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Régiment de chasse 2/30 Normandie-Niémen

(Redirigé depuis Groupe de chasse Normandie-Niémen)
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Régiment de chasse 2/30 « Normandie-Niémen »
Image illustrative de l’article Régiment de chasse 2/30 Normandie-Niémen
Insigne de l'escadron.

Création 1942
Dissolution
Pays Drapeau de la France France
Branche French-roundel.svg Armée de l'air
Type Chasse
Fait partie de 30e escadre de chasse
Composée de 3 escadrilles (SPA 91, SPA 93, SPA 97)
Ancienne dénomination RC 1/30 « Normandie-Niémen »
Surnom Neu-Neu[1]
Inscriptions
sur l’emblème

Orel 1942
Smolensk 1943
Orcha 1944
La Berezina 1944
Niémen 1944
Insterburg 1945
Koenigsberg 1945
Pillau 1945
Extreme orient 1949-1951
Équipement Actuellement Rafale
Guerres Seconde Guerre mondiale
Guerre d'indochine (1949-1951)
Algérie (1954-1962)
Batailles Bataille d'Orel
Bataille de Smolensk
Bataille d'Orcha
Bataille de Vitebsk
Bataille de la Berezina
Bataille du Niémen
Bataille d'Insterbourg
Bataille de Königsberg
Décorations Croix de la Légion d'Honneur
Compagnon de la Libération
Médaille militaire
Croix de Guerre (6 palmes)
Croix de Guerre TOE (2 palmes)
Héros de l'Union soviétique
Ordre de Lénine
Ordre du Drapeau rouge
Ordre d'Alexandre Nevski
Ordre de la Guerre patriotique
Ordre de l'Étoile rouge
Médaille de la Victoire
Medaille de la prise de la forteresse de Koenigsberg

Le régiment de chasse 2/30 « Normandie-Niémen » est une unité de combat de l’Armée de l'air française. Lors de sa mise en sommeil en 2009, le régiment était équipé de chasseurs Mirage F1CT et stationné sur la BA 132 de Colmar-Meyenheim. Ce régiment est le descendant du fameux groupe de chasse « Normandie-Niémen », des Forces françaises libres, créé en 1942 et engagé en Union soviétique sur le front de l'Est. C'est pour cette raison qu'il porte le double nom de « Normandie », la région française, et de « Niémen », un fleuve de l'ex-Union soviétique qui se jette dans l’Est de la mer Baltique.

Le , le « Normandie-Niémen » est officiellement réactivé avec des Rafale F3 monoplaces sur la base aérienne 118 Mont-de-Marsan.

Depuis le le « Normandie-Niémen » est à nouveau rattaché à la 30e escadre de chasse reformée le même jour sur la BA118 de Mont-de-Marsan.

Sommaire

HistoriqueModifier

 
Le pilote français Bruno de Faletans, mort en mission, et une opératrice radio soviétique en .

CréationModifier

À l’appel de juin 1940 du général de Gaulle invitant à le rejoindre à Londres, certains Français répondirent en restant sur place — formant par la suite la Résistance —, tandis que d'autres allèrent en Grande-Bretagne afin de continuer la lutte aux côtés des Alliés. La Grande-Bretagne constitua alors la plus importante base militaire et politique des forces aériennes, navales et terrestres « françaises libres ». En 1940 vinrent également des volontaires des États-Unis pour constituer la « Eagle Squadron » de la RAF, comme il y eut des escadrilles polonaises, tchèques, etc.

Après la rupture du pacte de non agression germano-soviétique le 22 juin 1941 et devant la politique collaborationniste du gouvernement français, les représentants de Vichy sont déclarés personæ non gratæ par les autorités soviétiques et sont priés de rentrer en France. Le colonel Charles Luguet, attaché de l’air du gouvernement de Vichy à Moscou, rallie la France libre, indiquant au général Martial Valin qu'il pense que l'Union Soviétique ne sera pas battue rapidement contrairement à ce que pensent les Britanniques. Le général De Gaulle mis au courant de cette analyse songe alors à faire reconnaître sa légitimité auprès de cet allié.

En 1942, le général de Gaulle, considérant comme important que des soldats français servent sur tous les fronts de la guerre, décide d'engager des forces sur le front de l'Est. Le général de Gaulle envisage tout d'abord d'envoyer une division mécanisée (la future 1re division française libre du général de Larminat) sur le front de l'Est, mais l'opposition anglaise, ajoutée aux difficultés de ce projet, et l'avis du général Valin, commandant des Forces aériennes françaises libres, le font opter pour l'envoi d'une unité aérienne en lieu et place d'une division[2],[3].

Début 1942, le diplomate de l'URSS auprès du Comité national français, Bogomolov, annonce que le gouvernement soviétique accueille avec chaleur le projet d'envoyer des aviateurs français combattre sur le Front de l'Est. Le 19 février 1942, De Gaulle nomme le colonel Charles Luguet et le capitaine Albert Mirlesse pour entamer les négociations pratiques avec l'URSS, sous l'autorité du général Valin[4]. Les Soviétiques étudient la proposition avec intérêt mais les négociations pratiques prennent du temps, le colonel Pougatchev, chef de la mission militaire à Londres, n'accepte pas la notion d'un groupe purement français, détaché auprès d'armées soviétiques. De plus, des négociations parallèles à celles du capitaine Mirlesse, par le général Petit en mission militaire pour la France libre à Moscou et par Roger Garreau, en mission diplomatique à Kouïbychev, ville de repli des ambassades après l'opération Barbarossa, provoquent des cafouillages.

Toutefois, le 25 février 1942, une première liste de pilotes est communiquée aux Soviétiques. Le premier commandant, Joseph Pouliquen, est nommé par le général de Gaulle en personne pour compléter et commander le futur groupe de chasse no 3 (GC3) jusqu'à sa mise à disposition au front, celle-ci s'installerait au Liban en attendant le feu vert des Soviétiques. La création effective du groupe de chasse Normandie, n'est datée que de la fin 1942 (la première date mentionnée dans le journal de marche est le 15 septembre 1942[5]), sous le seul nom de « Normandie ». Joseph Pouliquen suggère le nom Normandie pour le (GC3), il aurait préféré nommer ce groupe du nom de sa province, la Bretagne, mais celui-ci était déjà utilisé par un groupe de bombardement. Il est constitué d'un groupe de pilotes de chasse et de mécaniciens français, tous volontaires. Le premier groupe est constitué de quatorze pilotes de chasse et de cinquante-huit mécaniciens. Y sont adjoints dix-sept mécaniciens soviétiques.

Les 14 premiers pilotes de chasse du GC3 proviennent, d'une part d'unités de la RAF ou du groupe de chasse Île-de-France installées en Angleterre (les Anglais), et d'autre part du groupe de chasse Alsace, alors installé en Afrique du Nord (les Libyens).

Les Anglais : aspirant Joseph Risso, aspirant Yves Mahé, lieutenant Didier Béguin, aspirant Marcel Albert, aspirant Marcel Lefèvre, aspirant Albert Durand, aspirant Yves Bizien et aspirant Roland de la Poype.

Les Libyens : aspirant Noël Castelain, lieutenant Raymond Derville, lieutenant André Poznanski, lieutenant Albert Preziosi, capitaine Albert Littolff et commandant Jean Tulasne.

Après de longues négociations avec le colonel Levandovitch chargé des relations internationales à l'état-major du ministère de l'Air d'Union soviétique[6], le groupe quitte la base aérienne de Rayak, au Liban, le 12 novembre 1942 pour arriver le 28 novembre 1942 à la base aérienne d’Ivanovo (située à 250 km au nord-est de Moscou), via l’Irak et l’Iran. Sur la base aérienne d’Ivanovo, une formation est donnée aux personnels pour l'apprentissage des premiers avions du GC3, le Yak-1[a].

Engagement dans la Seconde Guerre mondialeModifier

 
Des pilotes du Normandie en URSS.

Cependant, avant ce départ du , le commandant Pouliquen et colonel Corniglion-Molinier en compagnie des commandants Denis et Tuslane, remettent respectivement le fanion de l'escadrille et les insignes aux armes de Normandie aux membres de l'unité. La cérémonie est accompagnée du discours suivant :

« Officiers Sous-Officiers, Caporaux et Soldats du 3e Groupe de Chasse !
Je vais vous remettre l'insigne de notre groupe aux armes de la Normandie.
Vous le porterez avec fierté et dignité.
Il représentera pour vous l'image même de la France dans une de ses plus belles et de ses plus riches contrées.
Il évoquera pour vous le souvenir d'une campagne de chez nous calme et reposante.
En ce moment, la Normandie souffre plus particulièrement de l'occupation allemande. Des bombardements, des combats fréquents ont lieu sur ses côtes et dans son ciel.
Notre pensée va vers ce coin de France que le 3e groupe de chasse honorera en portant ses Armes et que les pilotes glorifieront par leur victoires[7].  »

— Journal de marche du Normandie-Niémen

C'est le général Valin qui valida, le , le nom proposé par le G.C. 3 de « Normandie »

Ce choix, après concertation, fut fait en raison des souffrances subies par cette région (occupation, bombardement, etc.) et tout naturellement c'est l’emblème de la « Normandie » qui fut retenu pour insigne : « de gueules d'or aux deux Léopards » (surnommés en Normand « vles p’tits cats »). Les insignes étant réalisés par des orfèvres arméniens des souks de Damas.

Les trois escadrilles le composant se virent attribuer le nom de :

  • « Rouen » pour la première,
  • « Le Havre » pour la deuxième,
  • « Cherbourg » pour la troisième.

La liste des officiers, sous-officiers et hommes retenus est présentée ci-dessous[7] :

  • commandant Pouliquen ;
  • commandant Tuslane ;
  • capitaine Littolff ;
  • lieutenant Preziosi ;
  • lieutenant Derville ;
  • lieutenant de Pange ;
  • lieutenant Poznanski ;
  • lieutenant Béguin ;
  • capitaine Kahan ;
  • aspirant de La Poype ;
  • aspirant Bizien ;
  • aspirant Durand ;
  • aspirant Albert ;
  • aspirant Marcel Lefèvre ;
  • aspirant Castelain ;
  • aspirant Schick ;
  • aspirant Stakovitch ;
  • sous-lieutenant médecin Libiedinsky ;
  • adjudant-chef Duprat ;
  • adjudant Morisson ;
  • sergent-chef Turcaud ;
  • sergent-chef Callorbe ;
  • sergent-chef Darenlot ;
  • sergent-chef Leloup ;
  • sergent-chef Carel ;
  • sergent-chef Matter ;
  • sergent Jacquier ;
  • sergent Touvrey ;
  • sergent Lumbroso ;
  • sergent Mounier ;
  • sergent Auidibert ;
  • sergent Mazurel ;
  • sergent de Guilhem ;
  • sergent Carme ;
  • sergent Ourtelier ;
  • sergent Vidal ;
  • sergent Corot ;
  • caporal Verges ;
  • sergent Giovancerli ;
  • caporal-chef Abad ;
  • caporal-chef Eidel ;
  • caporal-chef Marcellin ;
  • caporal-chef Saliba ;
  • caporal-chef Germain ;
  • caporal-chef Lesourd ;
  • caporal Lonchamp ;
  • caporal Lefèvre ;
  • sergent Drouet ;
  • saporal Saliba ;
  • caporal Gelin ;
  • caporal Abichou ;
  • caporal Chamballu ;
  • caporal Gelibert ;
  • caporal Larivet ;
  • caporal Goulin ;
  • caporal Weil ;
  • 2e classe César ;
  • 2e classe Greiner ;
  • 2e classe Trolliet ;
  • 2e classe Gouverneur.

Cette liste est établie, puis soumise par le capitaine Mirless aux autorités soviétiques, le .

Arrivés en URSS le 28 novembre, l'instruction des Français sur des Yakovlev Yaks-7 et 1 dure du 2 décembre 1942 au . Le 20 mars suivant, le général Ernest Petit, chef de la mission militaire française à Moscou, en compagnie du colonel Schoumoff commandant la base d'Ivanovo et du colonel Levandovitch du commandement supérieur des Forces aériennes russes, passe le groupe en revue pendant deux jours.

À la suite de cette inspection il en résulte que : « Par ses qualités militaires et morales, cette unité est prête pour partir sur le front »[7].

Première campagne (22 mars 1943 - 6 novembre 1943)Modifier

Le groupe est engagé à partir du , dans la 1re armée aérienne soviétique, et s'illustre dans la bataille de Koursk-Orel au cours du mois de juillet. Son commandant Jean Tulasne et son adjoint Albert Littolff sont tués au cours de cette bataille[b]. Le commandant Pierre Pouyade, qui a rejoint le Normandie après son évasion d'Indochine, prend le commandement. En août, les mécaniciens français commandés par Alex Michel et Louis Duprat, les deux officiers mécaniciens, sont dirigés vers le Moyen-Orient et définitivement remplacés par des mécaniciens soviétiques aux ordres de l'ingénieur-capitaine Sergueï Agavelian. Là aussi, des considérations de formation au matériel soviétique ont prévalu[9].

En mai 1943, le maréchal Keitel donne l'ordre selon lequel les pilotes français capturés sur le front de l’Est doivent être immédiatement fusillés sur place[c].

Retiré exsangue à l'orée de l'hiver, le groupe Normandie est transformé en régiment à quatre escadrilles grâce au renfort de nombreux pilotes venus d'Afrique du Nord.

Deuxième campagneModifier

Joseph Staline attribue à l'unité le nom de Niémen le pour sa participation aux batailles du fleuve Niémen. L'unité recevra de nombreuses distinctions militaires, aussi bien soviétiques que françaises, et, fin 1944, les aviateurs du « Normandie-Niémen » sont les premiers Français à entrer militairement en Allemagne.

Les 16 et 17 octobre, Normandie, engagé dans l'opération Gumbinnen — offensive malheureuse sur la Prusse-Orientale — bat un record en abattant 41 avions allemands sans une perte.

Fin novembre 1944, le colonel Pierre Pouyade donne l'ordre de faire repeindre sur les Yaks l'emblème du « Normandie-Niémen » en y ajoutant l'éclair blanc qui est l'emblème de la 303e division aérienne à laquelle le régiment « Normandie-Niémen » appartient[11].

Retiré du front à l'approche de l'hiver, le régiment se déplace à Moscou afin d'accompagner la visite diplomatique du général de Gaulle à Staline, et y reçoit ses médailles et honneurs. Un quart des pilotes obtiennent également une permission en France, réduisant le groupe à trois escadrilles.

Troisième campagneModifier

De janvier à mai 1945, Normandie participe à l'invasion de la Prusse-Orientale et au siège de Koenigsberg.

Il a été décidé en décembre de transformer le régiment Normandie en division aérienne France par le renfort d'un groupe de chasse dénommé Aquitaine, ainsi que d'un groupe de bombardiers, mais la fin de la guerre met un terme à ce projet.

Début juin 1945, un décret de Staline accorde aux combattants le droit de s'en retourner avec leurs armes. Il est fait don à chacun de son Yak-3 à titre personnel. Ce point donne lieu à contestations[d]. Le , les aviateurs français retrouvent la France en se posant au Bourget, où ils sont accueillis en héros.

La chronologie du retour est la suivante :

« Le 15 juin, aux ordres du général Zakharov, les 40 appareils du Normandie Niémen s’envolent pour Posen

  • Le 16, les pilotes sont à Prague
  • Le 17, ils sont à Stuttgart où ils sont reçus par le général de Lattre de Tassigny
  • Le 20, ils arrivent à Saint-Dizier et repartent l’après-midi pour Paris-Le Bourget, où ils sont accueillis avec enthousiasme[12] »

Comme indiqué par la chronologie, les pilotes sont reçus par le général de Lattre à Stuttgart (petit "gap" entre le 17 et le 20) à l'occasion d'une escale.

Selon des sources officielles[13], les 38 Yak-3 défilent au-dessus des Champs-Élysées.

Controverse sur le devenir des avionsModifier

Les avions et les pilotes appartiennent à l'Armée de l'Air française dont « Normandie-Niémen » est un des régiments. Les avions sont transférés à Toussus-le-Noble au début de février 1946, par décision de l'état-major de l'Armée de l'Air. C'est alors une base civile où une zone est réservée à l'Armée de l'Air. Servant d'avions d'entraînement, sans pièces détachées, les avions sont « cannibalisés » petit à petit. Un unique spécimen restauré est au musée de l'Air et de l'Espace du Bourget.

 
Un Yak 3 (01) au musée de l'Air et de l'Espace du Bourget. La casserole d'hélice est peinte aux trois couleurs.

Un auteur soviétique écrit à ce sujet :

«  Le don au régiment « Normandie-Niémen » de tous les avions sur lesquels ils avaient volé fut une manifestation de l'amitié sincère entre les peuples français et soviétiques[14].  »

— Maréchal Alexandre Novikov

et

« En faisant aux pilotes du « Normandie-Niémen » l'honneur de leur laisser l'arme qui leur a servi pendant la guerre et en leur permettant de rentrer chez eux sur leurs avions de combat, l'Union Soviétique leur a offert la plus haute récompense[14].  »

— Maréchal Alexandre Novikov

Lorsque le nombre de Yak-3 fut trop faible pour constituer une unité de combat, le « Normandie-Niémen » utilisa des FW-190 dont des usines avaient été installées en France par les Allemands. Cela posa problème à certains pilotes qui avaient vu leurs frères d'armes abattus par des FW-190 de la JG 51.

Une notoriété considérableModifier

La présence de cette unité française aux côtés des Soviétiques en lutte contre les troupes allemandes, même si elle revêtait également une part de symbolique, eut une portée considérable. Sa grande combativité fit que l'escadrille acquit rapidement une grande estime auprès des Russes. Le geste n'a jamais été oublié, et depuis, des citoyens russes sont venus fleurir régulièrement les tombes des pilotes français tombés et inhumés sur place[réf. nécessaire].

Après la Seconde Guerre mondialeModifier

 
F6F Hellcat du II/6 en Indochine.
 
Un Mirage F-1 de l'escadron « Normandie-Niémen » et un de l'escadron de chasse 3/30 Lorraine en 1986 armé de Matra R530.
 
Rafale porteur des couleurs du 2/30.

Après un stationnement au Bourget puis à Toussus-le-Noble, en 1947 le régiment de chasse « Normandie-Niémen » est affecté au Maroc sur la base de Rabat-Salé. Pendant la guerre d'Indochine, le régiment était basé à Saïgon. Puis le régiment retourna en Afrique du Nord, en Algérie. En 1953, le régiment est scindé en deux : l'une des parties prend le nom d'escadron de chasse 2/6 « Normandie-Niémen ».

Après dissolution de la 6e Escadre, l'escadron est rattaché à la 30e Escadre de chasse, d'où son nom « escadron de chasse 2/30 « Normandie-Niémen » ».

 
Un Su-27 des « Chevaliers russes » sur la BA112.

L'escadron retourne en France, à Orange, le 13 mars 1962, puis gagne Reims en juin 1966 pour être déployé sur la base aérienne 112, où il restera près de trente ans et où il était affecté à la 30e escadre de chasse tout temps. Le 18 septembre 1992, le 2/30 « Normandie-Niémen » y fête ses cinquante ans. L’événement, organisé en présence de Pierre Joxe, ministre de la Défense, et du chef d’état-major de l’armée de l’Air russe, donne lieu à d’importantes manifestations, notamment la venue de Sukhoï 27 des « Preux Russes » et d’une délégation d’anciens combattants et de militaires de l’ex-Union soviétique.

Le 13 octobre 1993, l'escadron est dissous pour être renommé « escadron de chasse 1/13 « Normandie-Niémen » ». Il quitte alors Reims pour être basé sur la base aérienne 132 à Meyenheim, près de Colmar (Alsace).

En 1994, il participe aux opérations Turquoise, au Rwanda, et Crécerelle, en Bosnie.

Le 1er juillet 1995, l'escadron est à nouveau renommé « escadron de chasse 2/30 « Normandie-Niémen » ».

En 1999, il participe à l'Opération Allied Force contre la Serbie.[réf. nécessaire]

Le , les présidents Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine ont inauguré un monument, sculpté par l'artiste russe Andreï Kovaltchouk, à la mémoire de l'escadrille française « Normandie-Niémen » à Moscou, dans le parc de Lefortovo.

Le 3 juillet 2009, l'escadron est officiellement mis en sommeil. Les derniers avions décollent pour Reims et Châteaudun mi-juillet. Depuis le 17 juillet 2009, plus aucun avion ne décolle de la base de Colmar-Meyenheim. Une partie des avions et des pilotes, ainsi que le drapeau du régiment, rejoignent la base aérienne 112 « commandant Marin la Meslée »[15].

Des vétérans de l'escadron ont participé aux célébrations de l'Armistice de 1945 sur la place Rouge, à Moscou, le [16].

Le , le premier Rafale aux couleurs du 2/30 « Normandie-Niémen » décollait de la base aérienne 118 colonel Constantin Rozanoff de Mont-de-Marsan. Ce quatrième escadron Rafale qui est officiellement recrée le ne devrait être mis en service opérationnel qu'à partir du 25 juin 2012[17] (année qui marquera également les 70 ans du prestigieux "Neu-Neu")[18]. Il reçoit les traditions des Escadrille SPA 91, SPA 93, SPA 97 à la place des escadrilles FAFL[19].

Du au , quinze Rafale du 1/7 Provence, du 2/30 « Normandie-Niémen » et du 1/91 Gascogne ont été déployés sur la BA126 Solenzara pour une campagne de tir air-air[20].

Du 13 au , deux Rafale du 2/30 « Normandie-Niémen » et deux Rafale du 1/7 « Provence » ont été déployés sur la base de RAF Leeming dans le cadre de l'exercice Griffin Strike 2016[21].

AdversairesModifier

Lors de la Seconde Guerre mondiale, les pilotes du « Normandie-Niémen » eurent face à eux, en permanence, les Allemands des Mölders. Ce sera, au début, Yak-1 contre Focke-Wulf Fw 190, un redoutable chasseur allemand.

Premières victoiresModifier

Le , les pilotes Albert Preziosi et Albert Durand ouvraient le palmarès, 14 jours après leur arrivée au front. Deux Fw 190 seront abattus dans la région de Roslav alors que la patrouille escortait un bombardier Pe-2.

Premières pertesModifier

Le , au cours d'une mission de chasse libre, trois patrouilles sont engagées par quatre Fw 190. Trois pilotes du « Normandie-Niémen » sont abattus ainsi que trois Fw 190.

DénominationsModifier

  •  : création du groupe de chasse no 3 « Normandie » (GC « Normandie ») à Rayak au Liban.
  •  : le GC « Normandie » est transformé en un régiment de chasse à quatre escadrilles (RC « Normandie »).
  •  : le RC « Normandie » reçoit le nom de Niémen et devient le régiment de chasse « Normandie-Niémen » (RC « Normandie-Niémen »).
  • 1953 : le régiment se scinde en deux parties et l'une d'elles devient l'escadron de chasse 2/6 « Normandie-Niémen ».
  • 1962 : la 6e escadre dissoute, l'escadron est rattaché à la 30e escadre de chasse et prend le nom d'escadron de chasse 2/30 « Normandie-Niémen ».
  •  : dissolution du 2/30 et création de l'escadron de chasse 1/13 « Normandie-Niémen ».
  •  : l'escadron prend le nom d'escadron de chasse 2/30 « Normandie-Niémen ».
  •  : l'escadron prend le nom de régiment de chasse 1/30 « Normandie-Niémen ».
  •  : l'escadron prend le nom de régiment de chasse 2/30 « Normandie-Niémen ».

PersonnalitésModifier

Chefs et commandantsModifier

Chefs d'escadrille du RC « Normandie-Niémen »Modifier

1re escadrille « Rouen »Modifier

2e escadrille « Le Havre »Modifier

3e escadrille « Cherbourg »Modifier

4e escadrille « Caen »Modifier

À la suite des dernières pertes début , le commandant Louis Delfino décida de réduire le régiment à deux escadrilles: le 2e et la 3e, commandées respectivement par le capitaine de Saint-Marceaux et le capitaine Charles de la Salle[22].

Compagnons de la LibérationModifier

Le RC "Normandie-Niémen" a compté dans ses rangs 21 Compagnons de la Libération dont 11 sont morts pour la France.

  • Marcel Albert (1917-2010)
  • Didier Béguin (1918-1944), Mort pour la France le 26 novembre 1944 à Arnhem
  • Adrien Bernavon (1912-1943), Mort pour la France le 16 juillet 1943 à Orel
  • Noël Castelain (1917-1943), Mort pour la France le 16 juillet 1943 à Orel
  • Roland de La Poype (1920-2012), pionnier de l'emballage plastique, fondateur du Marineland d'Antibes
  • Jean De Tedesco (1920-1943), Mort pour la France le 14 juillet 1943 à Balkov
  • Albert Durand (1918-1943), Mort pour la France le 1er septembre 1943 à Ielnia
  • Constantin Feldzer (1909-1988)
  • Jules Joire (1914-1944), Mort pour la France le 18 mars 1944 à Toula
  • Marcel Lefèvre (1918-1944), Mort pour la France le 5 juin 1944 à Moscou
  • Albert Littolff (1911-1943), Mort pour la France le 16 juillet 1943 à Orel
  • Yves Mahé (1919-1962)
  • Jacques Mathis (1914-1944), Mort pour la France le 31 août 1944 en Angleterre
  • Yves Mourier (1912-1948)
  • André Moynet (1921-1993), député de Saône et Loire (1946-1967), maire de Biot (1971-1977)
  • Joseph Pouliquen (1897-1988)
  • Pierre Pouyade (1911-1978)
  • Jean Rey (1920-1943), Mort pour la France le 28 août 1943 en URSS
  • Joseph Risso (1920-2005), général de brigade
  • Jean Tulasne (1912-1943), Mort pour la France le 17 juillet 1943 à Orel
  • Firmin Vermeil (1914-1943), Mort pour la France le 17 juillet 1943 à Orel

Autres membres du RC « Normandie-Niémen »Modifier

StationnementsModifier

Seconde Guerre mondialeModifier

Après la Seconde Guerre mondialeModifier

StatistiquesModifier

De 1942 à 1945, le régiment de chasse « Normandie-Niémen » :

  • effectua 5 240 missions, soit 4 354 heures de vol ;
  • livra 869 combats aériens ;
  • obtint 273 victoires.

Il perdit :

  • 38 pilotes tués ou disparus ;
  • 3 pilotes mort en service aérien ;
  • 3 pilotes fait prisonniers qui rentrent en France, après le conflit.

Le régiment comptabilisa à son actif :

  • 273 avions ennemis abattus ;
  • 37 avions ennemis probablement abattus ;
  • 47 avions ennemis endommagés ;
  • 132 camions détruits ;
  • 24 voitures détruites ;
  • 22 locomotives détruites ;
  • 27 trains détruits ;
  • 8 gares attaquées ;
  • 5 terrains d'aviation attaqués ;
  • 2 vedettes coulées ;
  • 4 cantonnements attaqués ;
  • 3 usines attaquées.

EscadrillesModifier

 
Badge SPA 93.

Depuis sa réactivation, en , ce sont trois escadrilles de la Première Guerre mondiale qui constituent le 2/30 au lieu des escadrilles « Rouen », « Le Havre » et « Cherbourg » :

  • SPA 91 Aigle à tête de mort ;
  • SPA 93 Canard ;
  • SPA 97 Fanion aux hermines.

AvionsModifier

ChasseursModifier

Avions de liaisonModifier

ÉlogesModifier

Compagnon de la LibérationModifier

La page de garde du journal de marche de cette formation garde la trace de celui qui voulut et permit la création de cette formation d'élite.

« Sur la Terre russe martyrisée comme la Terre française par le même ennemi, le régiment Normandie-Niémen, mon compagnon, soutient, démontre, accroît la gloire de la France[24].  »

— Moscou, 9 décembre 1944, Général de Gaulle, président du Gouvernement provisoire de la République Française

Ambassadeurs du courage françaisModifier

Modèle:Début CitationAmbassadeurs du courage français[25]  »

— Maréchal Alexandre Novikov

DécorationsModifier

 
Carré français du cimetière de la Présentation (Moscou), où se trouvent les tombes des pilotes du « Normandie-Niémen ». Les dépouilles de six d'entre eux ont été rapatriées en France en 1953.
 
Tombe d'un soldat français inconnu de l'escadron « Normandie-Niémen », tombé en . Moscou, cimetière de la Présentation.

Décorations françaisesModifier

Décorations russesModifier

MédiasModifier

FilmographieModifier

Bande-dessinéeModifier

  • Team Rafale no 5, scénario de Frédéric Zumbiehl, dessin de Michel Lourenço, retraçant les aventures de deux pilotes de chasse, Tom Nolane et Jessica Nate. Auparavant au sein du 1/7 « Provence », ils ont, dans le tome 5 (Black Shark), intégré le 2/30 « Normandie-Niémen » sur Rafale.
  • Escadrille Normandie-Niémen, scénario de Mark Jennison, dessin de Michel Lourenço puis Philippe Hooghe, retraçant l'histoire de l'escadrille française Normandie envoyée par De Gaulle sur le front russe.
  • Les enragés du Normandie-Niémen, scénario de Patrice Buendia et Marc-Olivier Cayre, illustré par Giuseppe de Luca.
  • Centaures, scénario d'Emmanuel Herzet illustré par Éric Loutte. Dans le tome 1 (Crisis).
  • Normandie-Niémen, bande dessinée en deux tomes, scénario de Frédéric Brrémaud, dessin de Paolo Raffaelli, parue en 2011 et 2012 aux Éditions Clair de Lune.
  • Biggles-Airfiles-Normandie-Niémen, volumes I et II, scénario et dessin de Manuel Perales. Série d´albums retraçant l´histoire du « Normandie-Niémen ». Interrompue en 2009 lors de la retraite du premier éditeur, la série est reprise par les éditions Amazon qui publient les volumes III et IV[26],[27].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Sur instruction spéciale du général de Gaulle, les pilotes français choisissent l'avion de chasse qui leur semble le meilleur et le mieux adapté aux conditions climatiques spécifiques de l'Union Soviétique.
  2. Selon Yves Courrière, le prix payé fut lourd : six morts en quatre jours pour dix-sept victoires homologuées[8].
  3. Keitel paie ce type d’attitude lors du procès de Nuremberg : il est condamné à mort, notamment pour crimes de guerre, et pendu[10].
  4. La décision de Staline peut être interprétée de manière différente. Il s'agit d'armes de guerre en état de marche remises à des officiers de l'Armée de l'air, non à des civils[8].
  5. Rassemblement du personnel provenant de différents lieux.
  6. Formation de l'unité.
  7. Également écrit Polotniani-Zavod.
  8. Également écrit Gorodechnya : ru:Городечня en russe.
  9. Également écrit Barsuki : ru:Барсуки en russe.
  10. Également écrit Filatka : ru:Филатка en russe.
  11. Mikountani est un petit village lituanien, situé à mi-chemin entre Vilnius et Lida en Bielorussie.
  12. Antonovo se trouve au sud-ouest de Kaunas, Lituanie.

RéférencesModifier

  1. Le « Normandie-Niémen » renaît sur Rafale.
  2. Courrière, p. 35.
  3. de la Poype 2011, p. 100.
  4. Courrière, p. 39.
  5. Courrière, p. 128.
  6. Courrière, p. 64.
  7. a b et c Journal de marche, p. à préciser.
  8. a et b Courrière, p. à préciser.
  9. Courrière, p. 195-197.
  10. Courrière, p. 199.
  11. Courrière, p. 364.
  12. « Normandie-Niémen » : chronologie.
  13. Colonel Delin : Normandie Niémen (pdf).
  14. a et b Icare, n° 62, p. 73.
  15. « Meyenheim : la fin du « Normandie-Niémen » et de l’aviation militaire en Alsace »L'Alsace, 4 juillet 2009 (en ligne).
  16. Cf. Reportage sur Radio-France le même jour.
  17. 25 juin, le retour du « Normandie-Niemen »
  18. Premier Rafale aux couleurs du « Normandie-Niémen »
  19. Traditions des escadrilles de l'armée de l'air.
  20. defense.gouv.fr.
  21. defense.gouv.fr.
  22. Sauvage 1971, p. 301.
  23. Dernier survivant du régiment
  24. Icare, n° 62, d’après Général Martial Valin, p. à préciser.
  25. Icare, n° 62, p. à préciser.
  26. Philippe MAGNERON, « Biggles présente... -11- Normandie-Niémen - Volume III », sur www.bedetheque.com (consulté le 1er février 2018)
  27. « Biggles Normandie Niemen Volume IV »

AnnexesModifier

SourcesModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

BibliographieModifier

  • Yves Courrière, Normandie Niémen. Un temps pour la guerre, Paris, Presses de la Cité, , 414 p. (ISBN 2-258-00590-6).  
  • Yves Donjon, Ceux du Normandie-Niémen.
  • Serguei Dybov, Normandie-Niémen. L'histoire complète d'un régiment légendaire, Moscou, Éditions Yaouza, 2011, 320 p.
  • Sergueï Dybov. Éclaircissement sur l’histoire du régiment de chasse Normandie-Niémen. – Moscou, Édition Algorithme, 2017. 384 p.
  • Maryvonne et René Gaudart, Pilotes du Normandie-Niémen, d'après le journal de Roger Penverne dans l'Armée rouge, Éditions JPO, 2016, 500 p.
  • Christian-Jacques Ehrengardt, Normandie-Niémen, éditions Heimdal, , 96 p. (ISBN 2-902-171-58-7).
  • Patrice Erler, L'ardente flamme, auto-édition
    historique de 1942 à 2002.
  • Constantin Feldzer, On y va !, Boulogne, Axis, , 482 p. (ISBN 2-905 814-03-9).
  • Antoine Fouchet, « Normandie-Niémen enfin à l'honneur », La Croix, 7 octobre 2006 (en ligne).
  • François de Geoffre (photogr. collections privées des pilotes et capitaine Eichenbaum), Normandie Niémen : souvenirs d’un pilote, Paris, éditions André Bonne, , 288 p., 19x14.
  • [Journal de marche] Histoire de l'escadrille Normandie-Niémen en U.R.S.S. : journal de marche ( - ), Paris, Office français d'édition, , 203 p.  
  • Claude-Henry Leconte, André Moynet, pilote de combat, Paris, éditions de la Pensée moderne, , 222 p..
  • Jean de Pange, De Koufra... au Normandie-Niémen 1940-1945, Metz, éditions Serpenoise, , 345 p. (ISBN 978-2-87692-885-5).
  • Roland de la Poype, L'Épopée du Normandie-Niémen, Paris, éditions Perrin, , 268 p. (ISBN 978-2-262-03647-8).
  • Roger Sauvage, Un du Normandie-Niémen, Paris, éditions J'ai lu, coll. « Leur aventure » (no A23), , 372 p..
  • Alain Vezin, Régiment de chasse Normandie Niémen, Éditions ETAI, 2009, 208 p. (ISBN 978-2-7268-8888-9).

Presse spécialiséeModifier

  • « Normandie Niémen. Tome I : Ce que voulait de Gaulle, l'entraînement à Ivanovo, les premiers disparus », Icare (Revue de l'aviation), Paris, no 62,‎ printemps-été 1972.  221 p.
  • « Normandie Niémen. Tome II : La bataille d'Orel, les mécaniciens, retour à Toula », Icare, Paris, no 63,‎ automne-hiver 1972227 p.
  • « Normandie Niémen. Tome III : La campagne 1944, les mécaniciens soviétiques, la visite du général de Gaulle », Icare, Paris, no 64,‎ hiver-printemps 1973221 p.
  • « Normandie Niémen. Tome IV : La campagne 1944, la Biélorussie, la bataille du Niémen », Icare, Paris, no 65,‎ 175 p.
  • « Normandie Niémen. Tome V : La campagne 1945 en Prusse-Orientale », Icare, Paris, no 67,‎ hiver-printemps 1974137 p.
  • « Normandie Niémen. Tome VI : La victoire, le retour en France », Icare, Paris, no 70,‎ automne-hiver 1974163 p.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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