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Pentecôtisme

Mouvement charismatique né au début du XXe siècle

Le pentecôtisme, appelé aussi mouvement de Pentecôte, est un courant chrétien évangélique issu d'un réveil démarré par les pasteurs américains Charles Fox Parham et William Joseph Seymour aux États-Unis en 1906. Ce mouvement se caractérise par l'importance donnée à la Bible, à la nouvelle naissance, au baptême du Saint-Esprit, aux dons du Saint-Esprit, au baptême adulte en tant que témoignage volontaire, un esprit missionnaire, un engagement moral de vie ainsi que par l’autonomie locale des églises, la séparation de l’Église et de l’État. Selon les chiffres du Pew Research Center, en 2011, le mouvement recense 279 millions de croyants.

Le pentecôtisme est similaire au mouvement charismatique, mais s’est développé plus tôt (du moins aux États-Unis) et s’est séparé du courant principal de l’Église. Les chrétiens charismatiques, du moins dans les premiers temps de leurs mouvements, tendaient à rester dans leurs dénominations respectives.

Sommaire

ThéologieModifier

Les pentecôtistes se distinguent des autres évangéliques par seulement quelques aspects ; les articles de cette section portent sur leurs spécificités théologiques particulières. Les autres points relèvent du tronc commun des points de foi que partagent les évangéliques.

Article détaillé : Théologie évangélique.

La Bible, autorité suprême et définitive en matière de foiModifier

La plupart des dénominations pentecôtistes professent une théologie, mettant la prédominance sur la véracité de la Bible et le besoin pour une transformation de la vie de l'individu par la foi en Jésus-Christ. La plupart des pentecôtistes adhèrent donc à la doctrine de l'inerrance biblique. Les pentecôtistes se distinguent des fondamentalistes en plaçant une plus grande prédominance sur une expérience spirituelle personnelle.

Le Dr. Jackie David Johns note que les Écritures occupent une place spéciale dans la vision pentecôtiste du monde parce que le Saint-Esprit est toujours actif dans la Bible. Pour les pentecôtistes, rencontrer les Écritures, c'est rencontrer Dieu ; les Écritures sont le principal point de référence pour la communion avec Dieu et un modèle pour comprendre le monde.

L'accent sur le Saint-EspritModifier

Une des caractéristiques les plus visibles qui distinguent le pentecôtisme des autres formes de christianisme évangélique est la prédominance sur le travail du Saint-Esprit[1].

Selon les pentecôtistes, l'Esprit Saint vient habiter en tous ceux qui sont véritablement sauvés et travaille à travers eux [2],[3]. Les pentecôtistes croient que les individus destinés à rejoindre la « vraie Église » expérimentent d'abord, d'une façon ou d'une autre, une compréhension profonde de ce que le Christ a fait, de ce que le Christ Sauveur est; et tiennent cette révélation en tant que Vérité absolue. Cette « reconnection », qui change radicalement le cœur et la perception de la vie telle qu'elle est, induit la repentance essentielle à la rémission des péchés. L'individu, nouvellement sauvé par sa regénération continue, se convertit progressivement et finit par intégrer le « Corps du Christ » en rejoignant l'Église[4].

Peut-être le point central de la croyance pentecôtiste est qu'au travers de sa mort, puis de sa résurrection à la suite de sa mise au tombeau, Jésus-Christ a permis aux péchés d'être pardonnés, à l'humanité d'être réconciliée avec Dieu : l'Évangile. La condition pentecôtiste sine qua non pour qu'un individu devienne un vrai chrétien est qu'il soit « né de nouveau ». Cette nouvelle naissance s'opère par la grâce divine qui amène à la foi et donc à reconnaître l'œuvre du Christ par repentance; s'ensuit alors la démarche personnelle pour l'accepter en tant que Seigneur et Sauveur.

En étant « né de nouveau », le chrétien est ainsi régénéré, justifié et le travail de sanctification, par l'action de l'Esprit Saint, commence. L'ordo salutis mènera donc au salut de l'âme; considérant que le point de vue sotériologique pentecôtiste relève de l'arminianisme.

À la différence de la plupart des autres chrétiens, les pentecôtistes croient qu'il existe une deuxième œuvre du Saint-Esprit, le Baptême dans le Saint-Esprit, qui ouvre le croyant à une communion plus étroite avec le Saint-Esprit et l'habilite au service chrétien[5] ,[6]. Le Saint-Esprit vient infuser pleinement l'individu et ce baptême est manifesté par le don du parler en langues. Ce baptême vient souvent après celui de l'eau mais peut parfois arriver en même temps que celui-ci, voire le précéder. Les pentecôtistes croient que le baptême du Saint-Esprit est toujours accompagné au départ par la manifestation extérieure du parler en langues [7], [8],[9]. C'est là la majeure différence entre les pentecôtistes et les autres chrétiens évangéliques, qui croient eux qu’un chrétien baptisé dans le Saint-Esprit peut manifester d’autres signes physiques au lieu du seul parler en langues.

Insistance sur les Dons spirituelsModifier

Article détaillé : Dons du Saint-Esprit.

Les pentecôtistes insistent sur les dons accordés par le Saint Esprit (considéré comme manifestation spirituelle et continue de Dieu dans l’histoire humaine et dans les histoires des vies humaines), grâces surnaturelles nécessaires à chaque chrétien afin qu'il œuvre à la mission de l'Église[10]. Tels que présentés dans le Nouveau Testament, surtout dans les écrits pauliniens et les Actes des Apôtres, les principaux dons sont :

  • La parole de sagesse : Paroles ou message surnaturellement accordés à un individu. Pour Paul de Tarse, la sagesse correspond à la « sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n'est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle, qui vont être anéantis; nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée pour notre gloire ». (Première épître aux Corinthiens 2 et Épître aux Éphésiens 1:17) ;
  • La parole de connaissance : Capacité à comprendre aux mieux les Écritures et la doctrine chrétienne. Pleinement développée, elle permettrait à son bénéficiaire de saisir ce que Dieu souhaite ou fait pour autrui. (Première épître aux Corinthiens 12:8) ;
  • La foi ;
  • La guérison miraculeuse par imposition des mains : Les pentecôtistes insistent aussi sur l'imposition des mains aux malades, et croient en une possible guérison divine lorsque la médecine moderne est inefficace, mais pas seulement dans ce cas[11]. En effet cette guérison peut se manifester dans le cas d'une impuissance de la médecine à guérir la personne malade mais aussi dans le cas de maladies pouvant très bien être soignées par la médecine. La véritable condition à la guérison divine est la volonté de Dieu pour la personne et la foi (sans foi pas de miracles). Invoquant l'histoire de l'Église, le Dr. Dale A. Robbins réfute l'affirmation selon laquelle les dons charismatiques auraient disparu peu après l'âge apostolique. Pour cela, il cite Irénée de Lyon (130-202) qui écrivait : « … on entend plusieurs frères dans l'Église qui ont des dons de prophétie, et qui parlent en langues par l'Esprit, et qui amènent également à la lumière les choses secrètes des hommes pour leur bénéfice… ». Il cite également la phrase du même Irénée : « Lorsque Dieu le jugeait nécessaire, et que l'Église priait et jeûnait beaucoup, ils accomplirent des choses miraculeuses, jusqu'à ramener l'esprit à un homme mort. » D'après lui, Tertullien (155-230) rapportait des événements semblables, tout comme Origène (182-251), Eusèbe de Césarée (260-339), Firmilien (232-269) et Jean Chrysostome (347-407)
  • La prophétie ;
  • Le discernement des esprits ;
  • et les dons des langues (glossolalie ou/et xénoglossie) : Le parler en langues, aussi appelé glossolalie, est la première preuve (mais pas la seule preuve, ni une preuve suffisante) du baptême du Saint-Esprit. La plupart des principales Églises pentecôtistes acceptent également le corollaire que ceux qui ne parlent pas en langues n'ont pas reçu la bénédiction du baptême dans le Saint-Esprit. Cette affirmation est propre aux pentecôtistes et constitue l'une des différences avec la théologie charismatique. Une autre forme de ce don, la xénoglossie, est la compréhension miraculeuse de langues étrangères.

Attitude eschatologiqueModifier

CulteModifier

Article détaillé : Culte (évangélisme).
 
Culte pentecôtiste à Dream City Church, à Phoenix, États-Unis

Lieux de culteModifier

Les lieux de cultes sont généralement appelés "temples" ou simplement "bâtiment (d'église)" [12],[13],[14],[15]. Dans certaines megachurches, on parle de "campus"[16],[17].

SacrementsModifier

Ces sacrements (les anglo-saxons utilisant plutôt le terme ordonnances), au nombre de deux, sont le baptême du croyant (par l'eau) et la Sainte-Cène[18]. Mais, il est à souligner que certains courant du pentecôtisme compte aussi le lavement des pieds comme d'une troisième ordonnance.

Les pentecôtistes croient dans le baptême d’eau (baptême du croyant) par immersion en tant que signe extérieur d’un engagement public à marcher avec Jésus.

Les pentecôtistes ont adopté la conception calvinisto-réformée de la Sainte-Cène en la percevant à la fois, comme un rappel du Saint-Sacrifice du Christ, un rappel/renouvellement de la Nouvelle Alliance et un moment de foi particulier des fidèles qui partagent ce banquet assorti d'une introspection repentante. Ils reconnaissent donc qu'elle est un mémorial aux aspects eucharistiques et latreutiques mais réfutent toute possibilité de sacrifice propitiatoire. Dans certaines églises, seuls ceux qui ont déjà été « baptisés dans l'eau » sont invités à prendre la sainte-cène.

JeûneModifier

Se basant sur les chapitres et versets (1:12-15) et (10:3) du Livre de Daniel, sur Matthieu (4:2) et sur Luc (4:1-4), les pentecôtistes accordent une importance particulière au jeûne (pas forcément jeûne de nourriture) en tant qu'exercice spirituel, peut-être voulu par le Saint Esprit. Il est avant tout un acte individuel qui permet au croyant une plus grande proximité avec Dieu dans sa prière ; temps de prière qui peut être couplé à une demande d'intercession divine si besoin il y a. Pour les pentecôtistes, la chair peut symboliser les désirs corrompus de la nature ; ainsi la pratique du jeûne (durant entre un ou deux jours, parfois trois) permettrait la discipline de celle-ci et l'obtention de bénéfices spirituels. Cependant, certaines églises pentecôtistes organisent parfois des semaines de jeûne (généralement pas une semaine stricto sensu mais plutôt trois ou quatre jours).

Le jeûne étant considéré sur le fond aussi comme un exercice d'humilité, il est également tenu comme tel sur la forme d'où la discrétion des pentecôtistes lorsqu'ils s'y soumettent ; respectant ainsi Matthieu (6:16-18) : « Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. »

HistoireModifier

Le prélude évangéliqueModifier

Dès le début de la Réforme (XVIe siècle) de petits groupes chrétiens (anabaptistes, évangéliques mennonites; en Alsace, en Suisse et en Allemagne notamment) souhaitent revenir à une piété et à une foi conformes à l’Évangile avec un engagement plus personnel envers le message du Christ. Ils se distinguent de Luther et Calvin par une réforme dite "radicale", qui revendique la séparation des Églises et de l'État et plaide pour des assemblées autonomes composées de convertis. Par ailleurs, ils refusent pour la plupart le baptême des enfants. Entre 1525 et 1529, il n'y avait que 29 groupes de ce type à Zurich et 10 à Schaffhouse. Vers 1630, on les estime au nombre de 4 000. Le courant évangélique continue d'irriguer les Églises de la Réforme et engendre des communautés vivantes. Dans les pays protestants qui faisaient preuve de tolérance, ces petites Églises de professants ont pu progresser, remettant en lumière de nouvelles facettes de l'enseignement du Nouveau Testament. Pour information certaines Églises de types évangéliques qui existent aujourd'hui en France plongent leurs racines au XVIème ou XVIIe siècle (notamment en Alsace).

Plus récemment (fin du XIXe siècle) des Églises revivaient l'expérience de la Pentecôte en Arménie, aux Indes, en Chine, au Chili, bien que sans personnalités marquantes comme Luther ou Wesley l'avaient été en leur temps.

Le Grand Réveil de PentecôteModifier

 
William Seymour, leader du renouveau pentecôtiste d'Azusa Street.

Il est impossible de fixer une origine unique au « pentecôtisme » moderne. La première Église qui reçut le Réveil par l'expérience de la Pentecôte furent celle de l'Arménie, en 1880 dans le plus ancien état chrétien du Monde, mais aussi et de manière plus sporadique celle des Indes, de Chine et du Chili. Les autres Réveils marquants furent celui du pasteur américain Charles Fox Parham aux États-Unis en 1901 [19], celui du Pays de Galles (en 1904-1905) puis celui d'Asuza Street dans le centre-ville de Los Angeles (en 1906-1908) avec le pasteur William Joseph Seymour[20].

Ce mouvement se caractérise par la redécouverte de la dimension charismatique, c'est-à-dire du baptême dans le Saint-Esprit et des dons spirituels (Première épître aux Corinthiens 12:9-11), comme au jour de la Pentecôte, selon le récit du Nouveau Testament (Actes 2).

De fait, en plus des textes des Actes des Apôtres ou des épîtres aux Corinthiens, plusieurs pères de l'église parlaient eux aussi de dons spirituels et de glossolalie dans leurs écrits ou lettres tels que:

Parmi tous les différents réveils cités ci-dessus, le réveil du pays de Galles, les réveils de Topeka, Azusa Street ont contribué au véritable développement du mouvement de pentecôte.

Ces deux derniers réveils sont généralement attribués à un camp de prière organisé sous la direction de Charles Parham (pasteur méthodiste), à Bethel Bible College à Topeka, au Kansas, aux États-Unis, le 1er janvier 1901. Il s'est rapidement étendu au Missouri, au Texas, à la Californie et ailleurs. En 1906, un camp de réveil, sous la direction de William Seymour, eut lieu à la Mission d'Azusa Street à Los Angeles et a attiré des croyants du monde entier. Les aspects du réveil de la Pentecôte n'ont pas été bien accueillis par les Églises établies, et les associés au mouvement se trouvèrent bientôt forcés de quitter leurs Églises d'origine. Ces croyants ont cherché à établir leurs propres lieux de culte et fondèrent des centaines d'églises spécifiquement pentecôtistes.

En 1914, de nombreux ministres et laïcs ont commencé à réaliser combien l'implantation du réveil pentecôtiste était profond. Les dirigeants ont senti le besoin de protéger et de préserver les résultats du réveil en unissant le mouvement en une Communauté unie. En avril 1914, environ 300 pasteurs et laïcs ont été invités venant de 20 pays pour assister à une Assemblée Générale à Hot Springs, Arkansas, États-Unis, pour discuter et prendre des mesures sur ces questions et d'autres besoins pressants.

La communauté restante qui a émergé de la réunion a constitué la Conférence Générale des Assemblées de Dieu aux États-Unis (General Council of the Assemblies of God in the United States of America).

Avec le temps, des mouvements autonomes auto-financés et indépendants de la Conférence Générale ont été formés dans plusieurs pays à travers le monde, provenant soit de mouvements pentecôtistes locaux soit comme conséquence directe du travail des missions de la Conférence Générale.

Ainsi, les Assemblées de Dieu de France sont autonomes et indépendantes des Assemblées de Dieu de Finlande, d'Italie ou de Grande-Bretagne. Les Assemblées de Dieu sont l'une des plus anciennes et des plus importantes familles du mouvement de Pentecôte.

En FranceModifier

Les Assemblées de Dieu de France se sont développées à partir d'une église baptiste indépendante (créée en 1890) et du Ruban Bleu (avec Mlle Biolley et M. Gallice). En 1930, l’évangélisation de l'évangéliste pentecôtiste anglais Douglas Scott et le pasteur danois Owe Falg ont contribué au mouvement [21].

Ces pasteurs se sont caractérisés et distingués par un message à quatre angles principaux :

  • « Jésus sauve » : un accent central sur Jésus-Christ le Fils de Dieu comme moyen parfait de salut. La mort, la résurrection, l'ascension de Jésus-Christ sont pour le salut de ceux qui croient au pardon de leur péchés pour la vie éternelle. Ce salut est gratuit et ne provient pas des mérites mais s'acquiert par la repentance (changement d'attitude vis-à-vis de Dieu par Jésus).

« Car Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son fils unique afin que quiconque croit ne périsse pas mais qu'il ait la vie éternelle. » (Jean 3v16, extrait des Évangiles). « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres afin que personne ne se glorifie. » (Épître aux Éphésiens 2:8-10).

  • Jésus guérit : La guérison divine d'après les multiples récits des Évangiles et les Actes des Apôtres (Marc 16v17...) et de l'ancien testament (Isaïe 53) est encore possible aujourd'hui.
  • Jésus baptise de l'Esprit : conformément à la déclaration de l'apôtre Pierre : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. » (Actes 2v 38 et 39).
  • Jésus revient chercher son Église.

« Et, lorsque je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé une place, je reviendrai, et je vous prendrai avec moi, afin que là où je suis vous y soyez aussi. » (Évangile selon Jean 14:3) « Car le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres. » (Matthieu 16:27)

Le but de Douglas Scott n'était pas de fonder une nouvelle dénomination mais d'encourager les Églises protestantes (réformées et évangéliques) à vivre comme l'enseignaient Jésus et les apôtres et redécouvrir l'appel de Jésus à recevoir le baptême du Saint-Esprit caractérisé par la glossolalie et les dons spirituels. (Évangile selon Luc 11:5-13, Actes 1 v5-v13 à 15, Actes 2 v1-4, Actes 10 v44-47, Actes 8 v14-18, Actes 8 v17, Actes 10 v44-47, Actes 19 v5-6, 1 Corinthiens 12 et 14...).

Douglas Scott a donc été accueilli par de nombreuses Églises réformées, baptistes et évangéliques libres en France, en Belgique et en Suisse. Certaines Églises ont bien collaboré (Églises baptistes franco-belges aujourd'hui FEEBF, certains pasteurs réformés à Marseille, à Montpellier...) alors que d'autres ont fermé leur porte (Églises baptistes franco-suisses) d'où la nécessité bien souvent de créer de nouvelles Églises (Assemblées de Dieu).

D'après G. Stotts, les Assemblées de Dieu ont été choisies par les pasteurs pour le fonctionnement non centralisé et collégial (d'autres Églises évangéliques ont la même déclaration de foi que les ADD mais sont organisées quelque peu différemment). La décentralisation était ce qui semblait convenir de mieux aux premiers pasteurs français (cf G. Stotts). Toutefois, il existe une forte communion entre les Églises, un Institut de Théologie Biblique (ITB à Bordeaux) sur place ou par correspondance, et toute une formation bien structurée qui se caractérise par des stages probatoires, des stages, une reconnaissance par les Églises et les ministres du cultes déjà reconnus. La structure est nationale et dispose de représentants régionaux et nationaux.

Un essor modéréModifier

Cette section adopte un point de vue régional ou culturel particulier et doit être internationalisée (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Les Églises Pentecôtistes se sont développées à partir de 1930 jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale. Après cette période de guerre, les Assemblées de Dieu de France reprennent leur progression, les salles de réunion s'agrandissent, les assemblées se multiplient. De 8 églises en 1933, 26 en 1937, 34 en 1941, on passe à plus de 60 en 1947.

De grandes campagnes furent aussi menées à Paris et à Nice. En 1954, dans la capitale, plus de 10 000 personnes se pressaient au Vélodrome d'Hiver. L'année suivante, ce furent les réunions de la salle Wagram. On enregistrait des centaines et des centaines de conversions. Les années ont passé mais l’annonce de l’Évangile de Jésus-Christ a continué et l’action du Saint-Esprit a accompli des œuvres de grâce dans en France.

Le mouvement dit de la « troisième vague », né aux États-Unis dans les années 1980, cherche un retour le plus conforme possible à l'Église primitive du Ier siècle et décrite dans les livres du Nouveau Testament, tel qu'interprêté par les Pentecôtistes.

L'expansion contemporaineModifier

En FranceModifier

Les principales villes de France ont une ou plusieurs églises des Assemblées de Dieu de France. Chaque département est desservi par au moins un ministre du culte. Les Assemblées de Dieu de France ont su s'adapter et se donner des moyens modernes pour répandre le message de Christ. Elles se sont dotées d’organismes indispensables à cette croissance : École biblique, département médias, imprimerie, département jeunesse, Action Missionnaire…

Répondant à l’invitation du Conseil National de l’Alliance Évangélique Française (AEF) et du Comité National de la Fédération Évangélique de France (FEF), la grande majorité des responsables des Unions d’Églises évangéliques (dont les Assemblées de Dieu) et des Institutions de formation biblique de France se sont rencontrés une première fois en 2001. Différents aspects de la situation du mouvement évangélique en France ont été abordés : sociologique et statistique, théologique et relationnel.

Prenant conscience de leur éparpillement et déplorant le préjudice que cela entraîne pour une parole et un témoignage évangéliques clairs, les participants à cette assemblée décidèrent de se retrouver pour une journée de jeûne et de prière. À cette occasion, plusieurs responsables exprimèrent, au nom de leur Fédération et de leur Union, une demande de pardon pour les distances entretenues par le passé.

Il fut alors décidé de confier à un groupe le soin de travailler sur le projet d’une plate-forme évangélique. C'est ainsi qu'est né le Conseil national des évangéliques de France (CNEF), lieu d'échange, de réflexion, de concertation et de prière, plate-forme en vue de renforcer les liens et la visibilité du protestantisme évangélique français, dans le respect de ses diversités.

Présence du PentecôtismeModifier

Dans le MondeModifier

En 2011, le pentecôtisme compterait 279 millions de personnes [22].

Selon des organisations pentecôtistes, le nombre de pentecôtistes serait passé de 459 millions en 2005 à 628 millions de pentecôtistes dans le monde en janvier 2013[23].

Les pentecôtistes sont surtout implantés:

Les Assemblées de Dieu ont une présence dans de nombreux pays, y compris Cuba, l'Égypte, l'Inde, l'Indonésie et le Nigeria[24]. En Australie, l'Église Hillsong, dont le siège est à Sydney, est mondialement connue dans le milieu chrétien pour ses chansons modernes.

En FranceModifier

La première branche française des des « Assembly of God, d'origine, les « Assemblées de Dieu de France » couramment appelées « ADD de France »  » américaines. Toutefois, les « Assemblées de Dieu de France » n'ont aucun lien de dépendance avec leurs homologues des États-Unis. D'ailleurs, les « Assemblées de Dieu de France » se sont démarquées de leurs sœurs américaines en se prononçant contre la guerre et toute forme de violence et d'hégémonie (guerre d'Irak compris) ou encore sur la question du ministère pastoral féminin (non reconnu en France). Les « Assemblées de Dieu de France » entretiennent des liens fraternels avec les autres églises appartenant à la mouvance protestante en France et à l'étranger.

D'autres dénominations en France s'inscrivent dans la mouvance pentecôtiste (liste non limitative) :

ControversesModifier

BibliographieModifier

Concernant les « Assemblées de Dieu de France »

  • « Le retour à une foi simple - Les Assemblées de Dieu de France et la communication de l'évangile », thèse de doctorat soutenue à l'Université de Paris IV - La Sorbonne, par Douglas Jeter.

Sur l'histoire du pentecôtisme en France

  • « Le pentecôtisme au pays de Voltaire », éditions Viens et Vois, 1982, par George R. Stotts.

Quelques références pour une sociologie du pentecôtisme :

  • un numéro spécial des Archives des sciences sociales des religions, n°105, 1999.
  • « Le pentecôtisme à l'île de la Réunion, refuge de la religiosité populaire ou vecteur de la modernité », L'Harmattan, 2002, par Bernard Boutter.
  • « Pentecôtisme en Polynésie française, l'Évangile relationnel », Labor et Fides, 2005, par Yannick Fer.

Voir aussi

  • The New International Dictionary of Pentecostal and Charismatic Movements, ed. S.M. Burgess, G.B. McGee and P.H: Alexander, Grand Rapids (Mi.), Zondervan, 2002, revised and expanded edition.

Notes et référencesModifier

  1. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, USA, 2004, p. 533
  2. Allan Anderson, An Introduction to Pentecostalism: Global Charismatic Christianity, Cambridge University Press, UK, 2013, p. 184
  3. Veli-Matti Karkkainen, The Spirit in the World: Emerging Pentecostal Theologies in Global Contexts, Wm. B. Eerdmans Publishing, États-Unis, 2009, p. 39
  4. Wesley Peach, Itinéraires de conversion, Les Editions Fides, Canada, 2001, p. 56-57
  5. Sébastien Fath, Du ghetto au réseau. Le protestantisme évangélique en France, 1800-2005, Édition Labor et Fides, France, 2005, pages 314, 370
  6. Yannick Fer, Pentecôtisme en Polynésie française: l'évangile relationnel, Labor et Fides, Suisse, 2005, p. 253
  7. Olivier Favre, Les églises évangéliques de Suisse: origines et identités, Labor et Fides, Suisse, 2006 , pages 55, 208
  8. RTS, Émission Temps présents Rock, miracles & Saint-Esprit, Suisse, 21 avril 2011
  9. Roger E. Olson, The Westminster Handbook to Evangelical Theology, Westminster John Knox Press , UK, 2004, p. 203
  10. Allan Anderson, An Introduction to Pentecostalism: Global Charismatic Christianity, Cambridge University Press, UK, 2013, p. 19
  11. Jôrg Stolz, « "Le Seigneur va guérir une multitude d'entre vous ce matin". Une étude de cas d'un atelier de guérison pentecôtiste », in : Quêtes de santé. Entre soins médicaux et guérisons spirituelles (Nicole Durisch, Ilario Rossi et Jôrg Stolz éd.), Labor et Fides, 2007, p. 67-86
  12. D. A. Carson, Worship: Adoration and Action: Adoration and Action, Wipf and Stock Publishers, USA, 2002, p. 161
  13. Jörg Stolz, Olivier Favre, Caroline Gachet, Emmanuelle Buchard, Le phénomène évangélique: analyses d'un milieu compétitif, Labor et Fides, Suisse, 2013, p. 99
  14. Anne C. Loveland, Otis B. Wheeler, From Meetinghouse to Megachurch: A Material and Cultural History, University of Missouri Press, USA, 2003, p. 149
  15. Harold W. Turner, From Temple to Meeting House: The Phenomenology and Theology of Places of Worship, Walter de Gruyter, Allemagne, 1979, p.258
  16. Justin G. Wilford, Sacred Subdivisions: The Postsuburban Transformation of American Evangelicalism, NYU Press, USA, 2012, p. 78
  17. Anne C. Loveland, Otis B. Wheeler, From Meetinghouse to Megachurch: A Material and Cultural History, University of Missouri Press, USA, 2003, p. 2
  18. Chris Green, Pentecostal Ecclesiology: A Reader, BRILL, Netherlands, 2016, p. 148
  19. CROIR, Pentecôtisme, Site web croir.ulaval.ca, Canada, consulté le 19 novembre 2017
  20. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, USA, 2004, p. 47
  21. Sébastien Fath, Du ghetto au réseau. Le protestantisme évangélique en France, 1800-2005, Éditions Labor et Fides, France, 2005, page 183
  22. Pew Research Center, Global Christianity – A Report on the Size and Distribution of the World’s Christian Population, 19 décembre 2011, USA
  23. International Bulletin of Missionary Research (volume 37; n°1), janvier 2013, pages 32 et 33.
  24. Johnstone, Patrick et Schirrmacher, Thomas (2003), Gebet für die Welt. Hänssler, (ISBN 978-0813342757).

Voir aussiModifier