Sami Frey

acteur français
Sami Frey
Description de cette image, également commentée ci-après
Sami Frey dans les entretiens avec Jean-Paul Sartre d'après Simone de Beauvoir au théâtre de l'Atelier à Paris en .
Nom de naissance Sami Frei
Naissance (86 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Acteur
Réalisateur

Sami Frey est un acteur français, né le à Paris (France).

Biographie modifier

Origines et jeunesse modifier

Sami Frey naît sous le nom d'état civil de Sami Frei le , au 2 place du Docteur-Alfred-Fournier (hôpital Saint-Louis), dans le 10e arrondissement de Paris[1], de Mendel Frei et de Perla Wolf[2], qui sont des Juifs polonais immigrés en France, alors domiciliés au 17 boulevard de Belleville dans le 19e arrondissement de Paris[3]. Son père est maroquinier, né le à Cuzmiska. Sa mère est sans profession, née le à Drabobwzegi[3] (certaines sources mentionnent Białobrzeg[4],[a]). La langue maternelle de Sami Frei est ainsi le yiddish[5].

Il est âgé de 2 ans quand son père meurt à l’âge de 27 ans en 1939 à Paris. Il a 5 ans lorsque sa mère est déportée de Drancy vers Auschwitz le par le convoi no 32[4], dont elle ne va pas revenir. Sa dernière adresse connue est toujours au 17 boulevard de Belleville.

Sa grand-mère maternelle, Chaja Wolf, née Birnbaum le , également à Białobrzeg en Pologne, est déportée six mois après sa fille Perla, par le convoi no 52 du , de Drancy vers Auschwitz. Sa dernière adresse connue est également au 17 boulevard de Belleville[4].

Après l'arrestation de sa mère, Sami Frei vit avec une partie de sa famille sous une fausse identité à Saint-Avit-les-Guespières en Eure-et-Loir, dans la maison du gardien du château où les Allemands se sont installés. Il va à l'école dans le village voisin de Saint-Denis-les-Ponts[6],[7]. En 1944, lors d'une visite médicale, un médecin scolaire découvre que Sami Frei est juif. Ses proches et lui se réfugient alors à Rodez[8].

Carrière modifier

 
Sa compagne jusqu'en 1960, Pascale Audret, lors d'un tournage en Italie.
 
Sami Frey se promenant avec Brigitte Bardot à Rome en 1963.

Élève du cours Simon, Sami Frey obtient dès 1960 un rôle clé dans La Vérité, film très attendu d'Henri-Georges Clouzot, avec Brigitte Bardot et Marie-Josée Nat comme partenaires féminines.

En 1966-1968, il participe à de nombreux spectacles mis en scène au théâtre Antoine par Claude Régy, et contribue à la révélation en France du théâtre anglais contemporain, Harold Pinter en tête.

Au cinéma, il est choisi par des auteurs tels que Georges Franju (Thérèse Desqueyroux, en 1962), Michel Deville (L'Appartement des filles, 1963), Godard (Bande à part, 1964), Pollet (Une balle au cœur, 1965), Klein (Qui êtes-vous, Polly Maggoo ?, 1966), Rappeneau (Les Mariés de l'an II, 1971), Charles Belmont (L'Écume des jours, 1968, Rak, 1972), Sautet, qui lui confie l'un des trois rôles principaux de César et Rosalie (1972) aux côtés d'Yves Montand et Romy Schneider, Adam (M comme Mathieu, 1973), Duras (Jaune le soleil, 1972), Serreau (Pourquoi pas !, 1977), Miller (Mortelle Randonnée, 1983), Doillon (La Vie de famille, 1985), Rouffio (L'État de grâce, 1986), Drach (Sauve-toi, Lola, 1986), Sanders-Brahms (Laputa, 1987), Delvaux (L’Œuvre au noir, 1988), Margarethe von Trotta (L'africana, 1990).

En 1974, il réalise Autour de Jeanne Dielman, le making-of en noir et blanc de Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman.

Vie privée modifier

Sami Frey est d'abord le compagnon de l'actrice Pascale Audret[1], sœur du chanteur Hugues Aufray.

À la suite du film La Vérité en 1960 qu'il tourne avec Brigitte Bardot, il quitte Audret pour vivre un amour passionné avec Bardot[1], alors mariée avec Jacques Charrier. Cet amour dure trois ans.

Il a par la suite été le compagnon de la comédienne Delphine Seyrig[1].

Filmographie modifier

Cinéma modifier

Télévision modifier

Théâtre modifier

Textes et musique modifier

Distinctions modifier

Décorations modifier

Récompenses modifier

Nominations modifier

Notes et références modifier

Notes modifier

  1. Il y a incohérence entre la citation de la source Klarsfeld 2012 et la copie intégrale de l'acte de naissance (consultable sur le site CinéArtistes.com[3]) : comme il y a divergence à la fois sur la date de naissance de la mère de Sami Frey et sur son lieu de naissance en Pologne (pays qui n'a existé qu'après la première guerre mondiale), la probabilité la plus forte est que ce soit l'acte de naissance de la mairie du 10e arrondissement de Paris qui soit exact, au détriment soit d'une erreur de consultation de l'ouvrage des Klarsfeld, soit d'une erreur de rédaction de cet ouvrage. Il se peut néanmoins que le lieu de naissance soit le même car les noms des villes et villages ont éventuellement changé au moment de l'indépendance de la Pologne. L'indétermination risque de durer car le village de Białobrzeg étant très petit (71 habitants), il va être difficile de trouver des sources fiables sur les différents noms de ce village au cours du temps.

Références modifier

  1. a b c et d Les Gens du cinéma, « Fiche de Sami Frey », sur lesgensducinema.com (consulté le )
  2. Who's Who in France, dictionnaire biographique, 1992-1993, éditions Jacques Lafitte, 1992.
  3. a b et c CinéArtistes.com, « Copie intégrale de l'acte de naissance de Sami Frei, établi par la mairie du 10e arrondissement de Paris », sur cineartistes.com (consulté le )
  4. a b et c Klarsfeld 2012.
  5. Nathalie Cohen (écrivain), « Cinq questions à Bruno Halioua », présentation du livre de Bruno Halioua (médecin et historien) Leur seconde guerre mondiale. De l'enfance cachée à la célébrité, vidéo de 17 minutes, passage concernant Sami Frey à partir de 10 min 20 s [vidéo], sur akadem.org/magazine, (consulté le ).
  6. Jean-Claude Galerne, La Forêt de Fréteval, au cœur du réseau Comète, , 233 p. (ISBN 978-2-36803-043-1, lire en ligne), p. 142.
  7. « Sous l'Occupation, en 1943, l'acteur Samy Frey s'était réfugié à Saint-Denis-les-Ponts où il allait à l'école », L'Écho républicain de la Beauce et du Perche,‎ .
  8. Brigitte Salino, « Théâtre : Sami Frey, passeur de ceux qui ne sont pas revenus des camps. L’acteur fait une lecture poignante d’Un vivant qui passe, de Claude Lanzmann, au théâtre de l’Atelier, à Paris »  , sur lemonde.fr, (consulté le ).
  9. Le Catalogue des affiches de théâtre de l'Association de la Régie Théâtrale
  10. « Bulletin officiel des décorations, médailles et récompenses n°10 du 28/12/2002 - Légifrance », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )

Voir aussi modifier

Bibliographie modifier

Presse modifier

Liens externes modifier