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W. S. Van Dyke
Description de l'image Daredevil Jack (1920) - 5.jpg.
Nom de naissance Woodbridge Strong Van Dyke II
Naissance
San Diego, Californie
États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès (à 53 ans)
Brentwood, Californie
États-Unis
Profession Réalisateur
Films notables Tarzan, l'homme singe
L'Introuvable

W. S. Van Dyke ou Woodbridge Strong Van Dyke II est un réalisateur américain, né le à San Diego, en Californie, et mort par suicide le à Brentwood, en Californie (États-Unis). Il est parfois surnommé « One shoot Woody », littéralement « Woody-une-seule-prise ».

Sommaire

BiographieModifier

EnfanceModifier

Né le 21 mars 1889 à San Diego en Californie, Woodbridge Strong Van Dyke II est le fils de l’avocat Woodbridge Strong Van Dyke I et de la pianiste de concert Laura Winston. Il est issu d’une vieille famille de souche hollandaise dans laquelle on retrouve déjà des artistes et des hommes de lettres renommés. Ainsi, on retrouve parmi ses cousins le critique d’art John Charles Van Dyke, et le diplomate et académicien Henry Van Dyke. Notons également parmi ses ancêtres le pédagogue William C. Woodbridge ainsi que le mathématicien Théodore Strong, ces ancêtre lui valant son prénom. Son père, Van Dyke I meurt seulement un jour après la naissance de son fils, à l’âge de 24 ans. Sa mère alors sans argent, s’engage dans une troupe de théâtre ambulante et « Woody » Van Dyke passe alors toute sa jeunesse parmi les saltimbanques voyageant d’une ville à l’autre. Dès 1892, il apparaît alors dans des pièces de théâtre et des mélos populaires. En 1903, il part vivre chez sa grand-mère à Seattle où il exercera toutes sortes de métiers (électricien, bûcheron, mineur, cheminot, matelot, mercenaire (au Mexique), ou encore chanteur de Music-hall) sans pour autant abandonner sa carrière théâtrale. Ainsi en 1907, il rejoint la nouvelle troupe de théâtre de sa mère, « The Laura Winston players » avec laquelle il effectuera plusieurs tournées à travers les États-Unis avec les compagnies de Vin Moore, Del Lawrence et avec Alexander Pantages par exemple.

Premiers pas au cinémaModifier

A l’automne 1915, il quitte les planches pour devenir assistant-réalisateur et scénariste chez Essanay à Chicago puis en Californie. Pour son premier travail, il seconde Charles Brabin sur « The Raven » (Le Corbeau), film basé sur l’œuvre d’Edgar Allan Poe. En 1916, l’acteur Charles Long, un ancien des « Laura Winston players » à D.W. Griffith. Van dyke attire alors rapidement l’attention du célèbre réalisateur en coiffant les figurants d’ «Intolérance » et devient alors chef-perruquier, puis assistant décorateur, et enfin assistant tout court. Il devient par la même occasion un ami intime de Griffith et apparaît même devant la caméra dans le film (il est un conducteur de char assyrien, un grand prêtre de Babylone, témoin des noces de Cana, victime de la Saint-Barthélemy, et cascadeur tombant des murs de la ville lors de l’assaut final). Une fois « Intolérance » terminé, il devient assistant de James Young à la Paramount puis réalisateur de western à petit budget.

En 1918, il est mobilisé en Europe mais ne participe pas aux combats à son grand regret[1].

En 1920, la Pathé lui confie « Daredevil Jack » (Jack-sans-peur) un sérial de 15 épisodes interprété par le champion de monde de boxe, Jack Dempsey. Ce dernier étant incapable de se battre « pour rire », ses adversaires ne se relèvent plus et Van Dyke doit généralement se contenter d’une seule prise faute de figurants valides. Il termine alors son sérial en un temps record. Il est alors cantonné aux sérials en devenant le réalisateur attitré de l’actrice Ruth Roland. Son exigence et son rythme forcené du travail lui valent rapidement la haine de l’actrice et une réputation d’ « Action man » hors-série dont il aura des difficultés à se défaire. Van Dyke est également un excellent cavalier, et tireur d’élite et égale bien souvent ses cascadeurs en terme de prouesses. Son passage par la réalisation de sérial lui vaut d’être cité parmi « les trois plus meilleurs réalisateur de sérial du cinéma muet » aux côté de George B. Seitz et de Spencer Gordon Bennett par certains historiens du western américain[2].

En 1924, la Fox lui confie sept westerns avec Buck Jones. Il installe alors ses caméra dans le désert de Mojave et tournes ses films en 9 jours au lieu de 26. On parle même d’un film terminé en 2 jours et 2 nuits[1].

Mais le réalisateur ne se cantonne pas aux westerns et aborde avec succès jusqu’en 1928 d’autres genres comme le mélodrame ("Living Lies", "The Destroying Angel"), le film de gangster ("Beautiful sinner") la comédie ("Half-a-dollar bill") la reconstitution historique ("The Chicago fire") et le film de guerre ("Under the black eagle").

Carrière pour la Metro-Goldwyn-MayerModifier

En 1926, la Métro Goldwyn Mayer, nouvellement constituée sous l’égide de Louis B. Mayer et de Irving G. Thalberg, est la firme cinématographique la plus puissante au monde. La M.G.M produit alors principalement des mélodrames, des comédies mondaines et des fresques historiques mais ignore le genre mineur du « film de cowboy »[1]. Or en 1924, la Paramount connaît une énorme succès avec son film « The Covered Wagon », ambitieuse chronique de la ruée vers l’ouest réalisé par James Cruze et tournée entièrement en décors naturels avec de véritables « Peaux-Rouges ». Ce succès de la firme concurrente, incite la MGM à se tourner vers ses premiers westerns, et dans ce dessein, Thalberg contacte Van Dyke à l’été 1926. Van Dyke transporte alors son matériel et son équipe dans le Wind River Indian Reservation (Wyoming) puis dans le Parc National de Jackson Hole (Yellowstone). Aucune scène ne sera tournée en extérieur de véritables « Peaux-Rouges » apparaitront également à l’écran dans un souci d’authenticité. A cette occasion, le réalisateur se fait vite remarquer. Travaillant parfois sur deux projets à la fois, il livre deux films en 30 jours à l’ahurissement général. Retenons dans cette série de film « War Paint » (Œil-de-faucon), film résolument pro-indien qui donne le ton de cette série alors inhabituelle tant par la qualité que par les sujets et moyens à disposition.

C’est avec White Shadows in the South Seas (Ombres Blanches en France), adapté du roman éponyme de Frederick O’Brien, premier film entièrement tournée en Polynésie, et premier film sonore projeté en France, que Van Dyke s’impose comme un réalisateur de talent. A l’origine destiné à être réalisé en commun avec Robert J. Flaherty, ce dernier, suite à des différents avec Van Dyke quitte rapidement le tournage, après n’avoir filmé que quelques scènes. Ce film qui parle d’exploitation coloniale, de racisme, et qui se termine sur un bouleversant constat d’échec est un grand succès aussi bien auprès du public que des critiques. Van Dyke que l’on connaissait pour être un réalisateur rapide et consciencieux s’avère également être un créateur sensible et poète. Déjà célèbre pour ses talents à filmer en extérieur, dans de véritables décors, Van Dyke obtient alors les faveurs de Irving Thalberg qui confie par la suite au réalisateur d’autre projets d’ampleur tournés en extérieur. Ainsi en 1931, Van Dyke réalise Trader Horn, l’histoire d’un trafiquant d’ivoire irlandais qui a parcouru pendant plus de 40 ans le continent africain. Ce film, qui a nécessité des moyens ahurissant pour l’époque (3 millions de dollars alors qu’une production moyenne coûtait alors 325 000 dollars) fait encore un peu plus de Van Dyke ce « réalisateur aventurier » déjà reconnu. Par la suite il réalise également Tarzan, The Ape Man (Tarzan l’homme-singe), premier film sonore de Tarzan encore aujourd’hui considéré parmi les meilleures adaptation de l’ouvrage de Edgar Rice Burroughs. Van Dyke intègre alors à son film des plans inutilisés de Trader Horn et tourne le restant des scènes dans un décors de jungle recréé dans la région du lac Sherwood. C’est aussi le premier film avec Johnny Weissmuller dans le rôle-titre, le champion olympique de natation devenant par la suite l’incarnation même du personnage qu’il jouera pas moins de 11 fois jusqu’en 1948.

Après deux films policiers, et une comédie, le réalisateur que l’on sait membre actif de l’ « International Adventurer’s Club », de l’ « Explorer’s Club of New York » ou encore de la « Royal Geographic Society » se lance une nouvelle fois dans une entreprise qui mêle cinéma et aventure avec Eskimo, adaptation du roman de l’explorateur danois Peter Freuchen. Après Ombres Blanches et Trader Horn, Van Dyke traite à nouveau de l’histoire d’un paradis menacé, d’une pureté que l’Occidental s’acharne à détruire par méchanceté, rancœur ou incompréhension. Cette fois ci, l’histoire se déroule au Groenland, mais sera tournée en Alaska, les 4 mois d’obscurité du Groenland rendant le tournage impossible. Les conditions extrême du tournage faillir coûter la vie à Van Dyke et son équipe mais le film, projeté en 1934, connu un immense succès à sa sortie. Toutefois, Van Dyke, résolu à ne plus recommencer pareille aventure, fit ajouter une clause à son contrat lui permettant désormais de refuser de tourner des films dans des endroit trop dangereux pour lui ou son équipe.


Par la suite, l’infrastructure de la MGM permet un contrôle plus strict des réalisateurs et Van Dyke se résigne alors à tourner ce que les dirigeants de la Metro lui confient. Les films qu'il réalise sont néanmoins pour la plupart des succès au box-office, à l'image "Manhattan Melodrama" en 1934 ("L'Ennemi public n°1" en France) un film de gangster avec Clark Gable, de "The Thin Man" en 1934("L'introuvable" en France), "Hide Out" ("Jours Heureux") en 1935, "San Francisco" en 1936 ou encore "The Devil is a Sissy" ("Au seuil de la vie") en 1936.

Economiquement parlant, W.S. Van Dyke est alors au sommet de sa gloire, étant le cinéaste le mieux payé de la M.G.M. et même le mieux payé de tout Hollywood après Frank Capra. Mais la lente éviction, puis la disparition de Thalberg, le 14 septembre 1936, laisse la M.G.M. aux mains de Louis B. Mayer. Van Dyke est désormais bien souvent cantonné à des productions sophistiquées destinées à mettre en valeur les stars du moment ou à reprendre des productions inachevées. On peut retenir de cette périodes des films comme "They gave him a gun" ("on lui donna un fusil") en 1937 ou encore "Marie-Antoinette" en 1938, film tourné à l'occasion du 15e anniversaire de la M.G.M. imaginé par Thalberg avant sa mort pour sa femme Norma Shearer.

MortModifier

Dans la seconde moitié de 1942, malgré un cancer et un cœur malade, Van Dyke réussit à réaliser un dernier film, Journey for Margaret, dont la première eut lieu à New York le 17 décembre 1942.

Van Dyke, avait refusé la plupart des traitements et des soins médicaux durant ses dernières années. Après la sortie mondiale de Journey for Margaret en janvier 1943, il dit au revoir à sa femme, à ses enfants et au patron du studio Louis B. Mayer, puis se suicide le 5 février à Brentwood, Los Angeles.

Jeanette MacDonald et Nelson Eddy, chantent et officient à son enterrement, selon la volonté de Van Dyke,

Il est inhumé au cimetière du parc commémoratif Forest Lawn de Glendale, près de sa mère, Laura Winston.


Filmographie partielleModifier

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Hervé Dumont, « W.S. Van Dyke », Anthologie du cinéma,‎ (lire en ligne)
  2. (en) G.N. Fenin, W.K. Everson, The Western, New York, , p. 229

BibliographieModifier

Ecrits de Van DykeModifier

  • "Horning into Africa", California Graphic Press, Los Angeles, 1931 (219 P.)
  • "Rx. for a Thin Man", dans : Stage, January 1937
  • "From House Opera to Epic", dans : Cue, 16.3.1937
  • "The Motion Picture and the next war", dans Hollywood Reporter, 8.6.1936
  • "Dans les Mers du Sud avec le char du soleil", dans : Ciné Magasine, mars 1930
  • "Addio alle avventure", dans : Cinema N° 24/1937

Ecrits sur Van DykeModifier

LivresModifier

  • Robert C. Cannom, "Van Dyke and the Mythical City Hollywood", Culver City (Cal.), 1948.
  • Bosley Crowther, "The Lion's Share. The M-G-M Story", New York, 1957.
  • Bob Thomas, "Thalberg, Life and Legend", New York, 1969.

ArticlesModifier

  • Jerome Beatty, "The Most Interestinf Man in Hollywood", dans : Illustrated American Magazine, August 1934.
  • Herbert Cruikshank, "Van Dyke Beards the Lion", dans : Motion Picture Magazine, January 1929.
  • B. Rodgers, "Van Dyke, the unorthodox", dans : Cinema Progress, August 1937.
  • Alva Johnston, "Van Dyke - Lord Fauntleroy in Hollywood", dans : The New Yorker, 28.9.1935.
  • Cornelia Penfield, "Hollywood Helmsmen : W.S. Van Dyke and Frank Capra", dans Stage, 13.4.1936.
  • Howard Sharpe, "W.S. Van Dyke, the Star Creator of Hollywood" dans : Photoplay Magazine, December 1936.
  • Peter Freuchen, "Filming the Frozen North", dans Picturegoer Weekly, 13.1.1934.
  • G. Tilden, "The Story of Filming 'Eskimo' ", dans Movie Classic, November 1933.
  • F. Condon, "Van Dyke's Choice Locations", dans Colliers, 18.5.1935.
  • Dorothy Calhoun, "South Seasick : Monte Blue", dans Motion Picture Magazine, August 1928.
  • Leonard Hall, "The toughest location trip is over", dans : Photoplay Magazone, February 1930
  • Byron Riggan, "Damn the Crocodiles - Keep the Camera rolling ! " dans : American Heritage, June 1968.
  • Ray Cabana Jr., Jon Tuska, "Concerning Trader Horn" dans : Views and Reviews, Summer 1971 (vol. 3, n° 1), p.34-58.
  • Jon Tuska, "From the 100 finest Westerns : 'Winners of the Wilderness' ", dans : Views and Reviews, Fall 1971 (vol.3, n°2)
  • Lesley Selander, "Up from Assistant Director", dans Action, Jan.-Feb. 1971.
  • X., "W.S. Van Dyke, vigorous romantic", dans : The Lions's Roar (M-G-M), November 1941.
  • Hervé Dumont, "Woody S. Van Dyke et l'âge d'or d'Hollywood ", dans : Travelling, n°37, 1973
  • Hervé Dumont, "W.S. Van Dyke", dans : Anthologie du cinéma, 1973. (consultable en libre : http://www.hervedumont.ch/pdf/van_dyke.pdf)
  • George MacArthur, "Major W.S. Van Dyke II", dans : Ciné-Suisse, 6.3.1943.
  • Domenico Meccoli, "Storia di Van Dyke II", dans : Cinema, 24.4.1938.
  • Monte Blue, "A Tahiti, terre d'amour et de soleil", dans : Ciné-Miroir, 15.2.1929.
  • L. Delaprée, "Dix minutes avec Van Dyke", dans : Pour Vous, 19.4.1929
  • X., "La réalisation de 'Trader Horn' ", dans : Cinéa, Sept.-Oct. 1931, p.9-13.

Liens externesModifier