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Crise anglophone au Cameroun

conflit au Cameroun du Sud
Carte du Cameroun mettant en valeur les régions anglophones.

La crise anglophone au Cameroun est la situation socio-politique spécifique du Cameroun anglophone depuis la fin de 2016. En septembre 2017, des séparatistes dans les territoires anglophones des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest déclarent l'indépendance de l'Ambazonie, état non reconnu. Ils commencent à se battre contre le Gouvernement du Cameroun.

Sommaire

Anglophonie au CamerounModifier

Article détaillé : Langues au Cameroun.

L'anglais et le français sont les deux langues officielles du Cameroun. Environ 20 % de la population est anglophone[1]. Sur dix régions, deux sont anglophone:

Ces deux régions côtoient le Nigeria à l'ouest.

Marginalisation et revendicationsModifier

Les facteurs justifiant les récriminations des anglophones sont nombreux. Par exemple, sont détaillés par les évêques les points suivants[2] (présents au Cameroun francophone et anglophone) :

« La sous-représentation des anglophones dans les jurys des concours d’entrée aux grandes écoles, dans les ministères, dans le gouvernement ; L’anglais (pourtant langue officielle au même titre que le français) n’est pas toujours employé dans les examens d’État, des documents publics, ou par les fonctionnaires qui se rendent dans les régions anglophones ; Une majorité de magistrats, personnel enseignant ou sanitaire, francophones dans ces régions ; La négligence des infrastructures de l’Ouest anglophone ; L’incompréhension du sous-système éducatif anglophone et du système juridique par les fonctionnaires francophones ; La marginalisation des anglophones dans l’admission à certaines grandes écoles »

En 2016, deux corps de métiers font grève afin d'obtenir un respect de l'anglais comme langue officielle à égalité du français[3] :

  • des avocats demandent la traduction en anglais du Code de l’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires ;
  • des enseignants demandent l'arrêt des nominations de francophones dans les régions anglophones.

Coupure d'internetModifier

La coupure d’internet la plus longue sur le continent africain – 93 jours[4] – s'est produite dans les deux régions anglophones du Cameroun – le Nord-Ouest et le Sud-Ouest – du 19 janvier 2017 au 20 avril 2017.

C'est une conséquence du conflit entre le pouvoir central et sa minorité linguistique. Les start-up camerounaises installées dans la « Silicon Mountain » s’inquiètent de ses conséquences[5].

L'internet est rétabli dans les régions anglophones le 20 avril vers 17h GMT[6].

Attentats et répression au CamerounModifier

En , quatre attentats au cocktail molotov ou à la bombe, qui ne font aucune victime, sont attribués aux militants anglophones[7].

Le , des séparatistes proclamés annoncent une indépendance symbolique des deux régions anglophones, et provoquent des manifestations. La dispersion violente de ces rassemblements cause au moins dix-sept morts parmi les manifestants[8].

Le lundi 9 juillet 2018, des échanges de tirs[9] ont été entendus à Buéa, la grande ville anglophone désignée capitale de l'état non-reconnu d'Ambazonie.

VictimesModifier

2017 Modifier

  • Journée du 7 novembre 2017, des personnes, présumées auteures de l’assassinat du soldat Yaya Emmanuel[Quand ?] sont appréhendées et mises aux arrêts.
  • Nuit du 9 au 10 novembre 2017, attaque de la garde d’un pont reliant le Cameroun au Nigéria à Akwem, non loin de la ville de Mamfe.
  • Journée du 5 décembre 2017, les Forces de Défense du 22e Bataillon d’Infanterie Motorisée de Nsanakang à Mamfe repoussent une attaque.
  • Nuit du 5 au 6 décembre 2017, 3 personnes attaquent des gendarmes au poste de pesage de Bombé-Bakundu près de la ville de Kumba.
  • Dans la nuit du 7 au 8 décembre 2017, attaque menée par près de 200 assaillants contre la caserne de la Gendarmerie de Mamfe. Morts et blessés dans les deux camps.

Notes et référencesModifier

  1. « La crise au Cameroun anglophone : un mal profond aux racines lointaines », sur terangaweb.com, (consulté le 2 décembre 2017).
  2. « Cameroun : le « problème anglophone » vu par les évêques », sur catholique.fr, (consulté le 2 décembre 2017).
  3. « Cameroun anglophone : aux origines de la crise », sur france24.com, (consulté le 2 décembre 2017).
  4. William Tchango, « Cameroun - Coupure d’internet: Le bilan sera très lourd », cameroon-info.net, 20 avril 2017 [1]
  5. « Cameroun : 1,3 million de dollars perdus depuis la coupure d’Internet en zone anglophone », JeuneAfrique.co,‎ (lire en ligne, consulté le 20 avril 2017) ; « Crise anglophone au Cameroun : la coupure d’internet pèse sur la « Silicon Mountain » - JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne, consulté le 5 avril 2017)
  6. « Cameroun : retour de l'internet dans les régions anglophones », BBC Afrique, consulté le 21 avril 2017 [2]
  7. « Cameroun – Actes terroristes: Les régions du Nord-Ouest et du Littoral cibles de 4 attentats en deux semaines », sur actucameroun.com, (consulté le 2 décembre 2017).
  8. « Le Cameroun anglophone, en ébullition, compte ses morts », sur lemonde.fr, (consulté le 2 décembre 2017).
  9. « Cameroon-Info.Net:: Echanges de tirs à Buea, grande ville du Cameroun anglophone », sur www.cameroon-info.net (consulté le 9 juillet 2018)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Thomas Atenga, Georges Madiba, La communication au Cameroun : les objets, les pratiques, Archives contemporaines, 2012, 172 p. (ISBN 9782813000927)
  • Bouopda Pierre Kamé, La crise anglophone au Cameroun, L'Harmattan, Paris, 2018, 184 p. (ISBN 978-2-343-14078-0)

Articles connexesModifier