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Assemblées de Dieu

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir ADD.

Assemblées de Dieu
Acronyme WAGF
Mouvement Christianisme évangélique
Courant Pentecôtisme
Siège Springfield (Missouri), USA
Territoire Mondial
Fondation 1988
Membres 69.200.000
Églises membres 375.310
Site web worldagfellowship.org

Les Assemblées de Dieu (ADD), officiellement l’Association mondiale des Assemblées de Dieu, sont une dénomination chrétienne évangélique pentecôtiste, présente au niveau mondial. En 2019, le mouvement regroupait quelque 69,2 millions de membres répartis dans 190 pays.

HistoireModifier

 
E.N. Bell, premier surintendant des Assemblées de Dieu.
 
Siège international des Assemblées de Dieu à Springfield, Missouri.

L'histoire des ADD prend racine dans les débuts du réveil protestant évangélique appelé pentecôtisme[1],[2]. En 1901, le "Réveil de Pentecôte" commence dans le milieu protestant méthodiste du "Mouvement de Sanctification" avec le pasteur américain Charles Fox Parham, à Topeka (État du Kansas) qui affirme la continuité dans l'Histoire chrétienne et la réalité actuelle de "l'expérience (charismatique) de Pentecôte", dite aussi "baptême du (dans le) Saint-Esprit", doctrine essentielle qui donne son identité propre au pentecôtisme. Le , après une première expérience de "parler en langue" (glossolalie) au Bethel Bible College de Topeka, dans l’État du Kansas, aux États-Unis, Parham théorise aussi le fait que ce don charismatique est un des signes majeurs du baptême du (ou dans le) Saint-Esprit. Plusieurs camps de prière seront organisés sous sa direction. C’est ainsi que le "Mouvement de la Foi Apostolique" (selon une appellation originale basée sur le titre de publications de Parham) se développe au Missouri, au Texas, en Californie et ailleurs[3]. Il se poursuit lors du Réveil gallois de 1904-1905 avec les évangélistes (proclamateurs publics de l’Évangile) pentecôtistes Jessie Penn-Lewis et Evan Roberts. Puis en 1906, le Réveil d'Azusa Street prend place dans le centre-ville de Los Angeles sous la conduite du pasteur protestant baptiste William Joseph Seymour[4],[5]. Ces réveils protestants charismatiques successifs sont souvent regroupés et désignés comme formant la "première vague charismatique" (propre au pentecôtisme), pour les distinguer ainsi d'une deuxième survenue dans les années 1960 (souvent dénommée "Renouveau charismatique" et s'étant élargi hors du protestantisme jusque dans des franges du catholicisme) et d'une troisième vague survenue dans les années 1970 et 1980 (souvent dénommée "Dernière Pluie" ou "Mouvement de la Gloire" auquel se rattache l'actuelle nébuleuse des églises évangéliques dites "néo-charismatiques" ou "néo-pentecôtistes").

En 1914, de nombreux ministres du culte et laïcs de la "première vague charismatique" en expansion ont commencé à réaliser combien l'implantation du réveil pentecôtiste était profond. Les dirigeants ont senti le besoin de protéger et de préserver les résultats de ce réveil protestant évangélique en unissant le mouvement naissant en une Communauté unie. En , environ 300 pasteurs et laïcs venant de 20 États et de pays étrangers se sont réunis pour une Assemblée Générale à Hot Springs, dans l’État de l'Arkansas, aux États-Unis, et ainsi discuter et prendre des mesures sur ces questions et sur d'autres besoins ecclésiastiques pressants[6]. Si cette Assemblée Générale n'a pu à l'époque former un conseil ecclésiastique mondial pentecôtiste (surtout du fait que le pentecôtisme hérite du baptisme une conception claire de l'autonomie des églises locales ou congrégationalisme), la communauté restante qui a émergé de la réunion a constitué de suite le "Conseil Général des Assemblées de Dieu aux États-Unis d'Amérique" (General Council of the Assemblies of God in the United States of America). En 1916, la Déclaration de vérités fondamentales des Assemblées de Dieu est officiellement publiée et adoptée par les Assemblées de Dieu des États-Unis[7].

Avec le temps, des mouvements autonomes auto-financés (indépendants du Conseil Général des Assemblées de Dieu aux États-Unis) ont été formés dans plusieurs pays à travers le monde, provenant soit de mouvements pentecôtistes locaux (en lien avec d'autres mouvements protestants, historiques et évangéliques) soit comme conséquence directe du travail des missions du Conseil Général des Assemblées de Dieu aux États-Unis[8].

C'est en qu'est enfin créé à Springfield (État du Missouri), aux États-Unis un conseil général et international pentecôtiste dénommé officiellement "l’Association Mondiale des Assemblées de Dieu" (World Assemblies of God Fellowship)[9].

StatistiquesModifier

En 2018, l'organisation dit compter 144 associations nationales membres dans 190 pays, 375.310 églises et de 69.200.000 membres[10].

Programmes sociauxModifier

Beaucoup d'Églises affiliées sont impliquées dans la vie communautaire de leur ville et dans des projets humanitaires (chrétiens) à l'étranger. Le développement communautaire, les secours d'urgence, le soutien aux démunis (personnes handicapées, prisonniers, malades, étrangers, etc.), l'aide alimentaire et le parrainage d'enfants défavorisés sont quelques-unes des actions réalisées par les Églises protestantes évangéliques pentecôtistes des ADD. Certaines branches nationales ont des ONG comme "Convoy of Hope" aux États-Unis et "ERDO" au Canada[11],[12]. Celles-ci affirment que l'aide est apportée à tous, sans distinction de conviction religieuse[13]. Les ADD possèdent aussi de nombreuses écoles privées (maternelles, primaires et secondaires), des universités privées ainsi que des facultés et instituts de théologie[14],[15].

CulteModifier

 
Culte à Dream City Church, affiliée aux Assemblées de Dieu, en 2007, à Phoenix, aux États-Unis
 
Temple Salem de Cotonou, affiliée aux Assemblées de Dieu, à Cotonou, au Bénin

Les croyants se rassemblent en général le dimanche matin, "jour du Seigneur" (mais parfois le vendredi ou samedi pour s'adapter aux jours hebdomadaires fériés dans certains pays) dans des lieux de culte pouvant être dénommés différemment selon les sensibilités ("églises", "temples" ou encore "salles de réunion") pour un office (appelé selon les usages protestants propres à certains endroits "service" ou "culte" [16]) visant principalement à l'adoration commune de Dieu. Des rencontres de prière et des réunions d'évangélisation ont également lieu en semaine[17].

CroyancesModifier

La théologie protestante des Assemblées de Dieu est donc une théologie évangélique pentecôtiste [18]. Ses croyances sont énoncées dans la Déclaration de vérités fondamentales des Assemblées de Dieu adoptée par les Assemblées de Dieu des États-Unis en 1916[7]. Selon cette déclaration, les pentecôtistes reprennent la pensée protestante évangélique baptiste du congrégationalisme (autonomie stricte des églises locales dans la communion fraternelle, ce qui n'empêche en rien les affiliations sous forme de "conseils", "associations" et "fédérations") et du crédobaptisme (baptême du croyant sur profession de foi personnelle et libre, ce qui réduit l'accès au baptême qu'aux personnes spirituellement mâtures, à savoir des adultes ou de grands adolescents)[19].

Ministère fémininModifier

Les Assemblées de Dieu des États-Unis autorisent officiellement le ministère des femmes depuis 1927 [20].

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, États-Unis, 2004, p. 37, 533
  2. William H. Swatos, Peter Kivisto, Encyclopedia of Religion and Society, Rowman Altamira, États-Unis, 1998, p. 358
  3. CROIR, Pentecôtisme, Site web croir.ulaval.ca, Canada, consulté le 19 novembre 2017
  4. Randall Herbert Balmer, Encyclopedia of Evangelicalism: Revised and expanded edition, Baylor University Press, États-Unis, 2004, p. 47
  5. Olivier Favre, Les églises évangéliques de Suisse: origines et identités, Labor et Fides, (ISBN 9782830912159, lire en ligne), p. 53
  6. John Stephen Bowden, Encyclopedia of Christianity, Oxford University Press, Royaume-Uni, 2005, p. 88
  7. a et b George Thomas Kurian, Mark A. Lamport, Encyclopedia of Christianity in the United States, Volume 5, Rowman & Littlefield, États-Unis, 2016, p. 147
  8. General Council of the Assemblies of God (États-Unis) - Our History (2006)
  9. World Assemblies of God Fellowship, History of WAGF, worldagfellowship.org, États-Unis, consulté le 14 octobre 2019
  10. Assemblies of God World Missions, Vital statistics, agwm.org, USA, consulté le 14 octobre 2019
  11. Stanley M. Burgess, Paul W. Lewis, A Light to the Nations: Explorations in Ecumenism, Missions, and Pentecostalism, Wipf and Stock Publishers , États-Unis, 2017, p. 200
  12. Chris Clay, Lorne Park native in Nepal describes what it was like when earthquake hitNEWS, worldagfellowship.org, États-Unis, 12 mai 2015
  13. ERDO, Comment nous travaillons, erdo.ca, Canada, consulté le 12 juillet 2018
  14. George Thomas Kurian, Mark A. Lamport, Encyclopedia of Christian Education, Volume 3, Rowman & Littlefield, États-Unis, 2015, p. 84
  15. Charl Wolhuter, Corene de Wet, International Comparative Perspectives on Religion and Education, African Sun Media, South Africa, 2014, p. 65
  16. Sébastien Fath, Dieu XXL, la révolution des mégachurches, Édition Autrement, France, 2008, pages 33-34
  17. Yannick Fer, « Salut personnel et socialisation religieuse dans les assemblées de Dieu de Polynésie française », Anthropologie et Sociétés,‎ , p. 183-199 (DOI https://dx.doi.org/10.7202/015988ar)
  18. Roger E. Olson, The Westminster Handbook to Evangelical Theology, Westminster John Knox Press, États-Unis, 2004, p. 35
  19. Douglas Jacobsen, Thinking in the Spirit: Theologies of the Early Pentecostal Movement, Indiana University Press, États-Unis, 2003, p. 195
  20. Lisa Stephenson, Dismantling the Dualisms for American Pentecostal Women in Ministry, BRILL, États-Unis, 2011, p. 46

Liens externesModifier