Louis Ier (duc de Savoie)

duc de Savoie
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Louis Ier
Illustration.
Louis Ier.
Titre
Duc de Savoie

(25 ans et 23 jours)
Prédécesseur Amédée VIII
Successeur Amédée IX
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Date de naissance
Lieu de naissance Genève
Date de décès (à 51 ans)
Lieu de décès Lyon, France
Sépulture Genève
Père Amédée VIII
Mère Marie de Bourgogne
Conjoint Anne de Lusignan
Enfants Amédée IX Red crown.png
Marie
Louis
Jean
Marguerite
Pierre
Charlotte
Janus
Aimone
Philippe II Red crown.png
Jacques
Agnès
Jean-Louis
Marie
Bonne
Jacques
Anne
François
Jeanne

Louis Ier (duc de Savoie)

Louis Ier, né à Genève le , mort à Lyon le , est le second duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne de 1440 à 1465. Il est le fils du duc Amédée VIII, dit « le Pacifique » et de Marie de Bourgogne. Quatrième fils du couple, il hérite du pouvoir suite aux décès de ces aînés et à l'abdication de son père, devenu antipape, sous le nom de Félix V. Il est l'un des rares princes de Savoie à ne pas avoir reçu de surnom.

BiographieModifier

OrigineModifier

Louis de Savoie serait né le , à Genève, notamment pour l'historienne suisse Thalia Brero, auteur d'un ouvrage sur Les baptêmes princiers (2007)[1] ou le site de généalogie Foundation for Medieval Genealogy (FMG)[2]. L'historien savoyard Michel Germain, dans son ouvrage Personnages illustres des Savoie, (2005) retient également cette année, sans autres précisions[3]. Le site sabaudia.org donne l'année 1415[4]. Michel Germain précise, par ailleurs, « plusieurs auteurs antérieurs au XIXe siècle le font naître le à Genève »[3]. Ces auteurs reprennent les écrits du généalogiste Samuel Guichenon (1660) qui écrivait « Pingon dit qu'il prit naissance à Genève le vingt-quatrième du mois de février de l'an mil quatre cents, mais cela ne peut pas être, puisque la consommation du mariage du duc Amé son père, et de Marie de Bourgogne, ne se fit qu'au mois de may de l'an 1401. comme nous avons remarqué cy-devant. Il faut donc le rapporter au 24 de février de l'an 1402 »[5].

Il est ainsi le fils d'Amédée VIII, comte, puis duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne, et de Marie de Bourgogne, fille du duc de Bourgogne, Philippe Le Hardi[6],[2],[1]. Il aurait eu entre 6[6] ou 11[2] sœurs et frères. Il est en 2e position de succession.

Un jeune princeModifier

Louis de Savoie est fait comte de Bâgé, puis comte de Genève en 1427 (Brero)[1] ou 28 (de Belgique)[7]. Guichenon donne les titres sans précisé l'année, si ce n'est le titre de prince de Piémont et la lieutenance-générale en 1434[5].

Il se marie le février 1434, à Chambéry, à Anne de Lusignan, (1419-1462), fille de Janus, roi de Chypre et roi titulaire de Jérusalem et de Charlotte de Bourbon[4],[8].

Régence du comtéModifier

 
Détails du tableau de Pietro Francesco Rayneri, "Amédée VIII recevant la tiare au château de Ripaille", 1816-1823, huile sur toile (Turin, Musei Reali di Torino, Galleria Sabauda). Amédée est représenté en ermite portant une longue robe grise et la barbe.

Le dimanche , le duc Amédée VIII réunit son conseil et les grands personnages au château de Ripaille[9],[10]. En effet, ce dernier se retire en son château de Ripaille pour former l’ordre de Saint-Maurice[11]. Louis est fait, ce jour, chevalier, en compagnie de son frère cadet, Philippe, dit Monsieur ou Monseigneur[8]. Louis porte désormais le titre de « prince du Piémont  » et obtient la lieutenance générale du duché[5],[10]. Il devient ainsi le maître des États de Savoie[12].

Louis succède dans une certaine mesure à son père. Son frère aîné, Amédée, est mort en 1431[6]. Toutefois, Amédée VIII n'ayant pas entièrement confiance considère cette régence comme un exercice pour Louis et intervient régulièrement dans les affaires du duché. Il abdique finalement en faveur de son fils le , à la suite de son élection en tant que pape par le concile de Bâle[10].

La régence qu'il exerce avec le titre de « prince de Piémont » est à l'origine d'une nouvelle tradition au sein de la Maison de Savoie : celle d'octroyer systématiquement ce titre de « prince de Piémont » au prince héritier[8].

Règne ducalModifier

Il eut à subir les intrigues de l’entourage chypriote de son épouse mais aussi les ambitions de ses voisins français et milanais. Il doit ainsi renoncer au Valentinois. Le duc tente cependant de suivre la politique extérieure de son père toutefois son inconstance est totale : alliance avec la Bourgogne en 1441, arbitrage de différends entre le duché de Bourgogne et Berne, assistance aux Bernois contre Fribourg qui se donne à la Savoie en 1450. La même année, il ne peut s'emparer du duché de Milan après la mort de son beau-frère le dernier Visconti. Il entre ensuite en ligue avec Venise contre Florence puis avec Florence contre Venise...

Le 13 septembre 1452, le duc Louis Ier de Savoie et sa femme Anne de Lusignan, achètent la relique du Saint Suaire à Marguerite de Charny contre le château de Varambon.

Le mariageModifier

Les épousailles de Louis Ier et d'Anne de Lusignan sont restées dans les annales de la Maison de Savoie, elles durèrent six jours et coûtèrent très cher. Le mariage fut célébré par l'archevêque de Tarentaise et les réjouissances se déroulèrent au château de Chambéry.

Parmi les invités présents, les meilleurs amis et proches parents du mari, le duc Philippe III de Bourgogne, le duc René Ier de Bar, le comte de Nevers et le comte de Clèves, son père le duc Amédée VIII, sa sœur, Marguerite de Savoie, le prince d'Orange, l'ambassadeur du roi de France, Christophe d'Harcourt. Parmi ceux de l'épousée, le cardinal de Chypre, son oncle. Son père, le roi Janus de Chypre était mort avant que le mariage ne soit officiellement conclu.

Les mets consistaient uniquement de plats de viande faisandées et assaisonnées, essentiellement de la venaison. Le festin était coupé d'intermèdes fastueux, de merveilles et de scènes de spectacle. Les douze provinces, possessions de la maison de Savoie étaient représentées ainsi que le royaume de Chypre par des délégations, ainsi que les Ordres chevaleresques de la Toison d'or pour la Savoie, la Bourgogne et l'Autriche. Le bal de la première journée dura toute la première nuit jusqu'à l'aube. La fête ne se termina qu'à l'aube du septième jour.

Fin de règne et mortModifier

À la fin de son règne, son fils Philippe, particulièrement turbulent, trempe dans un complot contre son père et entraine la chute du chancelier de Savoie, Jacques de Valpergue[13].

À la suite de ce conflit en 1462, il se déplace à Lyon en exil, afin de demander de l'aide à Louis XI, son beau-fils. Après avoir passé plus d'une année à la cour de France[14], il retourne à Lyon avec l'une de ses filles, avant le [15]. Toutefois, un mois plus tard, il y décède le 29 janvier 1465.

Anne de Lusignan décède en 1462. Son corps est inhumé dans la chapelle de Sainte-Marie-de-Bethléem, dans l'ancienne église Saint-François de Genève[16]. Lorsque Louis meurt, il est lui aussi enterré dans cette chapelle[16]. Son cœur et ses entrailles sont déposés dans l'ancienne église du couvent des Célestins de Lyon[16].

Union et postéritéModifier

FamilleModifier

Louis Ier et Anne de Lusignan se marient en [17],[18]. Le couple a une nombreuse descendance dont nombre varie selon les auteurs. Ainsi l'historiographe Samuel Guichenon présentait une liste de 16 enfants[19]. Il énumère la fratrie avec d'abord les garçons, puis les filles : Amé, Louis, Janus, Jacques, Philippes, Aymon, Pierre, Jean-Louis, François, Marguerite, Anne, Charlotte, Bonne, Marie, Agnès et Jeane[19]. Le site sabaudia.org (sab.) n'en présente que 13 (8 garçons et 5 filles)[4]. Le site de généalogie FMG donne de son côté le nombre de 19 enfants (11 garçons et 8 filles)[18].

  1. Amédée (Amé) (Thonon 1er février 1435 - Verceil 30 mars 1472), l'aîné, succède à son père aux titres de duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne, sous le nom de Amédée IX dit le Bienheureux. Il épouse Yolande de France, fille de Charles VII et sœur de Louis XI : d'où trois ducs de Savoie de 1472 à 1496[20] ;
  2. Marie (Morges 10 mars 1436 - Thonon 1er décembre 1437), inhumée le à Hautecombe[21],[22] ;
  3. Louis dit de Genève (Genève 1er avril 1437 - Ripaille 16 juillet 1482), comte de Genève et roi de Chypre ; épouse Annabelle d'Écosse puis Charlotte de Lusignan[23] ;
  4. Marguerite (Pignerol - Bruges 8 mars 1485) ; mariée en 1458 à Jean IV (1413-1464), marquis de Montferrat, puis en 1466 à Pierre II de Luxembourg (1435-1482), comte de Saint-Pol, fils du connétable Louis ci-dessous et de la 1° femme de ce dernier, Jeanne de Bar ; d'où la succession des Luxembourg-St-Pol, dont Marie de Luxembourg ci-dessous, avec des alliances Bourbon-Vendôme (Henri IV en descend) et Orléans-Longueville[24] ;
  5. Janus (Genève 8 novembre 1440 - Annecy 22 décembre 1491), comte de Genève[25] ;
  6. Charlotte (Chambéry 16 novembre 1441 - Amboise 1er décembre 1483) ; mariée en 1451 à Louis XI (1423-1483) ; mère de Charles VIII et d'Anne de Beaujeu[26] ;
  7. Aymon ou Aimon (Genève 2 novembre 1442 - Genève 30 mars 1443)[27] ;
  8. Philippe II dit sans Terre (Thonon 29 novembre 1443 - Lémenc 7 novembre 1497), fait comte de Baugé puis héritier du titre de duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne ; d'où la suite des ducs de Savoie ; et Louise mère de François Ier et arrière-grand-mère d'Henri IV[28] ;
  9. Jacques (Genève 29 novembre 1444 - Genève 20 juin 1445), inhumé en l'abbaye d'Hautecombe[22] (non indiqué par Guichenon) ;
  10. Agnès (1445-1508) ; épouse François d'Orléans-Longueville, fils de Jean de Dunois dit le bâtard d'Orléans : d'où les ducs de Longueville, par ailleurs descendants d'Amédée IX ci-dessus[29] ;
  11. Pierre (Genève vers 2 février 1446 - Turin ), abbé de Saint-André-de-Vercel, puis fait évêque de Genève, puis archevêque de Tarentaise[30] ;
  12. Jean-Louis (Genève 26 février 1447 - Turin 11 juin 1482), administrateur de l'évêché de Genève et administrateur de Tarentaise[31] ;
  13. Marie (Pignerol 20 mars 1448 - 13 septembre 1475) ; mariée en 1466 au connétable Louis de Luxembourg (1418-1475), comte de Saint-Pol et de Ligny[32], comme sa 2° épouse (non indiquée par Guichenon, mais indiquée tout en n'étant point nommée Marie dans la chronique de Symphorien Champier (1516)[33][réf. à confirmer] ;
  14. Bonne (Avilliana 12 août 1449 - Fossano 17 novembre 1503) ; mariée en 1468 à Galéas Marie Sforza (1444-1476), duc de Milan[34],[35] ;
  15. Jacques (Genève 12 novembre 1450 - Ham 30 janvier 1486), comte de Romont, seigneur de Vaud. Il fut le 1° époux de sa nièce Marie de Luxembourg-St-Pol[36] ;
  16. Anne (Genève - Genève 1er octobre 1452)[37]. Son corps est inhumé dans une chapelle de l'ancienne l'église Saint-François de Genève[16] ;
  17. François (Annecy 19 août 1454 - Turin 3 octobre 1490), archevêque d'Auch et administrateur de l'évêché de Genève[31] ;
  18. Jeanne née vers 1456, décédée sans alliance[38].

Aucun enfant illégitime connu[39].

AscendanceModifier

Voir aussiModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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RéférencesModifier

  1. a b et c Thalia Brero, Les baptêmes princiers : le cérémonial dans les cours de Savoie et de Bourgogne (XVe-XVIe s.), vol. 36 de Cahiers Lausannois d'Histoire Médiévale, Université de Lausanne, Section d'Histoire, , 468 p., p. 36.
  2. a b et c MedLands, p. Amedee VIII (présentation en ligne).
  3. a et b Germain, 2007, p. 350, « Louis Ier de Savoie (1413- 1465) Né en 1413 ».
  4. a b et c APG, p. Louis Ier.
  5. a b et c Guichenon, 1660, p. 505 (lire en ligne).
  6. a b et c APG, p. Amédée VIII.
  7. Marie-José de Belgique, 1962, p. 65.
  8. a b et c Bruchet, 1907, p. 86 (Lire en ligne).
  9. Bruchet, 1907, p. 93-95 (Lire en ligne).
  10. a b et c La Savoie de l'an mil à la Réforme, 1984, p. 429.
  11. Henri Baud (éditeur scientifique), Louis Binz (contributeur), Robert Brunel (contributeur), Paul Coutin (contributeur), Roger Devos (contributeur), Paul Guichonnet (contributeur), Jean-Yves Mariotte (contributeur) et Jean Sauvage (contributeur), Le Diocèse de Genève-Annecy, Paris, Editions Beauchesne, coll. « Histoire des diocèses de France », , 331 p. (ISBN 2-7010-1112-4, notice BnF no FRBNF34842416, lire en ligne), p. 74.
  12. Centre d'études supérieures de la Renaissance, Regards croisés : musiques, musiciens, artistes et voyageurs entre France et Italie au XVe siècle, vol. 12, Minerve, coll. « Epitome musical », , 188 p. (ISBN 978-2-86931-103-9), p. 44.
  13. Miscellanea di Storia italiana, t. XVI, p. 458 ; mentionné par Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, t. II, p. 138 note no 1, Librairie Renouard, Paris 1885.
  14. Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, t. II, p. 139-140, note no 1, Librairie Renouard, Paris 1885.
  15. Archives municipales de Lyon, BB10, fo 30.
  16. a b c et d Paolo Cozzo, « Stratégie dynastique chez les Savoie: une ambition royale, XVI-XVIII siècle », dans Juliusz A. Chrościcki, Mark Hengerer, Gérard Sabatier, Les funérailles princières en Europe, XVIe-XVIIIe siècle : Volume I : Le grand théâtre de la mort, Les Editions de la MSH, , 412 p. (ISBN 978-2-73511-686-7, lire en ligne), p. 228-229 (Carte).
  17. Samuel Guichenon 1660, p. 521 (présentation en ligne).
  18. a et b MedLands, p. Louis de Savoie.
  19. a et b Samuel Guichenon 1660, p. 522-535 (présentation en ligne).
  20. Samuel Guichenon 1660 p. 522 (présentation en ligne), pp. 547-558 (présentation en ligne).
  21. Samuel Guichenon 1660, p. 533-534 (présentation en ligne).
  22. a et b Bernard Andenmatten, Laurent Ripart, « Ultimes itinérances. Les sépultures des princes de la Maison de Savoie entre Moyen Âge et Renaissance », dans Agostino Paravicini Bagliani, Eva Pibiri et Denis Reynard (dir.), L’itinérance des seigneurs (XIVe-XVIe siècles). Actes du Colloque international de Lausanne et Romainmôtier, 29 novembre-1er décembre 2001, Lausanne, Université de Lausanne, (lire en ligne), p. 239.
  23. Samuel Guichenon 1660, p. 522 (présentation en ligne), p. 536-546 (présentation en ligne).
  24. Samuel Guichenon 1660, p. 529-531 (présentation en ligne).
  25. Samuel Guichenon 1660, p. 522-526 (présentation en ligne).
  26. Samuel Guichenon 1660, p. 531-532 (présentation en ligne).
  27. Samuel Guichenon 1660, p. 528 (présentation en ligne).
  28. Samuel Guichenon 1660, p. 528 (lire en ligne), p.563-573 (présentation en ligne).
  29. Samuel Guichenon 1660, p. 534-535 (présentation en ligne).
  30. Samuel Guichenon 1660, p. 528-529 (présentation en ligne).
  31. a et b Samuel Guichenon 1660, p. 529 (présentation en ligne).
  32. Par contrat du 21 juillet 1466 (Bibliothèque nationale, Fr.4330, fo 19), d'après Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, t. II p. 228 note no 4, Librairie Renouard, Paris 1885.
  33. Symphorien Champier, Les Grans croniques des gestes et vertueux faictz des tres excellens catholicques illustres et victorieux ducz et princes des pays de Savoye et Piémont, 1516, p.129r (présentation en ligne).
  34. Par contrat du 9 mai 1468 (Bibliothèque nationale, Fr.4330, fo 25), d'après Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, t. II p. 228 note no 4, Librairie Renouard, Paris 1885.
  35. Samuel Guichenon 1660, p. 532-533 (présentation en ligne).
  36. Samuel Guichenon 1660, p. 526-528 (présentation en ligne).
  37. Samuel Guichenon 1660, p. 531 (présentation en ligne).
  38. Samuel Guichenon 1660, p. 535 (présentation en ligne).
  39. Luisa Clotilde Gentile, « Les bâtards princiers piémontais et savoyards », Revue du Nord, no 31,‎ , p. 387-410 (lire en ligne) in Bousmar E., Marchandisse A., Masson Ch et Schnerb B. (dir.), La bâtardise et l'exercice du pouvoir en Europe du 13e au début du 16e siècle, Villeneuve d'Ascq, Revue du Nord, 2015 (Hors série, Collection Histoire, n°31).