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Néerlandais (peuple)

peuple, nationalité
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le groupe ethnique. Pour la langue néerlandaise, voir Néerlandais.
Néerlandais
Description de cette image, également commentée ci-après

Populations significatives par région
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 13 236 618
(Ethnie néerlandaise)
+ env. 472 600[1]
(Néerlandais indonésiens)
Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud 7 000 000 (Ancienne colonie)
Drapeau des États-Unis États-Unis 5 087 191 (Ancienne colonie partielle : ancêtres néerlandais)
Drapeau du Canada Canada 1 000 000 (Ancienne colonie partielle : ancêtres néerlandais)
Drapeau de la France France 1 000 000
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 350 000 (État frontalier)
Drapeau de l'Australie Australie 335 000 (Ancienne colonie partielle : ancêtres néerlandais)
Drapeau de la Belgique Belgique 120 970 (Ancienne région des Pays-Bas, État frontalier)
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 100 000 (Ancienne colonie)
Drapeau du Danemark Danemark 30 000
Drapeau de la Suisse Suisse 20 000
Drapeau de la Turquie Turquie 15 000
Drapeau de l'Indonésie Indonésie 15 000 (Ancienne colonie)
Drapeau de la Norvège Norvège 13 000
Drapeau de la Suède Suède 10 000
Population totale env. 17-28 000 0000[2]
Autres
Langues Néerlandais
Religions Protestantisme (surtout calvinisme), catholicisme, autres religions, agnosticisme et athéisme
Ethnies liées Flamands, Afrikaners, Allemands et autres peuples germaniques

Le peuple néerlandais est un groupe ethnique originaire des Pays-Bas[3]. Les Néerlandais partagent une culture commune et parlent le néerlandais. Le peuple néerlandais et ses descendants sont présents sur tous les continents des suites de la colonisation européenne, et particulièrement au Suriname, au Chili, au Brésil, au Canada[4], en Australie, en Afrique du Sud, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis.

L'art et la culture néerlandaise comprennent différentes formes de musiques, de peintures, de styles architecturaux et de modes vestimentaires, dont certains artistes, tels Rembrandt van Rijn, Vincent van Gogh, Johannes Vermeer et Jacob van Campen sont reconnus à l'échelle mondiale.

Les Néerlandais sont traditionnellement de religion chrétienne (catholiques et protestants), mais de nos jours seule une minorité reste pratiquante. Des parts importantes de la population adhèrent à l'humanisme, l'agnosticisme, l'athéisme et l'individualisme. Au Moyen Âge, les Pays-Bas étaient situés près de la frontière française et du Saint-Empire romain germanique, formant une part de leur de zones de domination respectives. C'est au XIIIe siècle que les différents territoires qui les constituaient sont devenus de facto quasiment autonomes.

Sous la famille des Habsbourg, les Pays-Bas furent organisés en une seule entité administrative et aux XVIe et XVIIe siècles, le nord du pays devint indépendant de la couronne espagnole et forma la République des Provinces-Unies. Le haut degré d'urbanisation caractéristique des Pays-Bas fut atteint relativement tôt. Les premières grandes vagues d'émigrations en dehors de l'Europe débutèrent à l'époque de la République.

HistoireModifier

ÉmergenceModifier

Comme pour tous les groupes ethniques, l'ethnogenèse des Néerlandais (et de leur prédécesseurs) a été un processus long et complexe. Bien que la majorité des aspects caractéristiques (tels la langue, la religion, l'architecture ou la cuisine) de ce groupe ethnique se soient accumulés au cours du temps, il est difficile (voire impossible) de clairement distinguer l'apparition du peuple néerlandais, les avis étant très partagés à ce sujet.

La suite de l'article se concentre sur l'histoire du groupe ethnique néerlandais. Pour plus d'informations sur l'histoire nationale néerlandaise, se référer aux articles portant sur l'histoire des Pays-Bas ; pour l'histoire coloniale, se diriger vers la page portant sur l'Empire colonial néerlandais.

Généralités sur les peuples germaniquesModifier

Au cours des premiers siècles apr. J.-C., les tribus germaniques formèrent des sociétés tribales sans forme apparente d'autocratie (les chefs étant seulement élus en temps de guerre). Leur mythologie, tout comme leurs dialectes, étaient d'origine germanique. De grands changements ont eu lieu au sein de ces sociétés germaniques lorsqu'après la période migratoire qui eut lieu à l'ouest vers le IVe siècle, de grandes tribus (telles les Francs, les Vandales, les Alamans et les Saxons) s'installèrent sur l'Empire romain en plein déclin. Parmi ces changements, il faut noter leur conversion au christianisme, l'émergence d'un nouveau système politique centré sur l'apparition de rois comme détenteurs du pouvoir, et un processus continu de différenciation entre les parlers, empêchant petit à petit une compréhension mutuelle.

La naissance d'une identité néerlandaiseModifier

 
Répartition des peuples germaniques au premier siècle

La situation générale décrite ci-dessus est applicable à la plupart sinon à tous les groupes ethniques européens descendants de tribus germaniques, tels les Frisons, les Allemands, les Anglais et les peuples germaniques septentrionaux. Aux Pays-Bas, cette phase débuta lorsque les Francs, eux-mêmes composés de différentes petites tribus (dont beaucoup, comme les Bataves, les Chauques, les Chamaves et les Chattuares, s'étaient déjà établis aux Pays-Bas avant la formation de la confédération des Francs), commencèrent à annexer les provinces du Nord-Est de l'Empire Romain.

 
La conversion de Clovis au christianisme aura une grande signification dans la formation de la future identité néerlandaise.

Finalement, en 358 apr. J.-C., les Saliens, une des trois subdivisions de la ligue franque s'installèrent au Sud, formant un peuple fédéré et chargé par les Romains de défendre la frontière.

Le langage des Francs se transforma petit à petit en vieux néerlandais, dont on trouve les premières traces au VIe siècle. Leur conversion au christianisme (en commençant par les élites) s'est produite entre 500 et 700. Sur le plan politique, les chefs de guerre francs abandonnèrent petit à petit le tribalisme pour former des royaumes, qui finirent par devenir l'empire carolingien. Cependant, la population qui vivait dans l'empire de Charlemagne, ou même auparavant sur les petits royaumes francs comme l'Austrasie ou la Neustrie, n'était pas majoritairement composée de Francs. Bien que les chefs francs contrôlaient la plus grande partie de l'Europe occidentale, la population franque en elle-même restait confinée dans la partie du Nord-Ouest de l'Empire (c'est-à-dire les Pays-Bas et le nord de la France). Finalement, les Francs de la France septentrionale furent assimilés à la population majoritairement gallo-romaine, s'adaptant aux dialectes locaux (ce qui conduisit au français), tandis que les Francs aux Pays-Bas conservèrent leur langage qui évolua plus tard en néerlandais. La frontière linguistique entre le français et le néerlandais est quasiment restée la même depuis (à l'exception de la Flandre française et de Bruxelles).

ConvergenceModifier

Articles détaillés : Pays-Bas bourguignons et Moyen néerlandais.

ConsolidationModifier

Articles détaillés : Révolte des gueux et Primitif flamand.
 
L'Acte de La Haye, signé le 26 juillet 1581, fut la déclaration formelle d'indépendance des Pays-Bas hollandais.

Identité nationaleModifier

Anthropologie et ethnologieModifier

Dans la première moitié du XIXe siècle, dans les environs de Dordrecht, de Gorcum, de Schoonhoven et le long de la Haute-Meuse, les deux sexes sont en général d'une taille moyenne et d'une santé robuste. Il y en a même un assez grand nombre de haute taille ; les hommes y ont les épaules larges et les jambes bien fournies. Tous les habitants ont la peau blanche et quoiqu'il y ait, ainsi qu'ailleurs, des blondes parmi les femmes, les brunes y sont néanmoins en plus grand nombre. Elles ont aussi en général l'œil bleu tirant sur le brun et leur taille est plutôt grande que petite[5]. Le long de la Meuse et de l'autre côté de ce fleuve jusqu'à Rotterdam, les hommes sont d'une taille moyenne. Ils ont les yeux d'un gros bleu et enfoncés dans la tête, avec un regard assuré, quoique doux et modeste, qui ne laisse apercevoir aucun signe de haine, d'astuce ni d'envie. Leurs membres sont robustes et leurs jambes grosses, principalement celles des marins. Les femmes y sont gracieuses ; elles ont les hanches larges, le sein assez gros, la peau blanche et un air de santé[5].

Les hommes du côté de la Gueldre et d'Utrecht ont à cette époque les yeux bleus, mêlés de brun, vifs, brillants et offrent un regard fier sous des paupières épaisses. Ils ont les lèvres grosses, une grande bouche, des joues charnues, le nez droit et rond du côté des narines, le front découvert et le contour du visage ovale. Leurs cheveux sont châtains et bouclés ; il y en a aussi beaucoup de noirs. Ils sont taciturnes et d'une humeur querelleuse ; pour la moindre chose ils en viennent aux mains et c'est dans ces provinces qu'on affectionne surtout le combat du couteau, particulièrement du côté de Woerden[5]. Ils n'aiment pas les étrangers et se méfient même des habitants des villes ; ils sont néanmoins affables entre eux. Impétueux dans leurs passions, quand ils aiment, ils s'abandonnent facilement à la jalousie, quoique d'ailleurs ils soient naturellement froids et indifférents. Les femmes ont la tête ronde et les joues potelées ; leurs yeux d'un bleu foncé ont le regard fort doux. Leurs lèvres sont aussi un peu épaisses, mais vermeilles. La plupart sont blondes, ou d'un châtain clair et ont le teint frais et brillant[5].

En 1844, dans la plupart des provinces des Pays-Bas, les mœurs sont restées ce qu'elles étaient jadis. Le Néerlandais du XIXe siècle est de sa nature réservé et taciturne ; son éducation et son esprit ne le portent pas à rechercher les dehors brillants, à s'exercer à cette joute vive et capricieuse qu'on appelle la conversation. Il aime son travail, ses affaires, l'intérieur de la maison et la vie de famille[5]. La visite d'un étranger dérange nécessairement la régularité systématique de ses habitudes et lui apporte de la surprise, du trouble. Avant de l'introduire dans un cercle domestique, le Néerlandais veut voir son hôte en particulier, il est froid et contenu avec lui ; puis une fois qu'il le connaît et l'apprécie, il l'accueille avec abandon et cordialité, car il traite les relations du monde avec la même prudence et les mêmes qualités honnêtes que les affaires[5].

Identité ethniqueModifier

 
Rue à Amsterdam, dans le centre-ville classé au partimoine mondial de l'UNESCO.

Nationalisme thioisModifier

Comme l'ont fait de nombreuses ethnies européennes durant le XIXe siècle [6] les Néerlandais ont aussi vu une émergence d'une diversité de nationalismes thiois et de mouvement pannationaux cherchant l'unité des personnes parlant néerlandais à travers le continent. Durant la première moitié du XXe siècle, il y eut une augmentation prolifique d'écrits concernant le sujet. Un de ses partisans les plus actifs fut l'historien Pieter Geyl, qui écrivit De Geschiedenis van de Nederlandsche stam (néerlandais: L'histoire du peuple/de la tribu néerlandais/e) tout comme de nombreux essais sur le sujet.

Durant la Seconde Guerre mondiale, quand la Belgique et les Pays-Bas tombèrent tous les deux sous la férule nazie, des éléments fascistes (comme le NSB et Verdinaso) essayèrent de convaincre les Nazis de combiner les Pays-Bas et les Flandres. Toutefois les Allemands refusèrent cela, puisque cela allait à l'encontre de leur but ultime d'Europe allemande[7]. Durant toute l'occupation nazie, les Allemands refusèrent l'assistance au nationalisme thiois, et, un décret de Hitler lui-même, s'opposa à cela[8].

Les années 1970 marquèrent le début d'une coopération culturelle et linguistique formelle entre la Belgique (Flandres) et les Pays-Bas à l'échelle internationale.

StatistiquesModifier

LinguistiqueModifier

LangageModifier

Étymologie d'autonyme et exonymeModifier

NomsModifier

CultureModifier

ReligionModifier

Différences culturellesModifier

Culture néerlandaise du NordModifier

FrisonsModifier

Culture néerlandaise du SudModifier

FlamandsModifier
Article détaillé : Flamands.

Diaspora néerlandaiseModifier

Europe centrale et de l'estModifier

Afrique du SudModifier

L'afrikaans peut être considéré comme un créole néerlandais, parlé au minimum par 7 000 000 de citoyens sud-africains. L'Afrique du sud était une colonie néerlandaise, avant 1796, puis la colonie fut occupée par les Britanniques. L'afrikaans est la langue des descendants néerlandais en Afrique du sud. De nos jours, l'afrikaans est suffisamment différent du néerlandais pour être considéré comme une langue à part entière. Souvent, un locuteur du néerlandais ne sera pas compris par un locuteur de l'afrikaans. Aujourd'hui, dans sa forme, le néerlandais est parlé et compris par environ 60 000 Sud-Africains.

Depuis 1796, l'afrikaans a incorporé de nombreux mots de vocabulaires zoulou, anglais, hottentot, bantou, etc. dans son vocabulaire, et l'accent a évolué pour donner plusieurs accents de l'afrikaans, difficiles à interpréter pour un locuteur du néerlandais.

Asie du Sud-EstModifier

Avant 1949, il y avait quelque 300 000 Néerlandais et assimilés qui vivaient aux Indes Néerlandaises. En 1949, cet ensemble devient indépendant sous le nom d'Indonésie. Entre 1949 et 1965, les quelque 300 000 Néerlandais quittèrent l'Indonésie en plusieurs vagues. La plus importante émigra entre 1949 et 1954, dont un grand nombre partirent pour l'Australie, ou les Pays-Bas. En 1962-1963, lors de la crise de la Nouvelle-Guinée Néerlandaise, qui sera annexée par l'Indonésie, et en 1965, lors des meurtres de communistes par Suharto, les dernières grandes vagues de départs de Néerlandais sont signalés.

De nos jours, il y a environ 15 000 Néerlandais en Indonésie, qui sont souvent bilingues, et qui parlent Anglais ou Bahasa Indonesia (Indonésien), avec le Néerlandais .

Il y avait deux créoles Néerlandais en Indonésie : le Petjo (ou Pecok), et le Javindo, mais ils semblent éteints en 2015.

De nos jours, l'anglais à très largement supplanté le néerlandais en Indonésie, et est parlé par quelque 2 000 000 d'Indonésiens en seconde langue (dont des étudiants), et le Néerlandais n'est plus parlé que par quelques milliers de locuteurs en Indonésie, surtout par des Néerlandais expatriés, d'autant plus qu'il n'était que guère enseigné au temps de la colonisation.

Australie et Nouvelle-ZélandeModifier

Bien que les Néerlandais furent les premiers européens à découvrir l'Australie et la Nouvelle-Zélande, la colonisation n'eut pas lieu et ce fut seulement après la Seconde Guerre mondiale qu'une nette augmentation eut lieu dans l'émigration néerlandaise en Australie. Des perspectives économiques moroses pour de nombreux Néerlandais tout comme la pression démographique dans les Pays-Bas de l'après guerre furent des leviers puissants de l'émigration. En raison de la pénurie de main-d’œuvre agricole et métallurgique en Australie et dans une moindre mesure en Nouvelle-Zélande, cela semblait une possibilité attrayante pour le gouvernement néerlandais de promouvoir activement l'émigration[9].

Les effets de cette émigration vers l'Australie peuvent encore se faire sentir. Il y a de nombreuses associations néerlandaises et des journaux en langue néerlandaise qui continuent à être publiés. Ils sont restés une communauté soudée, surtout dans les grandes villes. Au total, environ 310 000 personnes aux ancêtres néerlandais vivent en Australie tandis qu'il y a environ 100 000 de leurs descendants en Nouvelle-Zélande[9].

Il est à noter que après 1949, et l'Indépendance de l'Indonésie (ex-Indes Néerlandaises), une grande partie des quelque 300 000 colons et assimilés Néerlandais émigrèrent en Australie, l'autre, aux Pays-Bas.

Amérique du NordModifier

Notes et référencesModifier

  1. Selon une étude de 1990 par le Bureau central de la statistique, il y avait 472 600 Néerlandais indonésiens résidant aux Pays-Bas. Ils sont descendants à la fois de Néerlandais et d'Indonésiens.
  2. Ici, les chiffres de l'ethnie ayant migré au cours du temps dans d'autres pays. Ils peuvent être citoyens du pays avec des racines néerlandaises, et n'ont pas en majorité le passeport néerlandais. Ainsi, en France, il y a environ actuellement 30 000 citoyens néerlandais résidants à plein temps.
  3. Population autochtone au 1er janvier 2006, Bureau Central de Statistique, Integratiekaart 2006, (lien externe) Cela inclut également les Frisons.
  4. « Population by selected ethnic origins, province and territories (2001 Cenus) », sur Canadian Statistics, (consulté le 24 mai 2016)via Internet Archive.
  5. a b c d e et f Auguste Wahlen, Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde : Europe, Bruxelles, librairie Historique-Artistique, 1844
  6. cf. Pangermanisme, Panslavisme et beaucoup d'autres.
  7. Het nationaal-socialistische beeld van de geschiedenis der Nederlanden par I. Schöffer. Amsterdam University Press. 2006. Page 92.
  8. Par exemple, il donna des ordres explicites de ne pas créer de volontaires nationalistes néerlandais dans la division Waffen SS composés de soldats des Pays-Bas et de Flandres (Liens vers les documents)
  9. a et b (nl) Pays-Bas-Australie 1606-2006 sur l'émigration néerlandaise.

Voir aussiModifier