Givors

commune française de la métropole de Lyon

Givors
Givors
Blason de Givors
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Métropole Métropole de Lyon
Arrondissement Lyon
Maire
Mandat
Mohamed Boudjellaba
2020-2026
Code postal 69700
Code commune 69091
Démographie
Gentilé Givordins
Population
municipale
19 975 hab. (2017 en augmentation de 2,86 % par rapport à 2012)
Densité 1 152 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 35′ 29″ nord, 4° 46′ 10″ est
Altitude Min. 145 m
Max. 373 m
Superficie 17,34 km2
Localisation
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Liens
Site web ville-givors.fr

Givors est une commune française située dans la métropole de Lyon en région Auvergne-Rhône-Alpes.

GéographieModifier

LocalisationModifier

Au confluent du Rhône et du Gier, Givors est située à vol d'oiseau à 19,3 km au sud de Lyon[1].

Enserrée entre les monts du Lyonnais, au nord et à l'ouest, et les contreforts du Pilat, au sud et à l'ouest, elle est un carrefour faisant communiquer les régions stéphanoises, le Velay et le Forez, avec le Dauphiné, le sud lyonnais et la vallée du Rhône. L'autoroute A47 qui passe au cœur de la ville relie la ville de Givors à 20 minutes de Saint-Chamond, trente minutes de Saint-Étienne, 20 minutes de Lyon et dix minutes de Vienne. Givors est, par ailleurs, ville porte Nord du Parc régional du Pilat.

Communes limitrophesModifier

Géologie et reliefModifier

La superficie de la commune est de 1 734 hectares ; son altitude varie entre 145 et 373 mètres[2].

HydrographieModifier

À Givors, le Gier se jette dans le Rhône.

ClimatModifier

Voies de communication et transportsModifier

Voies routièresModifier

La ville est desservie par l'autoroute A47 et la route nationale 86.

Transports en communModifier

Givors est desservie par sept lignes de transport scolaire et 18 lignes de car et de bus :

Desserte ferroviaireModifier

Située sur la Ligne Le Puy - Firminy - Saint-Étienne - Lyon - Amberieu, la ville de Givors est desservie par le chemin de fer et possède deux gares : la gare de Givors-Ville, 4e gare du département[3], en plein développement et la gare de Givors-Canal qui ne possède pas de guichet mais un distributeur de billets régionaux TER Rhône-Alpes disponible sur le quai voie A.

UrbanismeModifier

Morphologie urbaineModifier

LogementModifier

En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 8 056, alors qu'il était de 7 921 en 1999[I 1].

Parmi ces logements, 94,1 % étaient des résidences principales, 0,6 % des résidences secondaires et 5,3 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 30,5 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 69,2 % des appartements[I 2].

La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 38,6 %, en légère hausse par rapport à 1999 (36,2 %). La part de logements HLM loués vides (logements sociaux) était toujours très importante : 43,8 % contre 44,5 % en 1999[I 3].

Projets d'aménagementsModifier

ToponymieModifier

Aucune donnée historique ne permet d’établir avec certitude l’origine du nom de la ville. L’hypothèse la plus plausible et probable est la suivante:

Givors est située au bord de la rivière Gier. Le toponyme se décomposerait en deux syllabes : «gi» qui viendrait de la prononciation en ancien patois du nom de la rivière; et « vors », qui viendrait de la prononciation, en ancien patois également, de «bord». Donc, la signification d’origine du nom de la ville serait : le « bord du Gier » (dont l'inversion aurait permis d'obtenir "Givors")[4].

HistoireModifier

AntiquitéModifier

Givors est habitée, dès le Ier siècle av. J.-C., par les Gaulois, plus particulièrement, les Atesui, peuple libre des Ségusiaves.  Ceux-ci sont particulièrement attirés par les lieux, le futur Givors étant riche de nombreuses mines de plomb. Au XIXe siècle un lingot ou « saumon de plomb » est retrouvé lors de fouilles aux alentours de la ville de Bollène. L’inscription qu’il comporte porte à croire que ce saumon a été fabriqué par les Ségusiaves, sur le territoire de Givors. On constate que Givors est ainsi, très tôt, terre de métallurgie.

Ce sont les Romains, pour nombre d’historiens tel Théodore Ogier[5], qui posent les premières pierres du futur Givors. Givors est traversée à cette époque par la Voie Narbonnaise[6]. Les Romains font en effet reposer l’expansion de leur empire, en partie sur un solide réseau routier. Les historiens émettent l’hypothèse que la Voie Narbonnaise[7] partait de Lyon (Montée de Choulans), puis rejoignait Saint-Genis Laval, et Givors pour rejoindre la Voie Domitienne par la Vallée du Rhône. Les fouilles archéologiques ayant eu lieu à Givors, à partir du XIXè Siècle, attestent sinon la présence durable des Romains à Givors, tout au moins, la présence de ceux-ci le temps de l’aménagement du réseau routier.

Comme le relate Étienne Abeille[8], la Voie Narbonnaise passait aux pieds des Coteaux de Montgelas et Gizard. Dès le XIXe siècle, des briques romaines ont été trouvées dans le sol, indiquant la présence d’anciens ouvrages d’art, certainement des aqueducs.

Toujours aux alentours de Montgelas, une campagne de fouilles a permis d’identifier les traces de tombes romaines. Ceci indiquerait donc que ces lieux ont été habités des Romains, les morts étant, à l’époque romaine, enterrés à proximité des habitations.

La présence romaine à Givors est attestée également par la découverte en 1869, au lieu de la Reynière, au Puy-de-Montgelas, d’une Fortune impériale (statuette en bronze). Etienne Abeille relate également cette tradition orale selon laquelle il y aurait eu au Gizard une agglomération d’habitations romaines appelée Villa Longa.

Outre Étienne Abeille, il est fait mention par le Groupe de recherches historiques et archéologiques de Givors, en 1970[9], de la découverte en 1967, toujours sur les mêmes lieux, d’un motif décoratif en bronze représentant une déesse gauloise de la fécondité, d’une bague et d’une pièce romaine.

Enfin, on sait aujourd’hui, d’après les fouilles entreprises dans les années 1970, que les Romains ont occupé et valorisé plusieurs lieux givordins tels que l’actuel hameau de Bans. Lieu très ensoleillé, Bans aurait permis aux Romains la culture du blé sur le plateau et la viticulture sur les coteaux.

Du Moyen Âge au XVIe siècleModifier

Du Ve au XIIe siècleModifier

De l'empreinte Ségusiave à celle de Louis VIIModifier

Au début du Ve siècle, la province Ségusiave est envahie, au même titre que le reste de la Gaule, par les Barbares venus d’outre-Rhin. Parmi eux, les Burgondes, vont se fixer pendant près d’un siècle sur ce territoire auquel Givors appartient. Il faut noter que, au contact des Gallo-Romains, les Burgondes vont progressivement s’instruire et se civiliser, offrant au territoire une paix relative[8],[10].

Malgré cela, au VIe siècle, les Burgondes voient leur royaume affaibli. En effet, les Francs, menés par Clovis, leur roi, remportent au gré de leurs victoires, la plupart des provinces Burgondes jusqu’à l’anéantissement de ceux-ci.

Les rois Mérovingiens marquent ensuite de leur puissance l’ancienne Burgondie jusqu’à ce que, au VIIIe siècle, l’administration de la région lyonnaise revienne d’abord à l’Eglise de Lyon, puis à Charles Martel et ses descendants, les Carolingiens.

Les luttes de pouvoirs, loin de s’atténuer, vont reprendre de plus belle, aboutissant à la domination de l’Empereur Conrad le Salique sur tout le territoire lyonnais. Ainsi en 1032, Givors, comme le reste de la région lyonnaise, devient allemande. Plus tard, la province lyonnaise, dans la partie occidentale du Diocèse (Rhône), avec l’affaiblissement de l’empereur germanique Frédéric Barberousse, est définitivement adjointe au Royaume de France : ainsi, Givors, en 1157, passe durablement sous la protection du Roi de France.

Les comtes de MontagnyModifier
 
Château Saint-Gérald, Bourg de Givors.

Au XIe siècle, Givors appartient à l’Église de Lyon et aux comtes de Lyon et du Forez. Plus particulièrement, la ville dépend du mandatement de Montagny. Les possessions de la grande famille de Montagny étaient très importantes. La puissance des Montagny est telle que l’on est aujourd’hui quasiment certains que le premier château de Givors, situé sur la colline Saint-Gérald, à l‘emplacement des ruines actuelles, a été édifié par les Montagny, dès le milieu du XIe siècle.

À ce sujet, la campagne de fouilles archéologiques datant des années 1970, nous renseigne sur le fait que ce château était certainement en bois. Une église (ou une chapelle), a été édifiée à la fin du XIe siècle, en contre-bas du château. En effet, on note aujourd’hui la présence d’une façade percée d’une porte, surmontée d’une petite fenêtre : il s’agit d’un vestige de cette chapelle, nommée « Chapelle Saint-Gérald ».

Renaud de ForezModifier

Au XIIe siècle, la ville actuelle de Givors entre en possession du chapitre cathédral de LyonRenaud de Forez devenu archevêque de Lyon en 1193, atténue dans un premier temps les différends existant entre l’Église de Lyon et le Comté de Forez. Jusqu’à sa mort en 1226, Renaud de Forez achète de nombreux terrains et accroît ainsi la puissance de l’Église de Lyon. Les actes capitulaires[11] de cette période rendent compte de ces acquisitions : vignes, jardins, bâtiments – moulins, habitations – situés dans les quartiers actuels de la Freydière, Bans, centre ancien de Givors.

La présence de Renaud de Forez à Givors, est visible encore de nos jours : les ruines du Château Saint-Gérald, situées sur la colline du même nom faisant face à l’Hôtel-de-Ville, sont celles du château édifié par Renaud au début du XIIIe siècle. Ce château, en pierre, est construit sur les ruines de l’ancien château de bois de la famille Montagny. À cette époque, le château domine la colline ainsi que de petites maisons d’habitation construites elles-aussi à flanc de coteau, le tout étant enserré à l’intérieur de remparts. On sait également qu’au XIIIe siècle, les remparts situés aux pieds de la colline (Rues Puits-Ollier – Saint Gérald), sont ouverts par cinq portes (nommées « Turrel » sur la rue Puits-Ollier, Lyon, Ginot sur la rue du Suel, Saint-Clair, Fraity sur le chemin de Condrieu)[11]

L’acquisition la plus importante faite par l’Église de Lyon a lieu en 1208. Le roi de France, Philippe Auguste, par lettre patente, autorise la concession du péage de Givors à Renaud de Forez. Ce péage se nomme « Carcabeau »[12] (du nom de la pancarte sur laquelle étaient indiqués les tarifs du péage). Le Carcabeau fait ainsi mention des produits soumis à taxe locale et des préposés chargés de lever les taxes pour l’Eglise de Lyon.

Du XIIIe au XVIe siècle. Conflits d'églises et guerres de ReligionModifier

Givors, jusqu’au XVIe siècle, demeure, à l’image du Royaume de France, le fruit de guerres de territoires.

Les conflits se succèdent, les protagonistes changent. L’un des conflits à retenir est probablement celui ayant eu lieu entre les Eglises de Lyon et de Vienne, à partir de 1297. Le Chapitre de Vienne est soutenu par le Roi Philippe Le Bel lequel obtient la soumission de l’Archevêque de Lyon en 1312. Lyon et par extension, Givors, entrent dans l’unité nationale. Au gré des alliances et des jeux de pouvoirs, les Eglises soutenues ou non par le pouvoir royal, se disputent les fiefs de l’actuelle région lyonnaise.

Givors n’échappe pas aux Guerres de Religion qui ravagent le Royaume de France à partir des années 1560. Ce sont ainsi les troupes du Duc de Lesdiguières, Maréchal de France, qui détruisent le château Saint-Gérald en 1591. Givors, assiégée par l’armée royaliste, est dès juillet 1591, canonnée pendant trois heures[13] Le bourg, les fortifications, en plus du Château, sont dévastées. Jusqu’aux années 1910, des boulets de canons, attribués aux troupes de Lesdiguières, sont encore retrouvés dans les sols de la colline Saint-Gérald. Leur situation permet d’en déduire que les canons des troupes Royales étaient, à ce moment-là, situés sur le coteau de Cras.

Givors du XVIIe au XIXe siècleModifier

L’urbanisationModifier

À la fin du XVIIe siècle, la paroisse de Givors est à dominante agricole. Les habitants sont majoritairement vignerons ou laboureurs[14].

 
Vue du quartier des Plaines

Julien Page[14] indique que les vignes sont concentrées au Gizard (quartier des Plaines actuelles), à Montgelas, à Bans et Cras. Les terres labourables sont surtout situées dans l’actuel quartier des Plaines.

 
Vieux-Givors, env. 1960.

Le XVIIIe siècle voit Givors s’urbaniser progressivement, au rythme de la Première Révolution industrielle. Allant de pair avec l’industrialisation, le transport des marchandises devient une préoccupation grandissante.

    
Le port de GivorsModifier
 
Le Canal de Givors, laveuses.

Entre 1700 et 1750, certains notables givordins mettent en place un péage sur le fleuve. Ils aménagent ainsi des entrepôts et clôtures afin de faire payer une redevance aux marchands qui veulent entreposer leurs marchandises. Les Chanoines et voituriers sur le Fleuve vont très vivement s’opposer à ces notables. Malgré cela, le port est extrêmement fréquenté. Il constitue un lien stratégique entre le nord et le midi de la France[15].

Le Canal de GivorsModifier
 
Le Canal de Givors, env. 1900.

Le Canal de Givors constitue un élément indissociable de l’histoire de la ville et de son développement économique. Dès 1750, l’idée d’un canal qui relierait le Rhône et la Loire, germe dans l’esprit de Barthélémy Alléon de Valcourt[15].

Plus tard, en 1760, François Zacharie, lyonnais, ancien maître horloger, commerçant en quincaillerie, reprend cette idée à son compte. Il imagine un canal qui relierait le Rhône à la Loire, de Givors à Andrézieux. Ce Canal, il le voudrait long de 56 km…[8]

Une fois autorisé à creuser le canal par le Roi Louis XV Le Bien-Aimé, François Zacharie passe une partie de sa fortune personnelle en gratifications de personnalités importantes, car nombreux sont les opposants à la construction de ce canal. Epuisé, Zacharie meurt brutalement dans une auberge de Givors, en 1768. A cette date, le Canal de Givors n’atteint que Saint-Romain en Gier.

C’est son fils, Guillaume qui reprend le projet. En 1780, le Canal atteint Rive-de-Gier, il est livré à la navigation. Il totalise 15km et 25 écluses.

Son exploitation est gérée par la Compagnie du Canal de Givors (siège social à Rive-de-Gier, dans les locaux actuels de la mairie). Pendant 50 ans, le Canal va assurer la desserte du bassin houiller de Rive-de-Gier.

À Givors, de 1811 à 1813, a lieu la construction du Bassin du Canal, à l’embouchure du Canal. Le bassin de joutes actuellement situé à côté de l’espace nautique de Givors, est un vestige de ce bassin qui s’étendait jusqu’au quartier actuel des Tours Thorez[16].

Le Bassin est à cette époque à Givors, un lieu de vie quotidienne et de convivialité : les enfants y apprennent à nager, les femmes y lavent le linge et les hommes sortant de leur journée de travail chez Prénat (Hauts-Fourneaux) viennent s’y laver.

Le Canal et son bassin, jusqu’à leur disparition dans les années 1960, ont rythmé la vie de Givors et plus particulièrement du quartier dans lequel ils étaient situés, le Quartier encore aujourd’hui dénommé « Canal », dont les habitants sont appelés les « Canaris ».

Le bassin du Canal mesurait 260 mètres de long pour 180 mètres de large, il pouvait accueillir jusqu’à 250 bateaux. Il constituait également un abri pour la batellerie en cas d’inondation.

À l’aube des années 1830, le trafic sur le Canal est à son apogée. Le trafic annuel s’élève à 3 000 bateaux pour 300 000 tonnes de charbon transportées.

C’est avec l’aménagement de la ligne de chemin de fer Saint-Etienne – Lyon, et plus particulièrement avec la mise en service du premier tronçon entre Givors et Rive-de-Gier, en 1830, que l’activité du Canal commence à décliner.

Afin de donner une nouvelle chance au Canal, la Compagnie du Canal tente la prolongation du Canal jusqu’à Grand-Croix en 1831. Cette section du Canal sera immédiatement dégradée par l’apparition de fissures et ne permettra ainsi pas au Canal de concurrencer le Chemin de fer.

En 1878, c’est la fin de la navigation sur le Canal. Plus tard, en 1965, le Bassin du Canal est comblé. C’est en 1970, que l’autoroute A47 suivant le tracé du Canal à Givors, est ouverte à la circulation.

Le Chemin de fer et la Gare d’eauModifier

La première ligne de chemin de fer[17] française est la ligne Lyon - Saint-Etienne, dont la section Givors – Rive-de-Gier est ouverte au transport des marchandises le 28 juin 1830[8].

Deux ans plus tard, la ligne est ouverte au transport des voyageurs, dans la section Lyon –Givors.

La Gare de Givors- CanalModifier
 
Gare de Givors-Canal, env. 1890.

Le 3 avril 1832,  la gare de Givors-Canal est créée avec la ligne de chemin de fer Saint-Étienne/Lyon. L’aménagement de cette ligne a duré cinq ans, la première partie à ouvrir étant la section Givors/Rive-de-Gier. L’objectif premier de cette nouvelle ligne est de concurrencer la Compagnie du Canal des Deux-Mers (Givors à Rive-de-Gier) qui jusqu’ici, détient l’exclusivité du transport des matières premières et produits finis du Bassin houiller du Gier.

C’est la « Compagnie du chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon » qui mène les travaux, l’ingénieur en chef du projet étant Marc Seguin.


La Gare de Givors-VilleModifier
 
Gare de Givors-ville . Env. 1900.
 
Gare de Givors -Ville, env. 1900.

En 1843, le premier « train de plaisir », autrement dit de « voyageurs », circule entre Lyon et Givors. Il permet aux lyonnais, le dimanche, pour un tarif très bas, de venir profiter de leur maison de campagne situées dans  les environs de Givors.

Rapidement, le manque de place se fait ressentir. Les omnibus qui établissent la correspondance entre la gare et les villages environnants, et les voyageurs attendant le train directement sur la voie sont autant d’arguments employés par la Compagnie de Chemin de fer auprès de la Municipalité de Givors pour l’aménagement d’un embarcadère. Celui-ci doit être construit pour les voyageurs du chemin de fer. En sa séance du 19 juillet 1843, le Conseil municipal décide de la déviation du chemin public pour la construction d'un embarcadère au chemin de fer. La Gare de Givors-Ville est née.

Dans un premier temps, deux salles sont disposées pour les voyageurs de première et de deuxième classes. Derrière le bâtiment, une cour spacieuse pour le stationnement des voitures et omnibus est aménagée.

La Gare d’eauModifier

La Compagnie du Chemin de fer organise, à partir de Givors, le transport des matières premières de la vallée du Gier, notamment du charbon. Afin de supplanter le Canal, la Gare d’eau de Givors est créée par la Compagnie du Chemin de fer. Elément incontournable de l’Histoire de Givors, la Gare d’Eau permet à la Vallée du Gier, au Jarez et à Saint-Etienne, de bénéficier d’un accès sur le Rhône et sur la Méditerranée.

Étienne Abeille[8] décrit avec précision la Gare d’eau dans son ouvrage Histoire de Givors : « la Gare d’eau est composée de 3 sections.  La première section, à l'entrée même de la gare d'eau sur le Rhône, était occupée par l'équipe rouge, transbordant le minerai. La deuxième section, entre le pont de la route nationale et le pont du chemin de fer, servait de port pour les barques en attente de chargement de houille, ou en départ. La troisième section, en amont de la gare d'eau, était affectée à la manutention du charbon, effectuée par l'équipe noire».

Située le long de la voie ferrée[18], à proximité des ateliers Fives-Lille jusqu’à l’embouchure du Rhône, cette infrastructure a pour objectif d’assurer un débouché par eau au chemin de fer, sans avoir à passer par le Bassin du Canal. C’est la Société des Graviers du Gier qui en assure la gestion. Rapidement, les habitants et utilisateurs de cette Gare se plaignent aux instances communales et départementales de l’extrême saleté de celle-ci. Vase, eau stagnante ; les descriptions d’odeurs pestilentielles sont nombreuses.

La Gare d’Eau sera progressivement remblayée, à partir de 1934. En 1980, le parc public Normandie- Niemen est aménagé à son emplacement ; seule subsiste aujourd’hui la digue qui marquait son entrée en jonction avec le Rhône, espace désormais occupé par la halte nautique de Givors.

Le quai de la NavigationModifier
 
Quai de la navigation

En 1870, le Maire de Givors présente à son Conseil municipal, la nécessité d’aménager un quai qui relierait l’embouchure du Garon à la rivière Gier. En effet, le transport de la houille par voie fluviale, au départ de Givors, est remarquable en termes de tonnage. Cependant, seule une berge de surface restreinte et non adaptée à la circulation des hommes, permet aux bateaux d’accoster pour charger la marchandise. Ainsi, pour des raisons de sécurité, le Quai de la Navigation voit le jour à la fin du XIXe siècle[19].

Mais ce quai offre surtout à la navigation de commerce une alternative à la Gare d’eau de Givors, propriété de la Compagnie des Chemins de Fer, laquelle perçoit des droits très onéreux sur les chargement/déchargement des marchandises.

A observer : la hauteur des troncs des platanes le long de la promenade Maurice Thorez. Afin de lutter contre les inondations du Rhône (dernière connue : 1957), il a fallu surélever les perrés des quais au dessus des plus hautes eaux connues afin d’en faire des digues de protection. Les platanes se sont ainsi retrouvés à demi enterrés, d’où la hauteur de leurs troncs.

 
Quai de la navigation, Givors

L’industrialisationModifier

Givors, terre de verriersModifier

Au début du XIXe siècle, Givors devient actrice de la Première Révolution industrielle. Les premiers maîtres verriers s’implantent dans cette petite ville[8].  Les matières premières indispensables à la fabrication du verre sont en effet présentes à Givors et dans la Vallée du Gier : charbon, sable, eau.

 
La verrerie Souchon -Neuvesel, Givors.

Givors devient un centre de verreries, une terre de maîtres-verriers.

Dès 1749, le Roi autorise la création de la Verrerie Royale de Givors, octroyant l’exclusivité de la production pour vingt ans à deux maîtres verriers : Michel Robichon et Joseph Esnard. C’est ainsi que naît la verrerie du Centre de Givors, dite « la Verrerie Royale », implantée au pied de la colline Saint-Gérald (actuelle rue Gambetta)[20].

S’en suivent plus de 200 ans d’une histoire verrière nourrie d’implantations et de fermetures de verreries au rythme des fusions et rachats des entreprises.

Les verreries sont actives dans plusieurs quartiers de Givors. Ainsi, parallèlement à l’activité des verreries du Centre de Givors, la Verrerie May et Compagnie s’implante dès 1850, sur le site de la Freydière. A proximité, dès 1860, la Verrerie Crines concentre son activité sur la fabrication de topettes.

Une autre verrerie, toujours à la Freydière, couvre, dès 1870, 1100 m². Elle compte trois fours, des magasins et entrepôts. L’entreprise loge également ses ouvriers à l’intérieur d’immeubles à l’architecture caractéristique de l’habitat verrier.

Ceux-ci existent toujours dans le quartier de la Freydière ; on les distingue aisément par leurs coursives et escaliers extérieurs.

Ces logements destinés aux verriers et à leurs familles symbolisent le cadre paternaliste dans lequel évoluent les verriers de Givors aux XIXe et au début du XXe siècle. Prise en charge des frais de layettes, jardins ouvriers, colonies de vacances pour les enfants des verriers, font partie de ce que propose le patron de la verrerie à ses ouvriers.

 
Verriers de Givors, env. 1880.

Sur les bords du Gier, à partir de 1905, la Verrerie Souchon- Neuvesel s’implante à la Basse- Freydière. Les bâtiments administratifs et fours de la verrerie ont existé jusqu’à l’année 2006, date à laquelle ils ont été détruits. Seule la cheminée, visible aujourd’hui, a été conservée.

La Verrerie Souchon-Neuvesel a marqué la vie quotidienne de très nombreux givordins[21], jusqu’à sa fermeture en 2003. Son histoire, écrite à plusieurs reprises, s’articule autour de dates marquantes[22],[23].

Eugène Souchon, beau-frère de Fleury Neuvesel, est à l’origine d’accords signés avec Evian en 1910, puis avec Badoit, Vittel et Vals.

Plus tard, en 1936,  un accord est signé entre Saint-Gobain et Souchon-Neuvesel.

C’est en  1966 que la verrerie Souchon- Neuvesel prend le nom de Boussois - Souchon -Neuvesel (BSN) lorsqu’elle fusionne avec les glaces Boussois.

Le groupe BSN, se spécialise alors dans le procédé du verre flotté (« float glass »). L’industrie verrière givordine entre ainsi, en abandonnant le procédé du verre plat, dans le domaine de l’industrie lourde.

En 1968 : Antoine Riboud, petit neveu de Eugène Souchon et nouveau PDG de la verrerie, est à l’origine d’une OPA sur Saint-Gobain.

Durant les années 1970 -1980, BSN accroît son influence internationale. Les fusions se succèdent ainsi. BSN acquiert les Eaux d’Evian et les aliments pour bébé Bledina.

Puis, en 1973, c’est avec le groupe Gervais-Danone-Panzani que BSN fusionne. En 1986, les Verreries mécaniques champenoises (VMC) deviennent une filiale de BSN.

En 1994, BSN est rebaptisée Danone, du nom de sa marque alimentaire la plus célèbre ; puis en 1999, le groupe BSN-Glasspack, filiale d’emballage du Groupe Danone, est constitué.

C’est en 2003, sur décision de BSN-Glasspack, que la verrerie de Givors ferme définitivement ses portes.

En 2004, la société américaine Owens-Illinois (OI ) Manufacturing rachète BSN .

Givors et la métallurgieModifier

La Sidérurgie est aussi largement représentée à Givors. Les usines Prénat et Fives-Lille ont employé de très nombreux givordins de la création de ces usines jusqu’à leur fermeture.

Fives-LilleModifier

En 1861, la société Fives-Lille située à Lille dans le quartier de Fives, s’implante à Givors[24]. Entreprise de construction mécanique, Fives-Lille est à l’origine de la réfection de la première ligne de chemin de fer française allant de Lyon à Saint-Étienne[25].

 
Ateliers Fives-Lille de Givors, outillage général, env.1910.

En 1868, l’usine Fives de Givors se distingue en augmentant sa production, une production souvent qualifiée de monumentale. Les hangars de Fives-Lille Givors, qui existent encore aujourd’hui, ont en effet abrité plusieurs constructions emblématiques du site de Givors : charpentes métalliques (1900 : charpente métallique de la Gare d’Orsay, Paris), tabliers de ponts (1888- 1890 : Pont Lafayette à Lyon), moteur des avions hispano - suiza, matériels pour les lignes des tramways (en 1905, pour les villes de Rennes, Avignon, Angers)

 
Usine Fives-Lille de Givors

En 1912, l’Usine de Givors construit et assemble, sur place, à Lyon, la charpente métallique du Marché aux bestiaux des abattoirs de La Mouche, future « halle Tony Garnier » .

En 1958, la Compagnie Fives-Lille fusionne avec la Société française de Construction mécaniques (anciens établissements Cail). Fives prend alors le nom de Fives-Lille Cail.

Après la fusion en 1973 de Fives-Lille Cail et Babcock, l’entreprise devient Fives-Lille Babcock (FCB) et se place au premier rang de la mécanique lourde française. FCB cesse ses activités à Givors :  en 1980, l’atelier de Givors ferme ses portes. En parallèle, toujours sur le site de Givors, l’activité d’ingénierie du bureau d’études, Solios, se développe.




PrénatModifier

En 1839, Eustache Prénat achète les terrains au nord du Bassin de Givors, à l’emplacement actuel du Port pétrolier. Il y installe une fonderie de fonte avec plusieurs ateliers de forge[26].

Quelques années plus tard, la Société Genissieu & Prénat, Compagnie des hauts-fourneaux et forges de Givors est officiellement créée. La capacité de production de la compagnie s’accroît d’années en années : en 1847, un deuxième haut-fourneau est mis à feu.

 
Fonderie Prénat, Bassin de Givors.

En 1860, la statue de la Vierge du Puy, fondue à l’usine de Givors, est inaugurée. Elle mesure 23 mètres de haut, 17 mètres de périmètre à la base. Elle a été fondue avec quelques uns des canons rapatriés de Sébastopol (Crimée) et conçue d’après les plans de Jean-Marie Bonnassieux, sculpteur français, né en 1810.

En 1870, un troisième haut-fourneau est monté à Givors. En 1910, ces trois hauts-fourneaux produisent chacun jusqu’à 50 tonnes de fonte par jour. La compagnie possède également des ateliers de construction : ainsi des produits manufacturés sortent de l’usine tels des moules (entre autres des moules de bouteilles pour la Verrerie), fontes d’ornements et de poêlerie, projectiles (1914-1918), éléments de balustrades de ponts…

Après la Deuxième guerre mondiale, les établissements Prénat réussissent à se relever des bombardements destructeurs de 1944 : des projets d’agrandissement sont à l’étude. Un peu plus tard, ces projets sont réalisés en même temps que la construction de logements sociaux pour les ouvriers. Ainsi, en 1949, les « maisons Prénat », préfabriquées, extrêmement modernes pour l’époque, sont inaugurées

En 1960, éprouvant toute la difficulté de s’adapter à la nouvelle donne économique, le secteur sidérurgie des Hauts Fourneaux Prénat ferme ses portes. La fonderie de deuxième fusion, quant à elle, continue de fonctionner avec ses 290 salariés, jusqu’en 1962[27].

 
Etablissements Prénat. Exposition des produits manufacturés. Env. 1910






BerthiezModifier

D’autres usines sont également implantées à Givors, telle l’usine Berthiez. Créés en 1916, les établissements Berthiez constituent un autre symbole fort de la percée de l’industrie métallurgique à Givors. Ils sont spécialisés dans la fabrication de machines-outils et plus particulièrement dans la construction des tours verticaux, rectifieuses, foreuses et centres d’usinage. Le site de Givors ferme ses portes au début des années 1980, l’activité est relocalisée à Saint-Etienne au sein d’ateliers existant encore aujourd’hui[28].

Les savoir-faire givordins, entre usines, ateliers et manufacturesModifier

Au-delà des grandes usines produisant en masse, BSN, Fives-Lille et Prénat, Givors voit dès le XVIIIe siècle apparaître de nombreuses fabriques et manufactures[29],[30].

Les tuileries, briqueteries, poteries, tanneries sont les premières à apparaître. Les tuileries, Rosier, Berger et Catton (Briqueterie du Canal), situées dans les quartiers des Plaines et de Canal, ont une histoire intrinsèquement liée à l’histoire industrielle de la ville. L’argile nécessaire à la fabrication des briques rouges (« plotets) de construction et des tuiles creuses est extraite directement sur ce terrain.

La tuilerie Berger est créée en 1850 par Claude Berger, ouvrier tuilier, né en 1818. Elle est située rue des Tuileries actuelle, rue longeant l’autoroute.

La tuilerie Berger, est voisine des tuileries Bignon, Rosier, Catton, Miray et Gay.

 
Moulinerie de soie, Givors. Env. 1900.
 
Brochure publicitaire. Production des Etablissements Guy, 1932.

Plus tard, la famille Berger étend sa production dans le quartier des Plaines, entre les rues Farge et Liauthaud actuelles (tuilerie mécanique et briqueterie pour la construction des cheminées d’usines).

La tuilerie Berger cesse de fonctionner en 1957, la concurrence rendant difficile l’exploitation. Peu avant 1985, Givors ne compte plus d’usines céramiques en activité : les établissements Prost et Catton ont également fermé leurs portes.

Les industries liées à la production textile sont également présentes à Givors. Les activités de moulinage, tissage et teinturerie s’implantent plus tardivement sur le territoire. Cependant, déjà aux alentours de 1870, la teinturerie Pochet s’implante à Givors, au sein de l’actuelle Maison du Fleuve Rhône, en bordure du Fleuve. Elle devient vingt ans plus tard, l’usine de teinture Boiron.

C’est en 1904 que la famille Bruyas rachète la maison bourgeoise et son usine pour y installer une Chapellerie mécanique, manufacture employant 150 ouvriers en 1905. La Maison-mère Bruyas de Givors, devenue plus tard « Blanc-Bruyas » ouvre de nombreuses succursales (Lyon, Marseille, Aix), sous l’enseigne « Chapellerie Troix-Six », selon une expression indiquant aux clients que l’on pouvait trouver dans ces boutiques des chapeaux à un prix modique, compris entre 3 et 6 francs.

Les usines de moulinage de soie sont également présentes à Givors. En contre-bas du Château Saint-Gérald, est implanté dès les années 1880, le Moulinage de soie Désiré Faure. Le moulinage de la soie permet de rendre le fil de soie utilisable pour le tissage.

Les usines de fabrication de jouets pour enfants sont également représentées à Givors. Le nom de Pipo résonne ainsi fortement à Givors. Cette usine, située à partir de 1944 dans les anciens ateliers de moulinage de soie Faure, a fabriqué dans un premier temps des jouets en bois, tel le Lapin Caramel. Pipo est ensuite contrainte de s’adapter au marché du jouet en assemblant exclusivement des pièces plastiques moulées, jusqu’à sa fermeture en 1984.

Les Établissements Guy de Givors, situés rue Yves Farge, sont une manufacture de voitures et de jouets d’enfants (landaus, parasols…), produits reconnus et recherchés aujourd’hui par les collectionneurs. Si les Établissements Guy ont fermé leurs portes dans les années 1950, les ateliers de fabrication existent encore aujourd’hui et sont occupés par l’entreprise Pividal[31].


Givors au XXè Siècle : de 1914 à 1953Modifier

La Première Guerre mondialeModifier

Mobilisation et organisation à l’arrièreModifier

Le 1er août 1914, comme dans toute la France, les givordins en âge de combattre sont appelés à rejoindre leur régiment[32],[33].

À Givors, un journal, « Le Petit Givordin » voit le jour dès septembre 1914 : il informe la population givordine de l’avancée des troupes sur le Front et des événements ponctuant le quotidien de Givors pendant cette période troublée. Ainsi, à l’intérieur du Petit Givordin, la population peut, tout à la fois, être informée des classes appelées progressivement à combattre, de l’arrivée de prisonniers allemands blessés à l’hôpital de Montgelas, et d’un appel au don de laine pour les Poilus givordins.

Dès 1914, les secours s’organisent à Givors[34]. Le lendemain de la mobilisation, une commission de ravitaillement pour les soldats mobiles assurant la garde près des voies ferrées est créée, sur l’initiative des prêtres de Givors-Ville (Brosse) et Canal (Motte).

Certains restaurateurs de Givors, sur demandent de la Mairie, préparent également des repas et casse-croûtes pour les soldats en poste mobile, c’est le cas de la Brasserie Poupon.

L’assistance est également prévue pour porter secours aux trains sanitaires qui passent en gare de Givors-Ville et Givors-Canal. Ces convois transportent les Poilus blessés rentrant chez eux ou étant soignés à Montgelas avant de repartir sur le Front. Ce sont les femmes, laïques ou religieuses, qui ravitaillent ces soldats, pansent les plaies superficielles et raccommodent les vêtements lors du stationnement des trains en gare.

Dans le même temps, les médecins givordins, Messieurs Somme et Laurencin, donnent en mairie, des cours de pansements aux civils souhaitant proposer leur aide à l’hôpital.

L’aide est institutionnalisée, sur demande du Préfet[35], par le Maire de Givors, Monsieur Brossette. Celui-ci lance en effet une souscription pour les familles de soldats sous les drapeaux. Lors du Conseil municipal de novembre 1914, les élus votent l’acquisition de laine par la municipalité et lancent un appel à la population givordine : les volontaires désirant confectionner gratuitement des articles de laine pour les Poilus peuvent venir récupérer les pelotes de laine à l’Hôtel-de-Ville.

Toujours à partir d’arrêtés préfectoraux, la mairie organise des réquisitions auprès de la population et des entreprises locales, afin d’organiser la vie à l’Arrière. Les listes d’éléments réquisitionnés sont affichées en mairie (habits, articles de literies…).

En octobre 1914, les Moulinages de Givors font don de 24 lits de fer à l’Hôpital Montgelas pour le soin des blessés militaires qui sont de plus en plus nombreux. En juillet 1915, l’Hôpital de Givors est saturé : 125 blessés de guerre sont accueillis.  

Les réquisitions sont également organisées pour l’Armée. Ainsi, les chevaux appartenant aux agriculteurs des communes rurales environnant Givors sont souvent réquisitionnés. De même, la Mairie fait connaître par affichage, la nomenclature de tous les matériaux pouvant être utiles à l’armée : cuivre…

Givors au quotidienModifier

Les archives privées[32] apprennent aux historiens que les rues de Givors sont extrêmement calmes à partir de 1914, « contrairement à d’habitude ». Les givordins attendent « en silence » le facteur qui effectue, dès 1915, trois tournées dans la journée.

Les convois de soldats parcourent les rues et s’arrêtent parfois. Ainsi, en août 1914, 15 jours après la Mobilisation générale, une centaine d’autobus transportant des Poilus se sont arrêtés dans les rues du centre de Givors, pour déjeuner. Les givordins sortent de chez eux et acclament ces troupes.

Chaque jour ou presque, les dépêches venant de la Préfecture sont affichées en mairie. Elles constituent la première source d’information liée à l’avancée des troupes sur le Front. Lorsque, exceptionnellement, aucune information n’est affichée, la population inquiète, se rassemble Place de la Mairie. Le Petit Givordin raconte que, le 21 janvier 1915, l’inquiétude règne parmi les givordins, lorsque le maire fait afficher sur les grilles de la Mairie : « Aujourd’hui, la Préfecture ne peut donner de communiqué ».



Les usines de GivorsModifier

Les usines Fives-Lille et Prénat voient leur production dédiée à l’effort de guerre. Fives-Lille confectionne huit cents obus de 75. C’est également l’usine Fives de Givors qui fabrique les moteurs d’avions de la marque Hispano-Suiza. Afin d’assurer la production et l’assemblage de ces moteurs, en septembre 1916, est lancée la construction d’un atelier de 12 000 mètres carrés. En décembre 1916, dix-sept exemplaires des moteurs Hispano-Suiza sortent de l’usine Fives de Givors[36].

Les usines locales, telles que Fives et la Verrerie, formulent une demande à l’Administration militaire : que les ouvriers qualifiés puissent revenir du Front. Certaines de ces demandes seront acceptées et quelques soldats mobilisés auront ainsi le statut de « soldats détachés » pour contribuer à l’effort de guerre.

 
Fives-Lille Givors, production du moteur d'avion Hispano-Suiza




 
Fives-Lille, sortie d'usine, 1911






La Deuxième Guerre mondialeModifier

MobilisationModifier

Par télégramme officiel, le Ministre de la Guerre informe Monsieur le Maire de Givors que « le premier jour de la mobilisation est le 2 septembre 1939 à 0 heures »[37]

Cet ordre de mobilisation indique au Maire de Givors, Mathieu Pinat, que « dès la réception du présent télégramme, le Maire de la commune, ou son représentant, fait venir les habitants par tous les moyens en son pouvoir. Il invite les hommes en position de disponibilité et dans les réserves à se tenir prêts à partir (…) ».

Un mois plus tard, la séance du Conseil municipal du [38] s’ouvre sur le discours de Monsieur Pinat, en faveur des soldats français mobilisés. Il rappelle qu’il tient à adresser un témoignage de vive sympathie à tous ses compatriotes mobilisés aux armées ainsi qu’à leurs familles. Monsieur Pinat rappelle également la confiance qu’il éprouve « dans les résultats de la lutte engagée par la France pour sauver les libertés de l’Europe ».

Défense passiveModifier

La mise en sécurité de la population givordine s’organise, notamment au travers des mesures de Défense Passive. Destinées à limiter les risques encourus lors des bombardements, ainsi qu’à faciliter l’action des secours, la Défense Passive incite à l’éloignement, à la dispersion des individus. Elle conseille vivement les départs volontaires, notamment des enfants, vers les campagnes environnantes[39].

En ce sens, les registres journaliers de présence des enfants en classe[40] pendant la période 1939-1945, indiquent un fort absentéisme, dont la raison principale demeure « parti à la campagne ».

Par une note de 1939, le Maire indique au commissaire de Police de Givors que, afin de protéger la population givordine des bombardements, des tranchées - abris ont été creusées à différents endroits de la ville. Or celles-ci sont à demi- recouvertes par les jeux de cache-cache des enfants, qu’il convient « de punir sévèrement » si ceux-ci sont pris sur le fait.

Toujours dans un souci de protéger la population, en application des instructions préfectorales, le Maire indique par avis à la population datant du 2 septembre 1939, que « l’éclairage intérieur de tous les locaux publics et privés demeure autorisé sous la réserve expresse qu’il soit en tout temps imperceptible pour les observateurs aériens ».[41]

 
Soldats allemands, Place de la gare de Givors-ville le 3 décembre 1942.


Réquisitions et restrictionsModifier

À partir de 1940, les préfets sur instruction de l’Etat Français, indiquent aux Maires des communes qu’ils doivent organiser les réquisitions pour l’Armée allemande.  Ainsi, dans un souci logistique (transport d’hommes et de marchandises sur le Front), les chevaux sont, parmi les bêtes de trait, prioritairement réquisitionnés à Givors comme dans le reste de la France. Une habitante de Givors[42], petite fille en 1942, témoigne ainsi de la peine de son voisin laissant les gendarmes emmener son unique cheval, au lendemain d’un arrêté du Maire enjoignant tous les propriétaires de chevaux de la ville de céder ceux-ci dans les plus brefs délais.

Parallèlement aux réquisitions, les manques dus aux restrictions se font fortement ressentir dans la population.

Naturellement, c’est de la faim dont il s’agit le plus souvent dans les témoignages. Dès le mois d’avril 1940, les restrictions commencent. Un arrêté préfectoral[43] indique ceci :

« Pas de viande de boucherie les lundis, mardis et mercredis
Pas de charcuterie les mardi et mercredis
Pas de pâtisserie, confiserie, biscuiterie, glaces et chocolats de luxe, les lundis, mardis et mercredis. » »

C’est le service municipal du rationnement qui gère l’édition et la distribution des tickets de rationnement, mensuellement. Les coupons concernent la distribution du pain, de la viande et denrées diverses. De plus, au mois de janvier de chaque année, les coupons pour le savon sont édités.

En juillet 1942, a lieu à Givors, un événement dont on retrouve également la trace dans d’autres villes de France, pendant la Guerre, et que l’on nomme : « manifestation de ménagères ». En effet, devant la pénurie grandissante constatée sur le marché de Givors, la colère de celles que l’on appelle « les ménagères », grandit depuis le mois de janvier.

Les communes rurales environnant Givors ne livrent plus de denrées, la raison avancée par les services du ravitaillement étant que Givors, ville de 14 000 habitants à cette époque, est une commune rurale au sein de laquelle la majorité des habitants dispose d’un jardinet, que chacun est libre de transformer en potager. Face à ce qui est ressenti à Givors comme une injustice, le Maire de Givors écrit au Directeur général du Ravitaillement, à Lyon, le 15 juillet 1942 : « J’ai le triste devoir de vous informer que, depuis plusieurs semaines, nos marchés sont totalement dépourvus de légumes (…). Ce matin encore, voyant le marché désert, cent femmes environ sont venues à la Mairie pour me renouveler leurs plaintes et me supplier d’intervenir auprès de l’Autorité Supérieure pour que leurs familles ne meurent pas de faim (…) ».[44]

Le manque de nourriture n’est pas le seul ressenti au sein de la population givordine. Les registres de présence des élèves à l’école maternelle Freydière-Gare[40], pour les années 1942 à 1944, nous indiquent que lors de l’appel quotidien, le matin, deux à trois élèves sont absents de la classe pour cause de « manque de vêtements » ou « manque de chaussures ».

Ces pénuries génèrent chez les givordins, une énergie et une ingéniosité constantes. Julien Page raconte, dans le journal « La Tribune (Givors) » (1945), combien de kilomètres à bicyclette les givordins doivent faire pour trouver à manger : « chacun de nous a dressé une nouvelle carte gastronomique, bien différente, hélas !de celle établie autrefois par les gourmets à l’aide de toutes ces spécialités régionales ».

BombardementsModifier

L'agglomération givordine, à l’instar d’une majorité de villes françaises, est bombardée à cinq reprises. Les bombardements provenant de l’Allemagne nazie mais également des alliés, visent les infrastructures de transport et nœud ferroviaire que représente l’ensemble Grigny- Chasse/Rhône- Givors.

Le premier bombardement, allemand, a lieu le samedi . Une centaine de bombes s’abat sur Givors-Ville, mais principalement dans le quartier du Canal.

Jean-Baptiste, Montmartin, correspondant pour le journal La Tribune, relate précisément les faits : « Ils gisent dans les ruines de leur foyer, de leur maison, de leur usine : bébés, enfants, adolescents, femmes et hommes. Ils sont 46, offerts en holocauste au dieu Mars »[45].

Viennent ensuite les trois bombardements américains de 1944. Celui du 25 mai vise la gare de triage de Badan à Grigny, et ceux des 6 et 23 août ont pour but la destruction du Pont de la Méditerranée et des ponts ferroviaires de Givors – Canal.

Les Britanniques bombarderont également la gare de triage de Badan, les 26 juillet et 12 août 1944.

Comme le rappelle Evelyne Py dans son ouvrage « Un été sous les bombes – Givors - Grigny – Chasse[46] », l’incompréhension face à ces bombardements alliés demeure vive. Si la volonté des Alliés de détruire les voies de communication facilitant la retraite allemande est compréhensible, les morts causées par ces bombardements ne sont pas acceptés par la population locale. Certains se demandent encore aujourd’hui pourquoi les Alliés n’ont pas laissé davantage de marge de manœuvre à la Résistance, lui laissant la possibilité de combats à terre, certainement moins meurtriers.

Givors, en particulier dans son quartier du Canal, est ravagée. Les rues Jean Ligonnet et Victor Hugo témoignent ainsi aujourd’hui de la vaste opération de Reconstruction intervenant après la Guerre. Comme dans le reste de la France, la Reconstruction est encadrée par le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme qui met en place un large dispositif réglementaire concernant le remembrement. Ce dispositif, combiné à la mise à disposition de moyens financiers conséquents, permet, localement, aux propriétaires sinistrés, constitués en associations syndicales, de pouvoir reconstruire les habitations. Ainsi, à Givors, l’Association syndicale de Reconstruction (ASR), est à l’origine de nombreux permis de construire correspondant aux immeubles, locaux commerciaux et garages du quartier de Canal[47].

 
Bombardement du 1er juin 1940, Givors, quartier de Canal.
Givors, ville de résistanceModifier
La naissance de la RésistanceModifier

Le traumatisme de l’Armistice de juin 1940, la présence de troupes allemandes dans les rues de Givors, dès novembre 1942 accentue la volonté chez certains givordins de résister activement à l’ennemi.

Dès lors, de nombreux rendez-vous clandestins ont lieu dans un atelier de cycles dont le propriétaire est Albert Béjuy. Cet atelier est situé à l’angle de la rue Ligonnet et de la rue de la Fraternité actuelle. Ces rendez-vous marquent la naissance le la Résistance à Givors, plus particulièrement de l’Armée secrète . Plus tard, Givors voit la naissance de réseaux de Résistance structurés dépendant de l’Armée Secrète : les Francs-Tireurs, Libération et Combat. Chaque réseau est encadré par un chef de secteur. Les noms des chefs de secteurs sont : Roche, Cellard, Liauthaud (Libération), Ardiet et Jeampierre (Francs-Tireurs), Béjuy, Vignal et Clopin (Combat).

Les actionsModifier

Les actions de la Résistance se multiplient à Givors et dans les environs. De nombreux parachutages ont lieu. Albert Béjuy raconte en effet que « c’est à un de ces parachutages que nous reçûmes un poste émetteur et récepteur. En effet, ils (NDA : la France Libre, Londres) avaient peur que les Allemands enlèvent les postes et qu’ainsi on ne puisse rester toujours en liaison avec eux » .[48]

Il s’agit aussi pour les Résistants, à travers la presse clandestine, d’informer et de mobiliser la population. Les messages de propagande nazie, ainsi que ceux délivrés par l’Etat Français, sont présents massivement dans la presse mais également à la radio. Les Résistants des Mouvements Unis de la Libération (MUR créés par Jean Moulin), dans l’ombre, impriment, transportent, diffusent inlassablement ces feuilles et brochures symboles d’une Résistance de terrain. Maurice Clopin [49]explique ainsi que « la presse clandestine des MUR (…) parvenait à Givors (…) soit par des agents de liaison à bicyclette, soit par chemin de fer, soit aussi par les cars qui assuraient la liaison entre Lyon et la gare de Givors-Canal. Début 1944, j’ai reçu chez moi à diverses reprises, par des mains clandestines, des colis de différents journaux qui m’étaient amenés par des inconnus et transportés par le car(…)».

La Résistance est aussi à l’origine de sabotages destinés à contrer l’ennemi. Ainsi, dans les usines givordines, telle Fives-Lille, certains Résistants sont chargés de saboter les machines destinées à la production militaire nazie. Les plans sont également détruits.

Ces sabotages sont associés aux « Groupes- Francs ». Groupes d’action immédiate, les Groupes- Francs sont constitués en janvier 1944. Issus de l’Armée secrète, ils ont pour mission d’agir directement sur le terrain en multipliant les actions fréquentes et impactant fortement l’ennemi. Maurice Clopin, qui appartenait à l’un de ces groupes, raconte[49] la manière dont celui-ci procédait : « tous les départs sa faisaient de cette maison de Bans (NDA : Bans est un quartier de Givors), où nous accueillaient les parents de notre ami Paul Vallon. Nous nous réunissions le soir, à la tombée de la nuit, nous échafaudions notre action, nous préparions nos charges d’explosifs et nous partions sur le terrain du sabotage désigné ».

Paul Vallon ajoute que, à partir de 1944 « il ne se passait pas une semaine sans que l’ennemi ne soit frappé (…). Partout où des trains transportaient du matériel et du ravitaillement pour les allemands, partout où les lignes portaient de l’électricité pour les usines, nous frappions… »[50].

Les noms des résistants, ayant appartenu au Secteur VI de Givors sont aujourd’hui, parfaitement connus[47]. Afin de contribuer à la connaissance de l’histoire de la Résistance à Givors, l'association Givordine des Amis du musée de la résistance nationale[51] a été déclarée en préfecture le 6 septembre 1996 à l'initiative de Paul Vallon, ancien résistant de l'AS (Armée Secrète),avec à ses côtés, d'anciens résistants tels que Joseph Rosa, Jean Mangin, Joseph Vareille(FTP),Joany Di Rollo (Maquis de l'Azergue).

La répressionModifier

Dès les premiers contacts entre le noyau des Résistants givordins et la France Libre, la Gestapo cherche à multiplier les arrestations.

C’est ainsi que, en 1942, toute la famille de Joseph Liauthaud est arrêtée, interrogée pendant 36 heures par le commissaire Pitiot, pour être finalement relâchée. Etroitement surveillé par la suite, Joseph Liauthaud est à nouveau arrêté en décembre 1943 et meurt en déportation en 1945, à Flossenburg.

Les témoignages des givordins ayant vécu cette période se souviennent du 7 juin 1944, lendemain du débarquement allié en Normandie. La Gestapo arrive en force à Givors. Après avoir « visité » les maisons de Résistants et caches d’armes présumées, la Gestapo arrête Anthelme Vinson, il meurt lui aussi en déportation, en 1945, à Brehem-Fargue.Cette visite de la Gestapo entraîne l’arrêt de l’action de la Résistance, dite « de plein jour ». C’est alors qu’a lieu la formation du Maquis de Saint-André –la Côte, initiée par Messieurs Bailly, Gagnaire, Umano, Vinson (Jean, le frère de Anthelme).

Givors, libéréeModifier

En août 1944, l’armée Allemande est en déroute. Les troupes allemandes remontent, depuis le mois de juin, la Vallée du Rhône fuyant les Forces Françaises Libres et l’aviation alliée.

Le 23 août 1944, a lieu à Givors, le terrible bombardement allié visant les troupes allemandes. Il laisse 58 blessés et 95 sinistrés. Mais la semaine qui suit est également sanglante pour les givordins : les Allemands, acculés, brûlent certaines maisons et commerces dans la ville et alentours : ainsi, « dans la nuit du 28 au 29 août, les Allemands mettent le feu à l’immeuble de M.Darsin, place Carnot. Pendant l’extinction du feu, un soldat allemand intime l’ordre, sous la menace de sa mitraillette, d’arrêter la moto - pompe, pour empêcher les pompiers de combattre le sinistre »[52]

Pendant la dernière semaine du mois d’août 1944, les événements s’accélèrent. Le 28 août, les haut-parleurs annoncent à la population givordine, qu’une colonne blindée allemande s’achemine vers Loire– sur-Rhône et Givors. Les FFI se mobilisent alors très vite pour retarder l’arrivée des allemands. Les membres du Comité de Libération, tout récemment installés à la tête de la Mairie de Givors, réquisitionnent les véhicules et cachent les produits alimentaires avant le passage des troupes.

Les Allemands sont très ralentis dans leur marche par les FFI qui tirent en embuscade. Les jours suivants, ce sont d’autres troupes qui entrent dans Givors. Le quotidien des givordins est une nouvelle fois totalement bouleversé : 400 logements sont pillés par les soldats à la recherche de nourriture, s’en suivent des incendies volontaires si nombreux que les pompiers peinent à les enrayer tous. Puis, progressivement, les troupes allemandes se font moins nombreuses, jusqu’au vendredi où les givordins apprennent que les troupes régulières françaises viennent de libérer Saint-Etienne.


Le lendemain, 2 septembre 1944, les Forces Françaises Intérieures entrent à Givors, le Comité de Libération s’installe à nouveau, et durablement, à la Mairie de Givors.

Givors est libérée. René Motinot, givordin, raconte « Le peuple de Vieux Givors se trouvait là (NDA : devant l’Hôtel-de-Ville). Il était joyeux, certes, mais assommé par tous ces événements ; contrairement à son habitude, il n’était pas bruyant devant tant de bonheur (…). Quelques cris, des applaudissements, des larmes aussi, et les soldats de France s’éloignèrent pour prendre place dans leurs camions. Ils partirent peu après, à la poursuite de ceux qui durant quatre longues années, voulurent nous soumettre ».[53].

 
Reconstitution de la Libération de Givors pour le film "Dans la nuit, la liberté", 1975.

Givors et l'immédiat après-guerreModifier

Par arrêté préfectoral du 8 septembre 1944, Marius Jeampierre est nommé administrateur provisoire, puis Maire (le 19 septembre), de la Ville de Givors. Un nouveau Conseil municipal est chargé de gérer les affaires municipales. Ces membres, issus du Comité de Libération, sont les anciens Résistants ayant activement repoussé les Nazis (liste non exhaustive des conseillers municipaux : MM Roche, Giorda, Danerol, Clopin, Gaudray, Cancade, Blanc, Pacalet, Bertholat, Umano, Bejuy, Béjuy, Vinson, Chevrot…).

Alors que la guerre n’est pas encore terminée, que le quartier de Canal est dévasté, le nouveau Conseil travaille à reloger ses sinistrés ( au nombre de 1250, rien que pour le quartier du Canal).

C’est ainsi qu'est construite la « Cité provisoire pour le logement des sinistrés », communément appelée « le Chalet des sinistrés ». Les prisonniers allemands sont majoritairement employés à cette construction ainsi qu’au déblaiement des gravats générés par les bombardements.

En 1945, le 29 avril, les élections municipales ont lieu : la liste commune républicaine présentée par le Parti Radical et Radical-Socialiste, par le Mouvement Républicain populaire et le Parti Communiste Français, obtient 27 voix. Parmi les élus, on trouve le jeune Camille Vallin, ancien sergent et chef de groupe au sein des FFI. Il est élu adjoint au Maire de Givors, Marius Jeampierre.

Fervent communiste, Camille Vallin affirme sa présence sur la scène politique d'après-guerre, deux ans plus tard, en 1947, avec son élection comme membre du Comité fédéral du Rhône du Parti communiste français.

À partir des années 1950, le temps est à la Reconstruction : à Givors, comme dans le reste de la France et de l’Europe, le Logement devient la priorité de l’Exécutif. C’est ainsi qu’en 1953, Givors qui n'arrive plus à loger sa population, construit sa première « cité d’urgence », à Bans.  Les équipements de service public se développent également sur la commune. Il est à noter, en 1951, la construction d’un lavoir par la commune. C’est en 1951 également, que l’Hôtel des Postes de Givors est édifié.

Parallèlement, les équipements sportifs fleurissent, à l'image du Stade de la Libération, inauguré en 1946. La vie associative se développe également avec la naissance de nombreuses associations centrées sur l’entraide et le secours. Givors se reconstruit, autour d’une volonté commune de s’engager dans les faits et sur le terrain, pour une société juste, dans laquelle chacun a le droit de vivre décemment.

En 1953, le mercredi 6 mai, Camille Vallin est élu maire de Givors, grâce à la voix du socialiste Henri Brouès. Marie-Antoinette Goubelly est nommée première adjointe (jusqu'en 1965).

Camille Vallin sera Maire communiste de Givors jusqu'en 1993.


Politique et administrationModifier

Administration municipaleModifier

Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 10 000 et 19 999, le nombre de membres du conseil municipal est de 33[54].

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des mairesModifier

 
L'hôtel de ville au début du XXe siècle.

La liste des maires qui se sont succédé depuis 1790 est exposée à la mairie[55].

Dirigée par le PCF depuis 1953, Givors est depuis 2014 avec Vénissieux le dernier bastion communiste de l'agglomération lyonnaise[56].

En juillet 2017, le maire Martial Passi, accusé d'avoir favorisé l'embauche de sa sœur, est condamné pour prise illégale d’intérêt à une peine de six mois de prison avec sursis, à une amende de 10 000 euros et à trois ans d’inéligibilité[57]. Bien que faisant alors appel (ce qui suspend la condamnation), il démissionne de ses fonctions quelques jours plus tard[57]. Christiane Charnay, jusque-là première adjointe, est élue maire à sa place par le conseil municipal le [58].

Liste des maires successifs depuis 1944
Période Identité Étiquette Qualité
1944 1947 Marius Jeampierre Liste commune républicaine industriel
1947 mai 1953 Mathieu Pinat SFIO épicier
mai 1953 janvier 1993 Camille Vallin PCF député (1956-1958), sénateur (1959-1968 et 1977-1986),
conseiller général du canton de Givors (1945-1985)
janvier 1993 12 juillet 2017 Martial Passi PCF conseiller général du canton de Givors (1998-2015),
vice-président du Grand Lyon
25 septembre 2017 3 juillet 2020 Christiane Charnay PCF  
3 juillet 2020[59] En cours
(au 22 octobre 2020)
Mohamed Boudjellaba DVG  

Instances judiciaires et administrativesModifier

Politique environnementaleModifier

JumelagesModifier

Au , Givors est jumelée avec[60] :

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Ses habitants sont appelés les Givordins[61].

Évolution démographiqueModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de plus de 10 000 habitants les recensements ont lieu chaque année à la suite d'une enquête par sondage auprès d'un échantillon d'adresses représentant 8 % de leurs logements, contrairement aux autres communes qui ont un recensement réel tous les cinq ans[62],[Note 1]

En 2017, la commune comptait 19 975 habitants[Note 2], en augmentation de 2,86 % par rapport à 2012 (Rhône : +5,26 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 8003 2354 0143 5584 8845 3797 4657 7468 758
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
9 6889 3529 9579 88611 91011 47010 97410 85711 035
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
12 13212 30612 78414 14314 93214 68713 37813 20514 242
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
17 06619 04821 96820 54419 77718 43718 45419 71819 312
2017 - - - - - - - -
19 975--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[63] puis Insee à partir de 2006[64].)
Histogramme de l'évolution démographique

Givors est une ville qui a connu différentes vagues d’immigration, à l’exemple de nombreuses villes françaises après- guerre. D'ailleurs, Givors a été appelée longtemps « ville ouverte ».[réf. nécessaire] Cela date de la période où l'activité portuaire fluviale était très importante. Dès l’industrialisation de la verrerie, une immigration italienne est venue travailler le verre à Givors, suivie par la venue de nombreux réfugiés politiques espagnols et d'une immigration économique des Portugais et des Algériens, après la Seconde Guerre mondiale, qui travaillaient dans la sidérurgie, la métallurgie, etc. Enfin, les Turcs sont également venus aussi s'installer dans la commune.

EnseignementModifier

Manifestations culturelles et festivitésModifier

SantéModifier

SportsModifier

Football

Ville natale d'Anthony Lopes, gardien de but de l'Olympique Lyonnais

Rugby à XV
  • Stade Olympique de Givors rugby (également appelé SO Givors ou SOG)[65].

MédiasModifier

CultesModifier

Culte catholiqueModifier

  • L'église Notre-Dame, square Pierre Dupont.
  • L'église Saint-Nicolas, place de l'Église.
  • L'église Saint-Pancrace, située chemin du Fortunon au hameau de Bans, date du XIIe siècle et est classée comme monument historique.

Culte musulmanModifier

ÉconomieModifier

Histoire économiqueModifier

De ville fluvio-portuaire jusqu'au début du XXe siècle, elle est passée à l'industrialisation (déjà présente avec les verreries). Mais le transport fluvial a été vite supplanté par le chemin de fer. Alors que Givors comportait plusieurs ports fluviaux, des bacs à traille pour traverser le fleuve, qu'elle fourmillait d'activité, le début du XIXe siècle a vu un grand tournant. Le chemin de fer a permis de rentabiliser le transport du charbon de Saint-Étienne, autrefois transporté par le canal de la vallée du Gier, et a permis le développement d'une forte sidérurgie dans l'agglomération de Givors. Qui dit sidérurgie, dit métallurgie, et ce fut le développement des ateliers de Fives-Lille, l'apparition de l'industrie mécanique avec la fabrication de la machine-outil, etc. C'est à Givors qu'est né le groupe industriel BSN, ancêtre du groupe Danone.

Tout cela a fini par disparaître sous les coups de boutoir de l'évolution économique (épuisement du gisement de charbon de Saint-Étienne, réalisation des usines sidérurgiques de bord de mer après l'épuisement des gisements du minerai de fer en France…), des délocalisations, de la crise économique et de la mondialisation.

Givors a pris le tournant de l'implantation des grands centres commerciaux de la vallée du Gier au début des années 1970, avec le centre commercial Carrefour, vaste hyper marché. La zone commerciale « Givors 2 Vallées » est le cinquième pôle commercial de l’agglomération lyonnaise[réf. nécessaire].

Situation en 2014Modifier

Revenus de la population et fiscalitéModifier

En 2011, le revenu fiscal médian par ménage était de 22 270 €, ce qui plaçait Givors au 28 847e rang parmi les 31 886 communes de plus de 49 ménages en métropole[67].

EmploiModifier

Entreprises et commercesModifier

En 2013, le centre commercial dans son entier, ainsi que la deuxième partie de la zone d'activité du Gier occupée par des entrepôts, sont soumis au PPRi du Gier (Plan de prévention du risque d'inondation) qui interdit l'octroi des permis de construire[68].

La ville possède une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de Lyon.

Les statistiques INSEE font apparaître 17 % de chômage à Givors ainsi que 7 900 emplois sur le territoire.

En , Givors devient le siège du pôle métropolitain constitué par le Grand Lyon, Saint-Étienne Métropole, le Nord-Isère et le Pays viennois.

De nombreuses grandes entreprises ont leur siège social et des sites à Givors :

  • Total ACS, qui produit des additifs et carburants spéciaux, champions du monde de Formule 1 ;
  • Fives Solios, leader mondial dans l'industrie de l'aluminium primaire, qui conçoit et réalise des équipements de process et des ateliers clés en main partout dans le monde ;
  • Grand Frais ;
  • Labo Services et Scori, spécialistes du traitement des déchets, Labo service est adhérent du pôle de compétitivité à vocation mondiale Axelera ;
  • Centre de recherche clinique international Creabio ;
  • etc.

La ville de Givors, qui comptait près de 1 500  de dette par habitant en 1995, est devenue en 2013 l’une des villes les moins endettées de France (8  par habitant)[69].

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
Église Saint-Lazare.
  • Ruines du château Saint Gérald datant du XIIe siècle et démoli en 1573.
  • Château de Manevieux, cité en 1392 il est remanié au XVIIe siècle.
  • Les « Étoiles » de Jean Renaudie, ensemble de logements à l'architecture très particulière, inscrit au patrimoine architectural du XXe siècle.
  • Saint-Martin-de-Cornas, église Saint-Lazare.
  • Bans, église Saint Pancrace du XIIe siècle.
  • Givors Canal, église Notre-Dame.
  • Le pont de Givors qui relie Givors à Chasse-sur-Rhône.
  • Le pont autoroutier de Givors, permettant le franchissement du Rhône.
  • La passerelle de l'Amitié, qui franchit le Gier.
  • La Maison du fleuve Rhône, ethnopole national, consacré à la valorisation du patrimoine fluvial.
  • Et tout un patrimoine industriel, à l'exemple de la verrerie VMC et des bâtiments de Fives-Lille-Cail.

CimetièresModifier

 
Souche en forme de coeur, à l'entrée du cimetière Badin à Givors (photo prise le 15 octobre 2016).
 
Une allée du cimetière Badin (photo prise le 15 octobre 2016).

La ville de Givors compte trois cimetières totalisant 4 119 concessions, ainsi réparties[70] :

  1. Badin (3 930 concessions) dont un espace est réservé au carré musulman ;
  2. Bans (142 concessions) ;
  3. Saint Martin de Cornas (47 concessions).

Le plus étendu des trois est le cimetière Badin, situé sur les hauteurs de la ville, à 1 kilomètre du centre. Un fort dénivelé (18 % en moyenne)[71], en rend l'accès difficile à pied. Il compte deux entrées, l'une donnant sur la « route neuve », l'autre sur la « montée de Badin ».

Folklore localModifier

 
Une joute givordine sur une carte postale ancienne.

La ville de Givors est aussi connue pour avoir donné son nom à une méthode national de joute nautique (le croisement des barques portant les joueurs se pratique par la droite, à l'envers de la méthode utilisée à Lyon).

On dit également « fais comme à Givors » pour dire « fais comme tu veux ». Dans l'ouvrage de Gilbert-Lucien Salmon intitulé Dictionnaire du français régional du lyonnais, le verbe givorder signifie même « Aller de gauche à droite, aller et venir »[72].

Dans le même ordre d'idées, les Lyonnais utilisent l'expression « être garé comme à Givors », ou « être garé à la givordine » pour exprimer l'idée d'un stationnement hâtif, sans respect des lignes d'emplacement, voire en un lieu interdit au stationnement. Aucune étude statistique ou sociologique ne vient toutefois confirmer ou infirmer une telle réputation.

Par ailleurs, les communes de l'agglomération lyonnaise et notamment Givors développent un vocabulaire spécifique, notamment les mots « pélo » (homme), « vogue » (fête foraine), « débarouler » (dévaler une pente ou surgir), etc.

Côté football, la ville est partagée entre OL et ASSE, ce qui engendre des rivalités.

Personnalités liées à la communeModifier

HéraldiqueModifier

En 1860, Édouard Glas, maire de Givors, présente au conseil municipal un projet d'armoiries pour la ville. Les trois abeilles représentaient l'activité et l'industrie. La rame et le marteau en croix (qui n'apparaissent pas sur ces blasons) symbolisent, quant à eux, les deux premières industries de la ville : la navigation et la métallurgie.

Par la suite, les armoiries ont été concédées à Napoléon III, par décrets du et du , qui les modifia. L'usage des armoiries, par la ville de Givors, était autorisée sous conditions de respect des couleurs et figures précisées :

De gueules, à trois abeilles d'or placées deux et une ; franc quartier à dextre d’azur à l'N d'or, surmonté d’une étoile rayonnante du même, l'écu sommé d'une couronne murale à cinq créneaux, d'argent, pour cimier, traversée d’un caducée contourné, d'argent, auquel sont suspendues deux guirlandes, l'une à dextre, d'olivier, l'autre à senestre, de chêne, aussi d'argent, nouées et attachées par des bandelettes d'azur.

À la chute de l'Empire, le quartier d'azur à l'N d'or est supprimé.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Givors reçoit la croix de guerre, qui est ajoutée aux armoiries de la ville telles qu’elles se présentent aujourd’hui.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Étienne Abeille, Histoire de Givors (Rhône) : évènements historiques, le canal de Givors, commerce et industrie, Givordins dignes de mémoire, traditions, coutumes, fêtes, joutes nautiques…, Paris, Le Livre d'Histoire, , 333 p. (ISBN 2-84373-748-6). Réédition, édition originale en 1912.
  • Martine Capelle et Pierre Labasse, Le Feu de l'action : Histoire des verreries Souchon Neuvesel, Paris, Le Cherche-Midi, coll. « Documents », , 124 p. (ISBN 2-86274-407-7). Préface d'Antoine Riboud.
  • Jean Duhart et Janine Duhart, La Révolution de 1848 à Givors, .
  • Jean-Michel Duhart et Roland Tixier, Givors autrefois : 50 photographies, Le Pré de l'Âge, .
  • Christian Épalle, Un canal oublié : De Givors à La Grand-Croix, Tampere (Finlande), Atramenta, , 143 p. (ISBN 978-952-273-024-4).
  • Givors : vues du ciel, Givors, Ville de Givors, , 133 p. (ISBN 2-9515008-1-5). Préface de Martial Passi.
  • Alain Pelosato, Vorgines, fées et témoins du fleuve : témoignages de Givordins sur leur fleuve, Naturellement, .
  • Alain Pelosato, Au fil du Rhône : histoires d'écologie, Messidor, . (ISBN 9782209066322).
  • Alain Pelosato, Voies de la déportation : témoignages de Givordins sur la déportation, Naturellement, , 1re éd., 209 p. (ISBN 978-2-910370-30-5). Réédition 1999.
  • Alain Pelosato, Algériens, la France, l'Algérie : témoignages de deux Givordins, Naturellement, (ISBN 978-2-910370-15-2).
  • Alain Pelosato, Livre noir de la mairie de Givors, Saint-Denis, Edilivre, , 117 p. (ISBN 978-2-8121-8802-2). Paru sous le pseudonyme de Robert Neville.
  • Alain Pelosato "Chroniques d'une Chute annoncée - Affaires givordines 3" - sfm éditions- 2017 - (ISBN 9782915512137) Lire gratuitement sur écran : http://www.wobook.com/WByY7Tl6rt6J/Chroniques-de-la-Chute-annoncee.html
  • Alain Pelosato "Histoire politique de Givors" (ISBN 9781980269618) Lire gratuitement sur écran : https://www.wobook.com/WByY7Tl6h52x/Histoire-politique-de-Givors.html
  • Evelyne Py, Un été sous les bombes : Givors - Grigny - Chasse 1944, Saint-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, , 2e éd., 160 p. (ISBN 2-84910-002-1). Première édition janvier 2002.
  • Jean-Pierre Ravery (dir.), Givors d'un siècle à l'autre, Givors, Ville de Givors, , 141 p. (ISBN 2-9515008-0-7). Préface de Martial Passi.
  • Christian Rollat, Le Sang gaulois : Du Pilat à l'Alésia, la contre enquête, Pélussin, Imprimerie Caradot, (ISBN 978-2-9527049-1-5).
  • Georges Salendre, Georges Salendre sculpteur, Lyon, L'Hermès, (ISBN 2-85934-090-4). Préface de Marius Mermillon.
  • Camille Vallin, Givors : Dictionnaire des rues et sites locaux, Paris, Éditions Messidor, , 189 p. (ISBN 2-209-06654-9). Avec le concours de Jean Michel Duhart, archiviste de la ville de Givors.
  • Camille Vallin, Lève-toi pauvre humanité !, Pantin, Le Temps des Cerises, , 243 p. (ISBN 2-84109-403-0). Préface de Robert Hue, avant-propos de Martial Passi.
  • Jo Vareille, Givors en France, Messidor / Temps actuels, (ISBN 2-201-01590-2).
  • Patrick Veyrand, De quoi j'me m@il ! : Journaliste givordin ou… Givordin journaliste ?, Sud 69, .

VidéographieModifier

  • « Vivre à Givors », de Paul Carpita, de Profilim, 1988
  • "Se battre", de Jean Pierre Duret et Andrea Santana, Aloest Distribution, 2013.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

InseeModifier

  1. LOG T1M - Évolution du nombre de logements par catégorie.
  2. LOG T2 - Catégories et types de logements.
  3. LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation.

Autres sourcesModifier

  1. « Orthodromie entre "Givors" et "Lyon" », sur le site lion1906 de Lionel Delvarre (consulté le 11 août 2014).
  2. Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, [lire en ligne].
  3. [1]
  4. Informations mentionnées sur le site officiel de la mairie, https://www.givors .fr/culture/histoire-et-patrimoine/que-signifie-givors/ , consulté le 5 novembre 2019.
  5. Théodore Auteur du texte Ogier, La France par cantons et par communes. , Département du Rhône. Tome I, Arrondissement de Lyon, (lire en ligne)
  6. Joseph Vaesen, « Les voies antiques du Lyonnais, du Forez, du Beaujolais, de la Bresse, de la Dombe, du Bugey et de partie du Dauphiné…, par Claude Guigue. », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 38, no 1,‎ , p. 618–620 (lire en ligne, consulté le 24 janvier 2020)
  7. Georges Raepsaet, « G. Castellvi e.a. (Dir.), Voies romaines du Rhône à l'Èbre : via Domitia et via Augusta », L'Antiquité Classique, vol. 68, no 1,‎ , p. 631–632 (lire en ligne, consulté le 24 janvier 2020)
  8. a b c d e et f Etienne Abeille, Histoire de Givors, Givors, Le livre d'histoire, (lire en ligne), p. 3ème période.
  9. Groupe de recherches historiques et archéologiques de Givors, Petite chronique de Saint-Gérald, Archives municipales de Givors
  10. Antoine PERICAUD, « Notes et documents pour servir à l’histoire de Lyon, 1843. », sur GALLICA
  11. a et b Fonds Saint-Jean, Archives départementales du Rhône et métropolitaines.
  12. Cote 2R4, Bibliothèque populaire (municipale), Archives municipales de Givors
  13. Etienne Abeille, Histoire de Givors, Givors, Le livre d'histoire, (lire en ligne), p. 2ème période, p.117.
  14. a et b Julien Page, Givors au XVIIIe siècle,
  15. a et b Julien Page, Givors, Port Fluvial, GIVORS,
  16. Sous-série 1O - Travaux publics et voirie en général - Moyens de transport, Régime des eaux. Archives  municipales de Givors.
  17. ARCOMA, « Histoire des chemins de fer du Pays du Gier », sur www.arcoma.fr
  18. Sous-série 2O (2 à 10) Moyens de transport. Lignes de chemins de fer. Archives municipales de Givors.
  19. Armelle BARRE, Les inondations givordines ou une culture locale du risque (XIXe - début XXe siècle), GIVORS, Les cahiers de l’Académie du Souillat, n°10, .
  20. Fonds iconographique 5Fi – Fonds Jean-Michel Duhart – Archives municipales de Givors.
  21. 6 Histoire contemporaine de la Verrerie de Givors (BSN) : Martine Capelle, Pierre Labasse, Le feu de l’action, histoire des Verreries Souchon Neuvesel., Le Cherche midi,
  22. Pascal Marichalar, Qui a tué les verriers de Givors., La Découverte,
  23. Fonds DocAMG, Archives municipales de Givors
  24. Fonds 5Fi, Jean-Michel DUHART, cotes 5Fi 1896 à 2015. Archives municipales de Givors.
  25. Geneviève HERMANN, François CARON, Fives, 200 ans de révolutions industrielles., Etagères.,
  26. Ouvrage : Le Centenaire des Établissements Prénat de Givors, 1949. Prénat. Archives municipales de Givors, cote DocAMG6
  27. Fonds 5Fi, Jean-Michel DUHART, cotes 5Fi 1817 à 1895. Archives municipales de Givors.
  28. Yves CHAPUIS, « Site internet Yves CHAPUIS, Givors d’un siècle à l’autre http://yves.c.free.fr/ », sur Givors, d'un siècle à l'autre.
  29. Jean-Michel DUHART, Jean-Pierre RAVERY, Jacques DelPino, Givors, d’un siècle à l’autre, Ville de Givors, 2000
  30. Sous-série 2F, Commerces et industries, Archives municipales de Givors
  31. Fonds 5Fi, Jean-Michel DUHART. Archives municipales de Givors.
  32. a et b Fonds privés, JMS pharmacien à Givors, 60II, Archives municipales de Givors
  33.   Fonds privés, PMR, NC, Archives municipales de Givors
  34. Sous-série 1D, Conseil municipal de Givors, Archives municipales de Givors.
  35. Sous-série 7S, presse locale, Archives municipales de Givors
  36. SOLIOS, Des ateliers de Fives-Lille à Solios Carbone, 150 ans d’histoire., Solios Carbone,
  37. Cote 2H8, Affaires Militaires. Administration militaire.Subsistances militaires. Archives municipales de Givors.
  38. Cote 1D24, Admministration Générale de la Commune. Conseil Municipal. Registres des délibérations du Conseil municipal. Archives municipales de Givors.
  39. Brochure Défense passive, cote 2H16, Archives municipales de Givors.
  40. a et b Sous-série 1R, Archives municipales de Givors
  41. Fonds Montmartin, sous-série 1S, Archives municipales de Givors.
  42. Fonds sonores, Série AV, témoignage anonyme, 2011, Archives municipales de Givors
  43. La Tribune, Presse, 20 avril 1940, sous-série 7S, Archives municipales de Givors
  44. Cote 4D70, Archives municipales de Givors
  45. Sous-série 7S, Presse. Archives municipales de Givors
  46. Evelyne PY,, Un été sous les bombes. Givors – Grigny – Chasse,, Sutton,
  47. a et b Archives municipales de Givors, La Seconde Guerre mondiale à Givors, : 1940-1944, t. 1, Les Cahiers de l’Académie du Souillat, .
  48. M.BEJUY, in « Dans la Nuit, la Liberté, chronique de la Résistance givordine », film documentaire, 1974.
  49. a et b M.CLOPIN, in « Dans la Nuit, la Liberté, chronique de la Résistance givordine », film documentaire, 1974.
  50. P.VALLON, in « Dans la Nuit, la Liberté, chronique de la Résistance givordine », film documentaire, 1974.
  51. Musée de la Résistance de Givors, https://www.museeresistancegivors.com/historique
  52. Rapport du Lieutenant Pitiot, in Le Grand Givors, 29 septembre 1944, sous-série 7S, Archives municipales de Givors.
  53. René Motinot, témoignage, in Le Grand Givors, 2 septembre 1944, sous-série 7S, Archives municipales de Givors
  54. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales.
  55. « Les maires de Givors », sur le site de l'association FranceGenWeb (consulté le 12 août 2014).
  56. Mathieu Martinière et Mathieu Périsse / We Report, « Nuages noirs sur les banlieues rouges de Lyon », sur Mediacités, (consulté le 24 mai 2020)
  57. a et b « "Prise illégale d'intérêt" : Martial Passi, ancien maire de Givors, en appel à Lyon », sur france3-regions.francetvinfo.fr, .
  58. « Christiane Charnay succède à Martial Passi (PC), comme maire », sur leprogres.fr, .
  59. « Mohamed Boudjellaba est élu maire de Givors », sur leprogres.fr, .
  60. « Atlas français de la coopération décentralisée et des autres actions extérieures », sur le site du ministère des Affaires étrangères (consulté le 11 août 2014).
  61. Gentilé sur le site habitants.fr Consulté le 29/09/2008.
  62. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  63. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  64. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  65. Site du Stade Olympique de Givors rugby
  66. Site officiel de la mosquée
  67. « Fichier RFDM2011COM : Revenus fiscaux localisés des ménages - Année 2011 », sur le site de l'Insee (consulté le 16 novembre 2013).
  68. Voir l'ouvrage de Jo Vareille "Givors en France" dans la bibliographie
  69. no 413 du magazine Tribune de Lyon qui a fait une étude avec l’association CANOL (Contribuables actifs du Lyonnais)
  70. Informations mentionnées sur le site officiel de la mairie, https://www.givors.fr/cadre-de-vie/cimetieres/ , consulté le 5 novembre 2019.
  71. Calcul effectué via le site https://www.geoportail.gouv.fr/plan/69091/givors, consulté le 5 novembre 2019
  72. Le Guichet du Savoir