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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Russe (homonymie).
Russes
Description de cette image, également commentée ci-après

Populations significatives par région
Drapeau de la Russie Russie 111 016 896 (2010)[1]
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 8 334 141 (2001)[2]
Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan 3 793 764 (2009)[3]
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 3 500 000[4]
Drapeau des États-Unis États-Unis 3 072 756 (2009)[5]
Drapeau de l'Ouzbékistan Ouzbékistan 1 199 015 (2000)[6]
Drapeau du Brésil Brésil 1 000 000[7]
Drapeau d’Israël Israël 894 800 (2016)[8]
Drapeau de la Biélorussie Biélorussie 785 084 (2009)[9]
Drapeau du Canada Canada 622 445 (2016)[10]
Population totale 130 à 150 millions
Autres
Langues Russe
Religions Orthodoxie russe, agnosticisme, athéisme, protestantisme
Ethnies liées Ukrainiens, Biélorusses, autres Slaves de l'Est

Le mot français Russes désigne :

  • d'une part un groupe ethnique slave de l'est, qui vit principalement en Russie et dans les pays ayant fait partie de l'ex-Empire russe et de l'ex-URSS, en russe : русские - prononcé rousskiïé ;
  • d'autre part les citoyens de la Russie, indépendamment de leur appartenance ethnique (voir Nationalités en URSS pour trouver des informations sur les autres groupes ethniques qui habitent en Russie) ; en russe : Россиянин, pluriel Rossiïanine, parfois traduit en français par le terme Russien, qui reste néanmoins rare.

Selon le recensement de 2002, l'ethnie russe constitue plus de 80 % de la population de la Russie[11].

En linguistique, compte tenu de la polysémie du gentilé « Russes », on préfère désigner les communautés minoritaires russes des pays issus de l'ex-URSS par le terme russophones, pour ne pas les confondre avec les citoyens russes. « Russophones » a un sens plus large que « Russes », car une partie des populations autochtones non-russes de ces pays est elle aussi devenue russophone en raison de la russification qui avait fait du russe la langue de communication inter-ethnique (язык межнационального общения)[12].

Comme adjectif, « russes » peut se référer non seulement à tout ce qui provient de l'actuelle Russie, mais aussi de l'ex-URSS, de l'ex-Empire russe, de l'ex-Principauté de Russie, des anciennes principautés slaves orientales et de l'ex-« Russie » kiévienne : guerres russo-byzantines, église russe, communisme russe, zone d'influence russe, astronautique russe, culture russe, musique russe, littérature russe, ballets russes, diaspora russe...

PopulationModifier

Les Russes sont le groupe ethnique le plus important en Europe et l'un des plus nombreux au monde avec une population de près de 143 millions de personnes en 2012. À peu près 116 millions de Russes ethniques (d'origine, selon le droit du sang)[réf. nécessaire] vivent en Russie et quelque 18 millions de plus vivent dans les pays voisins. Un nombre relativement important de Russes, environ 3 millions, vivent ailleurs dans le monde, la plupart en Amérique du Nord et en Europe de l'Ouest, mais aussi en Europe de l'Est (centrale), en Asie et ailleurs.

En 1914, les Russes représentaient environ 65 millions d'individus pour 125 millions d'habitants de l'Empire de Russie.

ReligionModifier

 
Église orthodoxe russe

Les chrétiens orthodoxes dominent chez les Russes[réf. nécessaire]. Plus spécialement, la grande majorité des croyants russes appartiennent à l'Église orthodoxe russe, qui a joué un rôle important dans le développement de l'identité nationale russe. Dans d'autres pays, les croyants russes appartiennent généralement aux congrégations orthodoxes locales qui ont une relation directe (comme l'Église orthodoxe ukrainienne, autonome sous le Patriarcat de Moscou et de toute la Russie) ou une origine historique (comme l'Église orthodoxe en Amérique ou une Église orthodoxe russe hors frontières) avec l'Église orthodoxe russe.

Même les Russes non croyants s'associent eux-mêmes à la foi orthodoxe pour des raisons culturelles[réf. nécessaire]. Quelques Russes sont des Vieux Croyants : un groupe relativement faible schismatique de l'orthodoxie russe qui a rejeté les réformes liturgiques introduites au XVIIe siècle.

La fréquentation des églises russes aujourd'hui est relativement faible car l'ère soviétique interdisait toutes pratiques religieuses : le culte de la personnalité a été très fort à certains moments (période stalinienne) et l'athéisme était prôné officiellement.

Les autres religions ont des représentations négligeables parmi les Russes d'origine.

Voir aussi catégorie:Religion en Russie.

Émergence de l'ethnicité russeModifier

À partir du XIIe siècle et jusqu'au XVIe siècle, des Slaves connus comme « Pomors » migrèrent des bassins du haut-Dniepr et du haut-Don vers l'actuelle Russie centrale et du nord, s'établissant dans les bassins de la Haute-Volga, de la Petchora, de l'Oka, de la Viatka, de la Dvina septentrionale et jusque sur les côtes de la mer Blanche, assimilant ou encerclant des tribus finno-ougriennes.

 
La Rous' kiévienne au milieu du Xe siècle

Avant le XVe siècle, on appelait assez indistinctement tous les slaves de l'Est « Russes » (Ρώσοι, Russii, Reußen, Russians, Russiens, Ruthènes, Russins...) puis des distinctions apparaissent :

Résultat des migrations et des conquêtes russes (suivant l'effondrement de la domination de la Horde d'or des Mongols aux XVe et XVIe siècles), les Russes colonisèrent des régions du bas-Dniepr, du bas-Don, de la basse-Volga, de l'Oural et du Caucase du Nord, assimilant ou encerclant des tribus finno-ougriennes, caucasiennes ou turques. Entre le XVIIe et le XIXe siècle, les émigrants « Grands-Russes » s'installèrent dans les contrées faiblement peuplées de Sibérie et du nord-est de la Russie européenne, assimilant ou encerclant les tribus autochtones.

Devenues obsolètes, les dénominations de « Grands-Russes », « Grands-Russiens » ou « Vélicorusses » ont été remplacées par « Russes » ; celles de « Petits-Russes », « Petits-Russiens » ou « Malorusses » par « Ukrainiens » (localement « Ruthènes », « Russins », « Rusyns » ou « Houtsoules » dans certaines régions d'Ukraine occidentale), et celles de « Blancs-Russes » ou « Blancs-Russiens » par « Biélorusses » (qu'il ne faut pas confondre avec les « Russes blancs » tzaristes qui sont une catégorie politique par opposition aux « Russes rouges » bolcheviks et aux « Russes noirs » anarcho-communistes, qui en fait étaient en majorité ukrainiens).

Anthropologie des RussesModifier

 
Haplogroupes dominants de chromosomes Y en Europe

Selon les résultats des études, l'on distingue deux groupes de populations russes[13]. Dans l'étude russe de 2011, les données suivantes sont citées. D'après les données concernant le polymorphisme du chromosome Y, les populations du Nord russe font partie d'un vaste cluster « nordique » avec les populations des Russes de Vologda, Baltes (Lettons et Lituaniens), peuples finnophones (Komis, Finnois, Estoniens et un groupe synthétique de Caréliens, Vepses et Ijoriens), ainsi que les Suédois germanophones. Cependant, la similitude avec les Baltes est davantage prononcée qu'avec les peuples finno-ougriens. Cette similitude est constante pour toutes les populations du Nord russe (mais le degré de similitude avec les peuples finno-ougriens est différent). Selon le génome mitochondrial, les Russes du Nord ont une similitude avec les fonds génétiques de la moitié Nord de l'Europe (Norvégiens, Allemands, Suédois, Polonais, Lituaniens, Irlandais, Écossais). Les autres populations russes font partie du même cluster que les Suédois, Estoniens, Lettons, Biélorusses, Ukrainiens, Tchèques, Slovaques, Hongrois. Le fond génétique mitochondrial des peuples tels que les Finnois, Caréliens, Komis, Mordves et Maris s'est avéré être éloigné au maximum des Russes du Nord. L'étude des marqueurs autosomiques rapproche également les Russes du Nord des autres peuples européens et met en doute la strate migratoire finno-ougrienne au sein du fond génétique russe du Nord. Ces données permettent d'émettre l'hypothèse de la conservation sur ces territoires du substrat paléo-européen antique qui a éprouvé les migrations intenses des tribus slaves antiques. Selon les résultats des études des marqueurs du chromosome Y, le groupe central-méridional, auquel appartient la majorité écrasante des populations russes, fait partie du même cluster que les Biélorusses, Ukrainiens et Polonais[13],[14]. Selon les résultats de l'étude des marqueurs mitochondriaux ainsi que des marqueurs autosomiques, les Russes sont similaires aux autres populations d'Europe centrale et orientale[14]. Une grande unité des marqueurs autosomiques des populations slaves de l'Est a été révélée, de même que leur différence significative avec les peuples voisins finno-ougriens, turcs et caucasiens du Nord.

Au sein des populations russes, l'on remarque une fréquence extrêmement faible de caractères génétiques caractéristiques des populations mongoloïdes[13]. Les fréquences des marqueurs eurasiens de l'Est chez les Russes correspondent aux marqueurs moyens en Europe.

Les Russes à l'extérieur de la RussieModifier

Article détaillé : Diaspora russe.
 
Les Russes dans l'ex-Union soviétique

L'ensemble des populations russophones et/ou d'origine russe vivant hors des frontières de la Russie compte environ 15 000 000 personnes. Cet ensemble est très disparate :

  • par les origines (certaines populations sont issues de Russie même, d'autres ont différentes origines mais ont été russifiées soit sur place, là où elles vivaient initialement, soit par transplantation dans d'autres régions où le russe était la langue de communication entre les divers peuples comme au Kazakhstan par exemple) ;
  • par l'ancienneté (certaines diasporas datent du XVIIe siècle, d'autres sont postérieures à 1940) ;
  • par le nombre et la proportion de russophones dans le pays concerné (25 % au Kazakhstan, entre 10 % et 20 % dans la plupart des anciennes républiques soviétiques qui sont aussi d'anciennes provinces de l'Empire russe, mais beaucoup moins dans les autres pays) ;
  • par le motif de leur dispersion (recherche de fourrures par les trappeurs et recherche de ressources minérales par les prospecteurs de l'Oural jusqu'en Alaska ; colonisation démographique et établissement de communautés cosaques sous l'Empire des Tsars ; expatriation religieuse comme dans le cas des Doukhobors ou des Lipovènes ; expatriation économique, notamment aux États-Unis ; expatriation culturelle d'intellectuels, artistes ou scientifiques fuyant la pensée unique, notamment vers l'Europe occidentale ; expatriation politique des Russes blancs, des ruraux persécutés comme « koulaks », des rescapés du Holodomor, des purges, des répressions ; colonisation démographique, déportation et assignation à résidence dans de nouvelles régions pendant l'ère soviétique).
  • Aux États-Unis, l'immigration russe commença à partir de 1845, et connut les plus forts taux d'immigrations entre 1880 et 1922. Si de nos jours, divers recensements indiquent quelque 3 millions d'Américains d'origine russe, les chiffres seraient dans les faits plus élevés : ils s'expliquent par le rejet du communisme et de la guerre froide, entre 1945 et 1992, mais aussi par l'assimilation à la culture américaine. Évoquer par exemple les descendants des Russes en Alaska est un sujet difficile pour les généalogistes. En sachant que lors des recensements, aux élections, il y a souvent 50 % des Américains qui ne votent pas, n'indiquant ainsi aucune information sur des origines ethniques, la CIA estime qu'il y aurait entre 6 millions et 9 millions de citoyens américains ayant des origines ethniques[réf. nécessaire] russes, en 2010. Mais les mariages inter-ethniques et l'assimilation rendent toutes statistiques très difficiles.

Les plus grandes communautés russes vivent dans les républiques anciennement soviétiques, comme l’Ukraine (environ 8 millions, Crimée comprise), le Kazakhstan (environ 4 millions), la Biélorussie (environ 1 million), l’Ouzbékistan (environ 700 000), Lettonie (environ 700 000), Kirghizistan (environ 600 000) et la Moldavie (environ 500 000). Il y a aussi de petites communautés russes dans les Balkans principalement en Serbie (environ 5000), dans les nations de l'Europe centrale et orientale comme la République tchèque, et dans d'autres régions du monde, comme en Chine et en Amérique latine. Ces communautés s’identifient elles-mêmes à la fois comme russes et comme citoyennes de ces pays, à des degrés divers.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier

  1. Ethnic groups in Russia, Recensement de 2010 , Rosstat.(ru)
  2. Про кількість та склад населення України за підсумками Всеукраїнського перепису населення 2001 року (uk)
  3. (en) « (2009 census) » [archive du ], sur stat.kz (consulté le 22 juillet 2012)
  4. (en) « Regarding Upcoming Conference on Status of Russian Language Abroad », sur mid.ru, Russian Ministry of Foreign Affairs (consulté le 24 juin 2014)
  5. (en) « American FactFinder - Results », sur factfinder.census.gov
  6. (en) « Jews, By Country of Origin(1) and Age », sur cbs.gov.il, (consulté le 14 octobre 2017)
  7. (pt) « Câmara de Comércio Brasil-Rússia », sur brasil-russia.com.br (consulté le 22 juillet 2012)
  8. Хостинг VPS аренда сервера | Интернет Хостинг Центр
  9. (en) « Population Census 2009 » [archive du ], sur belstat.gov.by
  10. (en) « Census Profile, 2016 Census - Canada [Country] and Canada [Country] », sur statcan.gc.ca, (consulté le 16 août 2019)
  11. cia.gov
  12. Dimitri de Kochko, Historiens et Géographes, p. 185-186
  13. a b et c Oleg Balanovsky, Siiri Rootsi, Andrey Pshenichnov, Toomas Kivisild, Michail Churnosov, Irina Evseeva, Elvira Pocheshkhova, Margarita Boldyreva, Nikolay Yankovsky, Elena Balanovska, and Richard Villems. Two Sources of the Russian Patrilineal Heritage in Their Eurasian Context // Am J Hum Genet. — 2008. — Vol. 82, no. 1. — p. 236—250.
  14. a et b Boris Malyarchuk, Miroslava Derenko, Tomasz Grzybovsky, Arina Lunkina, Jakub Charny, Serge Rychkov, Irina Morozova, Galina Denisova, Danuta Miscicka-Sliwka. Differentiation of Mitochondrial DNA and Y Chromosomes in Russian Populations // Human Biology : scientific journal. — Detroit: Wayne State University Press, 2004. — December (vol. 76, no. 6). — P. 877-900. — ISSN 1534-6617. — DOI:10.1353/hub.2005.0021.