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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Couvre-feu (homonymie).
Une patrouille du couvre-feu arrête des noctambules, dans une ville occupée à onze heures le soir, durant la guerre franco-prussienne.

Un couvre-feu est une interdiction à la population de circuler dans la rue durant une certaine période de la journée, qui est généralement le soir et tôt le matin. Elle est ordonnée par le gouvernement ou tout responsable d'un pays, d'une région ou d'une ville. Cette mesure est souvent décrétée lors de la déclaration de la loi martiale ou de l'état de siège, mais peut aussi être appliquée en temps de paix. Le couvre-feu peut se limiter aux mineurs (États-Unis, Anti-Social Behaviour Act de 2003 en Grande-Bretagne, etc.).

Son but est de permettre aux forces de l'ordre, civile ou militaire, de mieux assurer la sécurité de la zone sous couvre-feu ou de limiter la libre circulation d'une certaine catégorie de personnes, comme les femmes ou les mineurs.

Sommaire

Le couvre-feu au Moyen ÂgeModifier

À l'origine, une cloche signalait le couvre-feu à la tombée de la nuit pour indiquer qu'il était temps de recouvrir les feux d'un couvercle de fonte pour éviter tout incendie. Cette tradition subsiste dans quelques rares villes en France, notamment à Strasbourg et Pont-Audemer[réf. nécessaire].

Seconde Guerre mondialeModifier

Le couvre-feu était généralisé par la Wehrmacht dans les territoires occupés. À Paris, il durait de minuit à 6 heures, mais, dans le reste de la France occupée, il commençait plus souvent à 23 heures.

Guerre d’AlgérieModifier

Le couvre-feu est une des mesures phares préconisées par la doctrine de la « guerre contre-insurrectionnelle ». Pendant la bataille d'Alger, il a ainsi permis à l'armée française d'arrêter à domicile, la nuit, les personnes soupçonnées de soutenir le FLN[1]. Il deviendra par la suite un élément clé de ce type de guerre.

Le couvre-feu en FranceModifier

Le couvre-feu a été utilisé en France lors de la bataille d'Alger, mais aussi en métropole : c'est ainsi lors d'une manifestation pacifique contre le couvre-feu pour tous les « Français musulmans d'Algérie » qu'a eu lieu le massacre du 17 octobre 1961 à Paris.

En France, des couvre-feu ont été mis en place pour les mineurs. Ceux-ci concernaient certaines communes qui, en été, rencontraient des incivilités commises par des mineurs. Les maires de ces communes ont pris des arrêtés municipaux de couvre-feu pour les moins de 13 ans, entre 23 heures et 6 heures, et dans certains quartiers de la ville[2].

Lors des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises et en vertu du décret de l'état d'urgence, quelques villes ont mis en place un couvre-feu, notamment au Raincy en Seine-Saint-Denis.

Lors du mouvement des Gilets Jaunes débuté en novembre 2018 à La Réunion, l'activité économique est paralysée, les routes bloquées, les établissements scolaires[3],[4] et structures de l'état fermées. Des renforts policiers sont envoyés depuis la métropole. Un couvre-feu est instauré du 20 au 24, de 21h à 6h, dans 14 villes de l'île[5].

Lors de ce mouvement "Gilets Jaunes", Radio Freedom et quelques médias sont accusés de censure[6].

AviationModifier

Article détaillé : Restrictions des vols de nuit.

Par analogie, le terme de « couvre-feu » est souvent utilisé pour désigner les restrictions concernant les atterrissages et décollages de nuit sur certains aéroports, aux fins de lutte contre le bruit.

RéférencesModifier

  1. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions]
  2. (en) Jurisprudence du Conseil d'État du 9 juillet 2001
  3. Les services de l’Etat à La Réunion, « Fermeture des crèches et établissements scolaires - Mercredi 21 novembre 2018 », sur www.reunion.gouv.fr, (consulté le 20 novembre 2018)
  4. « Maintien de la fermeture des établissements scolaires le mercredi 21 novembre 2018 », académie de La Réunion,‎ (lire en ligne)
  5. Les services de l’Etat à La Réunion, « Restriction de la circulation des personnes et des véhicules du 20 au 24 novembre 2018 », sur www.reunion.gouv.fr, (consulté le 20 novembre 2018)
  6. « Les médias et Freedom, accusés de censure », Clicanoo.re,‎ (lire en ligne)

Voir aussiModifier

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