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André Poznanski

aviateur français

André Boris Poznanski
Naissance
Baden (Autriche)
Décès (à 21 ans)
Spas-Demensk (Russie)
Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme French-roundel.svg Armée de l'air
Unité régiment de chasse Normandie-Niemen
Conflits Seconde Guerre mondiale

André Boris Poznanski, né le à Baden (Autriche) et mort pour la France le à Spas-Demensk (Russie), était un aviateur français. Pilote de chasse de la France libre, il s'est porté volontaire pour servir avec le régiment de chasse Normandie-Niemen en URSS, où il a trouvé la mort en combat aérien.

BiographieModifier

André Poznanski naît le à Baden (Autriche)[1]. En , à dix-huit ans, il réussit le concours de l'École de l'air et intègre donc l'Armée de l'air directement comme élève-officier, dans la promotion 1939 « Lieutenant Pinczon du Sel ». Il est nommé sous-lieutenant en [2]. Deux mois plus tard éclate la Bataille de France, et après seulement un mois de furieux combats, la France, vaincue, est contrainte de signer l'Armistice du 22 juin 1940.

L'école a été repliée à Mont-de-Marsan, puis à Bordeaux-Mérignac[1] le [3]. Plusieurs élèves, dont Jean de Tedesco et André Poznanski, refusent la défaite[4]. Ils quittent l'école[3] afin de s'évader de France et de rejoindre l'Angleterre[5] : le , déguisés en officiers polonais[4], ils embarquent à Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) sur le navire égyptien Apapa[4], un des derniers bateaux alliés réussissant à quitter la France, grâce à un commissaire de la marine désobéissant aux ordres reçus[6]. Parmi les passagers, un groupe d'aviateurs polonais et une cinquantaine de jeunes aviateurs français qui vont rejoindre la Royal Air Force[7]. Seize de ces Français ne reviendront pas de mission[6], dont Jean de Tedesco et André Poznanski.

Après une escale à Gibraltar[4], le navire arrive finalement en Angleterre le [2]. André Poznanski débarque à Plymouth[1], et signe, le jour même[2], son engagement dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL)[1],[4]. Comme tous les pilotes étrangers qui rejoignent la RAF, il doit reprendre sa formation du début avec les méthodes britanniques. Breveté pilote le [4], il est versé à la Operationnal Training Unit (OTU) 56 de Sutton Bridge pour son entraînement opérationnel. Le , à l'issue de cette formation[2], il est affecté au Squadron 32 de la RAF[4],[8]. Sa promotion au grade de lieutenant a lieu le lendemain[2].

Muté au Moyen-Orient, il débarque le à Freetown[2] au Sierra Leone[4], et traverse toute l'Afrique pour rejoindre son affectation : le Groupe de chasse numéro 1 (GC 1) de la France libre, ou Groupe de chasse Alsace[1],[4], à Rayak au Liban. Il y arrive le , dans un groupe de six pilotes récemment brevetés en Angleterre[9]. Au GC 1, il rencontre le commandant Pouliquen et le capitaine Tulasne, qui seront ses chefs plus tard au sein du Régiment de chasse « Normandie ». L'unité, alors en cours de formation, ne dispose que d'un matériel hétéroclite pour former ses pilotes[2] : Morane-Saulnier MS.406, Potez 25 TOE, Potez 29, Curtiss H-75, Caudron Aiglon... Ces avions ne sont pas seulement dépassés (le MS-406 et le H-75 ont été complètement dominés par les Messerschmitt Bf 109 allemands durant la Bataille de France) mais ils sont si usés qu'ils deviennent dangereux, et les accidents mortels se succèdent[9].

Lorsque les Britanniques jugent le GC n°1 capable de monter en ligne, ils l'envoient à Abu Sweir[2], près d’Ismaïlia en Égypte. L'unité vole alors sur des Hawker Hurricane Mark 1, des avions bien fatigués[9] et dépassés. Après une période de prise en main de ces chasseurs, le GC 1 fait mouvement vers Fuka[2] et participe à la campagne de Libye[1] avec des missions peu enthousiasmantes : protection des convois maritimes et couverture aérienne de la 8e armée britannique[9]. Comme de nombreux pilotes du GC 1, André Poznanski ronge son frein. Il voudrait voler sur des avions modernes, et être au cœur des combats. C’est pourquoi, dès qu'il apprend la constitution d’un groupe de chasse destiné à se battre en URSS, il se porte volontaire[2],[4]. Il quitte le groupe « Alsace » le , avec Albert Littolff, Noël Castelain, Raymond Derville et Albert Preziosi[9].

Après un long voyage, ce premier contingent de pilotes[2] arrive en URSS le [8],[4]. Comme ses camarades, André Poznanski recommence une formation sur Yak-7 à doubles commandes, avant de passer sur l'avion de combat Yak-1b du GC 3 « Normandie ». Une fois tout le monde formé, le groupe part pour le front[2]. André Poznanski est porté disparu le lors d'une mission de chasse libre[8] dans la région de Spas-Demensk, au cours d'un combat contre huit Focke-Wulf Fw 190[4] appartenant probablement aux 10, 11 et 12./JG 51 (cette unité revendique 5 Yak-1 abattus dans cette région le même jour et au même horaire[2]). Marcel Yves Bizien et Raymond Derville disparaissent également[10]. Ils sont les premiers pilotes perdus par le régiment de chasse Normandie-Niemen. Un seul Fw 190 a été abattu dans le combat[2]. La victoire[8] est attribuée à parts égales aux trois pilotes français abattus[2].

DistinctionsModifier

HommagesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f et g « Biographies résumées des parrains des promotions de l'Ecole de l'air (EA) », sur Traditions des escadrilles de l'Armée de l'air (consulté le 29 août 2019).
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r « POZNANSKI André », sur Cieldegloire.com (consulté le 28 août 2019).
  3. a et b « JEAN TEDESCO (DE) », sur Ordre de la Libération (consulté le 25 août 2019).
  4. a b c d e f g h i j k et l Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Paris, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 978-2-84734-060-0, notice BnF no FRBNF40074188), p. 1014.
  5. « Biographies résumées des parrains des promotions de l'Ecole de l'air (EA) », sur Traditions des escadrilles de l'Armée de l'air (consulté le 15 août 2019).
  6. a et b Olivier Rochereau, Mémoire des Français libres : Du souvenir des hommes à la mémoire d'un pays, Nouveau Monde éditions, 321 p. (ISBN 978-2-36583-055-3, EAN 978-2-36583-055-3, présentation en ligne).
  7. Marc Bonas, « Embarquement d'aviateurs Polonais et Français », sur Aérostèles, lieux de mémoire aéronautique, (consulté le 25 août 2019).
  8. a b c d e f et g « POZNANSKI André Boris », sur Mémorial Gen Web (consulté le 28 août 2019).
  9. a b c d et e Vital Ferry, Croix de Lorraine et Croix du sud, 1940-1942 : aviateurs belges et de la France libre en Afrique, Paris, Le Gerfaut, , 286 p. (ISBN 978-2-914622-92-9, EAN 978-2-91462-292-9, notice BnF no FRBNF40050213, présentation en ligne), p. 194-195.
  10. Roland de La Poype, L'épopée du Normandie-Niémen, Place des éditeurs, , 218 p. (ISBN 978-2-262-03872-4, EAN 978-2-26203-872-4, présentation en ligne).

BibliographieModifier

Liens externesModifier

Articles connexesModifier