1er régiment de fusiliers marins

Premier régiment de fusiliers-marins
Image illustrative de l’article 1er régiment de fusiliers marins

Création
Dissolution août 1945
Pays Drapeau de la France France
Allégeance Général de Lattre de Tassigny
Branche Marine française
Fusiliers marins
Type Régiment blindé
Fait partie de 1e DFL
Ancienne dénomination Fusilier marin
Couleurs Drapeau de la France France
Guerres Seconde Guerre mondiale : Italie, France (Provence, Vallée du Rhône, Haute-Saône, Royan, Alsace, Alpes)
Commandant Capitaine de corvette Pierre de Morsier
Commandant historique Capitaine de vaisseau Hubert Amyot d'Inville (mort au combat)

Le premier régiment de fusiliers marins est une unité des Forces navales françaises libres qui fut notamment le régiment de reconnaissance de la première division française libre pendant la campagne d'Italie, puis celle de la libération de la France.

CréationModifier

Origine : le 1er Bataillon de fusiliers marins

Le 5 juillet 1940, l'amiral Emile Muselier, nommé par le général de Gaulle au commandement des Forces navales françaises libres, décide de constituer une unité de fusiliers marins. L'arrivée à Londres depuis la fin juin 40 d'instructeurs et d'élèves de l'Ecole des fusiliers marins de Lorient facilite cette décision. Parmi eux, le maître-fusilier Pierre Le Goffic qui apporte avec lui la fourragère du drapeau de Dixmude et les fusiliers Colmay, Le Sant, Guaffi, Rey, Frémeaux, Przybylski, Roger....

Malgré la faiblesse des effectifs et la nécessité de compléter au plus vite les équipages des navires ayant rallié la France libre, le 1er Bataillon de fusiliers marins (1er BFM) prend corps, le 17 juillet, à bord du cuirassé Courbet à Portsmouth sous les ordres du lieutenant de vaisseau Robert Détroyat. L'effectif est d'environ 250 hommes, officiers inclus, parmi lesquels les enseignes de vaisseau Jean des Moutis, Hubert Amyot d'Inville, Elie Touchaleaume, Philippe Le Bourgeois.

Après quelques semaines d'entraînement au camp d'Aldershot, le Bataillon embarque à Liverpool à destination de Dakar (opération Menace) dans le but de rallier l'Afrique occidentale française à la France libre. Après l'échec de cette tentative, le 1er BFM débarque à Douala au Cameroun avant de participer activement aux opérations de ralliement du Gabon et à la prise de Lambaréné en novembre 1940.

L'unité organise ensuite la défense de Port-Gentil et de Brazzaville au Congo, prenant en charge l'administration générale du secteur, la levée et l'instruction de troupes africaines pour la France libre. Le 23 avril 1941, au terme d'un long périple qui l'oblige à faire le tour de l'Afrique, le bataillon arrive au camp de Qastina en Palestine où se regroupent les forces terrestres françaises qui se préparent à entrer en Syrie aux côtés des forces britanniques. A partir du 13 juin, le 1er BFM prend part aux opérations jusqu'à la prise de Damas le 20. Le bilan est lourd : les pertes s'élèvent à 40% des effectifs engagés et le commandant Détroyat a été tué (le lieutenant de vaisseau des Moutis le remplace), Amyot d'Inville et Touchaleaume sont blessés.

Promu capitaine de corvette, Amyot d'Inville prend à son tour le commandement du Bataillon qu'il transforme en unité de DCA, équipé dans un premier temps de matériel récupéré en Syrie puis en canons Bofors. Le Bataillon est ainsi chargé de la défense aérienne de la 1ère Brigade française libre du général Koenig, intégrée à la VIIIe Armée britannique.

Le Bataillon participe à tous combats de la Brigade dans les déserts libyen et égyptien : Halfaya (janvier 1942), Bir-Hakeim (mai-juin 1942), El Alamein (octobre l942). À Bir Hakeim, du 27 mai au 11 juin 1942, au cours de quinze jours de combats ininterrompus, les fusiliers marins tirent 47 200 obus de DCA sur des avions ennemis, abattent 7 avions allemands et détruisent de nombreux véhicules de l'Afrika Korps. Après la sortie de vive force de Bir-Hakeim, le Bataillon est replié sur El Daba, puis envoyé au repos du Caire. Le 1er BFM reçoit une citation à l'ordre de l'armée alors que la croix de la Libération est attribuée à Hubert Amyot d'Inville et à l'enseigne de vaisseau Pierre Lehlé. Fin octobre, le Bataillon, prend position à l'extrême sud de la ligne d'El Alamein avec la 1ère Division française libre chargée d'une attaque de "diversion" sur le massif de l'Himeimat qui lui fait face ; opération au cours de laquelle l'infanterie, aventurée dans un secteur où ni les canons antichars ni les blindés ne peuvent l'appuyer, subit le lourdes pertes. A l'issue de la bataille remportée par les Alliés, le Bataillon assure la couverture aérienne de la 1ère DFL au cours de la poursuite de l'Afrika Korps qui s'achève par la libération de la Tunisie en mai 1943.

Création du Régiment

Le , le 1er bataillon de fusiliers marins ayant augmenté ses effectifs avec des volontaires provenant de la marine d'Afrique du Nord (en particulier radios et mécaniciens), devient le 1er régiment de fusiliers marins (1er RFM), unité blindée de reconnaissance de la 1re DFL. Le commandement est confié au capitaine de corvette Hubert Amyot d'Inville. Il est alors équipé de matériel américain : chars légers Stuart M3 A3, obusiers automoteurs M8 Scott, véhicules de reconnaissance M3, halftracks M5 et jeeps Willys MB .

CampagnesModifier

ItalieModifier

Après un entraînement soutenu, le 1er RFM débarque à Naples au sein de la 1re DFL, le . Il s'insère dans le plan de bataille qui va entreprendre de rompre le front allemand qui barre toute l'Italie au sud de Rome, dès le . Après les violents combats sur le Garigliano, le RFM (qui est en avant-garde de la division sur trois axes) combat brillamment à Montefiascone et Radicofani. Il compte 61 tués dont Amyot d'Inville et 140 blessés.

ProvenceModifier

En , il est débarqué en Provence, à Cavalaire-sur-Mer, sous le commandement du capitaine de corvette Pierre de Morsier.

L'unité combat pour la libération de Toulon et d'Hyères, puis remonte la vallée du Rhône, pénètre dans Lyon évacuée par les troupes allemandes, puis atteint Autun ; l'escadron Savary y entre après un dur accrochage au cours duquel cinq hommes sont tués et quatre blessés. Savary fait à ce moment en Côte-d'Or, la liaison avec des unités de la 2e DB (Leclerc) débarquée en Normandie. Le RFM poursuit son avance en direction des Vosges.

Vallée du RhôneModifier

 
Monument à Trévoux dans l'Ain, hommage au 1er régiment de fusiliers marins libérant la ville le . Il fait le parallèle avec une des premières batailles de la guerre des Gaules, opposant les Tigurins aux troupes de César.

Il fait la jonction avec le 1er régiment de spahis (débarqué en Normandie avec la 2e DB) à Châtillon-sur-Seine le [1]. Ce fait est considéré comme une des jonctions entre les troupes alliées de Normandie et celles de Provence (voir aussi Nod-sur-Seine et son Monument de la Jonction).

Haute-SaôneModifier

Le , l'escadron de chars mène l'attaque sur Clairegoutte avant de prendre Ronchamp le , puis Vescemont, Rougegoutte, Romagny et Rougemont-le-Château le mois suivant. Se distinguent particulièrement dans ces opérations : l'enseigne de vaisseau Bokanowski, l'aspirant Vasseur et, aux côtés des marins, les hommes du 11e Cuir-Vercors qui ont été mis sous les ordres du 1er RFM.

Combats de la poche de RoyanModifier

Après la campagne Vosges, la 1re DFL est envoyée sur le front de l'Atlantique pour réduire la poche de Royan, mais est rappelée d'urgence sur le front de l'Est. En effet, von Rundstedt déclenche une offensive en et il faut faire face.

AlsaceModifier

En , les fusiliers marins se distinguent à nouveau en Alsace, à Herbsheim et Rossfeld, avant de poursuivre leur marche en avant victorieuse vers le Rhin.

AlpesModifier

Retirée du front d'Alsace, la division est affectée au détachement de l'armée des Alpes en , dans le massif de l'Authion où le 1er escadron se distingue, perdant dans l'offensive cinq officiers sur six et près de 50 % des effectifs engagés.

Honneurs et distinctionsModifier

Pertes au combatModifier

Entre et , l'ensemble 1er BFM / 1er RFM a perdu 195 hommes dont 12 officiers parmi lesquels deux de ses commandants.

DécorationsModifier

Ont été décernés à ces hommes :

Le drapeau du 1er RFM compte cinq citations à l'ordre de l'armée obtenues pour 1939-1945 avec attribution de la croix de la Libération, de la médaille de la Résistance française et de la croix de guerre.

En , le 1er RFM est remis à la disposition des autorités navales.

Ordre de la libérationModifier

Le 1er Régiment de Fusiliers Marins est, avec le sous-marin Rubis et la corvette Aconit, Compagnon de la Libération par décret du .

Le matelot mécanicien Georges Brières, tué à Giromagny, repose dans le caveau no 8 de la crypte du Mémorial de la France combattante au mont Valérien. Il représente le sacrifice de tous les marins morts pour la Libération de la France.

Cette décoration valut à un détachement du régiment d'être présent le à Colombey-les-Deux-Églises pour prendre part aux obsèques du général de Gaulle, honneur partagé avec deux autres unités de l'armée seulement : le 501e régiment de chars de combat (Rambouillet) et le régiment de chasse 2/30 Normandie-Niemen (Reims)[2].

TraditionsModifier

Le drapeau, la mémoire et la tradition du 1er régiment de fusiliers marins sont aujourd'hui confiés à l'École des fusiliers de Lorient. Avec le RBFM, il a montré la valeur des armes françaises forgées pour la libération de notre pays.

Personnalités ayant servi au régimentModifier

32 membres du régiment ont été faits Compagnon de la Libération à titre individuel. 8 d'entre eux sont Mort pour la France

Compagnons Morts pour la FranceModifier

  • Hubert Amyot d'Inville (1909-1944), Mort pour la France le à Montefiascone (Italie)
  • Lucien Bernier (1914-1944), Mort pour la France le à Champagney
  • Robert Détroyat (1911-1941), Mort pour la France le en Syrie
  • Joseph Domenget (1908-1944), Mort pour la France le au Ballon d'Alsace
  • Pierre le Goffic (1912-1944), Mort pour la France le à Hyères
  • Yves Nonen (1916-1944), Mort pour la France le au Ballon d'Alsace
  • Julien Roger (1919-1945), Mort pour la France le à Breil-sur-Roya
  • Henri Silvy (1920-1944), Mort pour la France le sur l'aéroport de Guidonia (Italie)

Autres Compagnons de la LibérationModifier

Notes et référencesModifier

  1. Stéphane Simonnet, Claire Levasseur (cartogr.) et Guillaume Balavoine (cartogr.) (préf. Olivier Wieviorka), Atlas de la libération de la France : 6 juin 1944- 8 mai 1945 : des débarquements aux villes libérées, Paris, éd. Autrement, coll. « Atlas-Mémoire », (1re éd. 1994), 79 p. (ISBN 978-2-746-70495-4 et 2-746-70495-1, OCLC 417826733, notice BnF no FRBNF39169074), p. 35
  2. Unités qui, toutes les trois, étaient compagnon de la Libération. D'après « Aux obsèques du général de Gaulle », article paru dans : Jean-Pierre Calka et Frédéric Lafarge, BA 112 de Reims, côté coulisses, Éditions Dominique Guéniot, , 176 p. (ISBN 978-2-7089-9233-7, présentation en ligne).

AnnexesModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

BibliographieModifier

  • À force de vaincre. Cinq ans au 1er RFM pour la libération de la France, Jacques Bauche , Éditions A. Fleury, Sceaux, 1947.
  • Fusiliers Marins, Roger Barberot,France-Empire, 1947
  • A bras le cœur, Roger Barberot, Robert Laffont - 1972  
  • La 1re DFL, Yves Gras, Presses de la Cité - 1983, (ISBN 2258012821)
  • Les Fusiliers Marins de la France libre, Georges Fleury, Grasset - 1987  
  • Les forbans magnifiques - Histoire fantastiques du 1er Régiment de fusiliers marins (-), Jean-Bernard Derosne, Editions des deux sirènes , 1947
  • Peau-d'lapin , Ragot André-Jean ,DOSSIERS DE L'HISTOIRE / AJR. 1980. In-8 Carré. Broché.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier