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Mariage de Juan Carlos Ier d'Espagne et de Sophie de Grèce

Mariage de Juan Carlos Ier d'Espagne et de Sophie de Grèce
La reine Sophie et le roi Juan Carlos Ier quarante-trois ans après leur mariage, en 2005.
La reine Sophie et le roi Juan Carlos Ier quarante-trois ans après leur mariage, en 2005.

Type Mariage princier
Localisation Cathédrale métropolitaine d'Athènes
Cathédrale catholique d'Athènes
Palais royal d'Athènes
Organisateur Famille royale de Grèce
Famille royale d'Espagne
Date
Participant(s) Liste des invités
Nombre de participants 143 princes et princesses issus de 27 maisons souveraines ou anciennement souveraines

Le mariage du futur Juan Carlos Ier d'Espagne et de la princesse Sophie de Grèce s'est déroulé le , à Athènes, en Grèce.

Le prince Juan Carlos, fils aîné du comte de Barcelone et alors héritier probable du général Franco, rencontre pour la première fois la princesse Sophie, fille du roi des Hellènes, durant la « croisière des rois », un événement mondain organisé en 1954 par la reine Frederika de Grèce. La relation du jeune couple commence cependant beaucoup plus tardivement, après le mariage du prince Antoine de Bourbon-Siciles et de la princesse Élisabeth de Wurtemberg en 1958. Elle aboutit aux fiançailles des deux jeunes gens à Lausanne, en Suisse, le .

Le mariage, qui se déroule dans la capitale grecque, donne lieu à trois cérémonies : l'une catholique dans la cathédrale Saint-Denis, l'autre orthodoxe dans la cathédrale métropolitaine d'Athènes et la dernière civile dans la salle du trône du palais royal. Participent aux festivités 143 princes et princesses issus de 27 familles souveraines ou anciennement souveraines européennes. Parmi celles-ci, seule la famille royale de Belgique n'est pas représentée.

Sommaire

Rencontre et fiançailles de Juan Carlos et SophieModifier

 
La reine Frederika et le roi Paul Ier de Grèce, initiateurs de la croisière des rois (1939).

Rencontres et rapprochement du coupleModifier

Bien que tous deux arrière-arrière petits-enfants de la reine Victoria du Royaume-Uni (1819-1901), le prince Juan Carlos d'Espagne (1938) et la princesse Sophie de Grèce (1938) appartiennent à des dynasties relativement distantes, éloignées par la religion et la culture. Le jeune Juan Carlos est ainsi davantage lié aux dynasties catholiques et latines (Savoie, Orléans, Bourbon-Siciles, etc.) tandis que Sophie gravite dans un environnement plutôt protestant et germanique (Hanovre, Hesse, Windsor, etc.) quand il n'est pas orthodoxe et balkanique (Hohenzollern-Sigmaringen, Karadjordjevitch).

Les deux jeunes gens font connaissance lors de la première édition de la « croisière des rois », un événement mondain organisé en août 1954 par la reine Frederika de Grèce afin de promouvoir le tourisme de son pays mais aussi de trouver des conjoint(e)s convenables aux jeunes princes et princesses du vieux continent. Âgés de quinze ans, Juan Carlos et Sophie ne semblent cependant guère intéressés l'un par l'autre : à l'époque, le prince d'Espagne n'a d'yeux que pour sa cousine Marie-Gabrielle de Savoie, avec laquelle il flirte ouvertement[N 1], et la rumeur veut que Sophie ait davantage d'atomes crochus avec le prince héritier Harald de Norvège qu'avec son futur époux.

C'est seulement en 1958 qu'un début d'idylle se développe entre le prince espagnol et la princesse grecque. Cette année-là, les deux jeunes gens se retrouvent à l'occasion des noces du prince Antoine de Bourbon-Siciles, petit-fils du comte de Caserte, et de la princesse Élisabeth de Wurtemberg, fille du duc Philippe-Albert. « Ensorcelé par Sophie », selon ses propres dires, Juan Carlos ne retrouve cependant pas la princesse avant les Jeux olympiques de 1960, durant lesquels les deux cousins font plus ample connaissance. Dès cette époque, la relation des deux jeunes gens est assez étroite pour que Sophie se permette de raser elle-même la moustache que s'est laissé pousser le prince parce qu'elle ne lui plaît pas[1].

Quelques mois plus tard, en juin 1961, le prince et la princesse se revoient une nouvelle fois à l'occasion des noces du duc de Kent avec lady Katharine Worsley. Rapprochés par le protocole, qui les a désignés cavaliers[N 2], Juan Carlos et Sophie apparaissent de plus en plus clairement comme un couple.

 
Le comte de Barcelone, père du prince Juan Carlos (1959).

Fiançailles du coupleModifier

Conscients des enjeux entourant la relation des deux jeunes gens, le roi et la reine des Hellènes invitent le comte et la comtesse de Barcelone à venir séjourner à Corfou, dans leur palais de Mon Repos, avec leur fils et leurs filles peu de temps après le mariage du duc de Kent. Dans ses mémoires, la reine Frederika sous-entend que c'est à ce moment que Juan Carlos et Sophie se seraient secrètement promis l'un à l'autre.

Quoi qu'il en soit, c'est un peu plus tard, le , que les fiançailles du jeune couple sont officiellement conclues, à Lausanne, en Suisse. Profitant d'une visite des souverains hellènes dans la république helvétique à l'occasion des préparatifs de l'Exposition nationale de 1964, Bourbon et Grèce se retrouvent à l'hôtel Beau-Rivage, où Juan Carlos demande officiellement sa main à Sophie... La proposition n'est cependant pas très solennelle. À en croire Sophie, le prince d'Espagne lui aurait nonchalamment jeté dans les mains une petite boîte contenant une bague tout en lui criant : « Sophie, prends-ça ! ». Selon une autre version, également due à la fiancée, Juan Carlos lui aurait passé un bracelet après un déjeuner chez la reine douairière Victoria-Eugénie d'Espagne et lui aurait simplement demandé : « on se marie, hein ? ».

Malgré ce que prévoit la loi de succession mise en place par Francisco Franco en Espagne en 1947, ni le caudillo ni les Cortes ne sont consultés avant la conclusion des fiançailles princières. Désireux de montrer qu'il est le seul chef légitime de la dynastie espagnole, le comte de Barcelone annonce donc lui-même la nouvelle au dictateur, qui est ainsi la première personne extérieure à la famille à être mise au courant. Irrité par l'attitude du prétendant au trône, le caudillo ne manque cependant pas de le féliciter pour cette occasion[2].

Préparatifs du mariageModifier

Pourparlers avec le Saint-SiègeModifier

Pendant des siècles, les mariages mixtes entre princes catholiques et orthodoxes ou protestants ont été fort rares du fait de l'opposition vigoureuse du Saint-Siège.

Constitution du trousseau et question de la dotModifier

Restauration du carrosse royalModifier

Déroulement des festivitésModifier

Fêtes préliminairesModifier

Les festivités liées au mariage de Juan Carlos et Sophie commencent dès le 9 mai 1962, à Athènes. Elles débutent par un déjeuner informel offert par le roi Paul Ier de Grèce à ses invités dans un restaurant situé en bord de mer. Le lendemain, 10 mai, une fête est organisée à l'Hôtel Grande-Bretagne à l'attention des princes et princesses issus de la même génération que les futurs mariés. Le diadoque Constantin y joue les amphitryons et la fête est suivie de deux bals au protocole identique.

Cérémonies religieuses et civileModifier

Invités notablesModifier

BibliographieModifier

Ouvrages consacrés au mariageModifier

  • (en) Arturo E. Beéche, « A Look Into the Past: The Wedding of Infante Juan Carlos of Spain and Princess Sophie of Greece, Athens, 1962 » dans The European Royal History Journal n°XXXVII de février 2004 (Lire en ligne)
  • (en) (de) Friederike Haedecke et Julia Melchior, « Juan Carlos & Sofia » dans Royal Weddings - Königliche Hochseiten, teNeues Verlag GmbH + Co KG, 2008, p. 58-67 (ISBN 383279252X)
  • (es) Fernando Rayón, La Boda de Juan Carlos y Sofía: Claves y secretos de un enlace histórico, La Esfera de los Libros, 2005 (ISBN 8497343689)
  • (fr) Léon Zitrone, « Juan Carlos d'Espagne et Sophie de Grèce » dans Les Grands Mariages princiers, La Compagnie du Livre, 1995, p. 52-59 (ISBN 2841550508)

Biographies de Juan Carlos et SophieModifier

  • (fr) Laurence Debray, Juan Carlos d'Espagne, Perrin, (ISBN 2262034729)
  • (fr) Bertrand Meyer-Stabley, Juan Carlos et Sophie : Portrait d'une famille royale, Payot, (ISBN 2228898791)
  • (fr) Philippe Nourry, Juan Carlos, Tallandier, (ISBN 2847347933)
  • (fr) Fernando Rayón, Sophie, reine d'Espagne, Bartillat, (ISBN 2841000109)

Articles de presse consacrés au mariageModifier

Unes de magazines consacrées au mariageModifier

  • (es) « Album de la Boda de SS AA RR la Princesa Sofía y el Príncipe Juan Carlos » dans ¡Hola! n°925 du 25 mai 1962
  • (fr) « Mariage de don Juan Carlos d'Espagne et de Sophie de Grèce » dans Jours de France n°393 du 26 mai 1962
  • (fr) « Mariage de don Juan Carlos d'Espagne et de Sophie de Grèce » dans Paris Match n°685 du 26 mai 1962

Vidéo en ligneModifier

Liens internesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. D'après Philippe Nourry, la relation de Juan Carlos et de Marie-Gabrielle aurait duré jusqu'en 1960, non sans que le prince espagnol entretienne parallèlement une liaison avec Olghina de Robilant. Malgré son attachement à la princesse italienne, Juan Carlos aurait mis fin à leur relation sous la pression conjointe de ses parents, désireux qu'il épouse une princesse issue d'une dynastie régnante, et du général Franco, qui considérait Marie-Gabrielle comme une jeune femme trop libre (Nourry 2011, p. 166-167).
  2. D'après Philippe Nourry, ce « hasard » serait en réalité dû à une intervention de Frederika de Hanovre (mère de Sophie), de Victoria-Eugénie d'Espagne (grand-mère de Juan Carlos) ou de Lord Mountbatten, grand-oncle des deux jeunes gens (Nourry 2011, p. 168).

RéférencesModifier

  1. Nourry 2011, p. 167-168.
  2. Nourry 2011, p. 169.