Meyer Habib

homme politique franco-israélien

Meyer Habib
Illustration.
Fonctions
Député français
En fonction depuis le
(6 ans, 11 mois et 19 jours)
Élection 9 juin 2013
Réélection 18 juin 2017
Circonscription 8e des Français établis hors de France
Législature XIVe et XVe (Cinquième République)
Groupe politique UDI (2013-2017)
LC/UAI/UDI (depuis 2017)
Prédécesseur Daphna Poznanski-Benhamou (indirectement)
Biographie
Nom de naissance Meyer Dov Habib
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Français
Israélien
Parti politique UDI
Religion Judaïsme

Meyer Habib (également prononcé Meir Habib[1],[2],[3] ; en hébreu : מאיר חביב), né le à Paris (Seine), est un homme politique franco-israélien.

Directeur général du groupe Vendôme à Paris, il est député de la huitième circonscription des Français établis hors de France depuis 2013. Élu de centre droit en France, il est proche de la droite ultra-conservatrice israélienne et ami du Premier ministre Benyamin Netanyahou, que celui-ci considère comme son représentant personnel en France.

BiographieModifier

Jeunesse et formationModifier

Issu d’une famille juive d’origine italo-tunisienne, Meyer Habib grandit dans le 19e arrondissement de Paris. Il reçoit une éducation juive traditionnelle et fut très influencé par son père, Emmanuel Habib, qui a fondé la première société de fabrication de vins cashers[4], « Habib frères », à la fin des années 1950, et son oncle, Élie Lolo Habib, très investi dans l’action sociale en faveur de la jeunesse, notamment dans le cadre de la Fédération des sociétés juives de France (FSJF) et en l’honneur de qui fut fondée l'association Ahavat Hayeled, qui apporte un soutien aux enfants (centre de vacances et aides scolaires)[5]. En Tunisie, son père, proche de Menahem Begin, a été un militant actif de la droite sioniste[6].

Il effectue sa scolarité à l'école Lucien-de-Hirsch puis au lycée Yabné. Après un baccalauréat scientifique, il part étudier en Israël et intègre, après une classe préparatoire, l'Institut israélien de technologie Technion de Haïfa[7], où il obtient un diplôme d'ingénieur en génie industriel[réf. nécessaire].

Carrière professionnelleModifier

À l’issue de ses études au Technion, Meyer Habib se lance dans la vie professionnelle. Il devient rapidement directeur général adjoint de la marque Citizen[7]. Meyer Habib dirige aujourd’hui le Groupe Vendôme, société de joaillerie de luxe.

Engagements associatifsModifier

Jeune militant, Meyer Habib s’engage à l’adolescence, sur les traces de son père, ami de Menahem Begin[8], dans le mouvement de jeunesse sioniste radical Betar[9]. Sioniste, il devient un militant de la communauté juive[6].

Il s’engage dans les années 1990 au Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Président de la Commission Israël, il œuvre au renforcement des relations entre la France et Israël. Dans ce cadre, il tisse des liens étroits avec de nombreuses personnalités politiques françaises, dont l'ancien président Nicolas Sarkozy et son successeur François Hollande[réf. nécessaire]. Meyer Habib est à l’origine de nombreux événements dont, le , les « 12 heures de l’Amitié France Israël » , qui a réuni plus de 50 000 personnes et plus de 100 parlementaires. De nombreuses personnalités politiques françaises participent à cet évènement[10], parmi lesquelles François Hollande, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn ou François Bayrou. Côté israélien, le Premier ministre Benyamin Netanyahou, ami personnel de longue date de Meyer Habib[11], fait le déplacement.

Membre du Comité exécutif du Fonds national juif, il est également élu au comité directeur du CRIF, puis au bureau exécutif. Élu à trois reprises à la vice-présidence du CRIF, il se présente à la présidence de l'institution en 2010, contre Richard Prasquier, mais est battu par 106 voix contre 61[12]. Il démissionne de la vice-présidence à la suite de son élection comme député de la 8e circonscription des Français de l’étranger.

Vie privéeModifier

Marié et père de quatre enfants, Meyer Habib vit à Paris. Il est binational franco-israélien.

Parcours politiqueModifier

En 2013, à la suite de l'annulation de l'élection de Daphna Poznanski-Benhamou en tant que députée, il se présente à l'élection législative partielle dans la 8e circonscription des Français établis hors de France, sous l'étiquette de l'UDI. Il bénéficie du soutien officiel de Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, ainsi que du soutien de Jean-Louis Borloo, président-fondateur de l’UDI[13],[14]. Il mène des campagnes électorales presque exclusivement orientées vers Israël et aux accents très religieux[6][15]. Le , après avoir été devancé au premier tour, il est élu député au second tour face à Valérie Hoffenberg, avec 53,36 % des suffrages exprimés[16], avec un taux d’abstention de 90,9 %[17],[18].

Il se dit partisan d’une opposition « constructive » face au gouvernement socialiste de Manuel Valls. Il affirme ainsi : « chaque fois qu'un pas ira dans la bonne direction, je l'approuverai »[19]. C’est ainsi qu’il est l’un des seuls députés de l’opposition, avec Frédéric Lefebvre, à voter en faveur du Pacte de responsabilité. Il soutient également la loi « Cazeneuve » de lutte contre le terrorisme. Début 2015, il se déclare favorable à la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques[20], dite loi « Macron », mais refusé de voter la confiance au gouvernement à la suite de l’utilisation de l’article 49 al.3 de la Constitution.

Meyer Habib soutient François Fillon pour le second tour de la primaire française de la droite et du centre de 2016[21]. Aspirant à un second mandat de député des Français établis hors de France lors des élections législatives de 2017, il se présente comme le candidat de « la cause sioniste » et des « valeurs de la Torah »[22]. Candidat unique de la droite et du centre sous l’étiquette Les Républicains-UDI, il est réélu député de la 8e circonscription des Français de l'étranger avec 57,9 % des suffrages exprimés et un taux d’abstention de 88,3 %[23]. Il était soutenu par plusieurs personnalités politiques, notamment le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou[24], et par Itshak Yossef, grand rabbin séfarade d’Israël[6]. Plusieurs de ses interventions faisant explicitement référence à la religion sont remarquées par les observateurs[25]. Meyer Habib est le seul député sortant des Français de l'étranger reconduit dans ses fonctions à l'issue de la XIVe législature face à un candidat de La République en marche, le parti du président récemment élu, Emmanuel Macron[26]. Le , il rejoint le groupe Les Constructifs (LC). Il est le seul député du groupe à voter contre le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme[27].

Meyer Habib est vice-président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Avec Olivier Cadic, il est également co-président de l'UDI-Monde, qui est la fédération des sections UDI établies hors de France.

Prises de positionModifier

Défense des intérêts des Français établis hors de FranceModifier

Depuis de nombreuses années, Meyer Habib axe son travail législatif sur la préservation de la double nationalité, la lutte contre tout projet de loi favorable à la double imposition[28] et la reconnaissance des diplômes français hors frontières[29].

Il se dit favorable à l’élargissement de la couverture médicale aux Français de l’étranger à l’égal des Français de France ainsi qu'à l’autorisation de cumuler toutes les années travaillées à l’étranger pour les retraités. Le , Meyer Habib a ainsi interpellé par écrit[30] le Secrétaire d’État chargé des Français de l'étranger Matthias Fekl sur l'obligation faite aux retraités non-résidents de produire chaque année un certificat de vie alors que cette disposition n'existe plus en France, où les retraités ne sont tenus qu'à une déclaration sur l'honneur. Dans sa question, il demande des progrès plus rapides sur le chantier de la dématérialisation des certificats de vie.

Dans le même sens, il dépose un amendement au projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2017 (PLFSS 2017) visant à simplifier et faciliter la transmission des certificats de vie par la dématérialisation de la procédure tout en limitant au maximum les risques de fraude. Lors de l'examen en séance le , la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, émet un avis favorable et l'amendement est adopté avec l'engagement de dématérialiser la procédure pour le .

Il dépose également un amendement au projet de loi de finances 2017 pour demander une augmentation de cinq millions d’euros des bourses scolaires dans les lycées français de l’étranger. L’amendement a été rejeté mais le ministre s’est engagé à travailler avec les parlementaires pour « mettre au point un système de critère (d’attribution des bourses) plus équitable que celui que nous connaissons actuellement ».

Engagé pour la promotion de la langue et la culture françaises à l’étranger, il participe au développement des programmes permettant à tous les enfants de la seconde et troisième génération d’avoir accès à la langue et à la culture française, en particulier en soutenant les programmes FLAM.

Fin , Meyer Habib est le seul député des Français de l’étranger à défendre la préservation de la réserve parlementaire, dont la suppression était par le projet de loi de confiance dans la vie politique. Il a dénoncé pendant les débats « un véritable coup de poignard pour toutes les associations françaises, qui font vivre et briller la France à l’étranger, que ce soit par l’action sociale, les œuvres de bienfaisance, l’éducation ou la culture » et ajouter que « la réserve parlementaire était une goutte d’eau dans le budget de l’État mais une manne salvatrice pour les Français de l'étranger »[31].

Lutte contre l’antisémitismeModifier

Ancien militant de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), Meyer Habib est actif dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Il est vice-président du groupe d’études sur l’antisémitisme à l’Assemblée nationale.

À Paris, le , Meyer Habib participa avec une trentaine de militants du Betar à une agression (avec barre de fer, matraques, étoiles de David/jet) contre un groupe de sept personnes venues commémorer la fête de Jeanne d'Arc, deux fonctionnaires de police furent blessés lors de l'intervention et l'arrestation de 2 militants sionistes (dont Meyer Habib). Le rapport de police a été reproduit dans son intégralité dans le livre Les Guerriers d'Israël d'Emmanuel Ratier[source insuffisante].

Le , à la suite de l'affaire Dieudonné et de la « quenelle »[32], il dépose, avec plusieurs députés UDI, Jean-Louis Borloo notamment, une proposition de loi visant à requalifier les infractions d’incitation à la haine raciale en délit, afin de « rendre la sanction plus dissuasive ». Elle vise également à « pénaliser les gestes ou comportements portant atteinte à l’honneur ou à la considération de la victime ou d’un groupe de personnes dont fait partie la victime à raison de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée », ainsi que l'interdiction « de porter ou d’exhiber en public un uniforme, un insigne ou un emblème rappelant les uniformes, les insignes ou les emblèmes qui ont été portés ou exhibés par les membres d’une organisation déclarée criminelle » sauf pour les besoins d’un film, d’un spectacle ou d’une exposition[33].

En , entre les deux tours des élections des départementales, Meyer Habib, interpelle le Premier ministre, Manuel Valls, et son gouvernement sur sa conception à géométrie variable du camp républicain[34]. Il renvoie dos à dos extrême gauche et extrême droite et soutient : Si c'est ni ni, c'est ni extrême droite, ni extrême gauche.

Fin , Meyer Habib écrit une lettre au directeur de Sciences Po Paris pour demander une sanction exemplaire à l’encontre d’Amira Jumaa, une étudiante franco-koweïtienne, qui avait publié sur les réseaux sociaux des propos antisémites[35]. L’élève est immédiatement suspendue puis exclue de l’école, fait rarissime, à l’issue de la procédure disciplinaire[36].

À partir du , il se saisit du meurtre de Sarah Halimi, torturée et défenestrée deux jours plus tôt par son voisin musulman d’origine malienne aux cris d’« Allah Akbar ». Le , il interpelle le gouvernement sur de possibles défaillances de la police dans cette affaire et exprime son indignation face au refus persistant de la justice de reconnaître le caractère antisémite de l’assassinat. Il déclare : « C’est l’histoire d’un déni qui se répète. Déni face à l’antisémitisme arabo-musulman qui se développe aujourd’hui dans nos quartiers sur fond d’islamisme, de préjugés antijuifs, de haine de la France, sur la haine d’Israël » avant de conclure : « L’antisémitisme comme l’antisionisme sont les symptômes d’une société malade »[37]. La cour d'appel de Paris conclut en 2019 à l'irresponsabilité pénale de Kobili Traoré, auteur des faits[38],[39], une décision qui suscite de nombreuses critiques[40],[41],[42],[43].

Lutte contre l'antisionisme, la critique et le boycott d'IsraëlModifier

Meyer Habib a érigé la lutte contre la campagne de boycott d’Israël Boycott, désinvestissement et sanctions dite BDS en priorité d’action. Il estime qu’il « n’y a pas plus immoral que BDS » et que « le BDS est le nouvel antisémitisme »[44]. Le , en réponse à une question orale posée par Meyer Habib, le Premier ministre, Manuel Valls, condamne toutes les campagnes de boycott visant les produits israéliens du fait du conflit avec les Palestiniens, en jugeant qu'elles étaient souvent le paravent d'un « antisionisme qui bascule dans l'antisémitisme »[45].

Il dénonce toute entreprise de, selon lui, « falsification de l’histoire », visant à délégitimer Israël sur Jérusalem et la terre d’Israël[réf. nécessaire].

Meyer Habib écrit une lettre ouverte au président de la République François Hollande le [46], pour critiquer le vote de la France en faveur d'une résolution du conseil exécutif de l'UNESCO proposée par l'Algérie, l’Égypte, le Liban, le Maroc, Oman, le Qatar et le Soudan, et validé par les États membres du Conseil (avec 24 voix pour, six contre et 28 abstentions). Le texte appelle à protéger le patrimoine culturel palestinien à Jérusalem-Est, niant selon Israël et Meyer Habib « tout lien historique entre le peuple juif et ses deux sites les plus sacrés à Jérusalem : le Mur occidental (ou Kotel) et le mont du Temple ». Ce sujet est sensible car Jérusalem-Est est la partie palestinienne de la ville, occupée puis annexée par Israël, une annexion considérée comme illégale par l'ONU[pertinence contestée][47].

Meyer Habib réitère sa demande dans une question orale au Premier ministre, Manuel Valls, le , qui dénonce alors cette position officielle[48].

Face à l’abstention de la France lors du vote d’une résolution quasi identique le , Meyer Habib interpelle à nouveau le gouvernement pour faire part de sa profonde déception et interroge le gouvernement : « Quelle prochaine étape ? Réécrire la Bible avec chaque mention de "Jérusalem" remplacée par "Al-Quds" ? Le mot temple par mosquée ? »[49].

En , il soutient la « décision forte et morale » des États-Unis et d'Israël de quitter l'UNESCO, qui s'est muée, selon lui, en « officine antisioniste »[50].

Lors de l’élaboration de la loi contre la haine en ligne, dite loi « Avia », il dépose un amendement[51],[52] qui demande que soit ajoutés à la caractérisation de la haine les mots « notamment à l’égard de l’existence de l’État d’Israël ». L’amalgame entre l’antisémitisme et l’antisionisme est vivement critiqué, car faire voter une loi criminalisant l’antisionisme, défini entre les lignes comme la critique de la politique israélienne[53], rendrait potentiellement illégale toute critique d’Israël, qui pourrait être jugée antisémite. Un appel de 127 intellectuels juifs du monde entier est lancé aux députés français, le collectif dénonçant un amalgame « hautement problématique » et affirmant que « de nombreuses victimes de l'Holocauste étaient antisionistes »[54],[55]. Le texte est adopté par l’Assemblée nationale en [56].

Défense des chrétiens d’OrientModifier

Mobilisé pour la défense des chrétiens d’Orient[57], Meyer Habib est secrétaire du groupe d’étude sur les chrétiens d’Orient à l’Assemblée nationale et participe régulièrement, à titre personnel, aux actions mises en place en faveur des chrétiens d’Orient.

En , Meyer Habib invite, à l'Assemblée nationale, le père Gabriel Nadaf (en), prêtre orthodoxe grec, chef de file de la minorité chrétienne araméenne en Israël[58].

Le , il interpelle dans l'hémicycle lors de la séance des questions d’actualité le Premier ministre, Manuel Valls, et appelle à une véritable stratégie contre l'État islamique pour sauver les Chrétiens d’Orient, qui « disparaissent sous nos yeux, dans un silence assourdissant ». Selon lui, « la France doit montrer la voie face à cette nouvelle barbarie qu’est le « nazislamisme »[59] ».

Lutte contre le terrorisme et le djihadismeModifier

Engagé sur la question de la lutte contre le terrorisme, Meyer Habib est vice-président de la commission d'enquête sur la surveillance des filières et des individus djihadistes de l’Assemblée nationale[60]. En , il prend la parole en séance publique à l’Assemblée nationale sur la loi relative au terrorisme et défend deux amendements visant à réprimer sévèrement l’exhibition de drapeaux et emblèmes terroristes dans l’espace public (comme cela pu se voir lors des manifestations anti-juives de ) et à priver les familles de terroristes des prestations sociales qu’elles reçoivent au titre de leur membre radicalisé[61].

En , Meyer Habib réitère ses positions favorables à une loi relative à la perte de la nationalité française et crime d'indignité nationale pour tout individu portant les armes contre les forces françaises[62],[63].

Il met en garde contre les dangers d’une lecture biaisée et partielle de la menace djihadiste et renvoie dos à dos djihadistes sunnites, type État islamique, et djihadistes chiites, sous la coupe de la République islamique d’Iran. Dans une lettre ouverte à François Fillon, Meyer Habib affirme, à propos de l’Iran, que « le régime des mollahs est la matrice du djihad mondial » et ajoute que « République islamique et État islamique sont comme les deux faces d'une même pièce »[64].

Meyer Habib se prononce pour le droit des policiers de porter leur arme en dehors des heures de service pour sécuriser les lieux publics[65].

En , à l’initiative conjointe de Meyer Habib et du député Pierre Lellouche, la commission d’enquête sur les attentats de Paris effectue un déplacement en Israël où elle réalise plusieurs auditions et ouvre la voie à un renforcement de la coopération entre les deux pays en matière de lutte contre le terrorisme[66].

Meyer Habib dénonce régulièrement la glorification de terroristes palestiniens. Le , il écrit une lettre au Premier ministre français, Manuel Valls, pour « faire part de son indignation devant le programme de la Fête de l’Humanité » dont l’édition 2016 prévoyait, « dans la plus grande illégalité, et dans un silence total des pouvoirs publics, un atelier "Libérez Marouane Barghouti", faisant l’apologie de ce terroriste palestinien responsable de la mort de nombreux civils israélien, et un stand mettant à l’honneur la campagne BDS de haine d’Israël. » Et d’ajouter que « cette tolérance, […], pour la légitimation, voire la glorification des terroristes, est sans doute en partie responsable de la vague d’attentats qui nous frappe actuellement »[67].

Le , partant du constat que la lutte contre le terrorisme la première préoccupation des Français, il dépose une proposition de loi constitutionnelle et une proposition de règlement à l’Assemblée nationale pour que puisse être créée d’urgence une neuvième commission permanente dédiée à la sécurité intérieure, la lutte contre le terrorisme et l’État de droit. « L’enjeu est d’empêcher les terroristes d’exploiter certaines faiblesses de notre système de protection des droits et libertés tout en préservant notre modèle de civilisation »[68].

Le , il est porte-parole du groupe UDI pour défendre la création d’un fichier des titres électroniques sécurisés, défendu par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Meyer Habib déplore toutefois que le Parlement n’ait pas été associé à la conception du projet dans le cadre d’un authentique débat républicain[69].

Le , il est porte-parole du groupe UDI pour défendre en discussion générale la ratification de deux conventions relatives à la répression d'actes illicites en matière de navigation maritime. Il rappelle à cette occasion le détournement de l'Achille Lauro en 1985 et notamment l’assassinat de Leon Klinghoffer, un paraplégique de nationalité américaine. Il rappelle « Leon Klinghoffer avait été choisi non pas par hasard, mais parce qu'il était américain mais aussi juif. Il avait été exécuté froidement de deux balles avant d'être jeté par-dessus bord avec son fauteuil roulant »[70].

En , il dépose toute une série d’amendements visant à durcir le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, en particulier la création de centres de rétention administrative pour les individus représentants une menace, la déchéance de nationalité, voir l’apatridie, l’interdiction de retour sur le territoire, la fermeture définitive des lieux de culte gangrenés par une idéologie islamiste, la suppression des prestations sociales pour les familles des djihadistes, l’incinération des dépouilles des terroristes et l’anonymat de leurs sépultures »[71]. S’agissant de la suppression des allocations familiales aux familles d’enfants djihadistes, il justifie son projet en arguant que « le présent amendement part du postulat qu'aucun enfant ne naît pas terroriste mais le devient sous l'effet d'un environnement néfaste, lié notamment à la négligence des parents ou à un cadre familial qui favorise radicalisation par la légitimation de discours de haine, voire de la violence terroriste »[72].

Statut de JérusalemModifier

Meyer Habib appelle de ses vœux la reconnaissance de Jérusalem comme capitale indivisible de l’État d’Israël. Il milite pour le transfert de l'ambassade de France de Tel-Aviv à Jérusalem.

Le , il a interpellé à l’Assemblée nationale le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, à la suite de la conférence de Paris sur le Proche-Orient, dont les conclusions préconisent un retour aux frontières du [73]. Il qualifie le sommet d’« insipide » et d’« intempestif » et a demandé au gouvernement s’il ne s’agissait pas d’« une tentative de récupération de l’électorat islamo-gauchiste, au risque d’importer un peu plus le conflit sur notre sol ».

Négation de l’État palestinienModifier

Meyer Habib considère Jérusalem comme la capitale indivisible de l’État d’Israël et qualifie de « pure chimère » la recherche de la solution à deux Etats entre Israéliens et Palestiniens sur la base des frontières de 1967[74].

En , dans une vidéo diffusée sur YouTube destinée à présenter sa famille aux électeurs, il qualifiait Israël d’« État le plus moral et le plus humaniste au monde »[74].

Meyer Habib, aux côtés d’autres parlementaires comme Claude Goasguen ou Christian Estrosi, s’oppose fin 2014 au projet du Parti socialiste de résolution invitant la France à reconnaître un État palestinien. Le projet, à forte teneur symbolique, est finalement adopté par 339 voix contre 151. Pour Meyer Habib, cette reconnaissance, anticonstitutionnelle et contre-productive, équivaut à importer le conflit israélo-palestinien en France[75].

Le , commentant la « conférence de  paix sur le Proche-Orient » ayant vu les représentants de 75 États rappellent l'importance de la « solution à deux États »[76], Meyer Habib dénonce à l’Assemblée nationale un «  sommet insipide sur le conflit israélo-palestinien  » animée d’après lui par l’obsession d’ « instruire le procès d’Israël  »[77] ; il déclare notamment : « Un accord de paix ne peut résulter que de négociations directes, conditionnées par l’arrêt total du terrorisme, des concessions réciproques et l’acceptation préalable d’Israël comme État juif. Monsieur le ministre, quelles que soient les concessions, jamais un juif ne sera un colon à Jérusalem, jamais un juif ne sera un colon en Judée ! Jamais ! »[77]. La « Judée-Samarie » est l’appellation biblique de la Cisjordanie, qu’affectionne la droite religieuse israélienne[78].

Quelques mois plus tard, en , Meyer Habib accuse la diplomatie française de « biais antisioniste » dans un courrier au ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, concernant la dénomination des territoires où sont adressés les courriers électoraux en Cisjordanie et à Jérusalem. Meyer Habib critique la mention «  territoires palestiniens  » sur les courriers électoraux envoyées aux Français vivant en Cisjordanie. Selon lui, cette mention est une «  provocation, ayant pour effet d’humilier les Français d’Israël  », lui préférant une « expression neutre comme Jérusalem ». Les électeurs de Jérusalem reçoivent les courriers électoraux adressés au nom de la ville, tandis que les électeurs du reste de la Cisjordanie reçoivent des enveloppes avec la mention «  territoires palestiniens  »[74].

Dossier nucléaire iranienModifier

Meyer Habib est partisan d’une ligne dure et sans concession face à l’Iran, qu’il considère comme le principal responsable de l’instabilité au Moyen-Orient et soupçonne de tenir un double langage. Il a appelé, à plusieurs reprises, la France à assumer sa responsabilité historique et ne pas céder sur le programme nucléaire iranien[79].

Il dénonce l’invitation faite au président iranien Hassan Rohani au lendemain de la conclusion de l'accord préliminaire de Genève sur le programme nucléaire iranien dans une lettre ouverte au président de la République François Hollande[80]. Il interpelle à nouveau le gouvernement lors de la séance des questions au gouvernement, le , lors de la visite officielle du président Rohani à Paris[81].

PolémiquesModifier

Selon Emmanuel Ratier, il fut impliqué dans l’attaque par l'« Organisation juive de combat » de la fête de commémoration de Jeanne d'Arc le — ayant blessé 8 personnes, dont deux fonctionnaires de police[82].

En , des documents provenant du bureau du Premier ministre israélien révèlent que Meyer Habib a financé plusieurs voyages à l'étranger de Benyamin Netanyahou dans les années 2000[83].

Il a téléphoné le à un commissariat de police du 19e arrondissement de Paris à propos de mises en examen de membres de la communauté juive ayant agressé deux victimes de confession musulmane. Le policier, qui a relaté l'incident dans une main courante, parle de « pression » et affirme que le député a cherché sa clémence en vue d’obtenir une levée de garde à vue immédiate tandis que Habib dément formellement cette dernière allégation[84].

En , les journaux Mediapart et Haaretz font état, dans le cadre de l’affaire de la fraude à la TVA sur les quotas de carbone, de connexions entre Meyer Habib, Benjamin Netanyaou et Arnaud Mimran, ce dernier étant soupçonné par la justice française d’être l’un des organisateurs. Ils mentionnent des documents issus du registre israélien des sociétés concernant Track Performance (une société créé en 2006 par Arnaud Mimran en Israël) qui dévoilent qu’au capital de cette société figure Meyer Habib avec 25 % des parts[85],[86],[87],[88],[89],[90].

En , Meyer Habib a une violente altercation avec le personnel de sécurité de l’Assemblée nationale. Il se présente à l’assemblée accompagné de quatre personnes et d'un officier de sécurité armé. Ce dernier n'ayant pu présenter de badge d'accès, le chef de groupe a « légitimement expliqué qu'il ne pouvait entrer ». Un peu plus tard, cet officier est revenu accompagné de Meyer Habib et a « délibérément provoqué les agents en ouvrant sa veste pour montrer […] une arme portée à la ceinture ». Meyer Habib a verbalement pris à partie le chef de groupe en insinuant qu'il était antisémite. Il explique que les personnes qu'il accompagnait étaient des représentants de l'armée israélienne, invités par la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale dont il est vice-président[91].

Il rend hommage sur Twitter à l'ancien dictateur tunisien Ben Ali, à l'occasion de son décès, en . Il fait de même pour la mort de l'ancien dictateur égyptien Hosni Moubarak, en . Dans les deux cas, il emploie l'expression dictateur certes, ce qui est vu par beaucoup comme une minimisation des souffrances subies pour les peuples tunisien et égyptien. La formule comme tous les dirigeants arabes est également dénoncée comme essentialiste et raciste, ses opposants y voyant une formulation qui laisse entendre que le monde arabe est par nature destiné à être dirigé par des dictateurs[92].

En , il appelle au boycott touristique de la Tunisie après que le président tunisien, Kaïs Saïed, a demandé une enquête sur la participation d'un tennisman franco-israélien à un tournoi à Tunis[93],[94].

Le même mois, sur Twitter, Meyer Habib qualifie de petites connes les parlementaires Manon Aubry, Clémentine Autain, Esther Benbassa et Elsa Faucillon à la suite de leur participation à une manifestation dansante contre la politique du gouvernement[95]. Meyer Habib réitère ses propos à l'Assemblée nationale[95]. Il déplore des actions répétées de buzz de la part de l'extrême gauche et affirme que le fond de la question est l'obstruction des députés de La France insoumise lors des débats sur la réforme des retraites[96]. Il est en retour accusé de sexisme par des élues de gauche[97].

Notes et référencesModifier

  1. « Meir Habib (UDI) bat Valérie Hoffenberg (UMP) », sur CCLJ - Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind, (consulté le 5 juillet 2019)
  2. (en) « Meir Habib - News », sur Israel National News (consulté le 5 juillet 2019)
  3. Israelvalley Desk, « Polémique. À l’Assemblée Nationale, Claude Goasguen et Meir Habib, tentent de défendre Israël. | LeMonde.co.il », sur lemonde.co.il (consulté le 5 juillet 2019)
  4. 100 mots pour convaincre. Meyer Habib: « J’œuvre depuis plus de vingt ans au renforcement des relations entre la France et Israël, et mon expérience est unique», leptithebdo?net, 21 avril 2013
  5. Présentation association Ahavat Hayeled, francophone.org, 1er avril 2004
  6. a b c et d Claude Askolovitch, « Il y a 613 commandements dans la Torah, aucun ne stipule que Meyer Habib doit rester député », sur Slate, (consulté le 21 février 2020).
  7. a et b Biographie Meyer Habib, Le Parisien, 9 juin 2013
  8. Netanyahu, Oui! French-Born Israeli Elected to National Assembly With Backing of PM, Tabletmag.com, 29 juillet 2013
  9. Meyer Habib, vice-président du CRIF : «Boycotter le salon du Livre, n’est-ce pas rejeter l’existence d’Israël ?», Crif.org, 26 mars 2008
  10. François Hollande et Israël, benillouche.blogspot.fr, 8 mai 2012
  11. Meyer Habib annonce sa victoire à Benjamin Netanyahu, jssnews.com, 18 mars 2015
  12. « Crif : Prasquier réélu », Le Journal du Dimanche, (consulté le 13 juin 2010)
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