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Élections législatives israéliennes de septembre 2019

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Élections législatives israéliennes de 2019.

Élections législatives israéliennes de septembre 2019
120 sièges de la Knesset
Corps électoral et résultats
Inscrits 6 394 030
Flickr - Israel Defense Forces - 20th Chief of Staff, Lt. Gen. Benny Gantz.jpg Bleu et blanc – Benny Gantz
Sièges obtenus 33  −2
Benjamin Netanyahu 2018.jpg Likoud – Benyamin Netanyahou
Sièges obtenus 32  −7
Ayman Odeh (8).jpg Liste unifiée – Ayman Odeh
Sièges obtenus 12  +2
אריה דרעי 2.jpg Shas – Aryé Dery
Sièges obtenus 9  +1
YAAKOV LITZMAN.jpg Judaïsme unifié de la Torah – Yaakov Litzman
Sièges obtenus 8  0
Amir Peretz, 2006.jpg Parti travailliste-Gesher – Amir Peretz
Sièges obtenus 6  0
Premier ministre
Sortant
Benyamin Netanyahou
Likoud

Les élections législatives israéliennes de ont lieu de manière anticipée le en Israël pour désigner les membres de la Knesset.

Initialement prévues pour , ces élections ont lieu de manière anticipée suite à l'échec de la formation d'un gouvernement de coalition après les élections organisées cinq mois plus tôt. Celles-ci voient la victoire du Likoud du Premier ministre sortant, Benyamin Netanyahou, ainsi que de ses alliés sur la droite de l'échiquier politique. Netanyahou est alors pressenti pour être reconduit dans ses fonctions pour un cinquième mandat. Les membres de l'assemblée élue ne parviennent cependant pas a s'accorder sur la formation d'un nouveau gouvernement de coalition, menant au vote de sa dissolution dans la nuit du 29 au , et la tenue de ces élections en septembre suivant.

La campagne est marquée par la concentration des principaux partis en plusieurs grandes coalitions et alliances politiques, conduisant à un nombre inhabituellement faible de partis en lice pour une élection israélienne.

ContexteModifier

Initialement prévues pour , les élections se déroulent de manière anticipée suite à l'échec des négociations en vues de la formation d'une coalition après les élections d'.

Le scrutin est marqué par le duel entre les deux principales formations dominant la campagne : le nouvellement créé parti Bleu et Blanc de Benny Gantz et le Likoud du Premier ministre sortant, Benyamin Netanyahou. Ce dernier en sort finalement gagnant, son parti arrivant en tête du scrutin avec des résultats en hausse, accompagné des bons résultats de ses alliés sur la droite de l'échiquier politique. Netanyahou est alors pressenti pour être reconduit dans ses fonctions pour un cinquième mandat.

Considéré comme le grand vainqueur des élections, le Likoud progresse et semble en mesure à l'aide de ses alliés de droite de constituer facilement une majorité de gouvernement[1]. Benyamin Netanyahou devrait ainsi être reconduit à son poste de Premier ministre[2]. Le dirigeant du parti Bleu et blanc, Benny Gantz, reconnait sa défaite le lendemain, affirmant que sa formation avait « mis en place une alternative au pouvoir » mais « respecter la décision du peuple »[3].

Les différents partis ne parviennent cependant pas a s'accorder sur la formation d'une nouvelle coalition, la loi sur le service militaire des Haredim constituant toujours un point de blocage entre Benjamin Netanyahou, Avigdor Liberman avec son parti Israel Beytenou et les partis religieux[4]. Ce même projet de loi soutenu par les partis ultra-orthodoxes exemptant les étudiants de la Torah du service militaire avait déjà provoqué la chute du gouvernement précédent en et un recours à des élections anticipées[5].

Le désaccord entre les partis de droite ne permet pour autant pas la formation d'une coalition avec des partis de gauche. Choisissant de résoudre leurs différends par les urnes, les membres de la Knesset votent dans la nuit du 29 au la dissolution de l'assemblée et la tenue de nouvelles élections anticipées le [6],[7].

Le , Netanyahu tente d'annuler le scrutin, alors que sa coalition est donnée perdante dans les sondages face à la coalition Bleu et Blanc[8] et que l'ancien Premier ministre Ehud Barak a annoncé son retour en politique et la formation d'un nouveau parti[9].

Mode de scrutinModifier

Israël est doté d'un parlement unicaméral, la Knesset, dont les 120 sièges sont pourvus tous les quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes bloquées et seuil électoral de 3,25 % dans une seule circonscription nationale. Après décompte des voix, les sièges sont répartis à la proportionnelle aux candidats de tous les partis ayant franchit ce seuil, sur la base du quotient simple et de la méthode de la plus forte moyenne, dans l'ordre de leurs position sur les listes[10].

Forces en présenceModifier

Le tableau ci-dessous présente les principaux partis ou coalitions en lice pour le scrutin. Certains partis mineurs des coalitions peuvent ne pas y être représentés.

Partis
ou coalitions
Idéologie Dirigeants Résultats en avril
Likoud Centre droit à droite
National-libéralisme, conservatisme
Benyamin Netanyahou 26,46 % des voix
35 députés
Bleu et blanc Centre
Sionisme, libéralisme, national-libéralisme, libéralisme économique
Benny Gantz 26,13 % des voix
35 députés
Shas Centre gauche à droite
Défense des ultraorthodoxes séfarades et mizrahim, populisme
Aryé Dery 5,99 % des voix
8 députés
Judaïsme unifié de la Torah Droite
Défense des ultraorthodoxes ashkénazes
Yaakov Litzman 5,78 % des voix
8 députés
Liste unifiée Ta'al : attrape-tout
Nationalisme arabe, défense des arabes israéliens, antisionisme
Ayman Odeh 4,49 % des voix
6 députés
Hadash : extrême gauche
Marxisme-léninisme, pro-solution à deux États, non-sionisme
Liste arabe unie : gauche radicale à droite
Défense des arabes israéliens, islamisme, antisionisme
Mansour Abbas 3,33 % des voix
4 députés
Balad : gauche
Nationalisme arabe, sécularisme, panarabisme, antisionisme
Parti travailliste-Gesher Parti travailliste : centre gauche
Socialisme, sionisme travailliste, pro-solution à deux États
Amir Peretz 4,43 % des voix
6 députés
Gesher (en) : centre
Sionisme, égalitarisme, social-libéralisme
Orly Levy 1,73 % des voix
0 députés
Israel Beytenou Droite
National-conservatisme, sionisme révisionniste, libéralisme économique, sécularisme
Avigdor Liberman 4,01 % des voix
5 députés
Yamina (en) Le Foyer juif : droite à extrême droite
sionisme religieux, national-conservatisme, conservatisme social, défense des colons et des orthodoxes
Ayelet Shaked 3,70 % des voix
5 députés
Tkuma : extrême droite
Ultranationalisme, Sionisme religieux, conservatisme religieux, conservatisme social, pro-Grand Israël
Nouvelle Droite : droite
Nationalisme, néosionisme, libéralisme économique
3,22 % des voix
0 députés
Union démocratique Meretz : gauche
Social-démocratie, sionisme travailliste, sécularisme, écologie politique
Nitzan Horowitz 3,63 % des voix
4 députés
Parti démocratique (en) : centre gauche
Sionisme, démocratie libérale, pro-solution à deux États
Ehud Barak Nouveau
Mouvement vert : centre gauche à gauche
Écologisme, sionisme, droits des animaux
Stav Shaffir Dans l'Union sioniste
Otzma Yehudit Extrême droite
Ultranationalisme, Sionisme religieux, conservatisme religieux, pro-solution à un État et État halakhique
Itamar Ben-Gvir Dans l'UPD

SondagesModifier

Les sondages israéliens ont pour particularité de fournir les résultats des différents partis directement en équivalents sièges lorsqu'ils se trouvent au-dessus du seuil électoral de 3,25 %. Dans le cas contraire, les prédictions de résultats sont donnés en pourcentages, ici retranscris en équivalent sièges à fin d'analyse, à raison d'un siège par tranche de 0,83 % (100/120). Le silence électoral prend effet à partir du vendredi précédant le scrutin[11].

 

CampagneModifier

La campagne est marquée par la concentration de partis en coalitions. Le Likoud et Koulanou annoncent faire liste commune le [12], Koulanou étant par la suite dissous pour fusionner avec le Likoud. Les deux alliances Hadash–Ta'al et Liste Arabe unie–Balad décident le de reformer la Liste unifiée, dissoute le précédent[13]. L'ancien Premier ministre Ehud Barak annonce le la fondation d'un nouveau parti, qu'il baptise Parti démocratique le suivant[14]. Deux jours plus tard, Le Foyer juif et Tkuma renouvellent l'Union des partis de droite du précédent scrutin[15], tandis que le Parti travailliste et Gesher font une liste commune le [16]. Le 25, c'est au tour du nouvellement créé Parti démocratique de se joindre au Meretz et au Mouvement vert pour former l'Union démocratique, soutenu par l'ex-députée travailliste Stav Shafir. Le dirigeant du Meretz, Nitzan Horowitz, en prend la tête[17]. Le , la Nouvelle droite et l'Union des partis de droite, principalement composée des partis Le Foyer juif et Tkuma, décident à leur tour de faire liste commune sous le nom de Yemina (à droite)[18]. Le parti Otzma Yehudit, qui soutenait l'union des partis de droite aux précédentes élections, avait auparavant décidé le de se présenter seul suite à un désaccord sur la composition de leur liste commune[19], malgré les pressions de Benjamin Netanyahu pour son maintien dans l'alliance[20]. Le , le dirigeant de Zehout, Mishe Feiglin, passe un accord avec Benjamin Netanyahu et retire son parti de la course en échange de la promesse d'un poste de ministre au sein de son gouvernement et de l'introduction à la Knesset d'un projet de loi de légalisation du cannabis à usage thérapeutique[21]. L'accord est approuvé par 77 % des membres de Zehout lors d'un référendum interne le [22].

RésultatsModifier

Résultats préliminaires des législatives israéliennes de septembre 2019 (91 % comptés)[23]
Parti Voix % +/- Sièges +/-
Bleu et blanc 25,66 33   2
Likoud 25,03 32   7[a]
Liste unifiée 10,72 12   2[b]
Shas 7,57 9   1
Israel Beytenou 7,12 8   3
Judaïsme unifié de la Torah 6,23 8  
Yamina (en) 5,72 7   2[c]
Parti travailliste-Gesher (en) 4,81 6  [d]
Union démocratique 4,30 5   1[e]
Otzma Yehudit 1,87 -[f] 0  
Autres partis (18) 0 - 0  
Suffrages exprimés 4 011 372
Votes blancs et invalides 23 475
Total 4 034 847 100 - 120  
Abstentions
Inscrits / Participation 6 394 030

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Par rapport aux résultats du Likoud et de Koulanou.
  2. Par rapport aux résultats des alliances Ta'al-Hadash et Liste Arabe unie–Balad.
  3. Par rapport aux résultats de l'Union des partis de droite et Nouvelle droite.
  4. Par rapport aux résultats du Parti travailliste israélien et Gesher.
  5. Par rapport au résultats de Meretz.
  6. Membre de l’Union des partis de droite au scrutin précédant.

RéférencesModifier

  1. Guillaume Gendron, « Israël : la «colossale victoire» de Nétanyahou », sur liberation.fr, (consulté le 11 avril 2019).
  2. Piotr Smolar, « Israël : Nétanyahou bien placé pour former une nouvelle coalition à l’issue d’élections législatives très serrées », sur Le Monde, (consulté le 10 avril 2019).
  3. SudOuest.fr avec AFP, « Israël : Benny Gantz reconnaît la victoire de Benjamin Netanyahu », sur sudouest.fr, (consulté le 11 avril 2019).
  4. (en) « Liberman: We will not give up on our principles », sur Israel National News, (consulté le 14 août 2019).
  5. (en) « It's final: 20th Knesset dissolved, Israel heading to elections », sur Israel National News, (consulté le 14 août 2019).
  6. (en) « Israel goes back to elections as Netanyahu fails to form coalition », sur jpost.com, (consulté le 14 août 2019).
  7. « Pas de gouvernement – Israël se rend aux élections: la 21ème Knesset a approuvé sa dissolution », sur infos-israel.news, (consulté le 14 août 2019).
  8. « Benyamin Netanyahu envisage d'annuler les législatives de septembre prochain », sur RFI, (consulté le 27 juin 2019).
  9. « Israël: l'ex-premier ministre Ehud Barak fonde un nouveau parti », sur Le Figaro, (consulté le 27 juin 2019).
  10. « IPU PARLINE database: ISRAEL (Knesset), Texte intégral », sur archive.ipu.org (consulté le 14 août 2019).
  11. (he) « חוק הבחירות (דרכי תעמולה)#סעיף 16ה (ח) », sur he.wikisource.org (consulté en septembre 2019).
  12. (en) Marissa Newman, « Likud okays merger with Kulanu, confirms Netanyahu as PM candidate », The Times of Israel,‎ (lire en ligne, consulté le 29 mai 2019).
  13. (en) « Four Israeli Arab parties reunite for upcoming elections », sur timesofisrael.com, (consulté le 14 août 2019).
  14. « Barak annonce le nom de sa nouvelle formation : le Parti démocrate israélien », sur The Times of Israel, (consulté le 14 août 2019).
  15. (en) « Peretz, Smotrich agree to joint run », sur Israel National News, (consulté le 14 août 2019).
  16. (en) « Labor’s Amir Peretz and Orly Levy-Abekasis announce joint run in election », sur timesofisrael.com, (consulté le 14 août 2019).
  17. « IsraElections2019 : les partis de gauche forment « Union démocratique » », sur jforum.fr, (consulté le 14 août 2019).
  18. (en) « New Right, United Right reach final agreement on joint run », sur Israel National News, .
  19. (en) « Otzma Yehudit splits from United Right », sur Israel National News, (consulté le 14 août 2019).
  20. Raoul Wootliff et Jacob Magid, « Malgré les pressions de Netanyahu, Otzma Yehudit se présente seul à la Knesset », sur The Times of Israel, (consulté le 18 août 2019).
  21. (en) NETANYAHU PROMISES FEIGLIN MINISTRY SO THAT ZEHUT PARTY ENDS RACE, jpost.com.
  22. (en) Hezki Baruch, « Zehut members overwhelmingly back deal to end Knesset bid », Arutz Sheva,‎ (lire en ligne, consulté le 1er septembre 2019).
  23. (he) « תוצאות האמת של הבחירות לכנסת ה-22 : תוצאות ארציות » [« 22e élection de l’État Israélien — Résultats préliminaires »], sur votes22.bechirot.gov.il,‎ (consulté le 18 septembre 2019).