Président à vie

titre utilisé par certains chefs d'État

Président à vie est un titre utilisé par certains chefs d'État qui accorde à un président élu un mandat à durée illimité. Le titre confère parfois au titulaire le droit de désigner ou de nommer un successeur. L'utilisation du titre de "président à vie" plutôt que d'un titre traditionnellement autocratique, tel que celui d'un monarque, implique la subversion de la démocratie libérale par le titulaire (bien que les républiques ne soient pas nécessairement démocratiques en soi). En effet, un président à vie peut parfois établir une monarchie autoproclamée, telle que Henri Christophe en Haïti.

Similitude avec la monarchieModifier

Un président à vie peut être considéré comme un monarque de facto. En fait, outre le titre, les politologues ont souvent du mal à différencier un État dirigé à vie par un président (en particulier un État qui hérite du travail d'une dictature familiale) et une monarchie. Dans son projet de gouvernement à la Convention constitutionnelle des États-Unis, Alexander Hamilton proposa que le chef de l'exécutif soit un gouverneur élu à vie pour bien se conduire, reconnaissant qu'un tel arrangement pourrait être considéré comme une monarchie élective. C'est pour cette raison même que la proposition a été rejetée par la Convention. Une différence notable entre un monarque et certains présidents dits à vie repose sur le fait que le successeur du président ne possède pas nécessairement un mandat à vie, comme au Turkménistan.

Exemples célèbresModifier

Jules CésarModifier

L'un des incidents les plus connus d'un dirigeant républicain qui a prolongé son mandat indéfiniment a été le dictateur romain Jules César, qui s'est fait "dictateur perpétuel" en 45 av. J.-C. Traditionnellement, la charge de dictateur ne pouvait être maintenue que pendant six mois et, bien qu'il ne soit pas le premier dictateur romain à avoir été nommé à la charge sans limite de mandat, c'est la dictature de César qui a inspiré les nombreux empereurs romains qui ont statué après lui. César conserve le pouvoir à vie jusqu'à sa mort. Soupçonné de vouloir instaurer par ces mesures une nouvelle monarchie à Rome, il fut assassiné peu après par une conspiration de sénateurs dirigée par Brutus et Cassius. Son héritage fut rapidement l'objet d'une nouvelle guerre civile entre ses partisans et successeurs, son fils adoptif par testament, Octave, triomphant de ses adversaires.

Napoléon BonaparteModifier

Les actions de César seront ensuite copiées par Napoléon Bonaparte, nommé « Premier consul à vie » en 1802, avant de s'élever au rang d'empereur des Français deux ans plus tard. En plus, il obtient un droit de regard sur son successeur. C’est une première étape vers un régime au sein duquel le chef d’État peut se reproduire. Ce plébiscite est accepté par le peuple, puis par sénatus-consulte. La constitution de l’an X modifie la composition du Tribunat en réduisant ses membres de cent à cinquante. Cela abaisse encore un peu plus les assemblées et le pouvoir du Sénat s’accroît sur le plan législatif. Dès février 1800, Napoléon s’est installé aux Tuileries et y a progressivement installé une cour qui ne cesse de se développer, surtout après 1802. Après le concordat, Napoléon réinstalle une chapelle aux Tuileries et assiste à la messe tous les dimanches. Depuis 1802, il renforce encore plus cette identification avec les rois d’Ancien Régime. Il voyage dans les provinces, ce qui rappelle le cérémoniel des visites royales d’Ancien Régime. On remarque chez Bonaparte la volonté d'affirmer l’État dans un pays qui depuis dix ans souffre d'un déficit d'images de ses dirigeants. Le consulat à vie s'achève le 18 mai 1804 par la proclamation de l’Empire. Depuis lors, de nombreux dictateurs ont adopté des titres similaires, soit de leur propre chef, soit par le biais de législatures.

Adolf HitlerModifier

Adolf Hitler a été nommé chancelier d'Allemagne par le président Paul von Hindenburg en janvier 1933. À la mort de Hindenburg, le Reichstag allemand a voté en faveur de la fusion (inconstitutionnelle) des postes de président et de chancelier, donnant à Hitler le titre de Führer. Plus tard, le Reichstag a voté pour permettre à Hitler d'occuper les postes de chancelier et de Führer à vie. Fondateur et figure centrale du nazisme, il prend le pouvoir en Allemagne en 1933 et instaure une dictature totalitaire, impérialiste, antisémite, raciste et xénophobe désignée sous le nom de Troisième Reich. Il met fin à la première démocratie parlementaire en Allemagne. La politique qu'il conduit est pangermaniste, antisémite, revanchiste et belliqueuse. Son régime adopte en 1935 une législation anti-juive et les nazis prennent le contrôle de la société allemande (travailleurs, jeunesse, médias et cinéma, industrie, sciences, etc.).

Joseph StalineModifier

Joseph Staline dirige l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) à partir de la fin des années 1920 jusqu'à sa mort en établissant un régime de dictature personnelle absolue. S'appuyant sur la bureaucratisation croissante du régime et la toute-puissance de l’appareil policier, la Guépéou puis le NKVD, il impose progressivement un pouvoir personnel absolu et transforme l'URSS en un État totalitaire. Le culte de la personnalité construit autour de sa personne, le secret systématiquement entretenu autour de ses faits et gestes, le travestissement de la réalité par le recours incessant à la propagande, la falsification du passé, la dénonciation délirante de complots, de saboteurs et de traîtres, l’organisation de procès truqués, la liquidation physique d’adversaires politiques ou de personnalités tombées en disgrâce sont des caractéristiques permanentes de son régime.

Liste de présidents à vie par paysModifier

ArgentineModifier

En 1829, après avoir battu le général Juan Lavalle, Juan Manuel de Rosas parvint à contrôler la province de Buenos Aires. Il soumet des tribus indigènes au sud du territoire, et parvient même jusqu'au détroit de Magellan. Pendant 22 ans, il exerce un pouvoir absolu et réussit à être le principal dirigeant de la Confédération Argentine entre 1830 et 1850.

# Nom Mandat Durée
1   Juan Manuel de Rosas 22 ans, 1 mois et 26 jours

BolivieModifier

En décembre 1825, le maréchal Antonio José de Sucre est élu président à vie du pays, succédant à Simón Bolívar[1]. Il quitte le pouvoir en 1828 pour se présenter à l'élection présidentielle de Colombie. Il est élu mais meurt assassiné à Berruecos, en Colombie, peu de temps après.

# Nom Mandat Durée
1   Antonio José de Sucre 2 ans, 3 mois et 20 jours
2   Andrés de Santa Cruz 10 ans, 3 mois et 1 jour

CentrafriqueModifier

Au pouvoir, le général Jean Bedel Bokassa renforce son emprise dictatoriale, s'autoproclame président à vie le puis se promeut maréchal le 19 mai 1974. Le , il forme un nouveau gouvernement, crée le poste de Premier ministre et nomme Élisabeth Domitien, qui fut la première femme à occuper ce poste en Afrique. Bokassa eut de l'admiration pour Napoléon Bonaparte[2] et voulut dès lors imiter le consul qui se sacra empereur. Les références à Napoléon durant le sacre furent nombreuses, tel l'aigle impérial, la date (le , à deux jours près de la date anniversaire du sacre napoléonien le 2 décembre 1804) ou le dispositif inspiré de la fresque de David[3].

# Nom Mandat Durée
1   Jean-Bedel Bokassa[4] 4 ans, 9 mois et 2 jours

ChineModifier

Fondateur de la république populaire de Chine, Mao Zedong est son principal dirigeant de 1949 à sa mort. Il impose à la population le collectivisme communiste et la dictature du parti unique, en suivant de très près le modèle soviétique dans un premier temps. Il est à l’origine du lancement de la « réforme agraire chinoise », de la « campagne pour réprimer les contre-révolutionnaires », de la « campagnes des trois anti et des cinq anti », du « mouvement Sufan » et de la « campagne anti-droitiste ». Ces campagnes ont provoqué la mort de millions de Chinois. En 1975, Mao laisse son Premier ministre Zhou Enlai décréter un nouveau programme de réformes, les « Quatre Modernisations ». Celui que l’on surnomme « le Grand Timonier » meurt en 1976 sans avoir désigné de successeur. Sous la direction de Deng Xiaoping, la Chine réhabilite peu après un certain nombre de ses victimes (Boluan Fanzheng), tout en continuant l’ouverture à une certaine forme d’économie de marché.

Au XXIe siècle, le président chinois Xi Jinping, au pouvoir depuis 2013, peut potentiellement devenir président à vie à la suite de l'abolition de la disposition constitutionnelle qui limitait la présidence chinoise à deux mandats de cinq ans[5],[6]. En raison de sa pratique du pouvoir très personnalisée, marquant une rupture avec l'effacement relatif de ses prédécesseurs, de son exaltation du sentiment national chinois et de sa mainmise totale sur le Parti, Xi est souvent présenté comme le dirigeant le plus puissant et le plus autoritaire de Chine depuis Mao Zedong. À la suite d’une modification de la Constitution, il peut théoriquement rester président pour une durée illimitée. Par ailleurs, la « pensée » de Xi Jinping est inscrite dans la doctrine et la constitution du Parti communiste, un privilège jusqu'ici réservé à Mao.

# Nom Mandat Durée
1   Mao Zedong 26 ans, 11 mois et 8 jours
2   Xi Jinping en cours 8 ans et 28 jours

CiskeiModifier

Lennox Sebe établit un régime despotique, devenant en 1983 « président à vie » ; son frère Charles est le chef de son service de renseignement, mais se retourne contre lui et tente un coup d'état cette année-là. Charles enlèvera en 1987 Kwame Sebe, fils de Lennox. Alors que Lennox Sebe est en voyage à Hong Kong, son gouvernement est renversé en 1990 par le général Oupa Gqozo, qui instaure une dictature militaire.

# Nom Mandat Durée
1   Lennox Sebe 8 ans et 3 mois

Corée du NordModifier

Kim Il-sung occupa les postes de premier ministre de 1948 à 1972 et de président de la République à partir de 1972, tout en dirigeant sans interruption jusqu'à sa mort le Parti du travail de Corée. Il était couramment désigné du titre de Grand Leader (위대한 수령, widaehan suryŏng). Il fut surnommé le « Président éternel » ou « professeur de l'humanité tout entière ». Son fils Kim Jong-il lui succéda à la tête du parti et du régime. Son petit-fils, Kim Jong-un, est l'actuel dirigeant de la Corée du Nord ce qui, sur trois générations, fait de la famille Kim la première dynastie communiste de l'histoire.

# Nom Mandat Durée
1   Kim Il-sung 45 ans, 9 mois et 29 jours
2   Kim Jong-il 17 ans, 5 mois et 9 jours
3   Kim Jong-un en cours 9 ans, 3 mois et 25 jours

FranceModifier

Les Allemands, qui occupent d’abord le Nord et l’Ouest du territoire national et, à partir du , avec les Italiens, la métropole tout entière, laissent l’administration française sous l’autorité d’un gouvernement français installé à Vichy, dans le sud-est de l'Allier, et dirigé par le maréchal Philippe Pétain. Nommé le , en pleine débâcle, président du Conseil par le président Albert Lebrun, Pétain se substitue en juillet 1940 au président de la République, qui, bien que n'ayant pas démissionné de son mandat, se retire de la fonction[7], Pétain se nommant lui-même « chef de l’État français »[8], puis met en œuvre une politique de collaboration avec les nazis et instaure des lois antisémites. Après le vote des pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain, le , par l’Assemblée nationale (réunion de la Chambre des députés et du Sénat), la mention « République française » disparaît des actes officiels ; le régime est dès lors désigné sous le nom d’« État français »[9].

# Nom Mandat Durée
1   Philippe Pétain 4 ans, 1 mois et 9 jours

GhanaModifier

Au pouvoir, le président de la République Kwame Nkrumah arrête tous les parlementaires de l’opposition[10], la presse est censurée[11], l’indépendance du pouvoir judiciaire est restreinte et les adversaires du régime l'accusent de favoriser un culte de la personnalité[12] (il se fait surnommer Osagyefo – le « Rédempteur » – par ses partisans). Il tente aussi de supprimer l'influence des origines tribales comme facteur de discrimination[13]. Le CPP devient en 1964 un parti unique « ouvert à tous les Ghanéens de toutes classes sociales et de toutes idéologies », conformément à la vision de Nkrumah (qui se fait proclamer président à vie) de négation d’intérêts divergents au sein d'une même société. Il estime en effet que l'Afrique précoloniale était organisée selon un mode de vie « communaliste » et que la disparition du colonialisme permettra au continent d'évoluer naturellement vers une société égalitaire, sans que la lutte des classes n'intervienne.

# Nom Mandat Durée
1   Kwame Nkrumah 2 ans et 24 jours

GuatemalaModifier

Rafael Carrera est élu président de son pays en 1844. Il gouverne de façon dictatoriale, s'appuyant sur les grands propriétaires terriens, les conservateurs et le clergé. Il se fait proclamer président à vie en 1854, conservant le pouvoir jusqu'à sa mort, survenue en 1865.

# Nom Mandat Durée
1   Rafael Carrera 13 ans, 5 mois et 8 jours

Guinée-ÉquatorialeModifier

Le , Francisco Macías Nguema se proclame président à vie, chef du gouvernement, ministre de la Défense, des Affaires étrangères, de la Justice et des Finances. Les onze ans de dictature de Macías Nguema sont souvent comparés à la présidence d'Idi Amin Dada en Ouganda, ou à celle de Jean-Bedel Bokassa en Centrafrique. La mémoire de cette période de violence et de souffrance pour la majorité du peuple équatoguinéen est encore vive aujourd'hui. Durant sa présidence, un tiers de la population meurt ou choisit l'exil (Cameroun, Gabon, Espagne et France).

# Nom Mandat Durée
1   Francisco Macías Nguema 7 ans et 20 jours

HaïtiModifier

La présidence à vie se rencontre en particulier en Haïti au XIXe siècle avec d'abord les généraux Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines puis par la suite avec Henri Christophe, Alexandre Pétion et Jean-Pierre Boyer qui établissent la présidence à vie par la Constitution de 1816. Après la chute de Boyer en 1843, la présidence à vie est remise en question. En 1846, le président Jean-Baptiste Riché confirme ainsi à la dignité de président à vie comme dans la précédente constitution. Son successeur, Faustin Soulouque, se proclame empereur d'Haïti sous le nom de Faustin Ier en 1849, ouvrant ainsi la période du Second Empire. Dix ans plus-tard, en 1859, l'Empire est renversé et la République proclamée avec l'abolition de la présidence à vie.

Arrivé au pouvoir par un coup d'État contre le président Fabre Geffrard, en 1867, le général Sylvain Salnave signe une nouvelle constitution et rétablit la présidence à vie[14]. En 1870, il est renversé et exécuté. La présidence à vie est une nouvelle fois abolie.

Au début du XXe siècle, c'est le petit-fils d'Henri Christophe, le général Pierre Nord Alexis qui accède au pouvoir en 1902, en menant les troupes lui étant restées fidèles à la Chambre des députés et en les forçant à le déclaré président à vie. Désirant la restauration, Alexis met en place une réforme constitutionnelle afin de préparer sa proclamation comme roi. Cette dernière extravagance provoque la révolution de 1908 ce qui aboutit à la chute du régime et à la fin de l'« Alexisme »[15].

La présidence à vie revient en Haïti cinquante ans après la chute d'Alexis avec les Duvalier père[16] et fils[17] qui conservent le pouvoir entre 1957 et 1986.

# Nom Mandat Durée
1   Jean-Jacques Dessalines 8 mois et 1 jour
2   Henri Christophe 4 ans, 1 mois et 11 jours
3   Alexandre Pétion 3 ans et 20 jours
4   Jean-Pierre Boyer 24 ans, 11 mois et 12 jours
5   Charles Rivière Hérard 1 an, 1 mois et 20 jours
6   Philippe Guerrier 11 mois et 12 jours
7   Jean-Louis Pierrot 10 mois et 14 jours
8   Jean-Baptiste Riché 11 mois et 26 jours
9   Faustin Soulouque 2 ans, 6 mois et 1 jour
10 85x85px Sylvain Salnave 2 ans, 7 mois et 15 jours
11   Pierre Nord Alexis 5 ans, 11 mois et 11 jours
12   François Duvalier[18] 6 ans, 10 mois et 7 jours
13   Jean-Claude Duvalier[19] 14 ans, 9 mois et 17 jours

IndonésieModifier

Le au matin, Soekarno lit la proclamation de l'indépendance de l'Indonésie, dont il est nommé le premier président. Suit une période de quatre années de conflit armé et diplomatique contre les Néerlandais que les Indonésiens appellent Revolusi – « révolution indonésienne ». Elle prend fin avec la reconnaissance officielle de l'indépendance à l'ONU en 1949 suivie par le transfert formel de la souveraineté sur le territoire des Indes néerlandaises du Royaume des Pays-Bas à la République d'Indonésie le .

Soeharto est nommé président par intérim en 1967 et président l'année suivante. En 1975, les troupes indonésiennes envahissent le Timor oriental, dont 200 000 habitants sont tués durant les premières années d'occupation. Son règne de 31 ans à la tête de l'Indonésie est marqué par un développement de l'économie du pays, mais également par un très fort autoritarisme et par une importante corruption. Transparency international le considère comme le dirigeant le plus corrompu de la planète dans les années 1980 et 1990.

# Nom Mandat Durée
1   Soekarno 21 ans, 6 mois et 22 jours
2   Soeharto 31 ans et 2 mois

IrakModifier

Saddam Hussein dirige la république d'Irak du 16 juillet 1979 au 9 avril 2003. Membre dirigeant du parti Baas arabe socialiste, il conserve sa position d'influence lors de la scission du parti et dirige la branche régionale irakienne de l'organisation. Dévoué à l'idéologie baassiste, qui combine socialisme arabe et nationalisme panarabe, Saddam Hussein joue un rôle déterminant lors du coup d'État du 17 juillet 1968 qui porte le parti Baas au pouvoir en Irak.

# Nom Mandat Durée
1   Saddam Hussein 23 ans, 8 mois et 24 jours

MalawiModifier

En 1971, Hastings Banda est réélu président de la République par le Parlement et se proclame président à vie. Il devient la même année le premier dirigeant africain à se rendre en Afrique du Sud (la première visite d'un dirigeant étranger en Afrique du Sud depuis celle du roi d’Angleterre George VI en 1947) et signe alors avec ce pays un accord (capitaux et armement contre des travailleurs). Chose curieuse, cette alliance ne faiblira pas, même quand le Malawi intégrera le groupe des États africains hostiles à Pretoria (SADCC) le 1er avril 1980. Son régime soutient la rébellion du Renamo au Mozambique, également soutenue par l'Afrique du Sud.

# Nom Mandat Durée
1   Hastings Banda[20] 27 ans, 10 mois et 18 jours

MexiqueModifier

Anastasio Bustamante suspend la constitution et prend alors les pleins pouvoirs devenant président à vie[21],[22]. Il est chassé du pouvoir une première fois en au profit de la restauration républicaine. En 1837, il profite de l'avènement de la république centraliste pour organiser un coup d'Etat et ainsi reprendre le pouvoir. En , il est renversé par Santa Anna, ancien président à vie. Avec ses partisans, les « bustamantistes », il prend les armes contre celui-ci déclenchant la guerre civile. De retour à Mexico en juillet, il est contraint de céder le pouvoir à son successeur désigné, Francisco Javier Echeverría, en . Après le retour de Santa Anna au pouvoir, il est exilé en Europe et s'installe en France avant de revenir mourir au Mexique en 1853.

Porfirio Diaz dirige le Mexique de 1876 à 1911, période appelée « Porfiriato » ou encore « Porfiriat », et ne cédant le pouvoir par intérim qu'à ses fidèles Juan N. Méndez puis Manuel González.

# Nom Mandat Durée
1   Anastasio Bustamante 2 ans, 11 mois et 13 jours
1 an, 11 mois et 1 jour
2 ans, 2 mois et 1 jour
2   Antonio Lopez de Santa Anna 1 an, 9 mois et 26 jours
3 mois et 29 jours
2 ans, 11 mois et 23 jours
8 mois et 23 jours
2 ans, 3 mois et 23 jours
3   Porfirio Diaz 34 ans, 5 mois et 27 jours

OugandaModifier

À partir de 1975, Idi Amin Dada s’autoproclame maréchal, puis président à vie[23]. Cette année-là, devant les médias, il se met en scène sur une chaise à porteurs, obligeant des hommes d’affaires occidentaux à le promener. Durant l’été 1975, un écrivain ougandais d’origine britannique, Denis Hills (en), est condamné à mort pour avoir traité Amin Dada de « tyran de village ». Il ne sera sauvé que par la visite express à Kampala du secrétaire d’État britannique aux Affaires étrangères, James Callaghan, et après l'intervention du président zaïrois Mobutu Sese Seko et du Somalien Siad Barre, président en exercice de l’OUA, qui menace d’annuler le sommet de Kampala.

# Nom Mandat Durée
1   Idi Amin Dada 8 ans, 2 mois et 9 jours

ParaguayModifier

Jusqu'en 1840, année de sa mort, José Gaspar Rodríguez de Francia gouverne le pays en autocrate. Personnage étrange, une partie de son comportement ne s'explique qu'en le replaçant dans le Paraguay de l'époque et prenant en compte sa propre vie. Élu dictateur pour cinq ans, il l'a été par des centaines de délégués et non par une camarilla comme il était courant à l'époque dans l'Amérique hispanique. Ses victimes se recrutaient essentiellement dans la classe susceptible de participer à la direction du pays et très proche ou influencée par Buenos Aires.

# Nom Mandat Durée
1   José Gaspar Rodríguez de Francia 26 ans, 3 mois et 8 jours

RoumanieModifier

Nicolae Ceaușescu accède à la tête du pays en devenant secrétaire général du Parti communiste roumain (PCR). Il est élu président de la république socialiste de Roumanie par la Grande Assemblée nationale de Roumanie en 1974 (réélu en 1980 et 1985) et exacerbe le culte de la personnalité propre à ce régime totalitaire, dont il sera le dernier dirigeant et dont la police politique nommée Securitate forme l'armature. Il se décerne les titres de « Conducător », « génie des Carpates » et « Danube de la pensée », et pratique le népotisme.

# Nom Mandat Durée
1   Nicolae Ceaușescu 22 ans et 13 jours

SamoaModifier

Lors de l'indépendance des Samoa le 1er janvier 1962, Tupua Tamasese Mea'ole devient chef d'État à vie.

# Nom Mandat Durée
1   Tupua Tamasese Mea'ole 1 an, 3 mois et 4 jours

TunisieModifier

Au pouvoir, Bourguiba met en place un culte de la personnalité autour de sa personne — il porte alors le titre de « Combattant suprême » — et l'instauration d'un régime de parti unique pendant une vingtaine d'années. La fin de sa présidence, marquée par sa santé déclinante, la montée du clientélisme et de l'islamisme, se conclut par sa destitution, le 7 novembre 1987, à l'initiative de son Premier ministre Zine el-Abidine Ben Ali. Installé après sa destitution dans une résidence à Monastir, il meurt le 6 avril 2000 et repose dans le mausolée qu'il s'était fait construire.

# Nom Mandat Durée
1   Habib Bourguiba 12 ans, 7 mois et 20 jours

TurkménistanModifier

Considéré comme étant l'un des dictateurs les plus autoritaires du monde (il cumulait les postes de chef de l'État, de chef du gouvernement, de commandant suprême de l'armée et de président du Parti démocratique du Turkménistan, le seul parti autorisé), Saparmyrat Nyýazow avait également l'habitude d'imposer à son pays ses excentricités personnelles.

# Nom Mandat Durée
1   Saparmyrat Nyýazow 6 ans, 11 mois et 23 jours

YougoslavieModifier

S'étant assuré le monopole du pouvoir dès 1945, Josip Broz Tito fonda après-guerre le régime communiste yougoslave, dont il resta le principal dirigeant jusqu'à sa mort en 1980, avec les titres officiels de président du Conseil exécutif (chef du gouvernement), puis de président de la République (président à vie à partir de 1974).

# Nom Mandat Durée
1   Josip Broz Tito 27 ans, 3 mois et 20 jours

ZaïreModifier

Mobutu Sese Seko, gouverna la République démocratique du Congo en tant que dictateur de 1965 à 1997. Durant son règne, le Congo-Kinshasa fut rebaptisé Zaïre.

# Nom Mandat Durée
1   Mobutu Sese Seko 31 ans, 5 mois et 22 jours

Notes et référencesModifier

  1. « PRESIDENTES DE BOLIVIA 1825-2012 (Primera parte) », sur www.lapatriaenlinea.com (consulté le 28 novembre 2019)
  2. À Jeune Afrique : « Il y a beaucoup de similitudes entre Napoléon et moi. C'était un officier issu d'une famille pauvre qui est devenu empereur. Son histoire est admirable car il a fait beaucoup de choses pour son pays »
  3. « 4 décembre 1977 : Bokassa s'autoproclame empereur lors d'un remake du sacre de Napoléon », sur Le Figaro,
  4. Jean-Pierre Tuquoi, « Monsieur le président à vie », sur cairn.info, (consulté le 19 février 2019)
  5. « Chine : Xi Jinping, président à vie ? », sur La Tribune,
  6. « Chine: Xi Jinping président à vie, une incertitude pour le monde », sur Le Point,
  7. Attribué au général Hering, Les Silences du Maréchal (documents inédits en annexe), Les Éditions nouvelles, coll. « Bibliothèque de l'histoire contemporaine », Paris, 1948, 279 p., [lire en ligne], p. 65–66.
    Extrait du témoignage d’Albert Lebrun, lors du procès Pétain : […] « Je reçois [le 11 juillet 1940] la visite du maréchal Pétain […]. Monsieur le Président, me dit-il, le moment pénible est arrivé ; vous avez toujours bien servi le pays ; vous partant, l’Assemblée nationale a créé une situation nouvelle, d’ailleurs je ne suis pas votre successeur, un régime nouveau commence. »
  8. « Acte constitutionnel no 1 du 11 juillet 1940 », sur le site de l’université de Perpignan, mjp.univ-perp.fr, consulté le 20 juin 2009.
  9. Philippe Ardant et Bertrand Mathieu, Droit constitutionnel et institutions politiques 2017-2018, LGDJ, , 612 p. (lire en ligne).
  10. Samir Amin, « Ghana », Encyclopédie Universalis,‎
  11. On to Dictatorship (Article du Time)
  12. Ghana. In Encyclopédie Encarta
  13. (en) Harcourt Fuller, Building the Ghanaian Nation-State, Palgrave Macmillan, New York, (DOI 10.1057/9781137448583_10, lire en ligne), p. 163–174
  14. (en) Jacques Nicolas Léger, Haiti, Her History and Her Detractors, Neale Publishing Company, , 211–216 p. (lire en ligne).
  15. « Pierre Nord Alexis - GUIDE D'HAÏTI », sur www.guidehaiti.com (consulté le 14 décembre 2019)
  16. « François Duvalier », sur Rts.ch
  17. « Ancien président à vie d'Haïti, Jean-Claude Duvalier comparaît devant ses juges et ses victimes », sur Le Monde
  18. https://www.universalis.fr/encyclopedie/francois-duvalier/
  19. https://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-claude-duvalier/
  20. L'Etat spectacle 2: politique, casting et média, Roger-Gérard Schwartzenberg, Place des éditeurs, 2011
  21. (en) Burton Kirkwood, History of Mexico., Westport, CT, Greenwood Publishing Group, Incorporated, , 1re éd., 245 p., poche (ISBN 978-1-4039-6258-4, lire en ligne), p. 107
  22. (en) Burton Kirkwood, History of Mexico., Westport, CT, Greenwood Publishing Group, Incorporated, , 1re éd., 245 p., poche (ISBN 978-1-4039-6258-4, lire en ligne), p. 100
  23. Emmanuel Hecht, « Idi Amin Dada : la fin de l'ogre de Kampala », L'Express,‎ (lire en ligne).