Ouvrir le menu principal

Liste des évêques de Maurienne

page de liste de Wikipédia
(Redirigé depuis Liste des évêques de Saint-Jean-de-Maurienne)

La liste des évêques de Maurienne — que l'on trouve parfois sous la forme évêque de Saint-Jean-de-Maurienne — présente la liste épiscopale des titulaires du diocèse de Maurienne.

Le diocèse de Maurienne est fondé, vers 579, par le roi de Bourgogne Gontran, qui fait élever une cathédrale dédiée à Jean le Baptiste dans la ville de Maurienne, future Saint-Jean-de-Maurienne. Depuis saint Felmase (v.  579), premier titulaire, ce sont soixante-dix évêques qui se succèdent sur le siège de Maurienne[1]. Certains auteurs anciens, comme Guichenon (XVIIe siècle), Besson (XVIIIe siècle) ou encore les chanoine Angley et Truchet (2e président de la S.H.A.M.) au XIXe siècle, ont pu placer, selon la tradition, des évêques non-confirmés par les travaux plus contemporains, notamment ceux du chanoine Gros (4e président de la S.H.A.M.) ou encore l'historien Lovie (cf. section « Bibliographie »).

Les évêques de Maurienne sont considérés, au cours de la période médiévale, comme les « Légats Pontificaux pour la Savoie », ayant un rôle diplomatique notamment auprès des comtes de Savoie[1]. Au cours de la période d'occupation révolutionnaire, de 1803 à 1825, l’évêché est réuni à celui de Chambéry. Le diocèse est restauré en 1825 et depuis 1866, l'archevêque de Chambéry porte également les titres d'évêque de Maurienne et d'évêque de Tarentaise.

Sommaire

Haut Moyen ÂgeModifier

Joseph-Antoine Besson mentionne en 341 un premier évêque Lucien (Lucianus, episcopus Maurianensis), qui aurait participé à un concile de Rome[2] (repris dans la Gallia Christiana auquel Besson participe). Toutefois, certains auteurs mettent en doute cette affirmation[3], notant pour Dominique Roget de Belloguet (1796-1872), « Marianensi peut désigner un archevêque de Calabre, et Maranensi un évêque de Dalmatie » alors que dans les Travaux de la Société d'histoire et d'archéologie de Maurienne, il est rappelé l'erreur commise par Besson et d'autres qui ont inscrit « au catalogue de nos évêques un certain Lucianus, qui occupait le siège épiscopal de Mariana (Corse) en 337 »[4]. Par ailleurs, le « concile auquel assista ce Lucien est fort douteux », notamment pour l'année 341[5].

Trois autres évêques — Ruffus, Voconius et Boson — sont également avancés par Besson et Angley à sa suite, sans preuves véritables[2],[6]. Le diocèse ayant été créé v.  579, saint Felmase en serait le premier titulaire[1].

Dates Nom(s) Mention(s) Éléments biographiques
579 saint Felmase
Felmase I
Besson (1759)[7] ; Angley (1846)[8] ; Truchet (1867)[9] ; Lovie (1979)[10] Premier évêque de Maurienne, s'intitulant Segusinae civitatis vel Maurianorum episcopus[11], consacré au concile de Chalon de 579 par l'archevêque de Vienne[12].
v. 581 — 602 saint Hiconius
Iconius I
Besson[7] ; Angley[13] ; Truchet[14] ; Lovie[10] Signe les actes du premier concile de Mâcon (581) et du second concile de Mâcon (585)[11],[13],[15]. Qualifié de Bienheureux[7]
v. 608 Leporius
Leborius I
Besson[7] ; Angley[16] ; Truchet[17] ; Germain (2007)[18] Qualifié de bienheureux dans la Légende de la vie de sainte Thècle[17],[18]. Son corps reposerait dans la collégiale Saint-André de Grenoble[18].
v.  608 Enchonius
Onchonius
Æconius
Iconius II
Chronique de l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon repris dans les Annales de Barionus (1588-1593) ; Besson[7] ; Angley[19] ; Germain[18] Selon la légende, il participe à la découverte du corps de saint Victor (v.  603), à Genève[ReG 1].
v.  650 Leborius
Leborius II
Leporius
Liborius
Besson[20] ; Angley[21] ; Truchet[22] ; Lovie[10] ; Germain[18] Participe au troisième concile de Chalon, en 650[11],[10],[23], aux côtés de Clair (Clarus), évêque de Grenoble, Baldemar (Baldemarus), évêque de Tarentaise et la plupart des évêques de Bourgogne et de Neustrie[24].

Qualifié de bienheureux[24]. Cependant Prieur et Vulliez indiquent les différentes formes qu'on pris son nom et précisent que « certains auteurs, à tort, en ont fait deux personnages distincts »[24].

v. 700 Veranus
Veramnus
Verannus
Veran
Besson[20] ; Angley[25] Serait originaire de Maurienne[25].
v. 726 Walchunus
Vualchin
Vualchinus
Besson[20] ; Angley précisant qu'il ne le fait qu'en citant Besson[26] Cité dans deux chartes (726 et 739) du patrice Abbon[11],[10]. La Gallia Christiana le désigne comme son oncle, tandis que certains érudits le considèrent comme le fils du duc Mero[27].
après 739 Saint Émilien Besson[20] ; Angley[28] ; Truchet[29] Martyr des Sarrasins vers 738[30].

Toutefois, comme le souligne Truchet « L'histoire ne nous apprend aucune particularité de la vie de saint Emilien »[29],[30]. Le chanoine Gros observe une similarité entre sa tradition et celle d'un autre évêque, Émilien de Nantes, populaire en Bourgogne qui s'est également opposé aux Sarrasins, concluant qu'il « rejoint la liste des nombreux saints qui n'ont jamais existé »[30].

v. 750 Felmase II Besson[20] ; Angley[31]
avant 774 Vithgarius
Witgarius
Chronicon Novalicense ; Annales Bénédictines de Jean Mabillon (XVIIe siècle), cité par Angley[32] Ancien abbé de Novalaise[32] (confusion probable avec l'évêque Willicarius de Sion ou Wilicaire, archevêque de Vienne).
v. 813 Felmase III Besson[20] ; Angley[33] ; Lovie[10] Participe au concile de Chalon en 813[20].
v. 825 — après 842 Mainard Angley[34]
853 — avant 859 Joseph Besson[20] ; Angley[35]
v. 859 Abbon
Abbo
Besson[20] ; Angley[36] ; Lovie[10] Participe au concile de Tulle (Toul) en 859, puis de Touzi (près de Toul), en 860[20],[36].
v. 875 — † 883 Adalbert
Adalbertus
Besson[20] ; Angley[37] ; Truchet[38] Participe au concile de Pavie, en 875[37].
v. 887 Asmonde Angley[39]
v. 898 Guillaume Ier
Willerme I
Besson[20] ; Angley[40] Assiste au sacre de Rainfroi, archevêques de Vienne, en 898[20],[40].
v. 907 Benoit Angley[41] Soumission de l'évêché à la métropole de Vienne[41].
v. 915 — après 926 Odelard
Odilaf
Édolard
Besson[20] ; Angley[42] ; Truchet[43] ; Lovie[44] Présent aux conciles de Châlons en 915 et de Charlieu en 926[42]

Angley indique un Saint Odilard qui le précède et qui aurait été tué avec l’archevêque d’Embrun, saint Benoît Ier par les Sarrasins lors d'un sac, mais dont il n'existe aucune trace dans les sources[42],[45]. Martyr.
Besson indique à sa suite, un saint sans nom, tué à Embrun[20].

Hiporius Besson[46] ; Angley[47] Probablement contemporain du Bienheureux Landry[47] († v. 1050)
v. 980 Emmalde
Emaldus
Besson[46] ; Angley[48]
? Thibaud
Theobald
Besson[46] Placé dans ce siècle avant Eberard par Besson[49], alors qu'il est précisé que le document servant de preuve, sans date, « n'est pas plus tard que les dix premières années de de l'onzième siècle ». Ce placement est également corrigé par Mgr Billiet (1861)[50]
v. 994 - † v.1038 (pour Besson) Éverard
Eberard
Ebrard
Urardus
Besson[46] ; Angley[51] ; Billiet (1861)[50] ; Lovie[44] Participe au concile d'Anse (994)[50].

À la même période, on mentionne un Eberhardus (Eberhard) comme évêque de Sion et fils du roi Rodolphe III de Bourgogne[52].

Moyen Âge centralModifier

Dates Nom(s) Mention(s) Éléments biographiques
v. 1011 — † avant 1037 Urard
Éverard
Eurard
Angley (1846)[49] ; Billiet (1861)[50] ; Lovie (1979)[44] Participe au second concile d'Anse (1025)[50].

Apporte son soutien à Eudes II de Blois, contre l'empereur germanique Conrad le Salique, dans la Succession de Bourgogne (1032-1034)[49].

1037 — † 1056 Thibaud
Theobald
Theobaldus
Angley (1846)[49] ; Lovie[44] ; Leguay (1984)[53] Participe en 1037, à une donation de Léger, archevêques de Vienne, puis une donation aux chanoines en 1040[50].

Des auteurs ont pu le désigner, sans preuves, comme frère du comte Humbert, à l'origine de la dynastie des Humbertiens puis de la Maison de Savoie[53]. Donation[54].

v. 1061 Brochard
Burchard
Burcard
Broccad
Besson (1759)[46] ; Angley[55] ; Lovie[44] ; Leguay (1984)[53] Des auteurs, comme le curé Esprit Combet, dans son Histoire chronologique des évêques de Maurienne (1633-1636), ont pu le désigner, sans preuves, comme fils du même comte Humbert[53].
v. 1075 Artaud
Artald
Besson[56] ; Angley[57] ; Lovie[44] Donation[54].
v. 1080 Arnold
Arnoldus
Enold
Enoldus
Eberard
Besson[56] ; Angley[58]
v. 1081 - ap. 1112
1082 — v.1116[59]
Conon de Genève
Conon I
Besson[56] ; Angley[60] ; Lovie[44] ; Leguay[53] ; Mazel (2016)[59] Issu d'une riche famille de Genève, peut être des comtes de Genève puisqu'un acte le donne comme oncle du comte Aymon Ier[60]. Impose son autorité à l'ensemble de la Maurienne par un acte de 1098[59].
ap. 1107 Bérard Besson[56] ; Angley[61] Angley précise que « chartes et chronique du chapitre ne nous ont pas même transmis leur nom »[61].
Jean Ier Besson[56] ; Angley[61] Angley précise que « chartes et chronique du chapitre ne nous ont pas même transmis leur nom »[61].
v. 1112/16
1116 — 1124[59]
Amédée de Faucigny Besson[56] ; Angley[62] ; Leguay[53] ; Mazel[59] Fils du seigneur Guillaume de Faucigny[ReG 2].
v. 1125 Ayrald I
Aicald
Besson[63] ; Angley[64]
v. 1127 Conon II Besson[63] ; Angley[65] ; Truchet[66] ; Lovie[67] ; Mazel[59] A partir de 1129, il ne semble plus avoir de droit sur le val de Suse à la suite d'un accord avec l'abbaye de la Novalaise[59].
1124 — 1134[68] ou 1132 — [69] ou v.1134 — 1146[53] Airald
Airald Ier
Le B. Ayrald
Ayraldus
Eyraud
Besson[63] ; Angley[70] ; Truchet[69] ; Leguay[53] Réformateur de la vallée, chartreux de Portes (Bugey)[68], peut être le fils d'un comte de Bourgogne et neveu du pape Calixte II[53]. Donné pour saint[53]

Plusieurs évêques ont porté le nom Airald (Ayrald) apportant des confusions quant à la caractérisation des uns et des autres, ainsi qu'à la période de leur épiscopat. Joseph-Antoine Besson (1759) en mentionnera quatre[63],[71]. L'auteur précise pour les deux premiers « On le confond avec le précédent, ce que je n'oserais nier absolument »[63]. Le chanoine Angley en mentionne trois[64],[70],[72]. Les auteurs de Saints et saintes de Savoie (1999) n'en mentionnent que deux[68]. Les notices d'autorité de la BNF ou VIAF donnent pour saint Airald III[73].

1132 — 1146[70],[74]
1134 — 1136[68]
1158 — v.1060[53]
Ayrald II
Airald II
Ayraldus
Ayrald
Ayrold[75]
Ayrald III
Besson[63] ; Angley[70] ; Leguay[53] Ancien chartreux[74], doyen du décanat de Saint-André[53] (1102-1132)[74].

Besson précise « On le confond avec le précédent, ce que je n'oserois nier absolument »[63]

1146 — 1158 Bernard de Portes
Bernard I
Bernardus à Portis
Besson[71] ; Angley[76] ; Leguay[53] Mention dans un rescrit de l'empereur Conrad III (1146)[ReG 3].

Il peut être confondu avec Bienheureux Bernard I de Portes, chartreux et évêque de Belley. L’Histoire hagiologique de Belley rappelle que « Tous les auteurs n'admettent pas que notre B. Bernard ait été évêque de Maurienne », mais que d'autres donnent plusieurs raisons démontrant qu'ils sont les mêmes, car il est nommé dans la chronique de la Grande-Chartreuse comme successeur d'Ayrald ; que malgré sa démission du siège de Belley, il consent à devenir évêque de Maurienne par obéissance au Pape et que l'évêque de Maurienne est dit sortir, tout comme B. Ayrald, de la chartreuse de Portes[77].

v.  1158 Hugues
Gui
Besson[71] ; Angley mais qui remet en cause son existence[78] Chartreux de Portes (Bugey).
1158 — 1160 Airald II
Airald I