Ouvrir le menu principal

Khosro II

empereur Sassanide
Ne doit pas être confondu avec Khosrô II de Parthie.

Khosro II
Illustration.
Pièce d'or à l'effigie de Khosro II, frappée en 611
Titre
Empereur sassanide
Prédécesseur Hormizd IV
Successeur Bahram Chobin

(~ 36 ans)
Prédécesseur Bahram Chobin
Successeur Kavadh II
Biographie
Dynastie Sassanides
Date de naissance ~ 570
Date de décès
Lieu de décès Ctésiphon (Assuristan)
Nature du décès blessures de flèche
Père Hormizd IV
Conjoint e. a. Chirîn, Maria « la Romaine », Gurdîyagh
Enfants Kavadh II, Mardânshâh, Bûrândûkht, Azarmedûkht, Farrukhzad Khosro V, Shâhriar
Religion Zoroastrisme

Khosro ou Khosrow II (Chosroès en grec et dans la littérature historique francophone, Kisra en arabe et dans la tradition musulmane), parfois appelé Parviz ou Parwîz (« le Victorieux »), est un empereur sassanide d'Iran ayant régné de 590 à 628.

BiographieModifier

Montée sur le trôneModifier

Fils de Hormizd IV († 590) et petit-fils de Khosro Ier († 579), Khosro II est mis sur le trône par les grands qui se sont rebellés contre son père au printemps 590, lequel est peu après aveuglé et tué. Mais dans le même temps, le général Bahram Chobin se fait proclamer roi sous le nom de Vahram VI (590–591), et Khosro II est incapable de se maintenir.

La guerre contre les Byzantins, qui a commencé en 571, n'est pas encore terminée. Khosro II fuit en Syrie et persuade l'empereur Maurice Ier (582–602) de lui envoyer de l'aide contre la promesse d'avantages territoriaux. Ainsi Khosro II pénètre-t-il en territoire perse appuyé par une armée byzantine, renforcée de contingents arméniens et de loyalistes sassanides. Après de durs combats, Bahram Chobin est vaincu près de Ganzak (Azerbaïdjan actuel). Khosro II, et avec lui la dynastie sassanide, retrouve son trône, l’intermède de Bahram Chobin n’ayant duré qu’une année. Le Roi des rois fraîchement rétabli honore ses promesses, et l’Empire byzantin retrouve ses frontières orientales de 502.

Guerre perso-byzantineModifier

 
Laine tissée égyptienne (pantalon ou rideau), copie d'une soie sassanide importée, elle-même fondée sur une fresque du roi perse Khosro II se battant contre les forces éthiopiennes au Yémen, Ve – VIe siècle.
Article détaillé : Guerre perso-byzantine de 602-628.

Khosro II est inférieur à son grand-père. Il est hautain et cruel, avare et porté sur la luxure ; il n'est ni un général, ni un administrateur. Au début de son règne, il favorise les chrétiens. Mais en 602, quand Maurice Ier est assassiné par Phocas (602–610), il commence une guerre contre Byzance sous le prétexte de venger sa mort. Au cours de la première phase du conflit de 603 à 610, ses armées pillent la Syrie et l'Asie Mineure, et elles poussent même jusqu'à Chalcédoine sur la mer de Marmara en 608.

La seconde phase de la guerre s'étend de 610 à 621. En 612, les Perses avancent en Cappadoce jusqu'à Césarée. En 613, ils battent les Byzantins près d'Antioche et occupent la Syrie et Damas. En mai 614, Jérusalem est prise par le général Schahr-Barâz et la Sainte Croix est ramenée en triomphe. Peu après en 616, même l'Égypte est conquise[1]. Les Byzantins n'offrent que peu de résistance, puisqu'ils sont préoccupés par des tensions internes, et pressés par les Avars et les Slaves. En définitive, en 622, l'empereur Héraclius (qui a succédé à Phocas en 610 et qui règne jusqu'en 641) est en mesure d'avancer en ordre de bataille. Il met en œuvre une audacieuse stratégie qui consiste à prendre l'Empire perse à revers par le nord.

Héraclius passe à l'offensive pendant la troisième phase de la guerre entre 621 et 628. Il débarque sur les côtes de la mer Noire et, après avoir conclu une alliance avec le khan des Khazars, il entre en 624 dans la Médie du Nord, où il détruit le grand temple du Feu[2] de Gandzak ; en 626, il se bat au Lazistan (Colchide) et avec ses alliés khazars, il prend Tiflis, la capitale de l'Ibérie ; pendant ce temps, Schahr-Barâz s'avance jusqu'à Chalcédoine et essaie, en vain, uni avec les Avars, de conquérir Constantinople.

Le , Héraclius est vainqueur de l'armée perse à la bataille de Ninive et avance vers Ctésiphon. Khosro II s'enfuit alors de sa résidence favorite, Dastagei (près de Bagdad), sans offrir de résistance.

Fin de règneModifier

Il tente de transmettre le pouvoir à l'un de ses fils cadets, Mardânshâh, né de son épouse préférée Chirîn, une chrétienne monophysite, et fait emprisonner ses autres fils. Comme son despotisme et son indolence ont fait naître une opposition partout, son fils aîné, Shirôyé, est libéré par des grands du royaume et proclamé roi le . Quatre jours après ([2]), Khosro II est criblé de flèches par ses soldats dans son palais, après avoir préalablement été emprisonné et affamé.

Entretemps, Héraclius rentre triomphant à Constantinople et l'Égypte est évacuée. Au contraire, l'Empire perse, de sa grandeur atteinte dix ans auparavant, commence à sombrer dans l'anarchie.

Union et descendanceModifier

Les deux principales épouses de Khosro II sont des chrétiennes : Maria, princesse byzantine[3], et Chirîn, une Araméenne originaire de Susiane ou du Khouzistan et de confession monophysite[4].

Selon la tradition :

Khosro II épousa également, sans doute pour des raisons politiques, Gurdîyagh, ancienne sœur-épouse de Vahram VI[6], puis femme du prétendant Vistahm. De son union avec Khosro II serait né :

Évocations littérairesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Harry Turtledove, The Chronicle of Theophanes, « Anni mundi 6095-6305 (A.D. 602-813) », édition et traduction (en anglais), Philadelphie, University of Pennsylvania Press, 1982 (ISBN 08-12211286) p. 11.
  2. a et b Nicéphore, Patriarche de Constantinople, Histoire de l'empereur Héraclius, traduit du grec par Cousin, 1684.
  3. Fille de l'empereur Maurice selon Michel le Syrien et les historiens orientaux comme Tabari, elle est ignorée de l'historiographie byzantine.
  4. René Grousset, L'Empire du Levant : Histoire de la Question d'Orient, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique », (réimpr. 1979), 648 p. (ISBN 2-228-12530-X), p. 84.
  5. Nahal Tajadod, les Porteurs de lumière, Le Doigt de Dieu, Plon, Paris, 1993 (ISBN 2259026672), p. 308 & 334.
  6. Arthur Christensen, L'Iran sous les Sassanides, réédition 1971, p. 476.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier