Louis-Joseph de France

prince de France
Louis-Joseph de France
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Louis-Joseph Xavier François, Dauphin de France, École française du XVIIIe siècle

Titre

Dauphin de France


(7 ans, 7 mois et 13 jours)

Prédécesseur Louis-Auguste de France
Successeur Louis-Charles de France
Biographie
Titulature Fils de France
Dauphin de France
Dynastie Maison de Bourbon
Nom de naissance Louis-Joseph Xavier François de France
Naissance
Versailles (France)
Décès (à 7 ans)
Meudon (France)
Sépulture Nécropole de Saint-Denis
Père Louis XVI de France
Mère Marie-Antoinette d’Autriche
Religion Catholicisme

Description de cette image, également commentée ci-après

Louis Joseph Xavier François de France (), fils aîné de Louis XVI et de Marie-Antoinette, deuxième enfant du couple royal, est le premier dauphin avant Louis XVII.

Enfant de santé fragile, il meurt à l'âge de sept ans et demi à Meudon, le , pendant les États généraux.

Naissance, baptême et éducationModifier

 
La famille royale réunit autour du dauphin Louis-Joseph né en 1781.Anonyme, 1782

La naissance tardive du dauphin bouleversa la famille royale, ruinant les espoirs du comte de Provence, futur Louis XVIII, jusque là héritier du trône de France.

Louis Joseph de France est baptisé le 22 octobre 1781, jour de sa naissance, dans la chapelle du château de Versailles par Louis René Édouard de Rohan, grand aumônier de France, en présence d'Honoré Nicolas Brocquevielle, curé de l'église Notre-Dame de Versailles : son parrain est l'empereur Joseph II d'Autriche, représenté par Louis Stanislas Xavier de France, futur Louis XVIII, et sa marraine est Marie Clotilde de France, princesse de Piémont, représentée par Madame Élisabeth, sœur du roi Louis XVI.

Le docteur Pierre-Édouard Brunier, médecin de Enfants de France, lui choisit comme nourrice principale Geneviève Poitrine, qu'on accuse de lui avoir transmis la tuberculose. En effet, selon un témoignage, plusieurs de ses enfants ont été victimes de cette maladie et le docteur lui-même était au courant[1]. il est vrai que le portrait que tracent du docteur Brunier Marie-Antoinette et Madame Royale n'est pas des plus flatteurs[2]. Le roi Louis XVI choisit de nommer un gentilhomme du Dauphiné comme son premier valet de chambre : Pierre-Jean de Bourcet, ancien lieutenant de l'armée royale, qui lui sera dévoué jusqu'à sa mort. Comme sa sœur, Marie-Thérèse, le dauphin est très proche de ses parents. Louis XVI, qui surveille de très près son éducation, commande au géographe Mancelle un globe terrestre transformable, montrant ainsi les terres émergées et immergées, ainsi que tout ce qui pourrait parfaire ses connaissances, comme toute une série de peintures sur peaux de bison.

Le jeune prince est décrit par tous ses contemporains comme un enfant intelligent, qui étonne par ses reparties. Néanmoins Louis-Joseph est éduqué pour régner et montre également un certain goût pour le pouvoir et l'autorité. Louis XVI et Marie-Antoinette sont des parents qui se préoccupent beaucoup de l'éducation de leurs enfants, mais ils sont trop optimistes en ce qui concerne la santé du jeune Louis-Joseph et la reine imagine déjà lui donner en mariage sa nièce Marie-Amélie de Sicile, née en 1782.

À la naissance du dauphin, seul Provence ne semble pas s'en réjouir car ainsi il perd sa qualité d'héritier présomptif du trône. Quant aux textes et chansons relatant l'événement, il y a, comme pour la naissance de Madame Royale, les deux extrêmes, mais, dans l'ensemble, le peuple se réjouit de cette naissance. Le cérémonial se déroule normalement et la maison du dauphin est constituée. Une multitude de cadeaux sont offerts aux époux : entre autres une pendule à musique et automates ainsi qu'un coffre à layette offerts par la ville de Paris.

 
Illumination de l’Arc de Triomphe élevé dans le jardin de M. le Commandant de la Marine le 4 novembre 1781 à l’occasion de la naissance de Monseigneur le Dauphin

MaladieModifier

 
Marie Antoinette et ses enfants, 1787 par Élisabeth Vigée Lebrun, le jeune Louis Joseph Xavier François est déjà très malade pendant la réalisation de ce tableau, le berceau vide appartenait à la petite Sophie morte peu de temps avant.

Vers avril 1784, le dauphin est pris de fortes fièvres. Il est transporté à la Muette, où il guérit vite.

En mars 1785, il subit une variolisation à la Muette. Les suites sont sans gravité, mais sa santé en reste altérée.

En avril 1786 les fortes fièvres recommencent. Le dauphin est secoué de mouvements fébriles, qui n'inquiètent que très peu son entourage. Ce sont pourtant les premiers symptômes de la tuberculose. On constate que son épine dorsale commence à se courber. En octobre 1786, le dauphin passe aux hommes (c'est-à-dire lorsque l'enfant atteint environ l'âge de 7 ans et qu'il quitte le monde des femmes pour celui des hommes). Lors du cérémonial, on constate qu'il a du mal à marcher et que son corps porte des traces de vésicatoire. Durant les années 1786 et 1787, on veut redresser l'épine dorsale du dauphin au moyen de corsets en fer.

Dès janvier 1788, il est consumé par une fièvre lente. La maladie progresse rapidement. Le Dr Petit diagnostique une carie vertébrale. Le dauphin a des vertèbres gangrenées et ne peut survivre longtemps. Selon le marquis de Bombelles, on a beaucoup trop attendu et le dauphin est perdu. « Si mon fils était celui d’un particulier, il se porterait bien », déclare la reine.

Le , il assiste au défilé des députés des États-Généraux depuis un balcon, allongé sur un fauteuil. Il est peu après transporté à Meudon, en espérant que l'air qu'il y respirerait lui serait profitable[3] ; la maladie, comme le note la reine, fait alors chez lui des « progrès effrayants »[4].

Louis-Joseph-Xavier(-François) meurt le au château de Meudon à l'âge de 7 ans et demi, au grand désespoir de ses deux parents, et de sa sœur, durement éprouvés par cette perte.

Le des délégations de la noblesse, du clergé et du tiers état viennent s'incliner devant la dépouille mortelle du dauphin au château de Meudon.

Son inhumation a lieu le  : son corps est alors transporté dans la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France, pour y être enterré, en présence de François-Henri d'Harcourt, d’Henri-Évrard de Dreux-Brézé, de Louis-Joseph de Montmorency-Laval et d’Albert Séjan, curé de l’église royale et paroissiale de Meudon[5], mais en l'absence du couple royal puisque l'étiquette interdisait au roi et à la reine, non seulement d'assister au décès du dauphin, mais également d'accompagner la dépouille jusqu'à l'enterrement[6].

Le début de la révolutionModifier

Louis XVI demanda qu'on reculât la demande d'audience de la délégation du tiers état de quelques jours, le temps de faire son deuil. Les députés refusèrent.

« N'y a-t-il pas de pères dans cette assemblée du tiers ? » demanda-t-il alors[7].

« À la mort de mon cher petit Dauphin, la Nation n'a pas seulement eu l'air de s'en apercevoir. À partir de ce jour là, le peuple est en délire et je ne cesse de dévorer mes larmes », écrit le Marie-Antoinette à son frère Léopold[8].

Son frère cadet, le duc de Normandie, 4 ans, lui succède comme dauphin de France et sera le futur Louis XVII de France.

AscendanceModifier

BibliographieModifier

  • Reynald Secher et Yves Murat, Un Prince méconnu - le dauphin Louis-Joseph, fils aîné de Louis XVI, Éditions RSE, 1998.
  • Philippe Delorme, Les Princes du malheur - Le destin tragique des enfants de Louis XVI et Marie-Antoinette, Éditions Perrin (Paris), 2008.
  • Alphonse Daudet ( Marie-Claude-Monchaux représente là le jeune dauphin Louis joseph) illustré de 33 aquarelles de Marie-Claude Monchaux, édition Clovis 2007

FilmographieModifier

Louis-Joseph de France est un personnage de plusieurs films portant sur la période révolutionnaire. Il est interprété par :

Notes et référencesModifier

  1. Docteur Cabanès, Les Morts mystérieuses de l'histoire, tome II, p. 226-227 (éd. de poche)
  2. lire en ligne sur le Forum de Marie-Antoinette
  3. Philippe Conrad, Louis XVII : l'énigme du roi perdu, Du May, , p. 17
  4. Jean-Christian Petitfils, Louis XVI, Perrin, Paris, 2005.
  5. Registre paroissial (1789) de Meudon, Archives municipales de Meudon
  6. Bernard Vincent, Louis XVI, Folio Gallimard biographie, 2006, page 232.
  7. Reynald Sécher et Yves Murat, Un prince méconnu: le Dauphin Louis Joseph, fils aîné de Louis XVI, éditions RSE, 1998
  8. Reynald Secher et Yves Murat, ibid

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier