Tchétchénie

république constitutive de la fédération de Russie

La République tchétchène (en russe : Чече́нская Респу́блика, Tchetchenskaïa Respoublika ; en tchétchène : Нохчийн Республика, Noxçiyn Respublika) ou Tchétchénie (russe : Чечня́, Tchetchnia ; tchétchène : Нохчийчоь, Noxçiyçö), est une république constitutive de la fédération de Russie, tirant son nom du peuple tchétchène.

République tchétchène
(ru) Чеченская республика
(ce) Нохчийн Республик
Blason de République tchétchène
Armoiries de la Tchétchénie
Drapeau de République tchétchène
Drapeau de la Tchétchénie
Tchétchénie
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Caucase du Nord
District fédéral Caucase du Nord
Statut politique République
Création 10 décembre 1992[1] (de jure)
(de facto)
(rétablissement)
Capitale Grozny
Chef de la République Ramzan Kadyrov
Premier ministre Muslim Khuchiyev
Démographie
Population 1 506 700 hab. (2021)
Densité 93 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 24′ 00″ nord, 45° 43′ 00″ est
Superficie 16 172 km2
Autres informations
Langue(s) officielle(s) Tchétchène et russe
Fuseau horaire UTC+4
Code OKATO 95
Code ISO 3166 RU-CE
Hymne Hymne national de la république de Tchétchénie
Immatriculation 20
Liens
Site web http://chechnya.gov.ru

Située sur le versant nord des montagnes du Caucase et la vallée de Tchétchénie, dans le district fédéral du Caucase du Nord, elle est limitrophe du kraï de Stavropol au nord-ouest, de la république du Daghestan au nord-est et à l'est, et des républiques d'Ingouchie et d'Ossétie du Nord-Alanie à l'ouest, toutes trois des républiques de la fédération de Russie. Elle a également, le long de la ligne de crête du Caucase, une frontière internationale avec la Géorgie, au sud.

Situation de la Tchétchénie, en jaune pale.
Carte simplifiée de la Tchétchénie.

GéographieModifier

SituationModifier

La Tchétchénie est une république qui s'étend sur 15 647 km2 et qui est située dans la partie centrale du Caucase du Nord russe (Ciscaucasie) dans le district fédéral et la région économique homonymes. Environ 35 % du territoire est constitué de hautes montagnes escarpées, qui ne sont pas habitables, ce qui favorise la biodiversité. Cette partie du territoire pourrait devenir un parc naturel. Le nord est constitué d'une plaine, avec généralement moins de 200 mètres d'altitude, et c'est là que l'on trouve la capitale, Grozny, et l'essentiel de la population.

Pays et régions limitrophesModifier

Topographie et hydrographieModifier

 
Carte topographique de la Tchétchénie.

La Tchétchénie est située entre la partie centrale-nord de la chaîne montagneuse du Grand Caucase et la Vallée Tchétchène et celle de Terek-Koum. Le pic le plus haut de la Tchétchénie culmine à 4 493 m[2].

Les rivières principales sont :

  1. Le Terek ;
  2. La Sounja ;
  3. L’Argoun.

Les principaux lacs de la république sont : Galantchoj, Guékhi-Am, Kézénoï-Am, Tchentiï-Am et Vezik-Om. Le lac Kézénoï-Am est le lac le plus profond (72 m) et le plus vaste (2 km2) en Ciscaucasie[3].

Géologie et risques naturelsModifier

Le sol tchétchène recèle d'importantes réserves de pétrole (plus de 30 gisements dont les plus importants sont proches de Grozny et de Goudermes), de gaz naturel, de calcaire et de marne.

La Tchétchénie se trouve dans une zone de sismicité élevée (magnitude potentielle de 7) avec une profondeur inférieure à 40 km[4].

Météorologie et climatModifier

Le climat de la Tchétchénie est continental, avec des hivers tempérés dans les vallées (température moyenne du mois de janvier est de −3 °C) et froids dans les montagnes (−12 °C). La température moyenne du mois de juillet varie de 25 °C dans les vallées à 21 °C dans les montagnes.[réf. nécessaire] Même si le territoire est assez montagneux au sud et comprend des plaines au nord, les étés peuvent être très chauds, et les températures peuvent souvent dépasser les 35°c.

Flore et fauneModifier

Dans la vallée sèche de Terek-Koum la végétation dominante est composée essentiellement d'armoises et de salsolas, tandis que dans la Vallée tchétchène la végétation est celle des steppes ou des steppes boisées — on y trouve entre autres des fétuques et des stipes à feuilles pennées. Les montagnes (jusqu'à 2 200 m d'altitude) sont couvertes de forêts tempérées caducifoliées. Plus haut, s'ouvrent ensuite les étages subalpins.[réf. nécessaire]

La faune de la Tchétchénie est relativement variée : on y trouve de nombreux rongeurs et reptiles, des oiseaux de la région (grande outarde, canard et oie sauvages, faisan du Caucase, etc.). Dans les montagnes on croise la fouine, la martre des pins, l'ours brun, le sanglier, le chevreuil. le chat sauvage et le loup, dans les prés — les vautours à tête noire et les tétras du Caucase[2]. L'ours brun a beaucoup été victime des conséquences des nombreuses guerres de Tchétchénie.

Réseaux de communication et de transportModifier

RoutesModifier

Les guerres eurent un impact considérable sur l'état des routes tchétchénes. À l'heure actuelle, les routes les plus empruntées ont été renouvelées, en majorité celles de Grozny.

Voies aériennes et aéroportModifier

Le l'aéroport de Grozny (code AITA : GRV) a ouvert ses portes après sa reconstruction à la suite des destructions quasi totales causées par les conflits armés[5]. Actuellement, l'aéroport dessert Moscou, Tioumen, Istanbul et Saint-Pétersbourg[6].

HistoireModifier

Ancienne république socialiste soviétique autonome, la Tchétchénie-Ingouchie s'est proclamée république socialiste soviétique le . Après le renversement de son Soviet suprême (ru) par des membres du Congrès national du peuple tchétchène (en) le , elle est divisée entre république tchétchène et république ingouche le . La première prend son indépendance le tandis que la seconde choisit de rester dans le giron de la RSFS de Russie le .

PopulationModifier

DémographieModifier

Évolution démographique
1989 2002 2010 2015 2016 2019
1 275 5131 103 6861 268 0421 370 2681 394 1721 467 000

Composition ethniqueModifier

La composition ethnique d'après le recensement de 2010 est la suivante :

Ethnie Nombre Pourcentage
Tchétchènes 1 206 551 95,3 %
Russes 24 382 1,9 %
Koumyks 12 221 1,0 %
Avars 4 864 0,4 %
Autres 18 456 1,5 %

Selon les ONG, entre 100 000 à 300 000 civils ont péri lors des conflits entre 1994 et 2000[7]. D'après les recensements officiels russes de 1989 et de 2002, la population tchétchène est actuellement plus nombreuse qu'avant le début des hostilités. Le nombre total des citoyens de nationalité tchétchène en fédération de Russie en 2002 était de 1 360 253 personnes, dont 1 031 647 résident en Tchétchénie même, contre 899 000 en 1989 dans toute la Russie dont 734 000 en Tchétchénie.

Les Tchétchènes sont le peuple du Caucase du Nord le plus nombreux[8]. La population du groupe ethnique Russe à beaucoup baissé : en 1985, il y avait environ 150 000 Russes, et ils ne sont que 24 382 en 2010. Mais avant 1992, et la chute de l'URSS, de nombreux Russes étaient présents en Tchétchénie, dans un cadre professionnel, avec des contrats qui dépassaient rarement les 2 ans de présence sur le territoire.

Il existe aussi un groupe minoritaire issu d'unions entre Tchétchènes et Russes, et qui souvent éprouvent des difficultés à se définir comme appartenant à un groupe ethnique en particulier[réf. nécessaire]. Les autres groupes minoritaires sont les Coumykes, les Ingouches, les Ukrainiens, les Kazakhs, les Azerbaïdjanais, les Arméniens, etc[réf. nécessaire].

En 1940, il y avait un petit groupe d'Allemands en Tchétchénie, estimé entre 500 et 1000 personnes, souvent issus de la communauté des Allemands de la Volga. Entre 1944 et 1947, ils sont tous déportés en représailles à la guerre contre l'invasion Allemande, entre 1941 et 1945.

Politique et administrationModifier

Découpage administratifModifier

Subdivision actuelleModifier

Les raions (chiffres en noir) :

  1. Naourski
  2. Chelkovskoï
  3. Nadteretchny
  4. Groznenski
  5. Goudermesski
  6. Sounjenski
  7. Atchkhoï-Martanovski
  8. Ourouss-Martanovski
  9. Chalinski
  10. Kourtchaloïevski
  11. Itoum-Kalinski
  12. Chatoïski
  13. Vedenski
  14. Nojaï-Iourtovski
  15. Charoïski
 
Division territoriale de la Tchétchénie.

Les chefs-lieu des raions – chiffres en rouge (population à la date du )[9] :

  1. Znamenskoïé
  2. Naourskaïa
  3. Atchkhoï-Martan
  4. Ourous-Martan (48 700 hab.)
  5. Grozny (capitale) (226 100 hab.)
  6. Chali (44 200 hab.)
  7. Goudermes (41 200 hab.)
  8. Chelkovskaïa
  9. Itoum-Kalé
  10. Chatoï
  11. Vedeno
  12. Nojaï-Iourt

SymbolesModifier

Le symbole tchétchène est le loup[réf. nécessaire]. Le loup personnifie l'endurance, le courage, la fierté, la dignité et surtout la liberté[réf. nécessaire].

Le drapeau lui aussi est composé de trois couleurs (vert, blanc, rouge) : vert pour la religion, blanc pour la paix, rouge pour la guerre[réf. nécessaire].

L'organisation des pouvoirsModifier

La Tchétchénie est une république présidentielle avec un pouvoir exécutif fort[réf. nécessaire]. Le président actuel, depuis 2007, est Ramzan Kadyrov.

  • Le gouvernement est constitué de 8 membres et 14 ministres sectoriels. Le Président dispose du Cabinet (Apparat) composé de plusieurs départements spécialisés ou sectoriels.
  • Le parlement, à nouveau monocaméral depuis [10], se compose de 41 députés. Le Parti pro-Kremlin Russie unie avait obtenu 61 % des voix lors du scrutin de 2005. Depuis l'élection de 2016, ce parti domine l'assemblée avec 37 sièges sur 41. Russie juste et le Parti communiste de la fédération de Russie ne disposent chacun que de deux sièges.
  • Le Conseil d'État (Gossoviet), composé de 34 membres, est un organe représentatif des raions administratifs de la république. Il joue un rôle consultatif auprès du Parlement.

Après des années de conflit, le Kremlin a mis l’accent sur la mise en place d'organes législatifs et exécutifs démocratiques tchétchènes qui devront fonctionner selon la Constitution de la fédération de Russie. La restauration d’un État de droit est avancée par Vladimir Poutine comme gage ultime de normalisation et de non-retour au régime de la junte militaire.[réf. nécessaire]

À la suite de l’adoption, à une grande majorité et au suffrage universel, d'une Constitution pro-fédérale en et après les deux élections présidentielles d' et d', la république a élu son parlement, le . Ainsi, avec ces dernières élections, le processus de mise en place d'un nouveau pouvoir en Tchétchénie a été achevé[réf. nécessaire]. « Les élections ont officiellement clos le rétablissement du système constitutionnel de la République », a déclaré M. Poutine cité par l'agence de presse Interfax.

Tendances politiques, partis et électionsModifier

DirigeantsModifier

Liste des chefs et présidents de la RépubliqueModifier

JusticeModifier

Ordre public et défenseModifier

Éducation et santéModifier

Le système éducatif est le même qu'en Russie. Chaque enfant entre en première classe (le CP), jusqu'à la onzième classe (la terminale), mais il restera dans la même classe durant toute sa scolarité. Cela veut dire qu'il y restera onze ans, avec le même enseignant et les mêmes élèves[réf. nécessaire].

Lorsqu'ils arrivent en onzième classe, ils doivent passer l'Examen pour entrer à l'université.

Fiscalité et budget de la RépubliqueModifier

Mouvements séparatistes actuelsModifier

Certains représentants tchétchènes indépendantistes se trouvent toujours en activité à l'étranger, où ils reçoivent un soutien politique et financier ou une couverture médiatique, grâce, notamment, au travail de relations publiques qu'ils mènent[réf. nécessaire].

Deux gouvernements en exil, celui de Dokou Oumarov (depuis 2006) et celui de Akhmed Zakaïev (depuis 2007) maintiennent cette opposition indépendantiste[réf. nécessaire].

Akhmed Zakaïev, représentant du gouvernement déchu d'Aslan Maskhadov, est réfugié à Londres[réf. nécessaire]. La Russie tente d'obtenir son extradition des pays européens, où il fait sporadiquement des apparitions[réf. nécessaire], en l'accusant de liens avec le terroriste Chamil Bassaïev, chef de guerre et organisateur déclaré de plusieurs attentats meurtriers dont celui de Beslan en 2004[11].

Économie et développementModifier

 
Aoul tchétchène, 19e siècle.

En Tchétchénie, se poursuit activement le programme de reconstruction résidentielle et industrielle, dont le but principal est de donner des logements convenables à la population, d'augmenter le PIB et de diminuer le chômage. À titre d'exemple, le combinat géant « Krasny Molot » — la plus grande entreprise de la république fondée en 1886, qui livrait de l'équipement pétrochimique dans 56 pays avant la guerre, a été entièrement détruit dans les années 1990. Sa reconstruction est terminée et le combinat est à nouveau opérationnel depuis le début 2006. L'aéroport de Grozny, le plus grand dans le Caucase du Nord, a rouvert en , entièrement rénové, avec une autoroute qui y mène depuis la capitale.

Depuis le début 2006, la reconstruction civile et résidentielle, effectuée sous la tutelle directe de Ramzan Kadyrov et financée en grande partie par sa fondation dont le financement provient des prélèvements obligatoires auprès des hommes d'affaires tchétchènes, a fortement augmenter. Kadyrov, qui se rend régulièrement aux chantiers, exigea en que le centre-ville de Grozny soit entièrement dépourvu des traces de guerre. Fin 2007, la ville est entièrement reconstruite.

La compagnie publique pétrolière « Grozneftegaz » a extrait en 2005 2,2 millions de tonnes du pétrole et 500 000 m3 de gaz naturel (700 000 tonnes de pétrole en 2001, 1,5 million en 2002, 1,8 million en 2003 et 2 millions en 2004). Les analystes estimaient que les gisements tchétchènes devraient diminuer et s'attendent à ce que le volume d'extraction s'établisse à 1,8 million de tonnes vers 2008 et qu'il continue à descendre par la suite.

Emploi, revenus de la population et développement humainModifier

Parmi les problèmes importants qu'affronte la société tchétchène actuelle, il faut noter le niveau record de chômage (impossible à déterminer en raison de la prépondérance du travail non déclaré), le nombre de chômeurs officiels étant de 340 000 personnes en 2006. Le chômage de masse induit un important niveau de pauvreté. Le budget de la Tchétchénie est d'environ de 250 milliards de roubles (environ 6 milliards d’euros) en 2011[réf. nécessaire].

EntreprisesModifier

Principaux secteurs de l'activité économiqueModifier

Agriculture et agro-alimentaireModifier

Le volume de la production agricole est de 11 milliards de roubles (2010). La branche principale de l'agriculture est l'élevage (70 % de la production agricole), la production végétale représente 30 %.

Des céréales, des vignobles et des légumes sont cultivés en Tchétchénie. La superficie ensemencée des cultures agricoles en 2010 s'élevait à 189 000 hectares, dont les céréales pour 54 %, les cultures fourragères - 33 %, les cultures industrielles - 8 %, les pommes de terre et les cultures de légumes et de melons - 5 %. La production céréalière est de 126 000 tonnes, la betterave à sucre - 40 000 tonnes, les pommes de terre - 22 000 tonnes, les légumes - 26 000 tonnes.

L'élevage avicole et ovin est bien développé dans le secteur de l'élevage. L'élevage de bovins est en cours. En 2010, le cheptel bovin s'élevait à 211 000, ovins et caprins - 195 000. Production de viande en poids carcasse - 21 000 tonnes, lait - 263 000 tonnes (2010).

Ces dernières années, il y a eu une croissance régulière de la production agricole en Tchétchénie. De 2004 à 2010, l'indice de la production agricole a augmenté de 41%.

Industrie et constructionModifier

En 2011, le volume de production de l'industrie tchétchène s'élevait à 13,6 milliards de roubles, dont l'industrie extractive représentait 32 %, l'industrie de transformation - 8 %, la production et la distribution d'électricité, de gaz et d'eau - 60 %.

Depuis 2008, l'industrie de la ville de Grozny est représentée par les grandes entreprises suivantes : Grozneftegas, Transmash, Usine électromécanique de Grozny, Electropult-Grozny, Usine de meubles expérimentaux de Grozny, Usine de confection Berkat, Conserverie Grozny. À Gudermes, il y a une usine chimique. À Argun, il y a Pishchemash (production de voitures " VAZ "), CHP, ZhBZ.

CommerceModifier

Chiffre d'affaires du commerce de détail + 55,5 milliards de roubles (2009).

Le plus grand centre commercial de Tchétchénie est la ville de Grozny, qui représente plus de 50 % du commerce de détail de la république. Il y a beaucoup de magasins à Gudermes, les plus grands sont Detsky Mir, le centre commercial de Kosmos, le salon de meubles de l'Arizona, la maison de commerce de Zhemchuzhina et le marché central.

Place de la Tchétchénie dans l'économie russeModifier

Culture et sociétéModifier

Philatélie : entre 1991 et 2003, les philatélistes eurent connaissances de l'émission de nombreux timbres de Tchétchénie. Certains sujets émis sur les timbres ne concernent pas la Tchétchénie, d'autres sujets abordent des héros tchétchènes des temps passés ou le patrimoine tchétchène. La Tchétchénie faisant partie intégrante de la fédération de Russie, les autorités russes ne reconnaissent pas l'émission de ces timbres, et les seuls timbres en vigueur et utilisés en Tchétchénie sont ceux de la fédération de Russie. L'usage de ces timbres "fantaisistes" est interdit en Tchétchénie. Les catalogues de philatélie reconnus, comme Yvert et Tellier et Michel ne reconnaissent pas ces timbres, surtout émis à l'étranger, et introuvables en Tchétchénie. On ignore à qui va la recette de la vente de ces timbres. Les philatélistes experts en émissions de timbres signalent l'émission de plus de 200 timbres différents entre 1991 et 2003. La vente de ces timbres, même dans un cadre de philatélie, est rigoureusement interdite en fédération de Russie, qui s'oppose à l'indépendantisme tchétchène sous toutes ses formes.

ReligionModifier

 
La mosquée Akhmad Kadyrov à Grozny.

L'islam sunnite, qui fait son apparition dans la région au 7e siècle, comme une des conséquences de la conquête musulmane de la Perse (633-654), serait la religion dominante en Tchétchénie.

Une minorité russe de Tchétchénie est toutefois orthodoxe russe. Le pays est partiellement christianisé entre le 8e et le 13e siècles, aux grandes époques du Royaume de Géorgie, particulièrement de la reine Tamar.

Historiquement, l'islam pratiqué dans cette région était modéré, se rattachant au soufisme, tendance Qadiriyya (avec Dhikr). Avec la première guerre russo-tchétchène en 1994, des courants extrémistes comme le wahabisme et le salafisme djihadiste se seraient implantés au sein d'une partie de la population et continueraient à exercer une influence. Depuis 2004, pour lutter contre l'islamisme radical, Ramzan Kadyrov, revient à une forme de soufisme, tendance Qadiriyya (avec Dhikr au moins en hommage hebdomadaire au père assassiné Akhmad Kadyrov).

En 2020, le régime politique de Ramzan Kadyrov fait appliquer la charia, avec restreinte de certaines libertés individuelles et fondamentales. Ainsi, l'alcool se vend dans les villes moyennes, dans les mêmes proportions que certaines villes du reste de la Fédération de Russie. Le code vestimentaire décent (musulman) est exigé des femmes. Depuis 2017, il y a une persécution des homosexuels en Tchétchénie.

Les chrétiens orthodoxes représentent environ 2 % de la population, et sont surtout constitués de minorités essentiellement Géorgiennes et Ossètes. Les protestants évangéliques sont environ 2 000, et d'implantation récente. Il y aurait environ une centaine de catholiques. Des animistes, peu nombreux, peuvent se rencontrer dans les zones de haute montagne, où des rites chamaniques sont pratiqués avec les rites musulmans, dans le cadre de traditions orales.

Globalement, il est difficile de se dire agnostique ou athée en Tchétchénie, et ceux qui le sont, sont très discrets, ou se cachent. Avant 1992, la population est plutôt tolérante, ou indifférente à la religion, et ressemble à de nombreuses autres contrées de l'ex-URSS, et le regain religieux est plutôt le fait des conséquences des guerres de Tchétchénie, ce qui fit renaître un sentiment identitaire, nationaliste, et communautaire, chez le peuple tchétchène.

Entre 1941 et 1944 les Tchétchènes (et les Ingouches) sont accusés de collaboration avec les Allemands. Les Tchétchènes qui collaborent alors le font plutôt pour échapper au joug stalinien, et à la politique de collectivisation, le caractère religieux étant vraiment absent à l'époque. Par l'Opération Tchétchévitsa en février 1944, de nombreux Tchétchènes (500 000) sont déportés, Tout le long passé violent entre Russie et Tchétchénie est désormais nié, avec la montée en puissance des forces spéciales tchétchènes, utilisées par la Russie dans les différents conflits.

LanguesModifier

Le tchétchène est parlé par 85 à 90 % de la population. Dans les grands espaces urbains, comme Grozny, au moins 90 % de la population parle parfaitement le russe. Le russe est obligatoire à l'école, dès la maternelle. La langue russe est moins importante dans les zones rurales, mais y est parlée par au moins 75 % de la population. Il existe une minorité de Tchétchènes qui ne parlent que le russe, et qui sont présents à Grozny, et qui représentent environ 10 % de la population. De petits groupes parlent des langues présentes dans le reste du Caucase comme l'ingouche, le laze, l'azéri, le géorgien ou encore l'arménien.

Les langues étrangères sont peu pratiquées, et il est difficile pour un étranger qui ne parle pas le russe de se faire comprendre. Toutefois, l'anglais, l'allemand, le farsi (persan), et le turc, sont des langues étrangères enseignées à Grozny à l'université. L'allemand et l'anglais sont des langues proposées dans les collèges et lycées, et il est possible d'apprendre le farsi ou le turc dans certains lycées de la république, surtout à Grozny.

Patrimoine architecturalModifier

Après la guerre le patrimoine architectural existant jusqu'alors, notamment dans la capitale Grozny, a complètement été détruit. Il reste cependant dans les zones montagneuses, là où les bombardements russes ont été moins intensifs, des maisons habitées par la majorité des Tchétchènes avant leur déportation en 1944 dans l'URSS. Cette architecture spécifique, est un des seuls patrimoines encore existants en Tchétchénie.

Il existe également quelques tours datant du Haut moyen âge dans les montagnes.

Depuis la reconstruction de la capitale quelques édifices modernes s'élèvent sur la ville.

LittératureModifier

Arts, musique et événements culturelsModifier

CinémaModifier

MédiasModifier

GastronomieModifier

SportsModifier

En Tchétchénie, les sports de combat sont très pratiqué et prédominant, tels que la lutte, la boxe, les MMA[réf. nécessaire]. Plusieurs champions de lutte ou MMA sont issus de la Tchétchénie ou du Daghestan à l'image de Khabib Nurmagomedov, Zubaira Tukhugov ou encore Abdulrashid Sadulaev.

Droits LGBTModifier

Depuis 2017, il y a une persécution des homosexuels en Tchétchénie. En , Novaya Gazeta, un journal d’opposition russe affirme que les autorités tchétchènes ont mené un projet de répression des homosexuels, les arrêtant et parfois les battant à mort[12],[13],[14], Moscou a ouvert une enquête pour vérifier la véracité de ces accusations[réf. souhaitée]. Selon plusieurs témoignages, les autorités tchétchènes encouragent les familles à tuer leurs enfants homosexuels[15]. À la suite de ces révélations, fondées sur les témoignages de survivants, les journalistes ont été menacés par des responsables tchétchènes et des dirigeants religieux[16]. En , la situation est telle que certains pays de l'Union européenne décident d'accorder des visas aux homosexuels tchétchènes persécutés[17]. En 2017, le chanteur Zelimkhan Bakaev, disparaît après avoir été arrêté sur des soupçons d'homosexualité.

Personnalités liées à la TchétchénieModifier

LittératureModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Закон РФ от 10 декабря 1992 г. N 4071-I "О внесении изменений в статью 71 Конституции (Основного Закона) Российской Федерации - России" » (consulté le ).
  2. a et b (ru) Чечня - общая информация и география.
  3. (ru) Озеро Кезеной-Ам Site Ichkeria Online.
  4. (fr) [PDF] D'après l'Institut de physique du globe de Paris ([1]).
  5. (ru) В Грозном открыли аэропорт.
  6. [2].
  7. LDH-Toulon] Tchétchénie, briser le silence.
  8. (ru) Tableur НАСЕЛЕНИЕ ПО НАЦИОНАЛЬНОСТИ И ВЛАДЕНИЮ РУССКИМ ЯЗЫКОМ ПО СУБЪЕКТАМ РОССИЙСКОЙ ФЕДЕРАЦИИ
    Tableur НАЦИОНАЛЬНЫЙ СОСТАВ НАСЕЛЕНИЯ
    Recensements russes de 1989 et 2002.
  9. [3].
  10. Office français de protection des réfugiés et apatrides, Tchétchénie : le régime de Ramzan Kadyrov, (lire en ligne), p. 5
  11. Voir aussi (en) Sur la prise d'otages de Beslan.
  12. Fanny Marlier, « Arrestations, tortures… La Tchétchénie accusée de tuer des homosexuels », lesinrocks.com, 11 avril 2017.
  13. « VIDÉO. Oui, en Tchétchénie, il existe bel et bien des prisons secrètes pour homosexuels », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. « Meurtres d’homosexuels en Russie : « Être gay en Tchétchénie, c’est déjà être en danger de mort » », sur http://www.telerama.fr, (consulté le ).
  15. « La police demande aux parents de tuer leurs enfants gay », sur www.ledauphine.com, (consulté le ).
  16. « Russie : Des responsables tchétchènes et dirigeants religieux menacent des journalistes », sur www.hrw.org, (consulté le ).
  17. BFMTV, « Tchétchénie : des pays commencent à accorder des visas aux homosexuels persécutés », sur BFMTV (consulté le ).

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

Éclairage supplémentaire sur les dernières guerresModifier