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Consulat général de France à Jérusalem

liste d'un projet Wikimedia

Consulat général de France à Jérusalem
Drapeau de la France
France
France
Vue de la mission diplomatique
Le drapeau français et le drapeau européen flottent au-dessus du consulat général de France à Jérusalem.

Lieu 5, rue Paul-Émile-Botta
Jérusalem
Coordonnées 31° 46′ 30″ nord, 35° 13′ 27″ est
Consul général Pierre Cochard
Nomination
Site web https://jerusalem.consulfrance.org

Géolocalisation sur la carte : Palestine (administrative)

(Voir situation sur carte : Palestine (administrative))
Consulat général de France à Jérusalem

Géolocalisation sur la carte : Israël

(Voir situation sur carte : Israël)
Consulat général de France à Jérusalem

Voir aussi : Mission de Palestine en France
Ambassadeurs françaisConsuls français

Le consulat général de France à Jérusalem est une représentation consulaire de la République française installée à Jérusalem, au 5 rue Paul-Émile Botta. Sa circonscription s'étend sur Jérusalem et ses environs, le Corpus separatum délimité dans le plan de partage de la Palestine, ainsi que sur les territoires palestiniens de Cisjordanie et Gaza.

Le consulat général, qui n'est pas placé sous l'autorité de l'ambassade de France en Israël, est chargé de la protection et du suivi administratif des Français établis ou de passage dans sa circonscription, et des contacts avec l'Autorité palestinienne.

Histoire du consulatModifier

 
Les murs de la Vieille ville de Jérusalem vus depuis les jardins du consulat général de France.

Le roi de France Louis XIII nomma en 1623 un consul de France à Jérusalem, Jean Lempereur, pour protéger les droits des Français lors des visites des Lieux saints[1]. L'accueil rendu aux consuls fera que la présence consulaire ne sera cependant permanente qu'en 1843 (Sébastien de Brémont 1699-1700, Jean de Blancas 1713-1714).

Les accords de Mytilène de 1901 et de Constantinople en 1913 confient à la France la protection diplomatique des édifices religieux aux abords des lieux saints. À l'effondrement de l'Empire ottoman en 1918, le consulat s'émancipe de l'ambassade de France à Constantinople et devient un consulat général.

Le plan de partage de la Palestine en 1947 bouleverse néanmoins l'aire d'influence du consulat. Aujourd'hui, il cumule à la fois des fonctions religieuses (protection des Lieux saints), consulaires (une communauté d'environ 9 000 Franco-Israéliens) et politiques (protection des réfugiés palestiniens, représentation auprès de l'Autorité palestinienne officialisée en 1994).

Héritier de plusieurs siècles de protection des Lieux saints, le Consul général de France à Jérusalem est le seul diplomate qui inaugure ses fonctions par une entrée solennelle au Saint-Sépulcre[2], en uniforme, précédé de deux kawas, des gardes en livrée de janissaires portant sabre et bâton de cérémonie, et accueilli par un père franciscain français. Un Te Deum retentit ensuite en la basilique Sainte-Anne, l'un des domaines français de Jérusalem[3],[4].

Il subsiste des traces de l'ancienne fonction de protection des lieux saints dévolue à la France dans certains honneurs liturgiques réservés au consul. La convention les régissant a été signée le 4 décembre 1926 entre Aristide Briand, ministre des Affaires étrangères de la France et Luigi Maglione, nonce apostolique à Paris[3]. Outre l'entrée solennelle du consul au Saint-Sépulcre lors de l'inauguration de sa fonction, il y est fixé la présence du représentant français au premier rang, aux côtés de ses homologues représentant les autres « puissances catholiques » à savoir l'Italie, l'Espagne et la Belgique à l'occasion de la messe de minuit à Bethléem et lors de l'office pascal au Saint-Sépulcre[3]. Des messes consulaires sont aussi prévues. Le rituel se répète une vingtaine de fois par an, notamment le 14 juillet[5]. Le consul vêtu de son uniforme et accompagné de ses collaborateurs, est accueilli au seuil de l'église, le clergé lui présente l'eau bénite. On l'invite à baiser la bible. Il est ensuite encensé durant l'offertoire, puis la cérémonie se termine par une prière pour la République française[3].

Le 28 octobre 1948, à l'initiative du consul général René Neuville, la rue de Jérusalem où est installé le consulat de France a reçu le nom de Paul-Émile Botta, pour le centenaire de sa nomination comme consul[6].

Domaines françaisModifier

 
Une plaque à l'entrée du Tombeau des Rois rappelle les droits français sur ce domaine.

Le consul général de France à Jérusalem administre plusieurs lieux du domaine national français en Terre sainte à Jérusalem et dans ses environs : l'église Sainte-Anne, l'église du Pater Noster, l'ancienne commanderie croisée d'Abou Gosh et le Tombeau des Rois.

Les centres culturels françaisModifier

Cinq centres culturels relèvent du Consulat général de France à Jérusalem, sous l'enseigne commune d'Institut français de Jérusalem[7] :

  • Institut français de Naplouse (jusqu'en juillet 2018) ;
  • Institut français Chateaubriand (Centre culturel français de Jérusalem) à Jérusalem-Est ;
  • Centre culturel franco-allemand de Ramallah (avec l'Institut Goethe) ;
  • Institut français de Gaza ;
  • Institut français Romain-Gary (Centre culturel français Romain-Gary) à Jérusalem-Ouest[8].

S'ajoutent à ce réseau l'Alliance française de Bethléem[9] et l'Association d'échanges culturels Hébron–France[10].

Liste des consuls de France à JérusalemModifier

Les consuls ont été successivement[11],[12] :

 
Paul-Émile Botta a été consul de France à Jérusalem en 1848.
 
Stanislas de Laboulaye a été consul général de France à Jérusalem entre 1996 et 1999.
Consul Date de nomination
Consuls
...
Paul-Émile Botta 1848
...
Ernest Crampon 1871
Salvator Patrimonio 1873
Adrien Langlais 1er avril 1881 [JORF 1]
Charles Destrées 29 mai 1883 [JORF 2]
Lucien Monge 31 décembre 1884 [JORF 3]
Charles Ledoulx 1885
Consuls généraux
Charles Ledoulx 1893
Ernest Auzepy 2 février 1898 [JORF 4]
Honoré Daumas 1902
Auguste Boppe 1902
Maxime Marie Édouard Georges Outrey 7 février 1905 [JORF 5]
George Gueyraud 14 avril 1908 [JORF 6]
Première Guerre mondiale
Louis Rais 1er juin 1919 [JORF 7]
Gaston Maugras (de) 29 janvier 1924 [JORF 8]
Alphonse Doire 31 décembre 1925 [JORF 9]
Jacques d'Aumale 20 octobre 1928 [JORF 10]
Amédée Outrey 1er décembre 1937 [JORF 11]
Henri Zimmermann (*) 1941
Guy du Chaylard (*) 22 juin 1942 [JORF 12]
René Neuville 28 février 1946 [JORF 13]
Bertrand Edmond Rochereau de La Sablière (de) 3 juillet 1952 [JORF 14]
Marcel Laforge 22 février 1955 [JORF 15]
André Favereau 24 décembre 1957 [JORF 16]
Christian Marcotte de Sainte-Marie 20 janvier 1960 [JORF 17]
Lucien Lemoine 16 avril 1963 [JORF 18]
Christian Fouache d'Halloy 26 mai 1966 [JORF 19]
Paul-Antoine Henry 22 juin 1970 [JORF 20]
Pierre Bitard 23 décembre 1975 [JORF 21]
Bernard Lopinot 1978
Jean Guéguinou 1er septembre 1982 [JORF 22]
Jean-Claude Cousseran 1986
Gilles d'Humières 1988
Jean de Gliniasty 15 octobre 1991 [JORF 23]
Stanislas de Laboulaye 3 janvier 1996 [JORF 24]
Denis Pietton 12 octobre 1999 [JORF 25]
Régis Koetschet (de) 30 août 2002 [JORF 26]
Alain Rémy 31 mai 2005 [JORF 27]
Frédéric Desagneaux 29 avril 2009 [JORF 28]
Hervé Magro 4 juillet 2013 [JORF 29]
Pierre Cochard 21 juin 2016 [JORF 30]
René Troccaz 30 juillet 2019 [JORF 31]

(*) Délégués du Comité national français (organe de la France libre).

Communauté françaiseModifier

Au 31 décembre 2014, 24 146 Français sont inscrits sur les registres consulaires de Jérusalem[13].

Population française inscrite au registre mondial
2001 2002 2003 2004 2005
8 2789 46311 05811 80513 158
2006 2007 2008 2009 2010
14 58515 51017 09917 85619 730
2011 2012 2013 2014 -
19 70821 84823 27424 146-
Personnes inscrites au registre des Français établis hors de France au 31 décembre de chaque année.
(Sources : données publiques sur data.gouv.fr et ministère français des Affaires étrangères, dont 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014)

RéférencesModifier

  1. « Je désirerais de faire établir à Jérusalem un consul français qui eût soin de mes aumônes par-delà, et de mes sujets qui y abordent tous les jours » - Louis XIII, in Antoine Rabbath, Documents inédits pour servir à l'histoire du christianisme en Orient, XVIe – XIXe siècle, vol. 1, Paris, A. Picard et fils, , p. 331.
  2. « Domaines nationaux : Une responsabilité vis-à-vis du monde entier », sur terresainte.net (consulté le 27 mai 2019).
  3. a b c et d Mochon 1996, p. 929.
  4. Claire Lesegretain, « À Jérusalem, le nouveau consul de France a été accueilli par les autorités religieuses », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le 27 mai 2019).
  5. Adrien Jaulmes, « La France, gardienne des lieux saints », Le Figaro, (consulté le 27 mai 2019).
  6. René Dussaud et André Parrot, « Nouvelles archéologiques : Une rue Botta à Jérusalem », Syria, vol. 26, nos 3-4,‎ , p. 395 (lire en ligne).
  7. Site de l'Institut français de Jérusalem.
  8. Site de l'Institut français de Jérusalem Romain-Gary.
  9. Site de l'Alliance française de Bethléem.
  10. Site de l'Association d'échanges culturels Hébron–France.
  11. Liste chronologique des Consuls et Consuls généraux de France à Jérusalem, sur le site du consulat, 15 novembre 2013.
  12. (en) French Domain in the Holy Land (French Territories in Jerusalem), sur worldstatesmen.org.
  13. Population française inscrite au registre mondial (auprès des postes consulaires) au 31/12/2014.

Dans le Journal officiel de la République française (JORF), sur Légifrance ou Gallica :

  1. Décret du 1er avril 1881, JORF no 95 du 6 avril 1881, p. 1849.
  2. Décret du 29 mai 1883, JORF no 150 du 3 juin 1883, p. 2761.
  3. Décret du 31 décembre 1884, JORF no 27 du 28 janvier 1885, p. 505.
  4. Décret du 2 février 1898, JORF no 33 du 3 février 1898, p. 722.
  5. Décret du 7 février 1905, JORF no 38 du 8 février 1905, p. 986.
  6. Décret du 14 avril 1908, JORF no 110 du 22 avril 1908, p. 2834.
  7. Décret du 1er juin 1919, JORF no 226 du 22 août 1919, p. 8994.
  8. Décret du 29 janvier 1924, JORF no 148 du 31 mai 1924, p. 4849.
  9. Décret du 31 décembre 1925, JORF no 20 du 24 janvier 1926, p. 964.
  10. Décret du 28 octobre 1928, JORF no 181 du 3 août 1929, p. 8879.
  11. Décret du 1er décembre 1937, JORF no 281 du 4 décembre 1937, p. 13182.
  12. Décret no 330 du 22 juin 1942, JOFL no 8 du 14 juillet 1942, p. 38.
  13. Décret du 28 février 1946, JORF no 113 du 15 mai 1946, p. 4159.
  14. Décret du 3 juillet 1952, JORF no 177 du 24 juillet 1952, p. 7456.
  15. Décret du 22 février 1955, JORF no 48 du 24 février 1955, p. 2074.
  16. Décret du 24 décembre 1957, JORF no 3 du 4 janvier 1958, p. 165.
  17. Décret du 20 janvier 1960, JORF no 17 du 21 janvier 1960, p. 641.
  18. Décret du 16 avril 1963, JORF no 96 du 23 avril 1963, p. 3740.
  19. Décret du 26 mai 1966, JORF no 122 du 27 mai 1966, p. 4263.
  20. Décret du 22 juin 1970, JORF no 144 du 23 juin 1970, p. 5841.
  21. Décret du 23 décembre 1975, JORF no 298 du 24 décembre 1975, p. 13246.
  22. Décret du 1er septembre 1982, JORF no 206 complémentaire du 4 septembre 1982, p. 8208.
  23. Décret du 15 octobre 1991, JORF no 244 du 18 octobre 1991, NOR MAEA9120297D.
  24. Décret du 3 janvier 1996, JORF no 4 du 5 janvier 1996, p. 18, NOR MAEA9520550D.
  25. Décret du 12 octobre 1999, JORF no 238 du 13 octobre 1999, p. 15275, NOR MAEA9920313D.
  26. Décret du 30 août 2002, JORF no 211 du 10 septembre 2002, p. 14998, texte no 42, NOR MAEA0220448D.
  27. Décret du 31 mai 2005, JORF no 126 du 1er juin 2005, texte no 231, NOR MAEA0520188D.
  28. Décret du 29 avril 2009, JORF no 102 du 2 mai 2009, texte no 86, NOR MAEA0909301D.
  29. Décret du 4 juillet 2013, JORF no 155 du 6 juillet 2013, texte no 48, NOR MAEA1315651D.
  30. Décret du 21 juin 2016, JORF no 145 du 23 juin 2016, texte no 34, NOR MAEA1611590D.
  31. Décret du 30 juillet 2019, JORF no 177 du 1er août 2019, texte no 76, NOR EAEA1918877D.

BibliographieModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  • René Neuville, « Heurs et malheurs des consuls de France à Jérusalem aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles », 1re partie dans Journal of the Middle East Society, Jérusalem, no 2, 1947 ; 2e partie, Ariel Printing Works, Jérusalem, 1948
  • Jean-Philippe Mochon, « Le consulat général de France à Jérusalem : Aspects historiques, juridiques et politiques de ses fonctions », Annuaire français de droit international, CNRS Éditions, no 42,‎ , p. 929–945 (ISSN 0066-3085, DOI 10.3406/afdi.1996.3421)
  • Dominique Trimbur, « Heurs et malheurs d'un consul de France à Jérusalem : Amédée Outrey, 1938-1941 », Bulletin du Centre de recherche français à Jérusalem, no 2,‎ , p. 52–75 (ISSN 2075-5287, lire en ligne)
  • Géraud Poumarède, « Les limites du patronage français sur les lieux saints : Autour de l'installation d'un consul à Jérusalem dans les années 1620 », Revue d'histoire de l'Église de France, Société d'histoire religieuse de la France, vol. 92, no 228,‎ , p. 73–116 (ISSN 0300-9505, DOI 10.1484/J.RHEF.2.304967)

Lien externeModifier