Mariage du roi Constantin II de Grèce et de la princesse Anne-Marie de Danemark

Mariage du roi Constantin II de Grèce et de la princesse Anne-Marie de Danemark
La princesse Anne-Marie de Danemark et le roi Constantin II de Grèce lors de leur gala prénuptial.
La princesse Anne-Marie de Danemark et le roi Constantin II de Grèce lors de leur gala prénuptial.

Type Mariage royal
Pays Grèce
Localisation Cathédrale métropolitaine d'Athènes
Palais royal d'Athènes
Organisateur Famille royale de Grèce
Famille royale de Danemark
Date
Participant(s) 18 rois et reines, 103 princes et princesses, 20 ducs et duchesses, etc.
Nombre de participants 1 200 invités

Le mariage du roi Constantin II de Grèce et de la princesse Anne-Marie de Danemark se déroule le , à Athènes, en Grèce. Organisé à la cathédrale d'Athènes peu après les funérailles du roi Paul Ier, c'est la dernière grande cérémonie qui marque l'histoire du royaume de Grèce.

Rencontre et fiançaillesModifier

Premières rencontres et fiançailles officieusesModifier

 
Le diadoque Constantin de Grèce en 1959.

En dépit de leurs nombreux liens de parentés[N 1], Constantin II et Anne-Marie de Danemark se rencontrent, pour la première fois, à l'adolescence. En 1959, la princesse est âgée de treize ans lorsqu'elle fait la connaissance de celui qui n'est encore que diadoque et qui en a dix-neuf, lors d'une visite officielle de ses parents, le roi Paul Ier et la reine Frederika, en Scandinavie[1],[2].

Les deux jeunes gens se retrouvent ensuite une deuxième fois au Danemark en 1961[2] et se fiancent alors secrètement[3], car le roi Frédéric IX juge sa fille beaucoup trop jeune pour le mariage[4],[5]. Cet événement n'empêche pas l'héritier du trône de Grèce de multiplier, dans le même temps, les liaisons avec des actrices (comme Alíki Vouyoukláki) et des personnalités du gotha (comme la comtesse Xenia Cheremetiev)[6].

Officialisation des fiançaillesModifier

Anne-Marie et Constantin sont à nouveau réunis en , à l'occasion du mariage de Sophie de Grèce, sœur aînée du diadoque, avec l'infant Juan Carlos d'Espagne, à Athènes. La princesse danoise, qui figure parmi les demoiselles d'honneur de sa future belle-sœur, passe alors beaucoup de temps en compagnie du jeune homme et leurs fiançailles sont officialisées auprès de leurs deux familles peu de temps après[N 2],[7].

En 1963, Anne-Marie et Constantin se retrouvent encore une fois en Grèce lors des célébrations du centenaire de la monarchie hellène. C'est alors que leurs fiançailles sont annoncées publiquement[8]. Par la suite, la princesse se lance dans l'étude du grec moderne et de l'histoire de son futur pays[5].

Décès de Paul Ier de GrèceModifier

Le décès inattendu du roi Paul Ier, le , vient compliquer l'organisation du mariage car il fait de Constantin le nouveau roi des Hellènes[9]. À la demande de la reine douairière Frederika, la cérémonie est cependant maintenue à la date du . Le , jour de ses dix-huit ans, Anne-Marie renonce à ses droits sur le trône de Danemark[3] et embrasse la foi orthodoxe avant de s'envoler pour Athènes[10].

Préparatifs du mariageModifier

Pourparlers concernant la dot d'Anne-MarieModifier

Leurs fiançailles officialisées, le mariage de Constantin et d'Anne-Marie est programmé pour [9] et des pourparlers sont engagés, entre Copenhague et Athènes, pour définir la dot de la fiancée. Selon la revue danoise Aktuell, la mère de Constantin exige, au départ, la somme d'un million de dollars, chiffre démenti officiellement par la suite. D'après le magazine Point de vue, les deux cours s'entendent finalement sur la somme de deux millions de couronnes danoises, déposées dans une banque suisse[11].

Choix de la robe de mariéeModifier

Le choix du couturier qui doit réaliser la robe de mariée donne, lui aussi, lieu à un débat entre Athènes et Copenhague. La reine des Hellènes souhaiterait en effet imposer son créateur favori, le Parisien d'origine gréco-égyptienne Jean Dessès. De son côté, la reine de Danemark désire imposer le fournisseur de la Cour, Holger Blom (da). Après quelques négociations, c'est finalement ce dernier qui est choisi pour réaliser la robe d'Anne-Marie[12].

La tenue de la princesse se compose d'une robe à manches courtes de satin blanc recouvert de deux couches de tulle. De forme bombée avec un col carré, elle est brodée de dentelle. Le voile de la princesse est celui que portait sa mère à son mariage, en 1935. En revanche, ses bijoux (un pendentif en émeraudes et une tiare) sont ceux qu'avait sa belle-mère à ses noces, en 1938[13].

Festivités prénuptialesModifier

L'union d'Anne-Marie et de Constantin donne lieu à des festivités encore plus fastueuses que celles organisées lors des noces de la princesse Sophie en 1962. Elles réunissent des représentants de la plupart des dynasties européennes, dont de nombreux monarques régnants[14]. Pourtant, certains invités, comme l'infant Alphonse d'Orléans, qui surnomme Anne-Marie de Danemark « le monde du silence »[N 3], jugent également l'événement moins chaleureux que le précédent mariage princier[15]. Le faste déployé est par ailleurs prétexte à de violentes critiques, tant la situation de nombreux Grecs est misérable en comparaison des sommes dépensées pour les noces royales[11].

Spectacle pyrotechniqueModifier

Les festivités du mariage commencent par l'organisation, sur l'Acropole, d'un immense spectacle pyrotechnique, auquel assistent pas moins de 100 000 personnes[11].

Dîner au palais royalModifier

Le , le roi Constantin donne un grand dîner suivi d'un bal dans les jardins du palais royal. L'événement réunit alors 2 000 convives[14].

Cérémonie religieuseModifier

Le mariage orthodoxe se déroule le dans la cathédrale métropolitaine d'Athènes[14]. Il est célébré par l'archevêque-primat Chrysostome II d'Athènes qui porte, pour l'occasion, une couronne d'or[16].

Durant la cérémonie, la reine douairière Frederika remplace son défunt époux dans les fonctions qu'il aurait dû occuper. C'est ainsi qu'elle procède à l'échange des anneaux et c'est également elle qui soutient une couronne au-dessus de la tête des mariés au début de la cérémonie. Compte tenu de la petite taille de la souveraine, un tabouret a été installé à son attention juste à côté du couple[17]. Les témoins du marié prennent ensuite la relève de la reine douairière[18].

À la fin de la cérémonie, l'archevêque prend la main de Constantin II et d'Anne-Marie et fait trois fois le tour de l'autel avec eux. Le couple quitte ensuite la cathédrale tandis que la foule lui jette des pétales de roses[18].

Déjeuner nuptialModifier

La cérémonie religieuse est suivie d'un déjeuner pour 80 convives au palais royal[18].

Lune de mielModifier

Constantin II et Anne-Marie passent leur lune de miel sur une île grecque[18].

Invités notablesModifier

18 rois et reines, 103 princes et princesses, 20 ducs et duchesses, des dizaines d'ambassadeurs et des personnalités venues du monde entier assistent aux épousailles[5]. En tout, 1 200 invités prennent part aux festivités[19]. Parmi eux, on compte :

Les demoiselles d'honneur d'Anne-Marie sont des princesses européennes encore célibataires : Irène de Grèce, Clarisse de Hesse-Cassel, Anne du Royaume-Uni, Tatiana Radziwill, Christine de Suède et Margareta de Roumanie[5]. Les témoins du marié sont les princes Harald de Norvège, Michel de Grèce[13],[18], Charles de Galles, Alexandre de Yougoslavie, Michael de Kent, Ingolf de Danemark, Louis de Bade et Charles de Hesse-Cassel[18].

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (es) Eva Celada, Irene de Grecia : La princesa rebelde, Plaza & Janés, , 274 p. (ISBN 978-84-01-30545-0).
  • (es) Ricardo Mateos Sáinz de Medrano, La Familia de la Reina Sofía : La Dinastía griega, la Casa de Hannover y los reales primos de Europa, Madrid, La Esfera de los Libros, , 573 p. (ISBN 84-9734-195-3).
  • (en) Nicholas Tantzos, H.M. Konstantine XIII : King of the Hellenes, Atlantic International Publications, (ISBN 0938311123).

Articles de presseModifier

  • (en) « Woman in the News Royal Wedding in Athens Made Memorable by Its Distinguished Guests A Queen at 18 Anne‐Marie Dagmar Ingrid », The New York Times,‎ (lire en ligne).
  • (fr) Dominique Bonnet, « Au mariage de Constantin II de Grèce et Anne-Marie de Danemark il y a 55 ans », Paris Match,‎ (lire en ligne).

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Descendants du roi Christian IX de Danemark, Constantin II et Anne-Marie appartiennent tous deux à la maison de Glücksbourg. Ils sont, par ailleurs, des descendants de la reine Victoria du Royaume-Uni.
  2. De son côté, Constantin a déjà informé la famille royale de Grèce de son intention d'épouser Anne-Marie en 1961. Voir notamment : (es) Núria Tiburcio, « Ana María sopla 70 velas: así es la cuñada de Doña Sofía que se 'comprometió' con 13 años », El Confidencial,‎ (lire en ligne).
  3. Il s'agit là d'une référence sarcastique au film Le Monde du silence de Jacques-Yves Cousteau (1956).

RéférencesModifier

  1. Mateos Sáinz de Medrano 2004, p. 361.
  2. a et b (en) « Queen Anne Marie », sur The Greek Royal Family, (consulté le ).
  3. a et b Mateos Sáinz de Medrano 2004, p. 362.
  4. (es) Núria Tiburcio, « Ana María sopla 70 velas: así es la cuñada de Doña Sofía que se 'comprometió' con 13 años », El Confidencial,‎ (lire en ligne).
  5. a b c et d Celada 2007, p. 118.
  6. Mateos Sáinz de Medrano 2004, p. 360-361 et 362.
  7. Mateos Sáinz de Medrano 2004, p. 147, 156 et 362.
  8. (en) Stelio Hourmouzios, No Ordinary Crown : A Biography of King Paul of the Hellenes, Weidenfeld & N, (ISBN 978-0-297-99408-4), p. 327.
  9. a et b Mateos Sáinz de Medrano 2004, p. 159 et 362.
  10. (es) Carmen Gallardo, « La princesa danesa que pudo reinar en Grecia cumple 70 años », Vanity Fair,‎ (lire en ligne).
  11. a b et c Mateos Sáinz de Medrano 2004, p. 363.
  12. Mateos Sáinz de Medrano 2004, p. 362-363.
  13. a et b Celada 2007, p. 119.
  14. a b et c Mateos Sáinz de Medrano 2004, p. 364.
  15. Mateos Sáinz de Medrano 2004, p. 365.
  16. a et b Tantzos 1990, p. 116.
  17. Mateos Sáinz de Medrano 2004, p. 364-365.
  18. a b c d e et f Tantzos 1990, p. 117.
  19. (en) « Athens - Royal Wedding », sur aparchive.com (consulté le ).
  20. Mateos Sáinz de Medrano 2004, p. 363-364.