Madame du Barry

noble française par mariage, dernière favorite de Louis XV (de 1768 à 1774)

Jeanne Bécu (née le à Vaucouleurs[a] et morte le à Paris), dite aussi Mademoiselle de Vaubernier ou Mademoiselle Lange, devenue par mariage comtesse du Barry, dite ensuite Madame du Barry, est de 1768 à 1774 la dernière favorite du roi de France Louis XV.

Madame du Barry
née Jeanne Bécu
Image dans Infobox.
Portrait de Madame du Barry par Élisabeth Vigée Le Brun, 1782, Corcoran Gallery of Art (Washington).
Fonction
Condesa (d)
Louis XV
-
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
Madame DubaryVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jeanne Bécu
Nationalité
Conjoint
Autres informations
Propriétaire de
Les Baigneuses (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Archives conservées par
Prononciation
Armes d'alliance de Madame du Barry (1743-1793).svg
blason

Jeune femme roturière, sa grande beauté la fait remarquer par un proxénète, monsieur du Barry, qui devient son amant et l’exploite pour ses clients de la noblesse, dont le duc de Richelieu. Ce dernier a l’idée de la faire venir à la cour de Versailles, pour disposer d’un moyen de réduire l’influence du duc de Choiseul auprès de Louis XV. Le roi tombe sous le charme de Jeanne Bécu et souhaite en faire sa maîtresse : il fait ainsi organiser le mariage de la jeune femme avec le comte du Barry, le frère de son ancien proxénète, pour qu’elle soit officiellement présentée à la cour. Elle s’installe ensuite à Versailles et accompagne le roi pendant les six dernières années de sa vie. Le roi lui offre la propriété de Louveciennes, où elle vit après la mort du roi.

À la suite de dénonciations fallacieuses, dont celle de son ancien page, elle est condamnée à mort et guillotinée pendant la Révolution, sous la Convention.

BiographieModifier

Ses origines familialesModifier

Jean Bécu[b], maître rôtisseur parisien né sous Louis XIII, eut un fils prénommé Fabien. Ce dernier, qui fut réputé comme l'un des plus beaux hommes de la capitale, plut à une dame de la noblesse, Séverine Bonne, dame de Cantigny et comtesse de Montdidier. Veuve, elle l'épousa en dépit des préjugés sociaux mais elle mourut peu après. Le couple avait eu une fille, qui fut mariée à Jean Balthazar, et de cette même union naquirent Laurent Balthazar et quatre filles.

Fabien Bécu se faisait dorénavant appeler Bécu de Cantigny[1], bien qu'il n'en ait pas le droit : ce remariage avait fait perdre à la dame ces dignités[2]. Après avoir été marchand de vin, il devint cuisinier d'Isabelle de Ludres, ex-maîtresse de Louis XIV qui s'était retirée sur ses terres de Lorraine, au château de Vaucouleurs. Le , il épousa en secondes noces Anne Husson, femme de chambre de la comtesse de Ludres.

Sept enfants[c] naquirent de cette union, dont Anne Bécu :

« Anne, fille légitime de Fabien Bécu, cuisinier, et d'Anne Husson, son épouse, née et baptisée le , a eu pour parrein [sic] Antoine Carmouche, jeune homme, et pour marrene [sic] Anne Gaspar, jeune fille, qui se sont soubsignez avec moi, Huon, vicaire de Vaucouleurs. »

Très belle, Anne Bécu, dite de Cantigny, n'eut pas une jeunesse irréprochable. Les registres paroissiaux de Vaucouleurs l'indiquent :

« Le dix-neuvième d'août mil sept cent quarante-trois est née et a été baptisée le même jour, Jeanne, fille naturelle d'Anne Bécu, dite Cantigny, et a eu pour parrain Joseph Demange et pour marraine Jeanne Birabin, qui ont signé avec nous. »

Qui était le père de Jeanne Bécu, future Madame du Barry ? Parmi plusieurs hypothèses, la mieux fondée semble désigner Jean-Jacques-Baptiste Gomard de Vaubernier, dit en religion Frère Ange. Ce moine tertiaire franciscain, du couvent[d] des franciscains appelés Les Picpus où Anne Bécu, couturière, se rendait régulièrement pour son ouvrage. C'est ce même prêtre qui, vingt-cinq ans plus tard, le , bénira en l'église Saint-Laurent à Paris, le mariage de Jeanne avec Guillaume du Barry. Toute sa vie, la comtesse du Barry se fera appeler (et signera) de Vaubernier, du nom du prêtre. Par ailleurs, lorsque la ravissante Jeanne sera la maîtresse de Louis XV, le roi la surnommera « Mademoiselle Ange ». Ne serait-ce pas là, tout simplement, l'aveu de son origine paternelle[e] ? Néanmoins les héritiers Bécu, ayant fait un procès à la famille de Mortemart (héritiers de la succession de Brissac) pour obtenir ce que le duc de Brissac avait prévu de laisser à sa mort à Jeanne, ont prouvé que l'acte de mariage notant « Gomard de Vaubernier » comme père de Jeanne était un faux.

Le , une seconde naissance illégitime (dont le père semble être un commis des finances) suit pour Anne Bécu, la mère de Jeanne : il s’agit de celle de Pierre Claude Bécu, qui meurt en bas âge. La réputation d'Anne est très compromise. C'est alors qu'elle rencontre — opportunément — Claude Roch Billard du Monceaux, banquier, payeur des rentes, munitionnaire général de l'Est, riche financier que sa charge appelait fréquemment en Lorraine. Séduit par la beauté de la jeune femme, naturellement bienveillant, Billard du Monceaux devient son protecteur. Il l’emmène avec lui à Paris et lui procure un emploi de cuisinière[f].

Le , Anne Bécu épouse, en l'église Saint-Eustache à Paris, Nicolas Rançon[g], un domestique auquel Billard du Monceaux fait obtenir une charge de garde-magasin en Corse. Rançon de Montrabé avait été commis aux aides et receveur des gabelles à Fresnays.

Dès cette époque, la petite Jeanne Bécu est mise en pension chez les dames de Saint-Aure, dans le couvent parisien de la rue Neuve-Sainte-Geneviève[3] dans le quartier du Val-de-Grâce. Elle y reste neuf ans, y souffre d'une règle sévère mais y apprend l'écriture et l'orthographe[h], la lecture[i], le calcul, la musique[j], le dessin[k], la danse, la broderie, l'histoire et, bien sûr, la religion[l].

La jeune fille s'échappe du couvent et devient modiste.

En 1759, âgée d’environ 16 ans, après avoir passé cinq mois chez un coiffeur nommé Lametz (qu'elle faillit épouser mais dont elle épuisa la fortune), la jeune fille entre au service de la veuve d'un fermier général, Élisabeth de La Garde (née Roussel), retirée dans son château de La Courneuve. Au contact d'une société choisie, elle acquiert alors peu à peu l'aisance et la distinction des manières qui ne vont plus la quitter. Mais la dame de La Garde la renvoie brusquement car son jeune fils s’attache un peu trop à la belle servante et Jeanne Bécu se retrouve à la rue.

Ses débutsModifier

Vers 1761, Jeanne de Vaubernier devient vendeuse dans une boutique de mode située rue Neuve-des-Petits-Champs, À la toilette. Ce commerce appartient à Claude Edmé Labille, père de la future portraitiste Adélaïde Labille-Guiard. Elle se met alors à fréquenter le demi-monde. L'éblouissante beauté[m] de la jeune fille la fait vite remarquer. Il semble avéré que, comme sa mère, Jeanne ait connu une jeunesse des plus légères.

Jeanne est reçue dans plusieurs salons parisiens où un certain Dubarry, ou Jean-Baptiste, comte du Barry-Cérès, dit Le Roué, un gentilhomme toulousain quadragénaire, chevalier d'industrie, habitant rue Neuve-des-Petits-Champs et renommé dans les milieux de la galanterie pour sa dépravation et son absence totale de scrupules, fait sa connaissance en 1764 et devient son amant[4]. À 21 ans, Jeanne devient une prostituée à la mode protégée par ce même Dubarry. Ce proxénète recherche des clients parmi les membres de la cour dont le duc de Richelieu. Le nombre de passes qu'il la contraint à faire chaque jour finissent par épuiser la jeune femme et il cherche un moyen de pouvoir continuer à l'exploiter sans « l'endommager », d'autant plus qu'elle aurait été préservée des maladies vénériennes. Il parvient à mêler ses intérêts avec ceux du duc de Richelieu pour la faire remarquer par le roi Louis XV.

Présentation au roi et à la courModifier

 
Jeanne du Barry en 1769 (année de ses 26 ans, où elle devient la maîtresse officielle de Louis XV), portrait par François-Hubert Drouais.

L'année 1768 avait clos pour Louis XV une décennie ponctuée de décès dont les victimes étaient souvent encore jeunes : celui de sa fille aînée, la duchesse de Parme qui n'avait que 32 ans, morte en  ; de son petit-fils aîné héritier en second, mort enfant en  ; de sa petite-fille archiduchesse d'Autriche appelée à devenir impératrice, morte à 22 ans en  ; de sa favorite en titre sincèrement regrettée, la marquise de Pompadour, « une amie de vingt ans » morte en  ; de son gendre Philippe Ier de Parme, mort à 45 ans en  ; de son fils et héritier le dauphin, mort à 36 ans en  ; de son beau-père Stanislas Leszczynski, duc viager de Lorraine et de Bar en  ; de sa belle-fille la dauphine Marie-Josèphe, morte en âgée de 36 ans comme son mari qu'elle avait soigné jusqu'à la fin. Le couple delphinal laissait cinq enfants dont l'aîné n'avait que 13 ans. Enfin mourut la reine, la discrète Marie Leszczynska, en [5].

Un projet de remariage avec l'archiduchesse Marie-Élisabeth de Habsbourg-Lorraine, sœur aînée de Marie-Antoinette, avait échoué, la beauté réputée de cette princesse de 25 ans ayant été ravagée par la variole — maladie courante à l'époque[5].

Le roi vieillissant (il a alors 58 ans) et neurasthénique est donc libre. Le ministre Étienne-François de Choiseul essaie de placer alors auprès du roi Louis XV sa sœur, la duchesse de Gramont.

Mais le maréchal de Richelieu, vieux libertin très bien en cour qui se vantait d'avoir été l'amant de la mère du roi, souhaite placer une femme à sa dévotion pour contrer Choiseul. Jean-Baptiste Dubarry présente Jeanne, sa « protégée », désormais âgée de 24 ans, au maréchal de Richelieu qui lui fait rencontrer discrètement Louis XV, au printemps 1768, par l'intermédiaire de Dominique Lebel, premier valet de chambre du roi. En peu de temps, Louis XV s’éprend vivement de Jeanne dotée d'un charme infini et dont les talents aux jeux de l'amour, notamment « le saut de l'anguille », lui donnent une nouvelle jeunesse[6].

Le roi désire faire de Mademoiselle de Vaubernier sa nouvelle favorite, bien que Lebel lui ait révélé qu'elle s'était adonnée à la prostitution plusieurs années. Cela ne peut s'accomplir sans une présentation officielle à la cour par une personne y ayant ses entrées et sans que la personne présentée soit mariée.

Le chevalier Jean-Baptiste Dubarry ayant déjà pris femme en la personne de Dame Ursule Dalmas de Vernongrèse (qui va terminer ses jours dans un couvent), contourne la difficulté en faisant épouser à Jeanne son frère cadet, le comte Guillaume Dubarry. En , il écrit à celui-ci de venir à Paris où il lui promet la fortune. Moyennant compensation, Guillaume Dubarry accepte de contracter un mariage blanc.

Le , le père tertiaire franciscain Gomard de Vaubernier — père putatif de Jeanne — bénit l'union de Guillaume et de Jeanne en l'église Saint-Laurent (Paris). Jeanne devient donc la belle-sœur de son amant et proxénète tandis que son mari, Guillaume, muni d'une pension de cinq mille livres, est immédiatement renvoyé dans sa Gascogne natale où il vit avec une certaine Madeleine Lemoine qui va lui donner un fils. Guillaume reçoit également le comté de L'Isle-Jourdain, de considérables établissements en Gascogne orientale, le duché de Roquelaure près d'Auch et le château attenant du Rieutort. Jean-Baptiste du Barry reçoit de son côté le vidamé de Châlons en Champagne[7].

Mariée et munie d'un nom mieux sonnant que Bécu, madame la comtesse du Barry est présentée à la cour six mois après son mariage, le [4].

Pour marraine, on a recours à la comtesse de Galard de Béarn. Veuve, issue d'une très ancienne famille, très âgée et surtout très endettée, elle accepte de présenter Jeanne à la cour contre le paiement de ses dettes, à la réprobation des courtisans bien-pensants[n].

Son ascension comme favorite royaleModifier

 
Madame du Barry, buste en biscuit de Locré d'après Pajou (Versailles, musée Lambinet).

À la différence de Madame de Pompadour, Jeanne du Barry s'adapte parfaitement aux usages de la cour, mais ne s'intéresse guère aux affaires et ne cherche pas à y jouer de rôle politique — ce dont Louis XV lui sait gré[o]. Intermédiaire de la coterie du maréchal de Richelieu, elle influence discrètement telle ou telle décision, obtenant ainsi la grâce de plusieurs condamnés à mort ; mais, malgré les intrigues de la duchesse de Gramont, sœur de Choiseul, et d'autres femmes envieuses de sa position, elle s’efforce d’être agréable à tous (contrairement à Madame de Pompadour qui ne pardonnait pas les offenses et s'en vengeait même âprement). Voltaire, à qui elle a envoyé deux baisers par la poste, lui adresse par retour de courrier ce célèbre quatrain :

Quoi, deux baisers sur la fin de la vie !
Quel passeport vous daignez m’envoyer !
Deux, c’est trop d’un, adorable Égérie,
Je serai mort de plaisir au premier.

 
Fête donnée à Louveciennes, le , par Jean-Michel Moreau, musée du Louvre, Paris.

Cependant, le clan Choiseul ne désarme pas. L'une de ses créatures, Pidansat de Mairobert, publie des Mémoires secrets à l'origine des attaques dont Madame du Barry est dès lors constamment l'objet. Il diffuse, ou suscite, des chansons grivoises, des pamphlets injurieux et même des libelles pornographiques (L’Apprentissage d’une fille de modes ou L’Apothéose du roi Pétaud). Par la force des choses, Madame du Barry se trouve soutenue par le parti dévot, hostile à Choiseul. Mais pour avoir conclu le mariage du dauphin et de Marie-Antoinette, le Premier ministre se croit intouchable.

Prévenue contre Madame du Barry dès son arrivée en France en 1770, la très jeune dauphine au caractère entier lui voue d'emblée une vive antipathie[8]. Encouragée par le clan Choiseul et Mesdames, filles de Louis XV, elle la traite avec un mépris affiché, refusant de lui adresser la parole, ce qui constitue une grave offense, indisposant le roi et jusqu'aux chancelleries puisqu'il faut que l'impératrice elle-même impose de Vienne à sa fille un comportement plus diplomatique. Sous l'influence de sa mère et de ses tuteurs, Marie-Antoinette finit par lui adresser une phrase de neuf mots qui est largement rapportée et commentée par la Cour : « Il y a bien du monde aujourd'hui à Versailles. » à l'occasion du premier de l'An[9].

 
Visite de Louis XV à Madame Louise de France (au carmel de Saint-Denis), Maxime Le Boucher, huile sur toile, 1882, musée d'Art et d'Histoire de Saint-Denis.

En 1771, à la suite d'humiliations répétées envers Madame du Barry — entre autres au théâtre du château de Fontainebleau — et surtout de la politique secrète de Choiseul qui voulait la guerre, Louis XV toujours pour la paix du royaume, décide du renvoi de Choiseul et le fait remplacer par le duc d’Aiguillon, ce qui accroît encore la rancœur de Marie-Antoinette.

Désormais consacrée compagne royale officielle, Madame du Barry organise le mariage du comte de Provence (futur Louis XVIII et frère cadet du futur Louis XVI) avec Marie-Joséphine de Savoie.

Toutefois, pour racheter les péchés du roi son père (le dernier étant sa liaison déclarée avec Madame du Barry), sa plus jeune fille, Madame Louise — mystique depuis l'enfance — entre au carmel de Saint-Denis au début de l'année 1770. Elle y fait son entrée officielle le suivant et prononce ses vœux un an plus tard, le . La jeune dauphine lui remet son voile.

Son mécénatModifier

On a souvent affirmé que le rôle de la comtesse du Barry en matière artistique fut inférieur à celui de Madame de Pompadour. Pourtant Madame du Barry s'est intéressée aux arts[p]. Mais la brièveté de son « règne » (cinq ans) ne lui a pas permis d'imprimer une marque comparable à celle de la précédente favorite.

Elle pratiquait le dessin avec talent. Elle a joué un rôle de mécène en encourageant l'artisanat d'art français. Elle inspira les plus grands artistes de son époque dont le sculpteur Louis-Simon Boizot, directeur de la manufacture de Sèvres. Elle contribua aussi à l'essor du néo-classicisme en révélant l'architecte Claude-Nicolas Ledoux qui bâtit son pavillon de musique de Louveciennes, ou en passant des commandes de biscuits, de bustes en marbre ou de gravures et dessins paysagers aux sculpteurs ou dessinateurs Augustin Pajou et Antoine Humblot, ainsi que des commandes de tableaux à de nombreux peintres tels que Joseph-Marie Vien, François-Hubert Drouais, Jean-Baptiste Greuze ou Jean-Honoré Fragonard[q], aux sculpteurs Félix Lecomte ou Christophe-Gabriel Allegrain et à d'autres encore. Ses collections de meubles et objets d'art furent somptueuses et donnèrent naissance aux plus belles créations du menuisier en sièges Louis Delanois, de l'ébéniste Martin Carlin ou du bronzier Pierre Gouthière. D'un goût très sûr, comme en témoignent ses collections décrites par Charles Vatel, Madame du Barry a, d'une certaine manière, inventé le style Louis XVI[10] : « Madame du Barry fut une courtisane, mais une courtisane amie des lettres, des artistes, et qui passa sur la terre en répandant libéralement autour d'elle l'or et les consolations ».

Par ailleurs, élégante et de goûts affirmés, la comtesse du Barry exerça une influence prépondérante sur la mode vestimentaire de son époque. Elle lança notamment la vogue des étoffes à rayures qui va durer dans toute l'Europe jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

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L'exil à Louveciennes après la mort de Louis XVModifier

 
Louveciennes, pavillon de la machine de Marly où habitait Mme du Barry et où, une nuit de 1791, furent volés ses bijoux dans la commode de sa chambre.

Dès la mort de Louis XV le , son petit-fils et successeur Louis XVI, probablement influencé par sa femme, la jeune reine Marie-Antoinette et ses tantes, fait délivrer une lettre de cachet contre la comtesse du Barry.

 
Madame du Barry en 1781, « la beauté toujours reine » par Élisabeth Vigée Le Brun.

Le duc de La Vrillière, Louis Phélypeaux de Saint-Florentin, est chargé de la faire conduire de nuit à l'abbaye du Pont-aux-Dames à Couilly, dans le diocèse de Meaux[11]. Puis il fait saisir ses papiers qui parviennent en partie entre les mains du clan Choiseul. Certains sont utilisés pour publier une correspondance apocryphe mêlant le vrai au faux qui paraît quelques années plus tard. Ainsi naît la légende selon laquelle la comtesse du Barry sortait du lupanar de Marguerite Gourdan.

L'exil de la comtesse est bref. Elle est autorisée à quitter l'abbaye dès .

Elle acquiert une propriété à Saint-Vrain où elle se sent trop isolée. En , le comte de Maurepas obtient du roi qu'elle retourne au château de Louveciennes, dont Louis XV lui avait cédé l'usufruit en 1769, et où elle se plaisait beaucoup[12].

Elle y mène une vie paisible et heureuse, marquée par sa longue liaison avec Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac (comte puis duc de Cossé-Brissac)[13] et agrémentée des visites de Mme Élisabeth Vigée Le Brun qui devient son amie et laisse d'elle trois superbes portraits. Elle tombe également amoureuse de Henry Seymour[14], qu'elle rencontre lorsqu'il emménage avec sa famille dans le voisinage à Louveciennes. Las des secrets, Seymour est écœuré de son histoire amoureuse et lui envoie un tableau avec les mots « Leave me alone ! », que le peintre Lemoyne avait copié au bas du tableau. Selon Jacques Levron, le duc de Brissac, qui connaissait cette liaison secondaire, ne montre pas tout de suite son animosité quant au lord Seymour. Mais la sachant sensible aux paroles de l'Anglais, et chacun n'étant pas disposé à accepter que Madame du Barry les aime en même temps, Brissac reste le plus souvent avec sa maîtresse pour l'empêcher de voir Seymour. Il va finir par lui dire : « Ou lui, ou moi. » Après avoir tenté de vainement négocier puis de peser le pour et le contre, elle envoie un billet de rupture au lord, qui n'insiste pas et ne lui rend plus visite[1].

En 1777, l'empereur Joseph II, frère de la reine, de passage en France incognito sous le nom de comte de Falkenstein pour tenter entre autres de résoudre les problèmes conjugaux du jeune couple royal de France, n’hésite pas à venir saluer la comtesse au grand dam de sa sœur. Une telle facétie ne lui déplaît pas. On raconte que, l'ancienne favorite voulant lui céder le pas, l'empereur l'aurait invitée à le devancer en lui disant, bien qu'il ne la trouvait pas aussi jolie : « Passez, madame, la beauté est toujours reine ! » En outre, l'empereur autrichien ne s'arrête pas chez Choiseul, ce qui rend furieuses la reine de France sa sœur, et l'impératrice d'Autriche sa mère[1]. La du Barry marie une de ses cousines paternelles, Marie-Josèphe, fille de Nicolas Bécu de Cantigny, avec le marquis Paul de Boisséson, major du régiment des dragons de Condé. En 1784 va naître un fils, Louis-Benoît, dont Jeanne et le duc de Brissac sont marraine et parrain[1].

L'année suivante, en elle se rend auprès de Voltaire, âgé et malade, pour rendre hommage à un homme qu'elle admire mais aussi à la philosophie des Lumières. Madame du Barry est, à 35 ans, une femme d'une grande beauté, et celle-ci marque Jacques Pierre Brissot, qu'elle rencontre en sortant de chez le philosophe. Ce jeune homme est timide, alors elle rentre de nouveau en sa compagnie, pour le présenter à Voltaire. Brissot écrit ensuite dans ses Mémoires : « En me rappelant le sourire si plein de grâce et de bonté de Madame du Barry, je suis devenu plus indulgent envers la favorite.[1] »

Toujours en 1778, Jeanne, accompagnée par sa belle-sœur Claire-Françoise « Chon » du Barry, et de quelques femmes et un laquais, entrent nuitamment pour observer Marie-Antoinette, qui joue avec sa société. Marie-Antoinette n’est pas formalisée qu'on vienne l'admirer ; elle montre même un peu d'indulgence envers elle, car la reine de France commence, elle aussi, à être autant accablée par les injures que les favorites royales[1].

Les gens de Louveciennes aiment beaucoup la du Barry, qui est une personne très généreuse, acceptant même d'être marraine aux baptêmes ou témoin aux mariages[1].

La Révolution : son exécutionModifier

En 1789, la comtesse du Barry offre ses services à la Cour vidée de nombreux courtisans émigrés dès les premiers moments de la Révolution. Elle soutient de l'intérieur la contre-révolution naissante, mais son passé la rend suspecte. Son ancienne condition de maîtresse royale en fait une cible de choix pour certains révolutionnaires.

Dans la nuit du 10 au , grâce à une échelle trouvée à proximité, des cambrioleurs venus de Paris s'introduisent dans son château de Louveciennes, et emportent ses diamants et bijoux. Elle en retrouve la trace à Londres où elle fait quatre séjours successifs pour tenter — en vain — de les récupérer. En fait, ils se trouvaient dans les mains de l'espion Nathaniel Parker-Forth. Ce dernier va les conserver jusqu'à leur vente chez Christie's à son profit, quelques années après la mort de la comtesse.

Entre-temps, son amant, le duc de Cossé-Brissac, devenu commandant en chef de la garde constitutionnelle du Roi, dissoute par l'Assemblée législative le , est arrêté et emprisonné à Orléans et en attente de jugement par la Haute Cour à Paris[15].

Le , le palais des Tuileries est pris d'assaut par les émeutiers et la famille royale incarcérée à la tour du Temple. Puis, les massacres de Septembre éclatent à Paris[16]. Le , le convoi qui ramène à la capitale le duc et ses compagnons prisonniers passe par Versailles où ils sont tués. Les corps des suppliciés sont dépecés et la tête du duc est jetée par une fenêtre dans le salon de la comtesse du Barry à Louveciennes.

 
Départ de Mme du Barry pour l'échafaud.

Après l'exécution de Louis XVI le [16], à la veille de la déclaration de guerre avec la Grande-Bretagne, Madame du Barry revient précipitamment en France pour éviter l'apposition des scellés sur sa propriété de Louveciennes.

Malgré une pétition signée en sa faveur par cinquante-neuf habitants de Louveciennes, elle devient « suspecte » dès le vote de la loi des suspects, le . Ses séjours en Angleterre sont dénoncés comme une aide aux émigrés contre-révolutionnaires. Dénoncée par son ancien page Zamor, qu'elle avait renvoyé, déclarée ennemie de la Révolution, elle est emprisonnée à Sainte-Pélagie le . Son procès s'ouvre le devant le Tribunal révolutionnaire présidé par Fouquier-Tinville et, le lendemain, elle est condamnée à la guillotine[17].

L'exécution a lieu le surlendemain sur l'actuelle place de la Concorde (alors place de la Révolution) le 18 frimaire an II (). La comtesse du Barry fait l'énumération de tous ses biens, espérant ainsi sauver sa vie. Elle est traînée jusqu'à l'échafaud[18]. Ses derniers mots — sans doute apocryphes — auraient été : « Encore un moment, Monsieur le bourreau ! » Elle est inhumée au cimetière de la Madeleine où 1 343 guillotinés de la place de la Concorde ont été enterrés[19].

Médisances, jalousies et anecdotesModifier

Son origine roturière et sa jeunesse agitée ont suscité un certain nombre de pamphlets injurieux, voire orduriers.

La plupart des anecdotes sur Madame du Barry proviennent de l'esprit malveillant de ceux qu'elle avait gênés dans leurs ambitions, notamment Mathieu-François Pidansat de Mairobert, pamphlétaire virulent[r]. Elles émaillent les Mémoires secrets et semblent avoir été destinées à amuser ou indigner, mais n'ont aucune valeur historique.

 
Madame du Barry et le page Zamor, d'après Jean-Baptiste André Gautier-Dagoty.
 
Fronton de l'ancien hôtel de Madame du Barry, au 21 avenue de Paris à Versailles.

Ainsi, celle-ci rapportée par Mathieu-François Pidansat de Mairobert : le surnom que Madame du Barry donnait à son royal amant était La France. Un beau matin de 1773, le roi, qui ne dédaignait pas de préparer lui-même son café, le laissa s'échapper s’attirant cette apostrophe de la favorite : « Hé, La France ! Ton café fout le camp ! », ce qui était de très mauvais goût (voire une insolence envers la majesté royale) après la perte des colonies en 1763 au terme de la guerre de Sept Ans. En fait, la comtesse du Barry s'adressait à son valet de pied nommé La France à cause de sa région d'origine, l’Île-de-France[20].

En revanche, la correspondance de la dauphine Marie-Antoinette avec sa mère ou celle de l'ambassadeur d'Autriche Mercy-Argenteau avec Marie-Thérèse d'Autriche ne laisse aucun doute sur l'animosité[8] de Marie-Antoinette vis-à-vis de la comtesse du Barry qui, par contre, manifesta toujours un grand respect à son égard : « C'est la plus sotte et impertinente créature qui soit imaginable », aurait ainsi écrit Marie-Antoinette à sa mère. Plus tard, ayant reçu le conseil de Marie-Thérèse d'être un peu plus souple avec la comtesse du Barry, la croisant, elle avait bien voulu dire : « Il y a bien du monde, aujourd'hui, à Versailles ![s] »

Louis XV, tout de même inquiet du passé agité de sa nouvelle favorite, aurait demandé un jour au duc d'Ayen : « Est-ce que je ne succède pas à Sainte-Foix ? » Le duc aurait répondu : « Oui, Sire, comme votre Majesté succède à Pharamond[21]. »

Dans son Dictionnaire des idées reçues (œuvre posthume publiée en 1913), Gustave Flaubert définit le mot gras en ces termes : « Les personnes grasses n'ont pas besoin d'apprendre à nager. Font le désespoir des bourreaux parce qu'elles offrent des difficultés d'exécution. Ex : la du Barry. »

Madame du Barry, dont les aïeux maternels exercèrent des métiers de bouche, était gourmande (elle prendra rapidement de l'embonpoint). Son cuisinier, Louis Signot, créa pour elle une recette exquise de soupe veloutée au chou-fleur qui porte son nom, le potage Dubarry.

En 1892 ou 1893, le musée de Cluny s'enrichissait d'un objet artistique particulier, don d'un collectionneur, M. le docteur Molloy. Ce bibelot est le tombeau d'un serin qu'aimait beaucoup Madame du Barry. Ce petit monument, bon à mettre sur une étagère, se compose d'un socle droit supportant une pyramide. Contre cette pyramide s'appuie une allégorie qui rappelle les circonstances dans lesquelles mourut l'oiseau : la cage ayant été ouverte, le serin de la favorite s'en alla et alla se briser le bec contre la fenêtre. Une inscription en vers — qu'on attribue à Dorat — rappelle cette fin tragique. Fifi, c'est le nom de ce célèbre serin, était né le  ; il mourut le . Son tombeau serait l'oeuvre du sculpteur Clodion.

Portraits de Mme du BarryModifier

  • Olivier Blanc, Portraits de femmes, artistes et modèles à l'époque de Marie-Antoinette, Paris, Didier Carpentier éditions, 2006 (tous les portraits connus de la comtesse du Barry dont dix-sept reproduits en noir et blanc ou en couleurs).

Mme du Barry dans les artsModifier

OpéretteModifier

Pièce de théatreModifier

FilmsModifier

 
Affiche du film Passion (1919) réalisé par Ernst Lubitsch et interprété par Pola Negri.

TélévisionModifier

Série animéeModifier

Bande dessinéeModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Mathieu-François Pidansat de Mairobert, Lettres originales de la comtesse Du Barry, Londres, 1779[t].
  • Barthélémy Mouffle d'Angerville, Vie privée de Louis XIV, Londres, 1781.
  • (en) Oliver Bernier, Louis le bien-aimé. Vie de Louis XV., Garden City, N. Y., Doubleday, , 272 p. (ISBN 0-385-18402-6)
  • Charles Lacretelle, Histoire de France pendant le dix-huitième siècle, Paris, Delaunay, 1819.
  • Étienne Arago, Jacques-François Ancelot, Madame du Barry, 1831, comédie en trois actes mêlée de couplets.
  • Histoire de la mort de madame Du Barry, extrait du journal La Nouvelle Minerve, Versailles, Société des sciences morales, des lettres et des arts de Seine-et-Oise, 1859.[1].
  • M. Le Roi, Madame du Barry 1768-1793, Versailles, Société des sciences morales, des lettres et des arts de Seine-et-Oise, 1859[23].
  • Émile Cantrel, Arsène Houssaye, Nouvelles à la main sur la comtesse Du Barry trouvées dans les papiers du comte de ***, Paris, H. Plon, 1861.
  • Alexandre Dumas, La Femme au collier de velours, Boucher, 1861.
  • "Mémoire des Sanson, mis en ordre, rédigés et publiés par Henry Sanson", tome3, Paris, Dupray de la Mahérie Éditeur, 1863.
  • Charles-Aimé Dauban, Edmond-Eugène Valton, La démagogie en 1793 à Paris, ou Histoire, jour par jour, de l'année 1793, Paris, Plon, 1868.
  • Charles Vatel, Histoire de madame du Barry, Paris, L. Bernard, 1883.
  • Edmond de Goncourt, Jules de Goncourt, La Du Barry : Nouvelle édition revue et augmentée de lettres et documents inédits tirés de la Bibliothèque nationale, de la Bibliothèque de Versailles, des archives nationales, et de collections particulières, Paris, Charpentier, 1903.
  • Claude de Saint-André, Madame Du Barry, Paris, Tallandier, 1909, préface de Pierre de Nolhac.
  • Jacques Levron, Madame du Barry ou la fin d'une courtisane, Paris, Berger-Levrault, 1961.
  • René de La Croix de Castries, Madame du Barry, Paris, Hachette, 1967.
  • André Castelot, Madame du Barry, Paris, Perrin, 1989.
  • (Collectif d'auteurs), Madame du Barry : de Versailles à Louveciennes, catalogue de l'exposition présentée au Musée-promenade de Marly-le-Roi du au , Paris, Flammarion, 1992.
  • Frédéric Lenormand, Mademoiselle Chon du Barry, ou Les surprises du destin, Paris, Robert Laffont, 1996.
  • Catherine Hermary-Vieille, La Bourbonnaise, Paris, Albin Michel, 2001.
  • Jacques de Saint Victor, Madame du Barry, un nom de scandale, Paris, Perrin, 2002.
  • Ève Ruggieri, Le Rêve de Zamor, Ferryane, 2004.
  • Gérard Saint-Loup, Zamor, le nègre de La du Barry, Paris, L'Harmattan, 2006.
  • Jeanine Huas, Madame du Barry, Paris, Éditions Tallandier, , 340 p. (ISBN 978-2-84734-759-3 et 2847347593).
  • Cécile Berly, Les femmes de Louis XV, Perrin, 2018, 350 p.
  • (en) Eleanor Herman, Sex with Kings : 500 Years of Adultery, Power, Rivalry, and Revenge., William Morrow Paperbacks, (ISBN 0-06-058544-7)
  • (en) Joan Haslip, Madame du Barry : le prix de la beauté., Grove Weidenfeld, (ISBN 978-0-8021-1256-9)
  • (en) Agnès Stoeckl, Maîtresse de Versailles : la vie de Madame du Barry, John Murray,
  • Joseph Aulneau, La comtesse Du Barry et la fin de l'ancien Régime, Denoël, 1937
  • Duc de Castries, La du Barry, Hachette, 1967
  • Pascal Lainé, La Presque Reine, Editions De Fallois, 2003
  • Christiane Gil, La comtesse du Barry : Favorite de Louis XV, Pygmalion, 2010

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Enclave française dans les duchés de Lorraine et de Bar.
  2. Ce patronyme du Nord de la France proviendrait soit de becuwe (surnom flamand de la bécasse), soit de bec, dont les métaphores sont nombreuses (individu bavard, glouton, buveur, querelleur, ou au profil aquilin).
  3. Trois fils et quatre filles, dont certains noms nous sont parvenus : Tous furent domestiques dans des familles éminentes de la noblesse ou de la haute finance.
  4. L'hôtel de ville de Vaucouleurs occupe actuellement son emplacement.
  5. Le prénom Jeanne serait alors à mettre en rapport avec Jean-Jacques-Baptiste (le prénom réel du franciscain Gomard de Vaubernier) ; il prendrait un tout autre sens que l'hommage (non prouvé) à « La Pucelle », Jeanne d'Arc, avancé par certains historiens.
  6. Par la suite, la profession de sa mère vaudra à Madame du Barry un flot de plaisanteries malveillantes.
  7. Il se fera appeler par la suite Rançon de Montrabé.
  8. La graphie de la comtesse du Barry était fine et élégante ; par contre son orthographe était assez fantaisiste — comme, du reste, celle de la plupart de ses contemporains.
  9. Elle gardera le goût de lire, ce qui suscitera l'admiration de Louis XV, qui la déclarera digne d'être bibliothécaire de Versailles.
  10. Il semble qu'elle savait jouer du clavecin.
  11. Elle avait un don particulier pour cet art, qu'elle pratiquera assidûment.
  12. Toute sa vie, la comtesse du Barry mettra activement en pratique les préceptes de la religion en se montrant d'une constante charité. Elle entendait la messe presque chaque matin, pardonnera les offenses de ses ennemis et ne cessera de secourir les nécessiteux.
  13. Elle était grande, blonde, aux yeux bleus. Son visage aux traits parfaits avait une expression à la fois mutine et angélique. Les contemporains ont comparé son teint à un pétale de rose tombé dans du lait.
  14. Cet épisode est relaté et embelli dans le roman Joseph Balsamo d'Alexandre Dumas.
  15. Il convient de souligner que Louis XV et Madame du Barry se furent mutuellement fidèles durant toute leur liaison. L'attachement de Louis XV fut indubitable. On connaît son agacement face aux querelles d'étiquette des arrogantes marquises et duchesses de sa cour... La fraîcheur d'esprit de Madame du Barry, sa gaieté, sa simplicité, sa gentillesse foncière et ses talents dans les jeux de l'amour surent séduire le roi vieillissant et le réconforter.
  16. Une exposition organisée à Marly en 1992 lui a rendu hommage.
  17. En 1774, ne les jugeant pas à son goût, la comtesse du Barry refusa quatre panneaux peints qu'elle avait commandés à Fragonard pour son salon de Louveciennes. Pourtant, ces créations comptent parmi les plus audacieuses de l'artiste.
  18. Il publie anonymement à Londres, en 1776, ses Anecdotes sur la comtesse du Barry.
  19. Madame du Barry fut ravie de ces paroles souvent considérées comme banales, mais dont il faut toutefois souligner l'ambivalence : bien du monde pouvait faire allusion, de façon ironique, au passé trouble de la favorite.
  20. Les Lettres originales de la comtesse Du Barry, de Mathieu-François Pidansat de Mairobert (Londres, 1779), comme les Mémoires de Madame du Barry, par Élisabeth Brossin de Méré, sont sujettes à caution.

RéférencesModifier

  1. a b c d e f et g Jacques Levron, Madame du Barry ou la Fin d'une courtisane, 1973
  2. Charles Vatel, Histoire de madame du Barry, Paris, L. Bernard, 1883
  3. Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments de Félix et Louis Lazare, éditions Maisonneuve & Larose, 1855, p. 246.
  4. a et b Yannick Resch, 200 femmes de l'histoire : des origines à nos jours, Paris, Eyrolles, coll. « Eyrolles pratique », , br, 230 p., 14,8 × 21 cm (ISBN 978-2-212-54291-2 et 2-212-54291-7, OCLC 495314764, notice BnF no FRBNF42001111, SUDOC 133624129, présentation en ligne, lire en ligne), p. 60
  5. a et b Jean-Philippe Guinle, Le Livre des rois de France, Bordas, , p. 134-141.
  6. Yannick Resch, 200 femmes de l'histoire : des origines à nos jours, Paris, Eyrolles, coll. « Eyrolles pratique », , br, 230 p., 14,8 × 21 cm (ISBN 978-2-212-54291-2 et 2-212-54291-7, OCLC 495314764, notice BnF no FRBNF42001111, SUDOC 133624129, présentation en ligne, lire en ligne), p. 60.
  7. Louis Grignon, « Les vidames de Châlons », Revue de Champagne et de Brie,‎
  8. a et b Cette haine presque viscérale pourrait s'expliquer par le ressentiment d'une princesse dont le mariage ne fut consommé qu'au bout de sept ans à l'encontre d'une courtisane qui, depuis longtemps, n'ignorait aucun des plaisirs de la chair.
  9. Marie-Antoinette, Stefan Zweig, p. 72, éd. Grasset, 1932.
  10. Armand-Louis de Gontaut Biron, Louis Lacour, Louis de La Cour de La Pijardière, Mémoires du duc de Lauzun (1747-1783), éd. Poulet-Malassis et de Broise,
  11. Bernier 1984, , p. 246-249
  12. Herman 2005, p. 203
  13. Haslip 1992, p. 133
  14. Madame du Barry: the Wages of Beauty, par Joan Haslip, 1992, Grove Weidenfeld, New York, p.121, (ISBN 978-0-8021-1256-9)
  15. « Madame du Barry », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail de l’édition]
  16. a et b Jean-Philippe Guinle, Le Livre des rois de France, Bordas, , p. 151
  17. Stoeckl 1966, , p. 174
  18. Amédée Gabourd, Histoire de la Révolution et de l'Empire, éd. Lecoffre, , p. 40
  19. Michel Ragon, L'Espace de la mort: Essai sur l'architecture, la décoration et l'urbanisme funéraires, Albin Michel, 2012, p. 47
  20. Jean-Claude Bologne, Qui m’aime me suive, dictionnaire commenté des allusions historiques, éditions Larousse, 2007.
  21. Jacques Levron, Louis XV : L'homme et le roi, Librairie académique Perrin, , p. 393
  22. « La Du Barry : coup de foudre à Versailles », Télé Z,‎ (lire en ligne)
  23. d'après deux cartons d'archives de la préfecture de Seine-et-Oise.