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Jéricho

ville de Cisjordanie
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Jéricho (prononcer [ʒe.ʁi.ko] ; en arabe : أريحا Rīḥa ou Arīḥā ; en hébreu : יריחו Yerīḥo ; en grec : Iεριχώ) est une ville de Cisjordanie, située sur la rive ouest du Jourdain. Son nom est dérivé de la racine sémitique /wrḥ/ « lune » et indique que la ville fut l'un des premiers centres de culte des divinités lunaires. Jéricho a été mentionnée pour la première fois dans le Livre des Nombres. Elle est considérée comme une des plus anciennes villes (bien que ce terme soit aujourd'hui discuté) habitées dans le monde et les archéologues ont mis au jour les restes de plus de 20 établissements successifs, et dont le premier remonte à 9 000 ans av. J.-C. La cité a aujourd'hui une population d'environ 27 000 habitants.

Jéricho
أريحاיריחו
Vue aérienne de Jericho
Vue aérienne de Jericho
Administration
Pays Drapeau de la Palestine Palestine
Gouvernorat Jéricho
Démographie
Population 20 400 hab.
Géographie
Coordonnées 31° 51′ 20″ nord, 35° 27′ 44″ est
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Palestine (administrative)

Palestine (administrative)
City locator 14.svg
Jéricho

Jéricho a été décrite dans la Torah comme la « ville des palmiers »[1], où d'abondantes sources d'eau tiède et d'eau froide jaillissent et donnent lieu à la culture de citrons, d'oranges, de bananes, de plantes oléagineuses, de melons, de figues et de raisins. La culture de la canne à sucre y est présente dès le Xe siècle[2]. Jéricho est la ville la plus basse du monde avec une altitude proche de -240 m.

Sommaire

HistoireModifier

NéolithiqueModifier

Article connexe : Néolithique du Proche-Orient.

L’occupation du site remonterait au Xe millénaire av. J.-C., à une période où le niveau de la mer Morte était vraisemblablement beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui. Jéricho est parfois considérée comme l'une des plus anciennes cités du monde, bien que le terme de « ville », au sens d’une agglomération importante présentant une diversité économique et sociale, ne puisse être employé réellement qu’à partir du IVe millénaire av. J.-C. pour la Mésopotamie, la Syrie et l’Iran[3].

Les plus anciennes traces d'habitation ont été retrouvées près de la source de 'ēn es-Sultān. Elles se composent de murs défensifs, d'un lieu de culte et d'une tour de 8,5 m datée de 9000 av. J.-C.[4] et considérée jusqu'en 2007 comme le vestige d'édifice public le plus ancien au monde, avant la découverte des tours de Qaramel[5],[6]. Le terme de Néolithique précéramique, introduit à l'occasion des découvertes archéologiques faites à Jericho a été par la suite adopté pour l'ensemble du Néolithique du Proche-Orient.

AntiquitéModifier

Le site est détruit à la fin du bronze moyen, peut-être à cause d'un tremblement de terre ou à cause des Égyptiens[7]. Relativement petit et pauvre à l'époque du bronze récent (1550-1200 av. J.-C.), il n'est plus fortifié. Il est abandonné et n'est significativement réoccupé qu'au VIIe siècle av. J.-C.. Ce déclin de la ville est le résultat de l'établissement de la XVIIIe dynastie en Égypte[8]. Cette inoccupation du site au XIIIe siècle av. J.-C. montre notamment que le récit biblique de Josué et de la conquête de Canaan par les Hébreux n'est pas historique[9],[10].

La ville est probablement le centre administratif d'un district rattaché à Yehoud, nom araméen d'une province de l'empire perse achéménide formée à partir de l'ancien royaume de Juda fondé par les exilés judéens revenant de Babylonie[11]. Elle est l'endroit où Bacchidès aurait construit une de ses forteresses en raison de la révolte des Maccabées entre -175 et -140 (1 Macc 9:50). Bacchidès (En grec : Βακχίδης) était un général grec ami du roi séleucide de Syrie Démétrios Ier Sôter (-162/-150). Il régnait dans « le pays au-delà de la rivière » (l'Euphrate). Démétrios I lui aurait envoyé en -161 une grande armée afin de conquérir la Judée. À la suite de la victoire des Maccabées, la ville fut administrée par les Hasmonéens jusqu’à ce que les Romains proclament Hérode Ier le Grand comme roi de Judée en -40 à la suite de la victoire de l'armée romaine sur les Parthes.

Moyen ÂgeModifier

Sous domination arabe, Jéricho fut rattachée à la province (jund) de Filasṭīn (Palestine), et c'est son nom araméen אריחא ('ᵊrīḥā), qui a été transposé en arabe.

Période ottomaneModifier

La période ottomane s'étend de 1517 à 1918.

Époque contemporaineModifier

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Jéricho est la première ville des futurs territoires palestiniens autonomes, passés sous l'administration de l'Autorité palestinienne le après la signature des premiers Accords d'Oslo, puis des accords israélo-palestiniens sur Jéricho et Gaza en 1994. Les drapeaux palestiniens et les portraits de Yasser Arafat qui étaient interdits envahissent la ville.

Après une période de réoccupation israélienne pendant la seconde Intifada, Jéricho a été rendue à l'Autorité palestinienne le .

Récit bibliqueModifier

 
Les Israélites devant les murailles de Jéricho par Julius Schnorr von Carolsfeld

Jéricho est, selon le livre de Josué, la première ville du pays de Canaan conquise par Josué et les Hébreux en 1493 av. J.-C.[réf. nécessaire]. Le livre de Josué relate la prise de Jéricho et comment, le septième jour après l'arrivée des Hébreux, les murailles de Jéricho s'effondrèrent par la volonté de Dieu après le défilé sept fois autour de la cité pendant sept jours, de l'Arche d'alliance et de sept prêtres sonnant sept chofars (trompettes). Jéricho est rasée intégralement. Sauf Rahab et sa maison, tous les habitants, femmes, vieillards et enfants, et tous les animaux sans exception sont massacrés. La ville et son butin furent alors maudits. Josué déclare : « Maudit soit devant l'Éternel l'homme qui se lèvera pour rebâtir cette ville de Jéricho ! Il en jettera les fondements au prix de son premier-né, et il en posera les portes au prix de son plus jeune fils. » La majorité des archéologues s'accordent sur le fait que le récit de la bataille de Jéricho ne correspond pas à la réalité historique car le site n'était ni fortifié ni occupé à l'époque supposée des faits, au XIIIe siècle av. J.-C.[9].

Dans le Premier livre des Rois, des siècles plus tard, Hiel de Béthel rebâtit Jericho : « Il en jeta les fondements au prix d'Abiram, son premier-né, et il en posa les portes au prix de Segub, son plus jeune fils, selon la parole que l'Éternel avait dite par Josué, fils de Nun. [...] »

Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ guérit deux aveugles aux portes de Jéricho (Matthieu, 20). Une fois dans la ville, il y fait une surprenante rencontre avec Zachée (Luc 19).

C'est sur la route de Jérusalem à Jéricho que Luc situe la "Parabole du bon Samaritain".

Sites archéologiquesModifier

 
Mosaïque de la Synagogue « Shalom Al Yisrael »
  • La Tour de Jéricho.
  • Le palais d'Hisham :
    Article détaillé : Khirbat al-Mafjar.
  • La Synagogue « Shalom Al Yisrael », des Ve – VIe siècles, avec un sol en mosaïque représentant une menorah, un Shophar et une branche de palmier (loulav (en)) ainsi qu'une inscription en hébreu ancien : « שלום על ישראל » (paix sur Israël) dans un cercle d'environ un mètre de diamètre. L'ensemble de la mosaïque couvre une surface de 10 mètres sur 13. Elle a été redécouverte en 1936 lors des fouilles de D.C. Baramki de la Direction des Antiquités à l'époque du Mandat Britannique.
Article détaillé : en:Shalom al-Yisrael Synagogue.

La ville moderneModifier

 
La ville de Jéricho vue depuis le sud
 
Monastère de la Tentation

JumelagesModifier

La ville de Jéricho est jumelée avec[12] :

La ville de Jéricho entretient des relations de coopération avec[13] :

Jéricho dans la cultureModifier

L'épisode légendaire de la chute des murailles de Jéricho a inspiré entre autres Victor Hugo dans Les Châtiments (le poème Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée (1853) se conclut par : À la septième fois, les murailles tombèrent.[14]). Joshua Fit the Battle of Jericho est le titre d'un negro spiritual du XIXe siècle interprété par de nombreux artistes, comme Elvis Presley, Mahalia Jackson ou le Golden Gate Quartet.

Notes et référencesModifier

  1. http://www.interbible.org/interBible/caravane/voyage/2007/voy_070126.html
  2. Mohamed Ouerfelli, Le sucre: production, commercialisation et usages dans la Méditerranée médiévale, Volume 71 de The medieval Mediterranean, BRILL, 2008, pp. 36
  3. Pierre Bordreuil (dir.), Françoise Briquel-Chatonnet (dir.) et Cécile Michel (dir.), Les débuts de l'histoire, (ISBN 978-2-84675-230-5), « La naissance des villes »
  4. Ran Barkai et Roy Liran, « Midsummer Sunset at Neolithic Jericho », Time and Mind, vol.1, n°3, nov.2008, p.273.
  5. (en) « World’s first skyscraper sought to intimidate masses », Tel Aviv University News.
  6. (en) Anna Ślązak, « Yet another sensational discovery by Polish archaeologists in Syria », Science in Poland service, Polish Press Agency, (consulté le 23 février 2016)
  7. (en) Thomas A. Holland, « Jericho », dans Eric M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Near East, vol. 3, Oxford et New York, Oxford University Press,
  8. (en) Thomas A. Holland et Ehud Netzer, « Jericho », dans David Noel Freedman (dir.), Anchor Bible Dictionary, vol. 3, Doubleday,
  9. a et b Israel Finkelstein et Neil Asher Silberman (trad. Patrice Ghirardi), La Bible dévoilée : Les nouvelles révélations de l'archéologie, Paris, Bayard, (ISBN 2-07-042939-3) p. 133
  10. L'Ancien Testament expliqué à ceux qui n'y comprennent rien ou presque, Jean Louis Ska, Bayard, 2012
  11. Charles E. Carter, The Emergence of Yehud in the Persian Period : a Social and Demographic Study, Sheffield Academic Press, coll. « Journal for the Study of the Old Testament » (no 294), (ISBN 1-84127-012-1) p. 98
  12. « Twinning Relations »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 5 juillet 2017)
  13. « Cooperation Relations »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 5 juillet 2017)
  14. Texte et analyse du poème sur bacdefrancais.net

AnnexesModifier