit maritime en 1991[5]. Après être sortie du gouvernement gambien, Fatou Bensouda obtient d'autres diplômes, notamment en novembre 2001 un diplôme en bénévolat au sein du Comité international olympique à New York, ainsi qu'un diplôme d'études en langue française (DELF) 1er degré délivré par le ministère de la Jeunesse, de l'Éducation Nationale et de la Recherche de la République française[6].

GambieModifier

En 1987, elle est admise au barreau en Gambie. La même année, elle est nommée conseillère auprès du gouvernement de Gambie. En février 1994, elle obtient un poste de procureur. Après le coup d'État de juillet 1994, elle devient également conseillère juridique auprès du nouveau président Yahya Jammeh. Elle est promue en 1996 procureur principal, jusqu'en 1998 où elle devient procureur général de Banjul et ministre de la Justice du gouvernement gambien[4],[7], fonction qu'elle occupe jusqu’en 2000. Elle ouvre ensuite un cabinet d'avocat et prend brièvement la direction d'une banque (2000-2002).

TPIRModifier

En mai 2002, elle devient conseillère juridique et substitut du procureur au Tribunal pénal international pour le Rwanda, à Arusha en Tanzanie[8].

Cour pénale internationaleModifier

Depuis 2004, elle est en poste à la Cour pénale internationale de La Haye. Elle y est d'abord procureure adjointe du procureur général Luis Moreno Ocampo[1], puis elle lui succède, comme procureure générale le , et prête officiellement serment le . Elle a été choisie par les 120 États membres du tribunal, au terme d'un processus de sélection auquel participaient 52 candidats.

Elle est interdite de visa par le gouvernement américain à partir d'avril 2019. Ceci fait suite à la décision de son Bureau d’ouvrir une enquête sur des crimes de guerre présumés commis par l'armée américaine en Afghanistan[9].

DistinctionsModifier

  • Elle figure sur la liste des 100 personnes les plus influentes au monde en 2012 selon le magazine Time.
  • Jeune Afrique l’a désignée comme « l’une des 50 femmes africaines qui, de par leurs actions et leurs initiatives dans le cadre de leurs fonctions respectives, font avancer le continent africain (2014 et 2015) »[10].

Vie privéeModifier

Elle est mariée à un économiste et géographe maroco-gambien[2], devenu industriel. Ils ont deux enfants[11].

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b « La Gambienne Fatou Bensouda élue procureure de la CPI », Le Monde et AFP, 12 décembre 2011
  2. a b c et d Annick Cojean, « Le monde à juger », M, le magazine du Monde,‎ , p. 42-44
  3. « Oped Armed Conflict Fatou Bensouda », ONU Femmes | Le Programme d’action
    de Beijing a 20 ans
    ,‎ (lire en ligne, consulté le 1er septembre 2017)
  4. a et b (en) David Perfect, Historical Dictionary of The Gambia, Rowman & Littlefield, , 5e éd., 614 p. (lire en ligne), p. 59-60
  5. IMLI "Serving the Rule of International Maritime Law" page 6 « Class of 1991 : Ms. Fatou Bensouda (The Gambia) »
  6. Fatou Bensouda, Grands Avocats
  7. « Mme Fatou Bensouda, procureur de la CPI », site officiel de la CPI, consulté le 7 mai 2016.
  8. Cécile Sow, « CPI : la Gambienne Fatou Bensouda favorite pour succéder à Moreno-Ocampo », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  9. « CPI : Fatou Bensouda interdite de visa par les États-Unis », sur Africanews,
  10. Fatou Bensouda – Atténuer les guerres et les conflits, autonomiser les femmes, site Beijing20.unwomen.org, [lire en ligne]
  11. Alfred de Montesquiou, « Fatou Bensouda, procureur de la CPI », in Paris Match, du 28 juin au 4 juillet 2012, n°3293, page 107.