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Sofia Kovalevskaïa

mathématicienne russe
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Sofia Kovalevskaïa
Description de l'image Sofja Wassiljewna Kowalewskaja 1.jpg.
Naissance
Moscou (Russie)
Décès (à 41 ans)
Stockholm (Suède)
Nationalité Drapeau de la Russie Russie
Domaines Mathématicienne
Institutions université de Heidelberg
Renommée pour Théorème de Cauchy-Kowalevski

Sofia Vassilievna Kovalevskaïa (également Sonia, Sofa ; en russe : Со́фья Васи́льевна Ковале́вская ; en français et en allemand, elle signe Sophie Kowalevski) est une mathématicienne russe née à Moscou le 3 janvier 1850 ( dans le calendrier grégorien) et morte à Stockholm le 29 janvier 1891 ( dans le calendrier grégorien).

Sommaire

BiographieModifier

Famille et jeunesseModifier

Sofia Vassilievna Korvine-Kroukovskaïa (en russe : Софья Васильевна Корвин-Круковская) est née à Moscou en 1850. Son père était un officier d'artillerie, un de ses grands-pères, le général Schubert, avait fait des mesures géodésiques (pour calculer les axes de la terre). Sa famille avait une intense vie culturelle et fréquentait notamment Dostoïevski ; ce dernier demanda même sa sœur ainée, Anna, en mariage. La jeune Sofia montre d'excellentes dispositions pour l'apprentissage des sciences et surpasse rapidement son précepteur de sorte que sa famille doit lui trouver un successeur.

Études et doctoratModifier

Pour pouvoir suivre des études scientifiques à l'étranger, elle contracte un mariage blanc[1] avec un paléontologue, nihiliste comme elle, Vladimir Kovalevski.

Elle s'inscrit à l'université de Heidelberg en 1869 où elle suit des cours de Hermann Ludwig von Helmholtz et Leo Königsberger. Devant ses possibilités, ses professeurs lui conseillent d'aller à Berlin suivre les cours de Karl Weierstrass. Ne pouvant entrer à l'université de Berlin du fait de son sexe, elle suit des cours privés donnés par Weierstrass[1], de qui elle devient une des élèves préférées.

Elle travaille sur les équations aux dérivées partielles, corrigeant et améliorant un résultat de Cauchy (énonçant et démontrant ce que l'on appelle aujourd'hui le théorème de Cauchy-Kowalevski). Elle écrit un mémoire sur les intégrales abéliennes. Enfin, un troisième mémoire porte sur la forme des anneaux de Saturne. Pour ces trois mémoires, elle obtient le titre de docteur de l'université de Göttingen en 1874, la première femme à obtenir ce titre en Allemagne, mais pas au monde (Maria Gaetana Agnesi en avait obtenu un à Bologne au XVIIIe siècle). Chacun des trois mémoires aurait suffi pour une thèse, a dit Weierstrass. La thèse se passe in absentia[1]. Avec son mari, traducteur de Darwin en russe, Sofia va en Angleterre où elle fait notamment la connaissance de George Eliot et de Herbert Spencer.

Retour en RussieModifier

Elle retourne alors en Russie où elle ne trouve pas de moyen d'exercer son métier de mathématicienne. Le couple vit dans des conditions matérielles difficiles et a une fille. Après quelques années d'interruption, elle se remet aux mathématiques mais son mari sous-estime ses qualités scientifiques. Elle part alors à Paris avec sa fille lorsqu'elle apprend le suicide de son mari dans des conditions horribles (ingestion de formol).

StockholmModifier

Elle est nommée en 1884 Privatdozent à l'université de Stockholm grâce à l'influence de Gösta Mittag-Leffler. Elle étudie la rotation d'un corps solide autour d'un point fixe, un problème si difficile que l'Académie des sciences de Berlin avait pu, vers 1850, proposer un prix pour sa résolution sans obtenir aucune contribution. Elle détermine un nouveau cas dans lequel on peut résoudre les équations, et elle les résout. C'est ce que l'on appelle aujourd'hui la toupie de Kowalevski. Pour son travail original et novateur sur ce sujet, elle obtient le prix Bordin de l'Académie des sciences de Paris (1888) puis le prix de l'Académie des sciences de Stockholm l'année suivante. Elle obtient alors un poste permanent de professeur à l'université de Stockholm, devenant ainsi une des premières femmes professeur d'Université en Europe. Elle participe activement à la rédaction de la revue Acta Mathematica fondée par Mittag-Leffler[1].

Elle meurt d'une pneumonie à l'âge de 41 ans, le 10 février 1891.

Activités politiques et artistiquesModifier

Elle participe avec sa sœur Anna Jaclard à la Commune de Paris. Anna est mariée à Victor Jaclard, qui fut — six mois auparavant — un membre important de la Commune de Lyon avant de s'illustrer lors de la Commune de Paris.

Elle est l'auteur de souvenirs d'enfance, de pièces de théâtre (en collaboration avec Anne Charlotte Leffler) et d'un roman partiellement autobiographique : Une nihiliste (1890).

HommagesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Michèle Audin, « Les deux idées de Sofia Kovalevskaya », sur Images des maths, .

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • (fr) Souvenirs d'enfance de Sophie Kovalewsky écrits par elle-même et suivis de sa biographie par Mme A. Ch. Leffler, duchesse de Cajanello, Librairie Hachette et Cie, 1895
  • (en) Sofia Kovalevskaïa. A Russian Childhood, Springer-Verlag (1978), (ISBN 3-540-90348-8).
  • (fr) Sofia Kovalevskaïa, Une nihiliste (1890) - traduction de Michel Niqueux aux Éditions Phébus (2004) : 175 p. (ISBN 2-85940-954-8).
  • (en) Ann Hibner Koblitz. A Convergence of Lives. Sophia Kovaleskaia : Scientist, Writer, Revolutionary. Boston: Birkhauser, 1983. (ISBN 0-8135-1963-2).
  • (en) Le film Hill on the Dark Side of the Moon (1983) est une biographie romancée.
  • (fr) Le cas de Sophie K. (pièce de théâtre), texte et mise en scène de Jean-François Peyret (2006).
  • (fr) Jacqueline Détraz (1993). Kovalesvskaïa, l'aventure d'une mathématicienne. Belin (Paris), collection : Un savant, une époque : 279 p. (ISBN 2-7011-1458-6).
  • (fr) Gösta Mittag-Leffler (1923). Weierstrass et Sonja Kowalewsky.(online)
  • (de) Reinhard Bölling (1993). Briefwechsel, Karl Weierstrass, Sofja Kowalewskaja . Akademie Verlag (Berlin).
  • (fr) Michèle Audin (2008). Souvenirs sur Sofia Kovalevskaya. Calvage et Mounet (Paris), collection: "Orizzonti": 290 p. (ISBN 978-2-916352-05-3).
  • (fr) Arvède Barine, « La Rançon de la gloire — Sophie Kovalevsky », dans Revue des deux Mondes, , p. 348-382 ; texte sur wikisource.
  • (en) Don H. Kennedy, Little Sparrow: A Portrait of Sophia Kovalesvsky (Athens, Ohio, Ohio University Press, 1983) avec son épouse Nina, descendante de Sofia Kovalevskaïa.
  • (fr) Alice Munro, Too Much Happiness, 2009, traduit en français en 2013 sous le titre Trop de bonheur (L'Olivier) dans le recueil de nouvelles "Trop de bonheur".

FilmographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier