Ouvrir le menu principal
Arminianisme et arminien(s) ne doivent pas être confondus respectivement avec : Arianisme et Arménien(s).
Jacobus Arminius, fondateur du mouvement arminien (gravure de 1662).

L'arminianisme est un courant théologique protestant fondé au début du XVIIe siècle par Jacobus Arminius. Ses partisans sont appelés les remontrants, en raison de la remontrance qu'ils adressèrent en 1610 aux États de Hollande. Celle-ci exprimait une tentative de modération des doctrines du calvinisme, au travers de cinq articles qui furent examinés au cours du Synode de Dordrecht[1].

L'arminianisme a été développé par plusieurs théologiens, dont en particulier Arminius pour ce qui est de l'arminianisme classique et John Wesley pour ce qui est de l'arminianisme wesleyen[2].

Les cinq articles de remontrance sont considérés comme traduisant la pensée primaire de l'arminianisme classique[3]. Le premier article rejette l'idée d'une double prédestination (à la vie et à la damnation éternelle), et affirme que l'élection n'est autre que la prescience de Dieu de ceux qui croient. Le second article rejette le principe de l'expiation limitée, qui soutient que Christ n'est mort que pour ceux qu'il a choisi de sauver, et affirme que le salut est destiné à tous mais se limite effectivement à ceux qui croient en Jésus-Christ. Le troisième article affirme que l'homme est totalement dépravé, et incapable de se sauver par ses propres efforts sans la grâce divine. Le quatrième article rejette l'idée que la grâce soit systématiquement irrésistible, mais affirme que l'homme a le libre arbitre pour résister à la grâce prévenante de Dieu. Le cinquième article propose l'idée que la persévérance des saints est conditionnelle à la foi en Christ[4], point confirmé par les remontrants en 1618[5].

De nombreuses confessions chrétiennes ont été influencées par les vues arminiennes notamment les baptistes au XVIe siècle[6], les méthodistes au XVIIIe siècle, l'Église adventiste du septième jour au XIXe siècle, et les pentecôtistes au XXe siècle. Actuellement, l'arminianisme est présent dans ces dénominations et plus généralement dans la mouvance évangélique[7],[8].

Sommaire

HistoireModifier

Jacobus Arminius (1560-1609) est un pasteur et théologien néerlandais de la fin du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle. Il reçoit l'enseignement de Théodore de Bèze. Il rejette la théorie de l'élection divine inconditionnelle calviniste. Il propose pour sa part une théorie de l'élection conditionnelle. Plusieurs théologiens réformés néerlandais, notamment Franciscus Gomarus, ont contesté ce point de vue, mais Arminius est mort avant la tenue du synode de l'Église réformée néerlandaise destiné à discuter ses affirmations théologiques[9].

Les partisans d'Arminius, ne tenant pas à adopter le nom de leur chef de file, s’appelèrent eux-mêmes les remontrants. Arminius mourut avant de pouvoir satisfaire à la demande des États de Hollande concernant un document de 14 pages exposant son point de vue. Les remontrants répondirent alors à sa place en rédigeant une confession remontrante, en cinq articles, dans laquelle ils expriment leurs points de divergence avec le calvinisme plus strict de la Confessio Belgica[10]. Après quelques manœuvres politiques, les calvinistes néerlandais réussirent à convaincre le prince Maurice de Nassau de s'occuper de la situation. Maurice démit systématiquement de leurs fonctions les magistrats arminiens et initia un synode national. Ainsi, se tint en 1618 à Dordrecht un synode de l’Église réformée néerlandaise. Ce synode fut ouvert principalement aux calvinistes hollandais (102), tandis que les arminiens en étaient exclus (13 interdits de vote), avec des représentants d'Églises réformées d'autres pays (28). En 1618, il publia une condamnation d'Arminius et de ses partisans comme hérétiques. Une partie de cette publication, Canons de Dordrecht, était composée de Cinq points du calvinisme, en réponse aux cinq articles de la confession des remontrants[11].

Les Arminiens de Hollande furent démis de leurs fonctions, emprisonnés, bannis et contraints de se taire. Douze ans plus tard, les Pays-Bas accordent officiellement à l'arminianisme la protection en tant que confession, mais l'animosité entre arminiens et calvinistes se poursuivit.

Postérité théologique de l'arminianismeModifier

Des dénominations telles que les anabaptistes (débuts en 1525), les Vaudois de la pré-réforme[12], et d’autres groupes antérieurs à la réforme avaient également affirmé que toute personne peut choisir de résister à la grâce de Dieu soit de lui céder. Certains affirment faussement que les universalistes et les unitariens des XVIIIe et XIXe siècles étaient liés théologiquement à l'arminianisme.

BaptistesModifier

Le mouvement baptiste né en Angleterre au XVIIe siècle étaient des arminiens[13]. Le mouvement baptiste vit le jour avec Thomas Helwys, qui quitta son mentor, John Smyth et retourna à Londres pour fonder la première église baptiste anglaise en 1611. John Smyth, quant à lui, avait adopté les croyances communes et autres particularités des églises mennonites hollandaises Waterlander. Plus tard les baptistes généraux tels que John Griffith, Samuel Loveday et Thomas Grantham défendirent une théologie arminienne réformée. Celle-ci reflétait davantage l'arminianisme d'Arminius de celui des derniers remontrants ou de l'arminianisme anglais des puritains arminiens tels que John Goodwin ou des arminiens anglicans tels que Jeremy Taylor et Henry Hammond. Les baptistes généraux résumèrent leurs vues arminiennes dans de nombreuses confessions, la plus influente étant la Standard Confession de 1660. Dans les années 1640, le groupe des baptistes particuliers se forma, divergeant fortement de la doctrine arminienne et embrassant le presbytérianisme. La Standard Confession de 1660 fut utilisée par les héritiers américains des baptistes anglais, bientôt connus sous le nom des baptistes du libre arbitre.

MéthodistesModifier

Wesley fut un avocat des enseignements arminiens, défendant sa sotériologie dans un périodique intitulé The Arminian et écrivant des articles tels que Predestination Calmly Considered. Il défendit l'arminianisme contre des accusations de semi-pélagianisme, tenant fermement à la conviction du péché originel et de la dépravation totale. En même temps, Wesley attaqua le déterminisme qu’il affirmait être une élection inconditionnelle et resta convaincu de la possibilité de perdre le salut. Wesley clarifia également la doctrine de la grâce prévenante et prêcha la capacité des chrétiens à atteindre la perfection (en maturité et non « sans péché »). Tandis que Wesley utilisait librement le terme « arminien », il ne fonda pas consciemment sa sotériologie sur celle d'Arminius, mais fut fortement influencé par l'arminianisme anglais du XVIIe siècle et par des penseurs tels que John Goodwin, Jeremy Taylor et Henry Hammond de l'école anglicane « Holy Living » et le remontrant Hugo Grotius.

L'arminianisme contemporainModifier

Les partisans de l'arminianisme trouvent leur place dans plusieurs dénominations protestantes, notamment les méthodistes, les baptistes du libre arbitre, les églises chrétiennes et églises du Christ[Quoi ?], les baptistes généraux[Quoi ?], les adventistes du septième jour, l’église du Nazaréen, l’église wesleyenne, l'Armée du salut, les mennonites conservateurs, l'ancien ordre des mennonites, les Amish, les Charismatiques et notamment les pentecôtistes[7],[8]. La majorité des baptistes du Sud, y compris Billy Graham, acceptent l'arminianisme avec option pour la doctrine de la persévérance des saints[14],[15],[16].

L'un des objectifs arminiens est le retour aux enseignements d'Arminius. F. Leroy Forlines, Robert Picirilli, Stephen Ashby et Matthew Pinson sont quatre des défenseurs les plus en vue[réf. souhaitée]. Forlines s'est référé à ce type d'arminianisme comme de « l'arminianisme classique »[17], alors que Picirilli, Pinson et Ashby l'ont appelé « arminianisme de la réforme » ou « arminianisme réformé »[18]. À travers le méthodisme, les enseignements de Wesley inspirent également un grand nombre d'érudits, avec de fervents promoteurs tels que J. Kenneth Grider, Stanley Hauerwas, Thomas C. Oden, Thomas Jay Oord et William Willimon[19].

L’influence récente[réf. souhaitée] du mouvement « nouvelle perspective sur Paul », a également atteint l’arminianisme, principalement sous l’angle d'une élection corporative. Les spécialistes de la « nouvelle perspective » proposent que le judaïsme du Second Temple, qui date du Ier siècle, comprenait principalement l'élection comme nationale (israélite) et raciale (juive), et non comme individuelle. Leur conclusion est donc que les écrits de Paul sur l'élection doivent être interprétés selon un point de vue corporatif similaire.[réf. souhaitée]

ThéologieModifier

Les croyances initiales de Jacobus Arminius lui-même sont couramment définies comme de l'arminianisme, mais plus généralement, le terme peut englober les enseignements d'Hugo Grotius, de John Wesley et d'autres également. La théologie arminienne se décline généralement en deux variantes : L'arminianisme classique, tiré de l'enseignement de Jacobus Arminius et l'arminianisme Wesleyen, principalement de Wesley. Ces deux variantes sont très proches.

L'arminianisme repose sur deux postulats fondamentaux découlant de l'amour et de la justice de Dieu[20] :

  1. L'élection divine doit être définie de telle sorte que Dieu ne soit en aucun cas, et ce même de façon seconde, l'auteur du mal. Cela ne correspondrait pas au caractère de Dieu tel que révélé pleinement en Jésus-Christ.
  2. La responsabilité de l'homme dans le mal doit être absolument préservée.

L'arminianisme est vu par certains comme une thèse sotériologique alternative au protestantisme calviniste[21]. Pour d'autres, l'arminianisme est une remise en valeur du consensus théologique de l'Église primitive[22].

Arminianisme classiqueModifier

L'arminianisme classique est le système théologique présenté par Jacobus Arminius et maintenu par certains des remontrants[23]. Ses enseignements était en accord avec les cinq solas de la réforme. Ils étaient néanmoins distincts des enseignements particuliers de Martin Luther, de Ulrich Zwingli, de Jean Calvin et d'autres réformateurs protestants.

L'arminianisme classique a été exprimé notamment dans les cinq articles des remontrants. « Ces points », notent Keith D. Stanglin et Thomas H. McCall, « sont en accord avec les vues d'Arminius ; en effet, certains sont tirés textuellement de sa « Declaration of the Sentiments on Predestination[24]. » L’arminianisme classique sert de fondement à tous les systèmes arminiens. Une liste de croyances est donnée ci-dessous :

  • La dépravation est totale : Arminius déclare « Suite à la chute, le libre-arbitre de l’homme envers le Dieu véritable n’est pas seulement blessé, estropié, infirme, tordu et affaibli ; mais il est aussi captif, détruit et perdu : et ses forces ne sont pas seulement débilitées et inutiles à moins qu’elles ne soient assistées par la grâce, mais il n’a aucune sorte de forces à l’exception de celles suscitées par la grâce divine[25]. »
  • L'expiation est destinée à tous : La mort de Jésus, fut pour le monde entier, Jésus attire tout le monde vers lui et tout le monde a la possibilité de recevoir le salut par la foi[26]. La mort de Jésus satisfait la justice de Dieu : La peine pour les péchés des élus est intégralement payée par l’œuvre de Jésus à la croix. Ainsi, l'expiation de Christ est destinée à tous, mais nécessite que la foi soit effective. Arminius déclare que : « la justification, lorsqu'elle caractérise l'acte de jugement, est soit une pure imputation de justice miséricordieuse […] soit l'homme est justifié devant Dieu […] selon la rigueur de la justice sans aucun pardon »[27]. Stephen Ashby précise : « Arminius ne voyait que deux façons possibles de justifier le pécheur : (1) par notre adhésion absolue et parfaite à la loi, ou (2) uniquement par l'imputation divine de la justice de Christ[28]. »
  • La grâce est résistible : Dieu prend l'initiative dans le processus de salut et sa grâce s'adresse à tous. Cette grâce (souvent appelée grâce prévenante ou pré-régénératrice) agit sur tous les peuples pour les convaincre de l'Evangile, les attirer fortement vers le salut et permettre la possibilité d'une foi sincère. Picirilli déclare qu' « en réalité, cette grâce est si proche de la régénération qu'elle conduit inévitablement à la régénération si on ne lui résiste finalement pas »[29]. L'offre de salut par la grâce n'agit pas de manière irrésistible selon une méthode déterministe purement causale, mais plutôt selon une méthode d'influence et de réponse qui peut être à la fois acceptée et refusée[30].
  • L'homme a une volonté libérée pour répondre ou résister : Le libre arbitre est accordé et limité par la souveraineté de Dieu, mais la souveraineté de Dieu permet à tous les hommes d'accepter l'Évangile de Jésus par la foi, tout en permettant à tous les hommes d'y résister.
  • L'élection est conditionnelle : Arminius a défini l'élection comme « le décret de Dieu par lequel, de lui-même, depuis l'éternité, il a décrété qu'il fallait justifier en Christ, les croyants, et les accepter pour la vie éternelle »[31]. Dieu seul détermine qui sera sauvé et sa détermination est que tous ceux qui croient en Jésus par la foi seront justifiés. Selon Arminius, « Dieu ne considère personne en Christ, seulement si établis en lui par la foi[31]. »
  • Dieu prédestine les élus à un avenir glorieux : La prédestination n'est pas la prédétermination de qui va croire, mais plutôt la prédétermination de l'héritage futur du croyant. Les élus sont donc prédestinés à la filiation par l'adoption, la glorification et la vie éternelle[32].
  • La justice de Christ est imputée au croyant : La justification est sola fide (par la foi seule). Lorsque des individus se repentent et croient en Christ (foi qui sauve), ils sont régénérés et entrent en union avec Christ, ce qui permet de leur imputer les effets de la mort et la justice de Christ pour leur justification devant Dieu[33].
  • La sécurité éternelle est conditionnelle : Tous les croyants sont pleinement assurés du salut à la condition de rester en Christ. Le salut est conditionné par la foi, donc la persévérance est également conditionnée[34]. L'apostasie (se détourner de Christ) n'est commise que par un rejet délibéré et volontaire de Jésus et par le renoncement à la foi qui sauve. Une telle apostasie est irrémédiable[35].

Sur la question de savoir si un croyant peut apostasier (abandonner le Christ en s'attachant à nouveau à ce monde diabolique, en perdant une bonne conscience ou en ne gardant pas une saine doctrine), Arminius a déclaré que cette question devait être approfondie dans les Écritures[36]. Néanmoins, Arminius croyait que les Écritures enseignent que les croyants sont gracieusement investis du pouvoir du Christ et du Saint-Esprit « pour lutter contre Satan, le péché, le monde et leur propre chair, et pour remporter la victoire sur ces ennemis »[36]. En outre, Christ et l'Esprit sont toujours présents pour aider et assister les croyants à travers diverses tentations. Néanmoins, cette sécurité n'est pas inconditionnelle mais conditionnelle : « pourvu qu'ils [les croyants] soient préparés pour la bataille, implorent son aide et soient persévérants, Christ les préserve de la chute »[37]. Arminius poursuit : « Je n'ai jamais enseigné qu'un vrai croyant peut, totalement ou finalement, se détourner de la foi et périr; cependant, je ne cacherai pas qu'il existe des passages de l'Écriture qui me paraissent revêtir cet aspect, et les réponses que j’ai pu considérer ne sont pas de nature à s’approuver sur tous les points, selon ma compréhension[38]. »

Après la mort d'Arminius en 1609, les remontrants maintinrent les conceptions de leur chef sur la sécurité conditionnelle et son incertitude quant à la possibilité que des croyants puissent apostasier. Ceci est démontré dans le cinquième article rédigé par leurs représentants en 1610[39]. Cependant, quelque part entre 1610 et la procédure officielle du Synode de Dort (1618), les remontrants furent pleinement convaincus dans leur esprit que les Écritures enseignaient que le vrai croyant était capable de se détacher de la foi et de périr éternellement en tant qu'incroyant. Ils ont formalisé leurs points de vue dans The Opinion of the Remontrants (1618)[5], ainsi que dans la Confession de foi des remontrants de 1621[40].

Picirilli a déclaré: « Depuis cette époque, alors que la question fut de nouveau examinée, les arminiens enseignèrent que ceux qui sont vraiment sauvés doivent être mis en garde contre l'apostasie en tant que danger réel et possible[41]. »

Le théologien Stephen Ashby a résumé les croyances fondamentales de Jacobus Arminius et des remontrants ainsi :

  1. Avant d'être attiré et rendu capable, on est incapable de croire… capable seulement de résister.
  2. Après avoir été attiré et rendu capable, mais avant la régénération, on est capable de croire… capable aussi de résister.
  3. Après que l'on ait cru, Dieu régénère alors; on est capable de continuer à croire… capable aussi de résister.
  4. En résistant au point d’entrainer de l'incrédulité, on n'est plus capable de croire… capable seulement de résister[42].

Arminianisme wesleyenModifier

Articles connexes : Wesleyanisme et Méthodisme.

John Wesley a toujours été le défenseur le plus influent des enseignements de la sotériologie arminienne. Wesley était entièrement d'accord avec la grande majorité de ce qu'Arminius lui-même enseignait, en maintenant de solides doctrines sur le péché originel, la dépravation totale, l'élection conditionnelle, la grâce prévenante, l'expiation illimitée et la possibilité d'apostasie.

Wesley s’éloigne de l’Arminianisme classique principalement sur trois questions :

  • Expiation : L'expiation de Wesley est un hybride de la théorie de la substitution pénale et de la théorie gouvernementale d'Hugo Grotius, avocat et l'un des remontrants. Steven Harper a déclaré : « Wesley ne place pas l'élément subsidiaire principalement dans un cadre juridique […] mais plutôt [sa doctrine cherche] à établir une relation adéquate de « justice » entre l'amour de Dieu pour les personnes et la haine de Dieu pour le péché […] ce n'est pas tant la satisfaction d'une demande légale de justice qu'un acte de réconciliation par la médiation[43]. »
  • Possibilité d'apostasie : Wesley a pleinement accepté le point de vue arminien selon lequel les véritables chrétiens pouvaient apostasier et perdre leur salut, comme le montre clairement son célèbre sermon A Call to Backsliders. Harper résume cela comme suit : « L'acte de pécher n'est pas en soi un motif de perte du salut […] La perte du salut est beaucoup plus liée à des expériences profondes et prolongées. Wesley voit deux voies principales qui pourraient entraîner une chute permanente de la grâce : péché non confessé et expression réelle de l'apostasie[44]. » Wesley n'est pas d'accord avec Arminius, cependant, en affirmant que cette apostasie n'est pas définitive. En parlant de ceux qui « ont fait naufrage par rapport à la foi » (1 Ti 1:19), Wesley affirme que « pas un, ou cent seulement, mais je suis persuadé, que plusieurs milliers […] innombrables sont les exemples […] de ceux qui étaient tombés mais se tiennent maintenant debout[45]. »
  • Perfection chrétienne : Selon l'enseignement de Wesley, les chrétiens pourraient atteindre dans cette vie, un état de perfection pratique, c'est-à-dire une absence de tout péché volontaire par le l'aide du Saint-Esprit. La perfection chrétienne (ou la sanctification entière), selon Wesley, est « la pureté de l'intention, consacrant toute la vie à Dieu » et « la pensée qui était en Christ, nous permettant de marcher comme le Christ a marché ». « Elle consiste à aimer Dieu de tout notre cœur et notre prochain comme nous-mêmes[46]. » C'est « un retour non seulement à la faveur, mais également à l'image de Dieu », notre « être rempli de la plénitude de Dieu »[47]. Il était clair pour Wesley que la perfection chrétienne n'implique pas la perfection de la santé physique ou une infaillibilité de jugement. Cela ne signifie pas non plus que l'on ne viole plus la volonté de Dieu, car des transgressions involontaires subsistent. Les chrétiens perfectionnés restent soumis à la tentation et ont toujours besoin de prier pour obtenir le pardon et la sainteté. Ce n'est pas une perfection absolue mais une perfection en amour. En outre, Wesley n’enseigna pas le salut par la perfection, mais dit que « même la sainteté parfaite n’est acceptable pour Dieu que par Jésus-Christ »[46].

Autres variationsModifier

Depuis Arminius, son nom représente une très grande variété de croyances. Certaines de ces croyances telles que le pélagianisme et le semi-pélagianisme, ne sont pas considérées comme appartenant à l'orthodoxie arminienne et sont traitées ailleurs. Certaines doctrines, cependant, adhèrent à la fondation arminienne et, bien qu'étant des opinions minoritaires, sont rapportées ci-dessous.

Théisme ouvertModifier

La doctrine du théisme ouvert affirme que Dieu est omniprésent, omnipotent et omniscient, mais diffère de l'arminianisme quant à la nature de l'avenir. Les théistes ouverts affirment que l'avenir n'est pas complètement déterminé (ou « réglé ») parce que les gens n'ont pas encore pris leur libre décision. Dieu connaît donc l'avenir en partie en termes de possibilités (actions libres de l'homme) plutôt que seulement en certitudes (événements divinement déterminés). En tant que tels, les théistes ouverts résolvent la question du libre arbitre humain et de la souveraineté de Dieu en affirmant que Dieu est souverain parce qu'il n'ordonne pas chaque choix humain, mais travaille plutôt en coopération avec sa création pour réaliser sa volonté. Cette notion de souveraineté et de liberté est à la base de leur compréhension de l'amour, car les théistes ouverts croient que l'amour n'est authentique que s'il est librement choisi. Selon cette définition, le pouvoir de choisir peut faire autant de mal que de bien, et les théistes ouverts considèrent le libre-arbitre comme la meilleure solution au problème du mal. Les tenants connus de cette théologie sont Greg Boyd, Clark Pinnock, Thomas Jay Oord, William Hasker et John E. Sanders.

Certains arminiens, tels que le professeur et théologien Robert Picirilli, rejettent la doctrine du théisme ouvert en tant qu' « arminianisme déformé »[48]. Joseph Dongell a déclaré que « le théisme ouvert va effectivement au-delà de l'arminianisme classique, vers la théologie du processus »[49]. Il y a aussi des arminiens, comme Roger Olson, qui croient que le théisme ouvert est une vision alternative qu'un chrétien peut avoir. Le point de vue arminien majoritaire accepte le théisme classique. Celui-ci consiste en la conviction que le pouvoir, la connaissance et la présence de Dieu n'ont pas de limitations externes, en dehors de lui. La plupart des arminiens réconcilient le libre arbitre humain avec la souveraineté et la prescience de Dieu en soutenant trois points:

  • Le libre arbitre humain est limité par le péché originel, bien que la grâce prévenante de Dieu rende à l'humanité la capacité d'accepter l'appel du salut de Dieu[50],[51].
  • Dieu exerce délibérément sa souveraineté d'une manière qui n'en illustre pas l'étendue. En d'autres termes, il a le pouvoir et l'autorité de prédéterminer le salut, mais il choisit de l'appliquer de différentes manières.
  • La prescience de Dieu concernant l'avenir est exhaustive et complète, et donc l'avenir est certain et non subordonné à l'action humaine. Dieu ne détermine pas l'avenir, mais il le connaît. La certitude émanant de Dieu et l'action humaine incertaine sont compatibles[52].

Le point de vue corporatif de l'électionModifier

L'opinion arminienne majoritaire est que l'élection est individuelle et basée sur la connaissance anticipée de la foi de Dieu, mais une deuxième perspective mérite d'être mentionnée. Ces arminiens rejettent complètement le concept d’élection individuelle, préférant comprendre la doctrine en termes généraux. Selon cette élection collective, Dieu n'a jamais choisi d'individus en vue du salut, mais plutôt Il a choisi d'élire pour le salut l'église qui croit. Le théologien réformé hollandais Herman Ridderbos dit que « [la certitude du salut] ne repose pas sur le fait que l'église appartient à un certain "nombre", mais qu'elle appartient à Christ, dès avant la fondation du monde. Cette certitude ne réside pas dans un décret caché, mais dans l'unité collective de Christ et de l'Église qui a appris à connaître l'Évangile et a appris à résider dans la foi[53]. »

L'élection corporative s'appuie sur un concept similaire définis dans l'Ancien Testament et dans la loi juive. En effet, la plupart des travaux de recherche biblique s'accordent pour dire que la pensée judéo-gréco-romaine du Ier siècle était à l'opposé du mantra de la pensée du monde occidental « l'individu prime », elle était plutôt de nature très collectiviste ou communautaire[54]. L'identité découle de l'appartenance à un groupe plus que de l'individualité[54]. Selon Romains 9–11, les tenant de cette thèse prétendent que l'élection juive en tant que peuple choisi cessa avec le rejet national de Jésus en tant que Messie. Suite à la nouvelle alliance, le peuple élu de Dieu est maintenant le corps de Christ, l'église (parfois appelée Israël spirituel, cf. aussi théologie de l'alliance). Le pasteur et théologien Brian Abasciano déclare : « Ce que Paul dit à propos des juifs, des païens et des chrétiens, qu'il s'agisse de leur place dans le plan de Dieu, de leur élection, de leur salut, ou de la façon dont ils devraient penser ou se comporter; il le dit d'un point de vue corporatif qui considère le groupe comme primaire et ceux dont il parle, il en parle comme intégrés au groupe. Ces individus agissent en tant que membres du groupe auquel ils appartiennent et ce qui leur arrive se produit en raison de leur appartenance au groupe[54]. »

Ces érudits soutiennent également que Jésus était le seul humain jamais élu et que les individus doivent être « en Christ » (Eph 1:3-4) par la foi pour faire partie des élus. Il s'agit là, en fait, de la compréhension de la doctrine de l'élection du théologien réformé suisse, Karl Barth. Joseph Dongell, professeur au Asbury Theological Seminary, déclare que « le trait le plus frappant d'Éphésiens 1:3–2:10 est l'expression "en Christ", qui apparaît douze fois dans Éphésiens 1:3–14 […] cela signifie que Jésus-Christ lui-même est l'élu, le prédestiné. Chaque fois que quelqu'un est incorporé à lui par grâce à travers la foi, on en vient à partager le statut particulier de Jésus en tant qu'élu de Dieu[55]. » Markus Barth illustre l'interdépendance : « L'élection en Christ doit être comprise comme l'élection du peuple de Dieu. Ce n'est qu'en tant que membre de cette communauté que les individus bénéficient des avantages du choix gracieux de Dieu[56]. »

Arminianisme et autres points de vueModifier

La compréhension de l’arminianisme peut être facilitée par la compréhension des alternatives théologiques, telles que : pélagianisme, semi-pélagianisme, luthéranisme et calvinisme. L'arminianisme, comme tout système de croyance majeur, est souvent mal compris par les critiques et les partisans potentiels.

Mécompréhensions courantesModifier

 
Allégorie sur les disputes entre remontrants et contre-remontrants en 1618, Abraham van der Eyk

À travers l'histoire, plusieurs calomnies ont été dirigées contre la dogmatique arminienne. Pour sa part, le théologien Roger Olson dénombre dix mythes entourant l'arminianisme[57].

Certaines écoles de pensée, notamment le semi-pélagianisme (qui enseigne que la première étape du salut procède de volonté humaine[58]) sont parfois vues à tort comme étant de nature arminienne. Toutefois, l'arminianisme classique considère que la première étape du salut est uniquement le fait de la grâce de Dieu[59]. Historiquement, le Concile d'Orange (529) a condamné la pensée semi-pélagienne. Le document résultant est vu par certains comme enseignant une doctrine entre la pensée augustinienne et la pensée semi-pélagienne, reléguant l'arminianisme à l'orthodoxie des premiers pères de l'Église[60].

À propos de l'accusation indiquant que l'arminianisme serait pélagien (ou semi-pélagien), niant le péché originel, aucun système d'arminianisme fondé sur Arminius ou Wesley ne nie le péché originel[61]; Arminius affirme que l'état fondamental de l'homme est tel qu'il ne peut pas être juste, comprendre Dieu ou chercher Dieu[62]. Arminius a notamment déclaré : « Dans son état pécheur, l’homme n’est pas capable, par lui-même, de penser, vouloir ou faire ce qui est vraiment bon[63]. », « Je tiens l’énoncé suivant comme étant faux : "Si un homme le veut, il peut croire ou ne pas croire." Si mes détracteurs supposent que je possède des opinions dont on peut déduire cette affirmation, pourquoi ne citent-ils pas mes propres mots ? »[64]. En fait, Arminius a qualifié le pélagianisme de « grand mensonge » et a déclaré « que je déteste de tout mon cœur les conséquences [de cette théologie] »[65]. Le pasteur britannique David Pawson qualifie cette association de « diffamatoire » lorsqu'elle est attribuée à la doctrine d'Arminius[66], et la plupart des arminiens rejettent toutes les accusations de pélagianisme. Néanmoins, les deux termes restent souvent liés[67],[68].

Une autre accusation contre l'arminianisme est que cette doctrine nierait le paiement substitutif de Jésus pour les péchés, alors qu'Arminius et Wesley croyaient tous deux en la nécessité et la suffisance de l'expiation du Christ par substitution pénale[69]. Arminius soutenait que la justice de Dieu était satisfaite individuellement[70], tandis qu'Hugo Grotius et de nombreux disciples de Wesley enseignaient qu'elle était satisfaite d'une manière gouvernementale[71].

Notes et référencesModifier

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Arminianism » (voir la liste des auteurs).
  1. Diderot et Dalembert 1751b.
  2. Wynkoop 1999, p. 60-65.
  3. (en)Jacob Arminius: Theologian of Grace, New York, Oxford University Press, 2012, p. 190. « Ces points », notent Keith D. Stanglin et Thomas H. McCall, « sont en accord avec les vues d'Arminius ; en effet, certains sont tirés textuellement de sa « Declaration of the Sentiments on Predestination ».
  4. (en) Phillip Schaff, « The Five Arminian Articles. A.D. 1610 », dans The Creeds of Christendom, vol. 3 (ISBN 0-8010-8232-3, lire en ligne), p. 545-549.
  5. a et b (en) « The Opinions of the Remontrants (1618) », dans Peter Y. DeJong, Crisis in the Reformed Churches: Essays in Commemoration of the Great Synod of Dordt, 1618-1619, Grand Rapids, Reformed Fellowship, (lire en ligne), p. 220 et suiv. :

    « Les points trois et quatre du cinquième article se lisent comme suit : Les vrais croyants peuvent déchoir de la foi véritable et tomber dans des péchés tels qu’ils ne peuvent être compatibles avec une foi véritable qui justifie; non seulement il est possible que cela se produise, mais cela arrive même fréquemment. Les vrais croyants peuvent tomber par leur propre faute dans des actions honteuses et atroces, y persévérer et y mourir; et donc enfin tomber et périr. »

  6. (en)Robert G. Torbet, A History of the Baptists, third edition, Judson Press, 1982.
  7. a et b Akin 1993, Dans les milieux protestants, il existe deux camps majeurs en matière de prédestination : le calvinisme et l’arminianisme. Le calvinisme est courant dans les églises presbytériennes, réformées et baptistes. L'arminianisme est courant dans les églises méthodistes, pentecôtistes et baptistes.
  8. a et b Olson 2014, Le méthodisme, sous toutes ses formes (y compris celles qui ne portent pas ce nom), a tendance à être arminien. (Des églises méthodistes calvinistes ont existé. Elles ont été fondées par des disciples de l'évangéliste partenaire de Wesley, George Whitefield. Mais, autant que je sache, elles se sont toutes éteintes ou ont fusionné avec des dénominations traditionnellement réformées-calvinistes.) Les dénominations officiellement arminiennes incluent celles qui appartiennent à la tradition dite de "sainteté" (par exemple, l'église du Nazaréen) et à la tradition pentecôtiste (par exemple, les assemblées de Dieu). L'arminianisme est aussi la croyance commune des baptistes du libre arbitre (également appelés baptistes généraux). De nombreuses églises de frères [Darbyistes] sont également arminiennes. Mais on peut trouver des arminiens dans beaucoup de dénominations qui ne sont pas historiquement officiellement arminiennes, comme de nombreuses conventions / conférences baptistes, p. 2-3.
  9. Diderot et Dalembert 1751a.
  10. Wynkoop 1999, p. 55.
  11. Wynkoop 1999, Cent deux calvinistes orthodoxes hollandais étaient membres officiels de la conférence à laquelle participaient aussi 28 délégués de pays étrangers. Treize représentants arminiens étaient présents, mais ils étaient prisonniers d'état, condamnés pour trahison à cause de leurs idées sur la théologie et sur la tolérance pour tout ce qui concerne les affaires de l'Église et de l'État ; de ce fait, ils ne disposaient ni du droit de parole ni de vote. Dès lors, les cinq points du calvinisme furent unanimement déclarés représenter la position du calvinisme officielle, tandis que les cinq points des Remontrants furent déclarés hérétiques, p. 56.
  12. (en)Joseph Visconti, The Waldensian Way to God, [Longwood, Fl.], Xulon press, 2003, p. 253 et suiv.
  13. (en)Justo L. Gonzalez, The Story of Christianity, Vol. 2: The Reformation to the Present Day, Peabody, Prince Press, 2008, p. 225–226.
  14. (en) « The 2000 Baptist Faith and Message », sur Southern Baptist Convention (consulté le 8 mai 2019)
  15. (en)Richard W. Harmon, Baptists and Other Denominations, Nashville, Convention Press, 1984, p. 17–18, 45–46
  16. (en)Joseph Dongell, Jerry Walls, Why I Am Not a Calvinist, Downer's Grove, Intervarsity Press, 2004, p. 12–13, 16–17
  17. Forlines 2011.
  18. Pinson 2002, p. 149-150.
  19. (en) Mark Driscoll, A Call to Resurgence: Will Christianity Have a Funeral or a Future?, Carol Stream, IL, Tyndale House Publishers, (ISBN 9781414389073), p. 99-100
  20. Olson 2018, La base de l’arminianisme est l’amour de Dieu. Le conflit fondamental entre le calvinisme et l’arminianisme n’est pas la souveraineté, mais le caractère de Dieu.
  21. (en)Chambers Biographical Dictionary, ed. Magnus Magnusson, Chambers, Cambridge University Press, 1995, p. 62.
  22. (en)Kenneth D. Keathley, « The Work of God: Salvation », dans A Theology for the Church, ed. Daniel L. Akin, Nashville, B&H Academic, 2007, p. 703.
  23. (en)Stephen Ashby, « Reformed Arminianism », dans Four Views on Eternal Security, Grand Rapids, Zondervan, 2002, p. 137.
  24. (en)Jacob Arminius: Theologian of Grace, New York, Oxford University Press, 2012, p. 190.
  25. (en)James Arminius, The Writings of James Arminius (three vols.), tr. James Nichols and William R. Bagnall, Grand Rapids, Baker, 1956, vol. 1, p. 252.
  26. (en)Arminius, Writings, vol. 1, p. 316.
  27. (en)Arminius, Writings, vol. 3, p. 454.
  28. (en)Ashby, Four Views, p. 140.
  29. (en)Robert Picirilli, Grace, Faith, Free Will: Contrasting Views of Salvation: Calvinism and Arminianism, Nashville, Randall House Publications, 2002, p. 154 et suiv.
  30. (en)F. Leroy Forlines, Matthew J. Pinson, Stephen M. Ashby, The Quest for Truth: Answering Life's Inescapable Questions, Nashville, Randall House Publications, 2001, p. 313–321.
  31. a et b (en)Arminius, Writings, vol. 3, p. 311.
  32. (en)David Pawson, Once Saved, Always Saved? A Study in Perseverance and Inheritance, London, Hodder & Staughton, 1996, p. 109 et suiv.
  33. (en)F. Leroy Forlines, Classical Arminianism: A Theology of Salvation, chap. 6.
  34. (en)Picirilli, Grace, Faith, Free Will, p. 203.
  35. (en)Picirilli, Grace, Faith, Free Will, p. 204 et suiv.
  36. a et b (en)Arminius, Works, vol. 2, p. 219-220.
  37. Cela semble correspondre aux autres déclarations d’Arminius sur la nécessité de persévérance dans la foi. Par exemple: « Dieu décide de recevoir favorablement ceux qui se repentent et croient, et de sauver en Christ, à cause de Christ et par Christ, ceux qui persévèrent [dans la foi], mais de laisser sous le péché et la colère ceux qui sont impénitents et les incroyants, et de les condamner en tant qu'étrangers à Christ » (Arminus, Works, vol. 2, p. 465; cf. vol 2, p. 466). Dans un autre endroit, il écrit : « [Dieu] veut que ceux qui croient et persévèrent dans la foi soient sauvés, mais que ceux qui sont incrédules et impénitents restent condamnés » (Arminus, Works, vol. 3, p. 412; cf. vol 3, p. 413).
  38. (en)Arminius, Works, vol. 2, p. 219-220. William Nichols note : « Lors de la dernière conférence qu'il avait eue avec Gomarus [calviniste] devant les États de Hollande, Arminius avait à peu près le même propos modeste lorsqu'il avait été interrogé à ce sujet le 12 août 1609, deux mois avant sa mort » (Arminius, Works, vol. 1, p. 665). B. J. Oropeza a déclaré : « Bien qu'Arminius ait nié avoir enseigné l'apostasie finale dans sa « Declaration of the Sentiments », dans Examination of the Treatise of Perkins on the Order and Mode of Predestination, il écrit qu'une personne qui est "intégrée" à l'église du Christ peut résister à la suite du processus. S'agissant des croyants, « il peut suffire de les encourager, s'ils savent qu'aucun pouvoir ni aucune intelligence ne peuvent les déloger du rocher, à moins qu'ils ne renoncent de leur plein gré à leur position ». (Arminus, Works, vol. 3, p. 455, cf. vol. 1, p. 667) « Un membre croyant du Christ peut devenir paresseux, céder au péché et mourir progressivement, cessant d'être un membre. » (Arminus, Works, vol. 3, p. 458) L'alliance de Dieu (Jérémie 23) « ne contient pas en soi une impossibilité de se soustraire à Dieu, mais une promesse du don de la peur, qui les empêchera de s'éloigner de Dieu aussi longtemps que cela s'épanouira dans leur cœur. » S'il y a une cohérence dans la position d'Arminius, il ne semble pas nier la possibilité d'une chute » (B. J. Oropeza, Paul and Apostasy, p. 16).
  39. Cet article se lit comme suit : Que ceux qui sont incorporés au Christ par une vraie foi, et qui deviennent ainsi participants de son Esprit qui donne la vie, ont ainsi tout pouvoir pour lutter contre Satan, le péché, le monde et leur propre chair, et pour remporter la victoire, être bien compris que c’est toujours avec la grâce d’assistance du Saint-Esprit ; et que Jésus-Christ les assiste par son Esprit dans toutes les tentations, leur tend la main, et si seulement ils sont prêts au conflit, et désirent son aide, sans être inactifs, les empêchent de tomber, de sorte qu’ils, ni par la ruse ou le pouvoir de Satan, ne peuvent être induits en erreur, ni retirés des mains du Christ, selon la parole du Christ, Jean 10:28 : « Personne ne les ravira de ma main. » Mais s’ils sont capables, par négligence, d’abandonner à nouveau les premiers débuts de leur vie en Christ, ou de revenir à ce monde diabolique actuel, ou de se détourner de la sainte doctrine qui leur a été délivrée, ou de perdre une bonne conscience, ou de devenir dépourvus de grâce, cela doit être plus particulièrement déterminé à partir des Saintes Écritures avant de pouvoir l’enseigner avec la pleine persuasion de notre esprit. (« The Articles of the Remontrants », dans Philip Schaff, editor. The Creeds of Christendom, The Evangelical Protestant Creeds, vol. 3, p. 548-549).
  40. Steve Witzki, « The Arminian Confession of 1621 and Apostasy », sur Society of Evangelical Arminians, (consulté le 25 mai 2019).
  41. (en)Picirilli, Grace, Faith, Free Will, p. 198.
  42. (en)Ashby, Four Views, p. 159.
  43. (en)Steven Harper, « Wesleyan Arminianism », dans Four Views on Eternal Security, Grand Rapids, Zondervan, 2002, p. 227 et suiv.
  44. (en)Harper, p. 239–240.
  45. (en)John Wesley, « A Call to Backsliders », dans The Works of John Wesley, ed. Thomas Jackson, 14 vols, Grand Rapids, Baker, 1986, vol. 3, p. 211 et suiv.
  46. a et b (en)John Wesley, « A Plain Account of Christian Perfection », dans Works.
  47. (en)John Wesley, « The End of Christ’s Coming », dans Works.
  48. (en)Picirilli, Grace, Faith, Free Will, p. 40. Picirilli s'oppose tellement au lien entre arminianisme et théisme ouvert qu'il consacre une partie entière de son livre à ses objections. Voir p. 59 et suiv.
  49. (en)Jerry L. Walls, Joseph R. Dongell, Why I Am Not a Calvinist, p. 45.
  50. (en)Picirilli, Grace, Faith, Free Will, p. 42–43, 59 et suiv.
  51. (en)Ashby, Four Views on Eternal Security, p. 146–147.
  52. (en)Picirilli, Grace, Faith, Free Will, p. 40.
  53. (en)Herman Ridderbos, Paul: An Outline of His Theology, trad. John Richard de Witt, Grand Rapids, Eerdmans, 1975, p. 350–351.
  54. a b et c (en)Brian Abasciano, Paul’s Use of the Old Testament in Romans 9:1–9: An Intertextual and Theological Exegesis, T&T Clark Publishers, 2006, (ISBN 0-567-03073-3).
  55. (en)Joseph Dongell, Jerry Walls, Why I am Not a Calvinist, p. 76.
  56. (en)Markus Barth, Ephesians, Garden City, NY, Doubleday, 1974, p. 108.
  57. Olson 2006, Mythes recensés : 1. La théologie arminienne est le contraire de la théologie calviniste. 2. Un hybride du calvinisme et de l’arminianisme est possible. 3. L’arminianisme n’est pas une option évangélique orthodoxe. 4. Le cœur de l’arminianisme est la foi en le libre-arbitre. 5. La théologie arminienne nie la souveraineté de Dieu. 6. L’arminianisme est une théologie centrée sur l’homme. 7. L’arminianisme n’est pas une théologie de la grâce. 8. Les arminiens ne croient pas en la prédestination. 9. La théologie arminienne nie la justification par la grâce seule via la foi seule. 10. Tous les arminiens croient à la « théorie gouvernementale » de l’expiation.
  58. (en)Keith D. Stanglin, Thomas H. McCall, Jacob Arminius: Theologian of Grace, Oxford University, 2012, p. 160.
  59. (en)F. Leroy Forlines, Classical Arminianism: A Theology of Salvation, ed. J. Matthew Pinson, Nashville, Randall House Publications, 2011, p. 20-24.
  60. (en)Keathley, p. 703.
  61. (en)Ashby, p. 138–139.
  62. (en)Arminius, Writings, vol. 2, p. 192.
  63. (en)Arminius, « Declaration of the Sentiments », dans Works of James Arminius Vol. 1, Wesleyan Heritage Collection, p. 659-660.
  64. (en)Works of James Arminius Vol. 1, Wesleyan Heritage Collection, p. 314.
  65. (en)Arminius, Writings, vol. 2, p. 219 et suiv. (le traité complet se trouve aux pages 196–452).
  66. (en)Pawson, Once Saved, Always Saved?, p. 106.
  67. Pawson, p. 97–98, 106.
  68. (en)Picirilli, Grace, Faith, Free Will, p. 6 et suiv.
  69. (en)Picirilli, Grace, Faith, Free Will, p. 104–105, 132 et suiv.
  70. (en)Ashby, Four Views on Eternal Security, p. 140 et suiv.
  71. (en)Picirilli, Grace, Faith, Free Will, p. 132.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

En anglaisModifier

  • (en) James Akin, « A Tiptoe Through Tulip », EWTN, (consulté le 15 juin 2019).
  • (en) Jacobus Arminius (trad. Vols. 1 & 2 by James Nichols, Vol. 3 by W. R. Bagnall), The Works of James Arminius, Auburn, N.Y., Derby, Miller and Orton, (lire en ligne).
  • (en) F. Leroy Forlines, Classical Arminianism: A Theology of Salvation, Nashville, Randall House Publications, (ISBN 0-89265-607-7).
  • (en) F. Leroy Forlines, The Quest for Truth: Answering Life's Inescapable Questions, Nashville, Randall House Publications, (ISBN 0-89265-864-9).
  • (en) Roger T. Forster, God's Strategy in Human History, Wipf & Stock Publishers, (ISBN 1-57910-273-5).
  • (en) Alasdair I. C. Heron, « Arminianism », dans ErwinFahlbusch, Encyclopedia of Christianity, vol. 1, Wm. B. Eerdmans, (ISBN 0802824137), p. 128–129.
  • (en) William W. Klein, The New Chosen People. A Corporate View of Election, Grand Rapids, Zondervan, (ISBN 0-310-51251-4)
  • (en) Herbert Mcgonigle, Sufficient Saving Grace, Carlisle, Paternoster, (ISBN 1-84227-045-1).
  • (en) Roger Olson, Arminian Theology: Myths and Realities, Downers Grove, IVP Academic, (ISBN 0-8308-2841-9).
  • (en) Roger Olson, Arminianism FAQ: Everything You Always Wanted to Know., Seebed, (ISBN 978-1-62824-162-4, lire en ligne).
  • (en) David Pawson, Once Saved, Always Saved? A Study in Perseverance and Inheritance, London, Hodder & Stoughton, (ISBN 0-340-61066-2).
  • (en) Robert Picirilli, Grace, Faith, Free Will: Contrasting Views of Salvation, Nashville, Randall House, (ISBN 0-89265-648-4).
  • (en) J. Matthew Pinson, « The Nature of Atonement in the Theology of Jacobus Arminius », Journal of the Evangelical Theological Society, vol. 53,‎ , p. 173–185 (lire en ligne).
  • (en) J. Matthew Pinson, « Will the Real Arminius Please Stand Up? A Study of the Theology of Jacobus Arminius in Light of His Interpreters », Integrity: A Journal of Christian Thought, vol. 2,‎ , p. 121–139 (lire en ligne).
  • (en) J. Matthew Pinson, Four Views on Eternal Security, Grand Rapids, Zondervan, (ISBN 0-310-23439-5).
  • (en) Mikko Satama, Aspects of Arminian Soteriology in Methodist-Lutheran Ecumenical Dialogues in 20th and 21st Century, Master's Thesis, University of Helsinki, Faculty of Theology, (lire en ligne).
  • (en) Robert Shank, Elect in the Son Bethany House Publishers, Minneapolis, (ISBN 1-55661-092-0).
  • (en) Jerry L. Walls et Joseph R. Dongell, Why I Am Not a Calvinist, Downers Grove, InterVarsity Press, (ISBN 0-8308-3249-1).
  • (en) John Wesley, « The Question, 'What Is an Arminian?' Answered by a Lover of Free Grace », dans Thomas Jackson, The Works of John Wesley, vol. 10, Beacon Hill’s, (lire en ligne), p. 358-361.
  • (en) Steve Witzki, « Free Grace or Forced Grace? », The Arminian Magazine, Fundamental Wesleyan Society, vol. 19,‎ (lire en ligne).

En françaisModifier

  • Mildred Bangs Wynkoop, Les Fondements de la théologie wesleyo-arminienne, Chennevière-sur-Marne, Maison des publications nazaréennes, (ISBN 9781563444807, lire en ligne).
  • Denis Diderot et Jean le Rond Dalembert, « Arminianisme », Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, vol. 1,‎ 1751a, p. 696-697 (lire en ligne).
  • Denis Diderot et Jean le Rond Dalembert, « Arminiens », Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, vol. 1,‎ 1751b, p. 697 (lire en ligne).
  • Roger E. Olson, « En quoi le calvinisme est-il problématique ? », (consulté le 1er juin 2019).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier