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Le quartier de Mamilla

Mamilla (hébreu : ממילא) est un quartier de Jérusalem-ouest situé au nord de la vallée du Hinnom qui relie la ville moderne à la porte de Jaffa et à la Vieille Ville. Ce nom est aussi utilisé pour désigner le vieux cimetière musulman et l'ancienne piscine Mamilla située en son centre. Autrefois, il était aussi le nom d'une église dédiée à Sainte Mamilla.

Sommaire

L'origine du nomModifier

Le nom de Mamilla serait celui d'une sainte chrétienne[1] qui prit soin de l'enterrement d'un grand nombre de martyrs chrétiens massacrés pendant le siège de 614 sous l'empire byzantin en Palestine. En son honneur, on construisit à proximité l'église de Sainte Mamilla[2] donc avant la période islamique, sur le site de la caverne du lion (מערת האריה), maintenant située dans le Parc de l'Indépendance. Les ruines en étaient toujours visibles en 1882[3].

L'expression Charnier du lion vient d'une légende racontant que les corps des chrétiens tués lors du siège de Jérusalem par Chosroës furent portés en une nuit par un lion dans les sépulcres qui entouraient l'église[4].

Une autre source indique que le nom de Mamilla viendrait de l'arabe Zaytun al-milla pour « les oliviers de la religion », qui serait « une distorsion couramment utilisée du nom Mamilla » et el bab al-milla qui signifie « la porte de la religion »[5].

Abd al-Ghani al-Nabulsi écrit dans Al-Haqiqa, après ses voyages dans la région en 1693-94 : « Il est dit que son nom d' origine est Ma'man Illah et parfois il a été appelé Bab Allah [porte de Dieu]. Il est aussi appelé 'il-Zeitun Milla. Son nom, selon les Juifs, est Beit Milo et aux Chrétiens, Babilla. Mais il est connu des gens ordinaires comme Mamilla »[6].

Le quartierModifier

Situé juste devant la porte de Jaffa (ar. Bab al'Khalil, porte d'Hébron), Mamilla est l'un des premiers quartiers construits conjointement au XIX° siècle par des juifs et des arabes puis des chrétiens, en dehors des murailles de la vieille ville de Jérusalem, qui avait du mal à contenir les Hiérosolymitains devenus surnuméraires intra muros[7] et pour y loger les immigrants arrivés à Jérusalem qui souffrait d'une pénurie de logements. Aujourd'hui situé au nord du quartier de Talbiya et à l'est de ceux de Shaarei Hessed et de Rehavia, Mamilla fait donc la jonction entre la vieille ville et la ville moderne.

Au XIX° siècle, la porte de Jaffa figure le lieu de départ des caravanes, des marchands et des pèlerins. On y trouvait la seule gare de Jérusalem, un marché, des dépôts de marchandises et des auberges où accueillir modestement voyageurs, marchands ou pèlerins qui arrivaient à cette porte principale de la vieille ville.

 
Plan du quartier de Mamilla en 1946.

En deuxième partie du XIX° siècle, plusieurs bâtiments y sont érigés : on y construit une léproserie, deux hôpitaux dont celui de st-Vincent-de-Paul[8], un orphelinat[9], un monastère, un centre culturel maghrébin (1854), etc.. Au début du XX° siècle et pour y accueillir les pèlerins dont la venue s'est intensifiée à partir des années 1880[7] et les touristes, le centre YMCA et les hôtels Palace et King David voient le jour concomitamment au début des années 1930, ainsi qu'une zone commerciale à l'extérieur de la porte de Jaffa, près de laquelle s'installent des services touristiques mais le quartier marchand incendié ferme lors des violences de 1947 et son environnement reste perfectible.

Ainsi, longtemps délaissé et destiné à une population immigrée et indigente, le quartier de Mamilla a été le témoin de l'histoire, comme celui du siège de Jérusalem au VII° siècle, de l'immense incendie de 1880, de l'attentat du King David Hotel en 1946 ou des émeutes sanglantes du quartier commerçant de 1947 après la décision de la création d'un Etat juif en Palestine, qui l'avait presque entièrement détruit, juste avant d'essuyer les tirs jordaniens en 1948 car figurant sur une partie de la ligne de démarcation entre Israël et la Jordanie d'alors[9].

 
Theodor Herzl (à droite) près de la maison et de la famille Stern à Mamilla, 1898.

Lors d'un voyage en Palestine en 1898, le fondateur du sionisme, Theodor Herzl, rencontre l'empereur allemand Guillaume II dans la maison Stern où il séjourne[9] au 18 rue Mamilla, puis il exprime son dégoût et son rêve :

« Quand je me souviendrai de toi, ô Jérusalem, dans les jours à venir, ce ne sera pas avec joie. Les dépôts poussiéreux de deux mille ans d'inhumanité, d'intolérance et d'insalubrité couvrent tes ruelles puantes. Si jamais Jérusalem était la nôtre (...) je commencerais par la nettoyer. Je ferai (...) abattre les trous à rats crasseux, incendier tous les vestiges non sacrés et déplacer les bazars. Ensuite, gardant autant que possible le vieux style architectural, je construirais autour des lieux sacrés une ville nouvelle confortable ».

Le voeu de Herzl semble s'exaucer après la réunification de la ville de Jérusalem en 1967 ; l'ensemble du quartier de Mamilla sera assaini et réhabilité sur un programme au long cours. En 1955, le parc Mamilla dit parc de l'Indépendance (Gan Haatsmaout) voit le jour. Son ancien centre commercial des années trente fermé en 1947 est reconstruit soixante ans plus tard, en 2007. Mamilla a bénéficié au début du XXI° siècle d'un vaste programme de rénovation et de construction en pierre blanche de Jérusalem vieillie. Il se compose d'ensembles immobiliers où cohabitent des architectures ancienne et contemporaine à usage d'habitation et de commerce. L'historique maison Stern a été démontée puis reconstruite à l'identique[9].

 
Détail au Musée d'art juif italien.

Ce nouveau quartier attire désormais une population aisée dans ses nouveaux logements de facture soignée, qui bénéficie d'un environnement de qualité : des parcs et jardins verdoyants, des commerces et restaurants, un centre commercial à ciel ouvert, le centre de YMCA, l'hôpital gériatrique français St-Louis du XIX° siècle[10] plusieurs fois primé[11], le bassin antique de Mamilla, le couvent des Soeurs du Rosaire fondé en 1880, des centres culturels (le Musée de la musique hébraïque, le Musée Nahon d'art juif italien, le Centre international David Amar du patrimoine juif d'Afrique du Nord ou le Centre événementiel de la Création juive Beit Avi Chaï) qui côtoient le fameux hôtel King David de 1931, non loin de l'ancien rival Palace Hotel Art déco de 1928 devenu Waldorf Astoria. L'attrait de ce quartier joue aussi pour beaucoup avec la proximité de la vieille ville et de ses sites historiques et touristiques ainsi que de la ville moderne, desservi par les transports en commun alentour.[9].

Le Palace HotelModifier

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Intérieur de l'hôtel Waldorf Astoria de Mamilla, après restauration, en 2018.
 
Palace Hotel de Mamilla v. 1929-1933.

Pour encourager le tourisme[12] à Mamilla et devancer le futur King David Hotel en construction à quelques dizaines de mètres, en 1928, Mohammad Amin al-Husseini, le mufti de Jérusalem, décide de construire une université arabe et un hôtel de luxe de 140 chambres, à la lisière du cimetière[13], dans l'actuel croisement des rue Gershon Agron et King David mais le creusement des fondations laisse apparaître des tombes qu'il fait déplacer. Le Palace Hotel à l'architecture ottomane tardive fonctionne quelques années puis ferme en 1935, face à la concurrence intense du King David installé dans la rue éponyme. Il devient alors immeuble de bureaux, studios de radio britannique «Voice of Jerusalem », Départements d'Etat ou lieu de réunion comme pour la Commission Peel en 1936.

Par la suite, l'hôtel passe de main en main jusqu'en 2006 à une famille canadienne qui le fait restaurer avec soin durant trois ans, dans le style éclectique romano-mauresque de l'époque Art déco de sa construction. Dans la cadre de l'action de préservation du patrimoine historique et culturel (Gamut) de Jérusalem, sa façade est entièrement conservée et le reste du bâtiment est reconstruit dans sa forme originelle pour devenir un hôtel de luxe au confort de dernière technologie. Y sont ajoutés une nouvelle aile et des étages supérieurs. L'hôtel se dote de 230 chambres, de deux piscines et sa salle de réception est dite la plus grande de Jérusalem. Pour répondre à la demande religieuse, une vaste cour intérieure permet l'installation d'une cabane (souccah) au moment des fêtes juives de Souccoth et crée un puits de lumière. Devenu en 2014 l'hôtel Waldorf Astoria appartenant à l'empire Hilton, l'hôtel toujours considéré comme un héritage patrimonial par les Hiérosolymitains, est revendu à un Français d'origine marocaine en 2017[14].

Le cimetière musulman de MamillaModifier

HistoireModifier

 
Piscine et cimetière de Mamilla en 1864

Ce cimetière historique remonte au XI° siècle[5] ; il est établi autour de la piscine de Mamilla qui ayant été conçue à l'époque byzantine au plus tôt au IV° siècle[15], lui préexiste. Cette piscine est désignée aussi comme « piscine supérieure de Gihon »[16] et de nombreux voyageurs l'évoquent dans leurs mémoires.

Appelé selon l'usage commun "cimetière musulman" (ar. Ma'man Allah), parce qu'il a servi au cours des siècles, jusqu'en 1927, principalement aux musulmans, ce lieu de sépulture contient toutefois des milliers tombes chrétiennes et notamment de croisés[17].

Des recherches récentes ont mis au jour des ossements de chrétiens du VIIe siècle, victimes de ce que les historiens appellent le "massacre de Mamilla", tués selon certaines sources par les Perses dirigés par Khosro II en 614 [18], et selon d'autres sources, par des Juifs de Jérusalem et des Perses[19],[13]. Selon le guide Israel handbook de Dave Winter, ces ossements pourraient être ceux de Juifs massacrés par les Grecs[20][réf. insuffisante]. En dépit du nombre de 24,000 à 90,000 victimes, si l'on en croit les sources chrétiennes (notamment Stratègios), les fouilles archéologiques n'ont permis d'identifier que 526 corps de datant de l'époque du massacre[13],[21].

Quand Saladin a défait les Croisés en 1187, il fait du quartier de Mamilla où il avait établi son état-major, une donation pieuse ou Waqf, ce qui entraîne une immobilisation du fonds. L'administration de cet organe gérait aussi l'église et le Saint Sépulcre et d'autres institutions chrétiennes et musulmanes ; cette sitution a perduré de 1187 jusque sous le gouvernement d'Israël[22].

En 1847, le cimetière est délimité par une clôture par les autorités ottomanes[23].

 
Vue partielle du cimetière de Mamilla

Tout au long des siècles de la domination islamique sur Jérusalem, le cimetière de Mamilla est considéré comme le plus grand cimetière islamique de la ville mais ses dimensions varient selon les sources : Un acte de 1938 délivré par les autorités britanniques au Waqf islamique indiquait une taille de la parcelle de 33 acres[23] ; en 1945, le journal sioniste « The Palestine Post » dit qu'il couvrait une superficie de plus de 111 acres[24], tandis que le journal de la gauche israélienne « Haaretz » déclare en 2010 qu'il s'étendait à son sommet sur une superficie d'environ 50 acres[25].

« Pendant les soixante dernières années du règne ottoman, les trente années du mandat britannique et les vingt premières de l'Etat juif, le cimetière est resté inviolé, explique le professeur Yehoshua Ben-Arieh, expert réputé d'histoire-géographie à l'université hébraïque de Jérusalem[26] ».

Le cimetière est utilisé jusqu'en 1927, date à laquelle il est fermé et classé site historique[27].

En 1928, Mohammad Amin al-Husseini, le mufti de Jérusalem, décide de construire une université arabe et un hôtel de luxe de 140 chambres[13] mais lors des fondations du Palace Hotel, des tombes musulmanes sont découvertes. Le chef du Conseil suprême musulman (SMC) transfère alors ces tombes ailleurs, comme l'autorise la Charia musulmane, pour que les travaux de l'édifice se poursuivent, mais son geste suscite l'ire de factions rivales qui déposent une plainte contre al'Husseini devant les tribunaux musulmans, au motif de profanation de tombes anciennes[28]. Cette plainte contre le président du Conseil suprême musulman n'a pas abouti puisque l'hôtel ouvre ses portes en 1928 et est utilisé quelque temps, alors que la partie du cimetière reste à l'abandon, ne recevant aucun soin du Salahiyyah Waqf en charge du site, malgré la présence de tombes de dignitaires et notables musulmans.

En novembre 1945, le « Palestine Post » rapporte les projets du Conseil suprême musulman (SMC) et du conseiller en urbanisme du gouvernement pour la construction à présent d'un centre commercial sur le lieu de l'ancien cimetière et la décision de déplacer les restes enterrés, mais ce plan n'a jamais été mis en oeuvre.

 
Mausolée au cimetière nord de Mamilla, tombe de l'Emir mamelouk Aidughi Kubaki, datant de 1289 (inscription). Photo Djampa, 2010.

Au moment du contrôle israélien sur Jérusalem-ouest en 1948, le cimetière Ma'man Allah passe sous l'administration du Département des affaires musulmanes dans le Ministère israélien des Affaires religieuses et des Waqfs.

En 1955 le Parc Mamilla (Parc de l'Indépendance) est construit à l'Ouest[23], qui conserve les tombes remarquables ou de qualité du vieux cimetière en partie en ruines. Le cimetière de Mamilla devient alors un lieu en bordure du Parc de l'Indépendance, envahi par les détritus et les mauvaises herbes[29],[21]. En outre, les terrains de l'ancien cimetière comprennent une école expérimentale (Beit Agron), le Kikar Hahatulot (place des Chats), le siège du Ministère israélien du Commerce et de l'Industrie, et le bâtiment du Département des douanes[réf. nécessaire] .

En 1964, après autorisation accordée par un cadi (juge islamique), fonctionnaire douteux (condamné pour corruption l'année suivante)[30], une partie au nord du cimetière est transformée en parking de stationnement, recueillant alors aucune contestation. Après la Guerre des Six-jours de 1967, seules quelques stèles et une chapelle funéraire sont encore debout[réf. nécessaire]. C'est en 1992 que les autorités vendent les derniers terrains du cimetière à la municipalité de Jérusalem.

Controverse relative à la construction du Musée de la ToléranceModifier

Depuis 2004, le projet de construction[31] d'un Musée de la Tolérance par le Centre Simon-Wiesenthal sur l'emplacement de l'ancien cimetière musulman de Mamilla remontant au XIe-XIIe siècle, est un point public de discorde. Le Musée se situe plus précisément à l'angle nord-ouest d'une partie du cimetière, à un endroit qui avait été transformé en parking en 1964[30]. Il a été imaginé sur le modèle des musées existant à Los Angeles (1993) et New York (2003). Malgré la polémique internationale qu'a suscité sa construction il doit ouvrir ses portes en 2018.

« En 1948, les autorités israéliennes avaient rassuré le gouvernement jordanien qui s'inquiétait d'une possible profanation : "La Mamilla est considérée comme l'un des plus importants cimetières musulmans, où 70 000 guerriers des armées de Saladin ont été enterrés, en compagnie de nombreux érudits musulmans. Israël saura toujours protéger et respecter ce site." » rappelle le journal Le Monde, qui souligne le fait que « cette promesse n'a pas été tenue »[32].

 
Le Musée de la Tolérance au bout de la rue Yo'el Moshe Salomon. Photo 2015.

Selon l'archéologue Gideon Suleimani, nommé par l'Autorité des antiquités israéliennes (IAA), quelque 2 000 tombes, datant pour certaines du XIe siècle, sont encore présentes, sur au moins quatre niveaux, et les fouilles archéologiques n'ont été achevées que sur 10 % du site concerné[33]. Les partisans du musée auraient édulcoré l'expertise de Gideon Suleimani, gênante pour eux, selon le journal Le Monde. Quatre-vingt-quatre archéologues de différents pays travaillant dans des institutions de recherche de premier plan ont lancé un appel en 2011 au Centre Simon Wiesenthal, à la municipalité de Jérsulem et à Autorité des antiquités israéliennes pour que prenne fin la construction du Musée de la Tolérance au centre de la ville ; parmi eux Nicholas Postgate (academic) (en) (Université de Cambridge) et Joan Oates (en) (Université de Cambridge et McDonald Institute for Archaeological Research), spécialistes de la Mésopotamie[34].

Yitzhak Reiter (en), professeur à l'Université hébraïque de Jérusalem, auteur d'un ouvrage, La Controverse relative au cimetière de Mamilla et du Musée de la Tolérance (2011) rappelle que le projet du Musée ne peut être considéré comme d'une importance vitale et que la construction de l'édifice aurait pu être entreprise n'importe où ailleurs que dans ce cimetière historique[35]. Selon ce même auteur, le projet du Musée s'inscrit dans une entreprise d'effacement du passé arabe et musulman et dans un processus de remodelage du paysage israélien[36]. « Depuis sa création en 1948, l'Etat juif a ignoré nombre de décisions et recommandations de l'ONU, y compris une résolution du Conseil de sécurité du 30 juin 1980 déplorant la persistance d'Israël à vouloir "changer le caractère physique, la composition démographique, la structure institutionnelle et le statut de la ville sainte de Jérusalem"[37] ».

Selon Shimon Shamir (professeur à l'Université de Tel Aviv, et ambassadeur d'israël), il y a une contradiction entre le projet d'un Musée dit "de la tolérance" et sa mise en œuvre, qui décèle une intolérance flagrante[38].

 
Travaux pour le Musée de la Tolérance, place Maccabi Mutsri à Jérusalem. Photo Djampa, 2014.

L'affaire est un noeud devenu gordien où se mêlent des voix juives, musulmanes, chrétiennes et laïques de citadins, de descendants, d'associations, de religieux, d'idéologues, d'archéologues, d'historiens, d'universitaires, d'urbanistes ou de politiques de la région mais aussi d'autres intervenants internationaux (Turquie, Etats-Unis, pays du Golfe, Yémen, Suisse, ONU, UNESCO, etc.)[23],[30],[39],[31]. Aussi, l'affaire est-elle donc portée en justice durant plusieurs années, jusqu'à la Cour suprême qui autorise finalement les travaux de construction en 2011 pour des plans plus modestes, au motif principal qu'il n'y a pas d'opposition juridique à ce projet puisque les autorités musulmanes elles-mêmes avaient précédemment décidé d'exploiter ces parcelles à des fins commerciales et d'éducation ; il avait donc cessé d'être un cimetière[13].

Néanmoins, certaines familles musulmanes déçues, soutenues par des associations ou acteurs juifs, chrétiens et musulmans, ont poursuivi leur lutte et porté leur cause devant l'ONU[13],[30]. Pour autant, les travaux ont avancé et le Musée doit ouvrir ses portes en 2018[39].

 
Vue du mall du nouveau centre commercial de Mamilla donnant sur les murailles de la Vieille ville, la nuit, en 2011.

Le projet de construction a reçu son approbation finale en 2011 et le chantier a débuté derrière une palissade surveillée par des caméras. Selon certains témoignages, ceux qui essayaient de s'approcher du chantier pour faire des photos étaient victimes d'intimidations et de tracasseries policières[40].

Le centre commercial de luxe de MamillaModifier

Cette galerie marchande est relativement luxueuse par rapport aux échoppes du souk de la vieille ville. L'endroit est composé d'immeubles d'habitation et de commerce situé à l'extérieur ouest de la porte de Jaffa. Avant la Guerre des Six-jours, cette zone figurait une sorte de frontière entre Israël et la Jordanie, et l'endroit était abandonné.

Après 1967, elle a bénéficié d'un programme de rénovation urbaine achevée en 2007. Le célèbre architecte israélien, Moshé Safdie, a intégré à ce nouvel espace un grand nombre de structures historiques restaurées du XIX° siècle. Entre autres, s'y trouve cette longue allée piétonne à ciel ouvert, pavée de pierres de Jérusalem, bordée des vitrines de magasins de marque et de restaurants gastronomiques attirant nombre de visiteurs qui bénéficient à son extrémité d'une vue spectaculaire sur la vieille ville.

Le parking CartaModifier

Le parking Carta se trouve sous la galerie marchande et il a défrayé l'actualité au cours de l'été 2009, à la suite de la décision de la municipalité de l'ouvrir durant le Shabbat, ce qui a provoqué la colère des juifs religieux de Méa Shéarim.

Le village fantôme de Kfar DavidModifier

Il s'agit d'un complexe immobilier de grand luxe, situé juste devant la Porte de Jaffa, dont les appartements ont été acquis par de riches juifs américains et européens qui n'y habitent pas. Ce phénomène n'est pas unique, il peut être observé dans plusieurs immeubles des quartiers de Ginot Ha-Ir (גינות העיר) et dans les villes d'autres pays.

BibliographieModifier

  • (en)Yitzhak Reiter (en), La controverse relative au cimetière de Mamilla et du Musée de la Tolérance (Contesting Symbolic Landscape in Jerusalem: Jewish/Islamic Conflict over the Museum of Tolerance at Mamilla Cemetery, Brighton: Sussex Academic Press, 2014[41] (première publication en hébreu, Jerusalem: The Jerusalem Institute for Israel Studies, juillet 2011[42]).
  • (he) Yonathan Mizrachi, Le cimetière de Mamilla à Jérusalem-Ouest : un site patrimonial au carrefour de la politique et de l'immobilier (Mamilla Cemetery in West Jerusalem : A Heritage site at the Crossroads of Politics and Real Estate), Jérusalem, Emek Shaveh, 2012.

AnnexesModifier

Liens externesModifier

-Sur le cimetière de Mamilla :

-Sur le massacre de Mamilla au VIIe siècle:

Articles connexesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Dictionnaire hagiographique ou Vies des saints et des bienheureux, L.-M. Pétin, 1848 Mamille (sainte), Mamilla était autrefois honorée en Palestine, près de Jérusalem.
  2. [1] L'étang situé à l'ouest de la porte de Jaffa ou de Bethléem est connu des Arabes sous le nom de Birket-el-mamilla (étang de Mamilla), parce qu'une église dédiée à sainte Mamilla s'élevait autrefois dans le voisinage (Bernardi (sapientis monachi) Itinerar. m loca sancla, xvi. — Fundgruben des Orients, II, 131.)
  3. Souvenirs de mon pèlerinage aux Lieux saints (25 avril-10 juin 1882), l'abbé L. Alazard -Vve E. Carrère (Rodez)-1883
  4. Les églises de la Terre Sainte, Melchior Vogüé : « Il nous reste à mentionner deux chapelles ruinées situées, sur les grottes sépulcrales de la vallée de Hinnom : la première, près de la piscine nommée « Birket Mamillah », et au Moyen Age « Lay du Patriarche » ; ... J'ignore l'origine du mot « Mamillah »; Bernard le Sage en fait le nom d'une sainte; M. de Saulcy (II, 326) le considère comme la corruption de Babylas... Les chrétiens tués lors du siège de Jérusalem par Chosroës furent ensevelis (Eutychius, ^nn.,1I, 212, 242) dans les sépulcres qui entourent l'église. La légende raconte que leurs corps y furent portés en une nuit par un lion. Aussi, pendant tout le Moyen Age, on appela ces grottes " le Charnier du lion "  » (Jean de Wirtzbourg. — Fetellus. — Thetmar. — La Citez de Jérusalem, etc)
  5. a et b Moshe Gil, Une Histoire de la Palestine, 634-1099, CUP Archive. pp. 422, 634, (ISBN 9780521404372).
  6. « Jerusalem Quarterly File », Issues 17-21, Institute of Jerusalem Studies, 2003 : 61 - Annexation (Municipal government)
  7. a et b Yehoshua Ben-Arieh, Jérusalem au XIXe siècle, Géographie d'une renaissance, Israël MOD Publishing House, Tel Aviv, Israël, 1980, Traduction Editions de l’éclat, 2003, chap. 6, Lire en ligne.
  8. Y. Ben-Arieh, op. cit., chap. 8.
  9. a, b, c, d et e Aviva Bar-Am, « Des rues emplies d'histoire : A quelques pas de la vieille ville, Mamilla raconte une incroyable histoire de destruction, de division, de réunification et de renouveau », Jerusalem Post,‎ (lire en ligne)
  10. Visite du Consul général de France. Lire en ligne.
  11. L'hôpital français St-Louis a été construit en 1881 et a permis une percée dans les murailles de la vieille ville, dite « Porte Neuve » à l'époque ottomane . En 1988, l'établissement reçoit à la Knesset le « Prix de la Qualité de la Vie » pour son « dévouement excellent », le « pont de solidarité humaine, de tolérance mutuelle et de respect » qu’il établit et « l’esprit de bénévolat » au sein des volontaires. En 2007, l’hôpital est décoré du « Mount Zion Award » pour la Paix, prix qui salue l’œuvre oecuménique de réconciliation qui y est menée.
  12. (en) Daniella Ohad Smith, « Hotel design in British Mandate Palestine: Modernism and the Zionist vision », The Journal of Israeli History, no Vol. 29, N° 1,‎ , p. 99-123 (lire en ligne)
  13. a, b, c, d, e et f (en) Judith Mendelsohn Rood, Columbian College of Arts & Sciences, « What We Choose to Remember : Jerusalem in World History », sur hnn.us (History News network), (consulté le 7 juillet 2018)
  14. « Un juif français achète le Waldorf Astoria de Jérusalem », Times of Israël,‎ (lire en ligne)
  15. R. Abu Raya , Y. Billig , (en) « Jerusalem, Mamilla Pool » , Hadashot Arkheologiyot : Excavations and Surveys in Israel, 115, 2003, cité in D. Gurevich, (en) « The Water Pools and the Pilgrimage to Jerusalem in the Late Second Temple Period », Palestine Exploration Quarterly, Volume 149, n° 2, 2017. Lire en ligne.
  16. Vincent Lemire, La soif de Jérusalem ; essai d'hydrohistoire (1840-1948), Paris, Sorbonne, 2011, 663 p. (EAN 9782859446598), p. 249-251.
  17. "The Mamilla cemetery, in addition to Muslim graves holds thousands of Christians and Crusader tombs", The Times of Israel, lire en ligne
  18. Squelettes Les ossements trouvés sont ceux de chrétiens massacrés en 614, au moment de la prise de Jérusalem par les Perses.
  19. What We Choose to Remember: Jerusalem in World History, Judith Mendelsohn Rood There has been scarce mention of the horrific massacre of Byzantine Christian residents by Jews in the extensive coverage of the museum controversy. Although the incident is well-attested in the historical record, despite the discovery and analysis of the physical evidence over almost twenty years and the fact that it is the subject of an important scholarly article on the way that the massacre has been treated by Christian, Jewish and Israeli historians, its significance has been ignored in the public controversy over the museum.
  20. Israel handbook: with the Palestinian Authority areas sur Google Books pages 207-208
  21. a et b Holy Sites Encircled: The Early Byzantine Concentric Churches of Jerusalem, p.308,lire en ligne
  22. "When Saladin defeated the Crusaders in 1187, he endowed the Mamilla district, where he had established his headquarters, as a trust in his charitable foundation, called the Salahiyah Waqf. This trust, logically, also administered the Church of the Holy Sepulchre and other Christian and Muslim institutions established before 1187 and during the Ayyubid period. The Waqf Administration continued to administer these even under British, Jordanian and Israeli rule", (en) Judith Mendelsohn Rood, Columbian College of Arts & Sciences, « What We Choose to Remember : Jerusalem in World History », sur hnn.us (History News network), (consulté le 7 juillet 2018)
  23. a, b, c et d Version de la Conférence de Londres du politique palestinien Edward Said, donnée au British Museum le 31 mai 2011, mise à jour par Rachid Khalidi, (en) « Dignité humaine à Jérusalem » , in Jadaliyya du 5 juillet 2011. Lire en ligne.
  24. (en) « Les Musulmans et le projet Mamilla en 1945», Abe Selig, The Jerusalem Post du 17 Février 2010.
  25. Nir Hasson, (he) « Musée de la Tolérance, rapport spécial : Trous, sainteté et Hollywood », Haaretz du 18 mai 2010.
  26. Le Monde, 15/03/2010, "Discorde sur le Musée de la tolérance", lire en ligne
  27. "It was in use until 1927 when it was decided to preserve it as a historic site", The Times of Israel, lire en ligne
  28. (en) « Grand Hôtel », Jerusalem Post du 30 juillet 2009.
  29. "The cemetery at Mamilla became an overgrown corner of Independence Park, covered by trash and weeds an unsafe place for anyone to go", (en) Judith Mendelsohn Rood, Columbian College of Arts & Sciences, « What We Choose to Remember : Jerusalem in World History », sur hnn.us (History News network), (consulté le 7 juillet 2018)
  30. a, b, c et d Laurent Zecchini, « Discorde sur le Musée de la tolérance », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  31. a et b « Tolérance à l’israélienne », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  32. Le Monde, 15/03/2010, "Discorde sur le Musée de la tolérance", lire en ligne
  33. Le Monde, 15/03/2010, "Discorde sur le Musée de la tolérance", lire en ligne
  34. "Eighty-four senior archaeologists from leading research institutions around the world have called on the Simon Wiesenthal Center, the Jerusalem municipality and the Israel Antiquities Authority to put an end to construction of the Museum of Tolerance in the center of the city", Haaretz, octobre 2011, "Grave Concerns", https://www.haaretz.com/israel-news/culture/1.5203282.
  35. the museum project, which cannot be viewed as a vital enterprise, and which could be built elsewhere", Haaretz, 25/11/2011, Shimon Shamir, "The Controversy of the Museum of Tolerance", lire en ligne.
  36. "Y. Reiter holds that the judges, in their conception of the public interest, explicitly adopted a Judeo-nationalistic discourse that matches the aims of the museums founders for a building that would dominate its environment. The book presents this position in the context of what it describes as a formidable enterprise of obliteration and denial . . . mainly of the Arab and Islamic past in the process of molding the Israeli landscape", Haaretz, 25/11/2011, Shimon Shamir, "The Controversy of the Museum of Tolerance", lire en ligne
  37. Le Monde, 15/03/2010, "Discorde sur le Musée de la tolérance", lire en ligne
  38. "There is an inherent contradiction here. Indeed, a project for tolerance that is forced upon others with flagrant intolerance is a devious idea", Haaretz, 25/11/2011, Shimon Shamir, "The Controversy of the Museum of Tolerance", lire en ligne
  39. a et b (he) Kuti Fundaminsky, « Les projets que nous avons manqués : le Musée de la Tolérance », sur mynetjerusalem.co.il,
  40. (en) « Police detain Director filming Mamilla Cemetery - Police detain Director filmiing Mamilla Cemetery - Architects and Planners for Justice in Palestine », sur apjp.org (consulté le 7 juillet 2018)
  41. Compte rendu par Michelle Campos : https://www.cambridge.org/core/journals/international-journal-of-middle-east-studies/article/yitzhak-reiter-contesting-symbolic-landscape-in-jerusalem-jewishislamic-conflict-over-the-museum-of-tolerance-at-mamilla-cemetery-brighton-sussex-academic-press-2014-pp-189-5500-cloth-2995-paper-isbn-9781845196554/78AA17BECF3425F7EF45BE9849BE0C29#
  42. Compte rendu par Shimon Shamir : https://www.haaretz.com/life/books/1.5222483