Yannick Fer

anthropologue spécialiste de l'Océanie et des mouvements évangelistes au Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL) du CNRS

Yannick Fer est un sociologue français, chargé de recherche au CNRS et membre du Centre Maurice Halbwachs (CNRS-EHESS-ENS). Il est l'un des responsables du réseau "Sociologie et religion" de l'Association française de sociologie (AFS), membre du comité de rédaction des Archives de sciences sociales des religions et rédacteur en chef de la revue internationale Social Sciences and Missions. Il s'est spécialisé dans l'étude du christianisme en Océanie, les mouvements pentecôtistes/charismatiques et les réseaux missionnaires évangéliques.

BiographieModifier

Né le 19 octobre 1969[1], Yannick Fer est diplômé de l’Institut d'études politiques de Bordeaux[1], titulaire d'un DESS en économie sociale de l'Université du Maine (Le Mans, 1993), et d'un DEA études politiques de l'Université Rennes I (1995)[1]. En 2004, il obtient son doctorat de sociologie, mention très honorable avec félicitations avec une thèse intitulée « Pentecôtisme en Polynésie française : sociabilité, travail institutionnel et recompositions identitaires », sous la direction de Danièle Hervieu-Léger[1].

Après plusieurs années d'enquête de terrain en Polynésie française, il a élargi son champ de recherche à d'autres pays du Pacifique - en particulier la Nouvelle-Zélande ou il séjourne plusieurs mois en 2005 et 2007, mais aussi Hawaii et Rarotonga (îles Cook) - dans le cadre d'un travail sur le réseau missionnaire évangélique Jeunesse en Mission (JEM, Youth With a Mission). L'offensive évangélique, qu'il publie en 2010, est à ce jour le seul livre en sciences sociales consacré à cette organisation qui occupe une place de premier plan au sein du protestantisme évangélique mondial. Il y analyse notamment le rôle de JEM dans la diffusion de nouveaux types de chants en milieu protestant, son influence déterminante dans la diffusion des thèmes du "combat spirituel" et les relations entre évangéliques charismatiques et cultures autochtones.

Un chapitre de ce livre porte également sur le protestantisme à Paris, à travers l'histoire de l'église réformée de Belleville. Une partie de ses recherches porte sur la religion en ville, le rapport entre engagement religieux et espace urbain, entre religion et ségrégation socio-spatiale. De 2012 à 2014, Yannick Fer notamment dirigé, au sein du GSRL un programme de recherches sur la diversité protestante à Paris. En janvier 2014, il organise avec Gwendoline Malogne-Fer un colloque, Diversité et recompositions du protestantisme à Paris, avec le soutien de la Mairie de Paris, du GSRL et du CRESPPA (Université Paris 8-CNRS)[2],[3]. Ce colloque débouche en 2017 sur la publication de Le protestantisme à Paris. Diversité et recompositions contemporaines. Le 24 novembre 2016, il participe à la conférence « Religion, Mobility and Urban Change in Britain and France Today » de l'Université d'Oxford[4].

À partir du cas des mouvements pentecôtistes/charismatiques, Yannick Fer a par ailleurs publié une série de textes (articles de revues ou chapitres de livres) sur la sociologie des émotions en religion. Il y défend une approche des émotions comme "pensées incorporées", qui expriment des contenus et des modes d'engagement individuel spécifiques liés à des dispositifs religieux de socialisation, d'encadrement et de formation.

Il a publié avec Gwendoline Malogne-Fer plusieurs autres livres collectifs, sur l'anthropologie du christianisme en Océanie, le protestantisme évangélique et les identités culturelles et les femmes dans les églises pentecôtistes.

Il est depuis novembre 2016 responsable du programme "Agenda for a critical sociology of religion" de l'université Paris Sciences et Lettres (PSL).

ŒuvresModifier

LivresModifier

ArticlesModifier

FilmsModifier

  • 2010 : « Pain ou coco. Moorea et les deux traditions », coréalisé avec Gwendoline Malogne-Fer ;
  • 2014 : « Mission : Trocadéro », coréalisé avec Gwendoline Malogne-Fer. Voir en ligne : « Mission : Trocadéro », sur archive.org
  • 2015 : « "Si je t’oublie ’Opunohu". Les chemins de la culture à Moorea », coréalisé avec Gwendoline Malogne-Fer[10],[11],[12]

AnnexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d « FER Yannick », sur Groupe Sociétés, Religions, Laïcités du CNRS
  2. « Colloque Diversité et recompositions du protestantisme à Paris », sur grhp.hypotheses.org,
  3. « Diversité et recompositions du protestantisme à Paris », sur gsrl-CNRS
  4. (en) « Oxford Talks - Religion, Mobility and Urban Change in Britain and France Today », sur Université d'Oxford
  5. Maixant Mebiame Zomo, « Yannick Fer, Gwendoline Malogne-Fer (éds.), Le protestantisme évangélique à l’épreuve des cultures », Archives de sciences sociales des religions 168, p. 185, 2014.
  6. Philippe Triay, « Les diasporas asiatiques en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie », sur Outre-Mer 1re,
  7. (en) Detelina Tocheva, CNRS,Compte rendu de Gwendoline Malogne-Fer et Yannick Fer (dir.) 2015. Femmes et pentecôtismes. Enjeux d’autorité et rapports de genre, Labor et Fides, 2015. Social Anthropology/ Anthropologie Sociale 25 (1): 123-124. 2017. Halshs-01666651.
  8. Dargent Claude, « Yannick Fer, Gwendoline Malogne-Fer (dir.), Le protestantisme à Paris, Labor et Fides, 2017, 424 p. », Archives de sciences sociales des religions 180, p. 343-345, 2017.
  9. Antoine Nouis, « Lecture : “Le protestantisme à Paris”, de Yannick Fer et Gwendoline Malogne-Fer », sur reforme.net, .
  10. « Séance du jeudi 2 juin (2016) », sur Société des océanistes
  11. « Un film sur Opunohu en avant-première à la Délégation de la Polynésie française », sur Tahiti News,
  12. « Opunohu, au cœur d'un documentaire », sur Tahiti Infos,

Liens externesModifier