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Confédération argentine

Confédération argentine
es Confederación Argentina

18311861

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte de la Confédération argentine et de l'État indépendant de Buenos Aires, 1858.
Informations générales
Statut République fédérale
Capitale Paraná (1853-1861)
Langue Espagnol
Monnaie Peso Moneda Corriente
Histoire et événements
Pacte fédéral
Bataille de Caseros
Scission de Buenos Aires, création de l'État de Buenos Aires
Dissolution
Président de la Confédération
1835-1852 Juan Manuel de Rosas
1852-1860 Justo José de Urquiza

Entités précédentes :

La Confédération argentine (en espagnol: Confederación Argentina) fut le régime en vigueur en Argentine de 1831 à 1861, lorsque les provinces étaient organisées en confédération. Le général Juan Manuel de Rosas a géré les relations extérieures du pays pendant cette période entant que principal dirigeant de la confédération. Sous son règne, la Confédération argentine a résisté aux attaques du Brésil, de la Confédération péruvio-bolivienne, de l'Uruguay, du Paraguay, de la France et du Royaume-Uni, ainsi que d'autres factions au cours des guerres civiles argentines.

La Confédération argentine était à cette époque formée de quatorze provinces autonomes, celles de Buenos Aires, Santa Fe, Entre Ríos, Corrientes, Tucumán, Salta, Jujuy, Santiago del Estero, Catamarca, Córdoba, La Rioja, San Juan, San Luis et Mendoza.

Rosas a été évincé du pouvoir en 1852 par le général Justo José de Urquiza, après la bataille de Caseros. Urquiza a convoqué l'Assemblée constituante en 1853 pour rédiger une nouvelle constitution[1]. Buenos Aires résiste à Urquiza et se sépare de la Confédération en 1852 pour devenir l'État de Buenos Aires[2].

En 1861, le gouverneur de l'État Bartolomé Mitre bat les troupes d'Urquiza à la bataille de Pavón (1861), où il sera assez mystérieusement vainqueur après qu'Urquiza se fut retiré presque sans livrer bataille. Après cette victoire, Buenos Aires réintégra la Confédération, acceptant la Constitution de 1853, mais seulement après que des modifications qui lui sont favorables y eurent été apportées, lors de la réforme de 1860. À la suite de quoi il fut nommé président constitutionnel de l'Argentine en 1862 pour une période de 6 ans. La confédération fut alors dissoute au profit de la République argentine.

InstaurationModifier

En 1826, le congrès nomma Bernardino Rivadavia premier président constitutionnel des Provinces-Unies du Río de la Plata. Le fait de céder l'Uruguay actuel au Brésil provoqua la démission de Rivadavia (juin 1827). Manuel Dorrego reprit la charge, partisan des autonomies provinciales. Il liquida le conflit avec le Brésil en reconnaissant l'indépendance de la Banda Oriental. Les unitaires soulevés par Juan Lavalle fusillèrent Dorrego (1828), ce qui ralluma la guerre civile entre unitaires et fédéralistes.

La Bolivie se déclara indépendante en 1825, de même que l'Uruguay en 1828. La figure dominante à cette époque devint Juan Manuel de Rosas, vu par beaucoup comme un tyran. Rosas gouverna la province de Buenos Aires et représenta les intérêts de l'Argentine à l'étranger de 1829 à 1852, sans qu'il n'y ait eu de gouvernement central pour l'ensemble du pays. Il fut qualifié d'impérialiste argentin en raison de son opposition à d'autres tyrans, amis d'empires étrangers. Dans sa politique il n'accepta jamais la désagrégation du Río de la Plata comme définitive, mais luttait au contraire pour que ces évènements menaçants ne s'aggravent pas et avec l'espoir que les factions argentines comprendraient bientôt que l'unification était l'intérêt commun. Il fut avant tout stigmatisé comme tyran par ceux qui étaient à la solde d'intérêts étrangers, ainsi que par les victimes de sa « parapolice » implacable, la Mazorca, dirigée par sa propre épouse. D'un autre point de vue, sous Rosas, il n'y avait pas de liberté de presse, ni de parole, ni de pensée et le système d'éducation brillait par son absence. Par exemple : Domingo Faustino Sarmiento dut s'exilier au Chili à plusieurs reprises sous les menaces de mort émises par le gouvernement de Rosas à cause de ses écrits mettant de l'avant des idées « modernes, progressistes et européennes» (voir son ouvrage intitulé « Facundo ») telles que l'école gratuite, laïque et obligatoire pour tous.

Rosas et le rosismeModifier

 
Juan Manuel de Rosas, principal dirigeant de la Confédération de 1831 à 1852.

Pendant cette période l'Argentine était peuplée d'indigènes, ainsi que d'immigrés espagnols et de leurs descendants, les créoles. Certains d'entre eux étaient concentrés dans les villes, mais d'autres vivaient dans les pampas comme gauchos. L'économie rurale se basait presque exclusivement sur l'élevage de bétail. Cependant les attaques indigènes ou « malones » continuaient et menaçaient les frontières, surtout à l'ouest. On peut dire que l'Argentine avait acquis l'indépendance de l'Espagne, mais que la conquête espagnole de l'Argentine n'était toujours pas terminée.

Durant son long gouvernement, Rosas avait réussi à se faire beaucoup d'ennemis à l'intérieur. Pas seulement des unitaires bourgeois réfugiés à Montevideo, mais aussi d'autres caudillos et ce, même s'ils défendaient une position fédéraliste et qu'ils n'étaient pas d'accord avec le monopole du port que Buenos Aires continuait à posséder.

Ce monopole fut momentanément brisé durant le conflit de Rosas avec les impérialismes français et surtout britannique. L'émergence de la navigation à vapeur permettait de remonter les fleuves avec rapidité. Pour ces motifs le Royaume-Uni et la France qui avaient armé d'importantes flottes commerciales et militaires composées de vaisseaux à vapeur exigeaient la libre circulation sur les fleuves, ce qui leur assurerait le libre commerce. Les deux puissances exigèrent donc le droit de navigation sur le río Paraná pour y commercer avec les autres ports, ce que Buenos Aires refusa. Le conflit se mua en guerre avec le combat de Vuelta de Obligado, où les forces fédéralistes de Rosas tentèrent de bloquer le passage aux flottes étrangères. La bataille tourna à la déroute pour les forces de Rosas (20 novembre 1845). Cependant elle fut perçue comme un symbole de défense de la souveraineté nationale. L'action diplomatique habile du gouvernement de Rosas, doublé de l'appui de José de San Martín, finirent par transformer la défaite en victoire politique pour le gouvernement de la Confédération argentine, obligeant les puissances à reconnaître son droit à la souveraineté sur les eaux intérieures.

Mais ces évènements montrèrent aux caudillos (et surtout à Justo José de Urquiza, gouverneur d'Entre Ríos) le pouvoir que donnait à Buenos Aires le monopole du commerce extérieur. Cela engendra un rapprochement entre les unitaires et les fédéralistes opposés à Rosas.

Il se forma dès lors un clan anti-rosiste qui donna lieu à la création de la Grande Armée, qui battit Rosas à la bataille de Caseros (le 3 février 1852). Le gouvernement rosiste fut renversé, et l'unité argentine fut atteinte, du moins théoriquement.

Chute de la ConfédérationModifier

Après la chute de Rosas, Urquiza prit la tête de la Confédération. Il organisa le Congrès constituant de Santa Fe (1853), qui approuva une Constitution de caractère républicain, représentatif et fédéral atténué, élaboré selon le texte “Bases y puntos de partida para la organización política de la República Argentina” de Juan Bautista Alberdi. Urquiza fut proclamé président de la Confédération. Mais les divergences dans le camp des vainqueurs (entre unitaires et caudillos anti-rosistes) conduisirent la province de Buenos Aires à rejeter cette Constitution et à se séparer de la Confédération Argentine, qui établit dès lors sa capitale dans la ville de Paraná. En 1861, les armées de Buenos Aires mirent celles de la Confédération en déroute à la bataille de Pavón et lancèrent une campagne pour soumettre les provinces. Cela fut fait, et le pays resta définitivement unifié selon le projet de nation des unitaires.

RéférencesModifier

  1. "Art. 35.- Las denominaciones adoptadas sucesivamente desde 1810 hasta el presente, a saber: Provincias Unidas del Río de la Plata; República Argentina, Confederación Argentina, serán en adelante nombres oficiales indistintamente para la designación del Gobierno y territorio de las provincias, empleándose las palabras "Nación Argentina" en la formación y sanción de las leyes.""Article 35 .- The denominations successively adopted from 1810 to the present, namely: United Provinces of the Río de la Plata, Argentine Republic, Argentine Confederation, shall henceforth be interchangeably official names to describe the Government and territory of the provinces, using the words "Argentine Nation" for the making and the enactment of laws."
  2. Galasso, p. 335–360