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Amédée de Foras

personnalité savoyarde du XIXe siècle

Amédée de Foras, né le à Gênes et mort au château de Thuyset à Thonon le , est un érudit (généalogiste et héraldiste), homme politique savoyard, puis français, issu d'une famille de la noblesse savoisienne. Il est l'auteur des quatre premiers volumes de l'Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie.

BiographieModifier

EnfanceModifier

Éloi-Amédée-Jacques-François de Foras naît le à Gênes[1], qui appartient à cette période au royaume de Sardaigne. Il est le second fils du général comte Joseph-Marie de Foras (1791-1854), major général, aide de camp du roi Charles-Albert de Sardaigne[2], député de Savoie au Parlement de Turin[3], et d'Elisabeth Vichard de Saint Réal, nièce de Joseph et Xavier de Maistre[4],[5]. Son père est major au sein de la Brigade de Savoie, installée dans la capitale ligure.

Il passe son enfance à Chambéry.

CarrièreModifier

 
Le Château de Hautefort, où Amédée de Foras épouse Marie Constantin de Chanay en 1859

Amédée de Foras épouse, le , Marie Georgette Constantin de Chanay dans la chapelle du château de Hautefort, à Saint-Nicolas-de-Macherin. Elle est la fille de Jean Ange Alfred Constantin de Chanay, comte de Hautefort, et de Marie Caroline de Prédelys.

Il fonde la Caisse d'épargne de Thonon, en 1855[2].

Au lendemain de l'Annexion de la Savoie à la France de 1860, ses activités de recherches historiques l'amènent à intégrer diverses sociétés savantes. Il est élu le à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, avec pour titre académique Effectif (titulaire)[6],[7]. Quelques années plus tard, il fonde, avec l'écrivain et journaliste Charles Buet, l'Académie chablaisienne en 1886[8]. Il en sera le premier président[9],[8]. Il devient aussi membre correspondant de la députation Royale d’Histoire nationale de Turin, des sociétés d’histoire et d’archéologie de Genève et de la Suisse romande de l’institut genevois, des Académies de la Val d'Isère et Delphinale.

Il se voue surtout à l'histoire de la noblesse de la Savoie[10] et travaille notamment à l'élaboration d'un armorial des familles nobles du duché de Savoie afin d'apporter la légitimité de ces familles dans le nouveau cadre national français[11]. Pour la rédaction de cet ouvrage, il « travaille uniquement à partir d'archives privées ou publiques »[12], « n'avançant aucune affirmation sans preuves à l'appui »[10]. Quatre volumes seront rédigés de son vivant (il meurt en ayant achevé le manuscrit du tome IV)[12] et édités en 1863, 1878, 1893 et 1900 sous le titre Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie. Cette œuvre synthétise ainsi 60 à 80 mètres de linéaires d'archives conservées au château de Menthon-Saint-Bernard. Il s'agit tout autant d'un recueil que de la reconstitution de la généalogie des grandes familles nobles de la région[13].

Le comte François-Clément de Mareschal de Luciane, membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, le comte Pierre de Viry et le baron d'Yvoire poursuivirent son œuvre (tomes V et VI) « qui demeure un monument d'érudition »[12]. Une partie des erreurs contenue dans 'Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie serait due notamment à ses successeurs[11].

Il est conseiller général républicain, légitimiste, pour le canton du Biot en 1875 et 1877[2],[14],[15]. Il est candidat aux côtés de Joseph Agnellet, avec le soutien des royalistes[16], aux élections sénatoriales de 1876, mais ils sont battus[17].

Intime du prince, Son Excellence le comte de Foras a été également grand chambellan et grand maréchal de la cour du roi Ferdinand Ier de Bulgarie entre 1889-1897[2], avec deux autres membres de la noblesse savoyarde.

 
Le Château de Thuyset, résidence d'Amédée de Foras et lieu de son décès

Il meurt le au château de Thuyset, près de la ville chablaisienne de Thonon[4].

DécorationModifier

Le comte Amédée de Foras est nommé à la Consulta araldica (en)[17]. Il est élevé à la dignité de Grand cordon, il est fait Grand-croix l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare[17], du Christ du Portugal, de Saint-Alexandre de Bulgarie, de l'ordre Constantinien, Chevalier d'honneur et de dévotion de l'ordre souverain de Malte, Grand-croix et bailli de l'ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem[18].

OuvragesModifier

 
Planche de l'Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, armes des La Forest Divonne
  • Le droit du seigneur au Moyen Âge, Chambéry, 1854, 1886
  • Chevaliers de l'ordre du Collier de Savoie, dit de l'Annonciade, appartenant au duché de Savoie, de 1362 à 1860, Impr. de E. Allier, Grenoble, 1878, 35 pages (disponible sur Gallica)
  • Notice historique & généalogique sur les Princes Bassaraba de Brancovan, Genève, 1889
  • Le blason, dictionnaire et remarques, J. Allier, Grenoble, 1883 493 pages (disponible sur Gallica)
  • Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol. 1, Grenoble, Typographie et Lithographie Edouard Allier, (lire en ligne)
  • Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol. 2, Grenoble, Typographie et Lithographie Edouard Allier, (lire en ligne)
  • Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol. 3, Grenoble, Typographie et Lithographie Edouard Allier, (lire en ligne)
  • Armorial et nobiliaire de l'ancien duché de Savoie, vol. 4, Grenoble, Typographie et Lithographie Edouard Allier, 1900.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Anne Buttin, Sylvain Jacqueline, Les peintres de la Savoie : 1860-1960, Éditions de l'Amateur, , 254 p. (ISBN 978-2-85917-241-1), p. 33.
  2. a b c et d Christian Regat et François Aubert, Châteaux de Haute-Savoie : Chablais, Faucigny, Genevois, Cabèdita, , 193 p. (ISBN 978-2-8829-5117-5), p. 177.
  3. (it) Chambre des députés - Portail historique, « Giuseppe De Forax », storia.camera.it (consulté le 27 janvier 2012).
  4. a et b Notice biographique 1902, p. 479.
  5. Société du grand armorial de France, Le Second ordre, Éditions du Palais Royal, 1973, p. 174.
  6. « Etat des Membres de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Savoie depuis sa fondation (1820) jusqu'à 1909 », sur le site de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie et « Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie », sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques - cths.fr.
  7. Notice biographique 1902, p. 486.
  8. a et b Page de présentation sur le site de l'Académie (ac.chablaisienne.monsite-orange.fr).
  9. Notice biographique 1902, p. 487.
  10. a et b Notice biographique 1902, p. 480 (lire en ligne).
  11. a et b Pierre Brugnon, doctorant en Histoire Médiévale à l'Université d'Avignon, conférence à la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, 18'-19' (lire en ligne).
  12. a b et c « Amédée de Foras » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  13. Exposition « D'or, de gueules et d'argent, les armoiries communales en Haute-Savoie », présentation sur le portail des Archives départementales de la Haute-Savoie - archives.hautesavoie.fr, diapo n°3, 2016.
  14. Justinien Raymond, La Haute-Savoie sous la IIIe République : histoire économique, sociale et politique, 1875-1940, volume 2, Éd. du Champ vallon, (ISBN 978-2-90352-825-6), p. 499.
  15. Danièle Nicoud, sous la direction d'Elisabeht Rabut, directeur des Archives départementales de la Haute-Savoie, « Inventaire des archives de la préfecture relatives aux plébiscites et élections », sur site des Archives départementales de la Haute-Savoie - archives.cg74.fr, (consulté le 15 mars 2015).
  16. Jacques Lovie, La Savoie dans la vie française de 1860 à 1875, Paris, Presses Universitaires de France, , 632 p., p. 573.
  17. a b et c Notice biographique 1902, p. 488.
  18. Mémoires et documents, Académie chablaisienne, Volumes 37 à 39, 1887, 1928, p. 399 (lire en ligne).