Mer Blanche

Mer Blanche
Carte de la mer Blanche.
Carte de la mer Blanche.
Géographie humaine
Pays côtiers Drapeau de la Russie Russie
Géographie physique
Type Mer épicontinentale
Localisation Océan Arctique
Sud de la mer de Barents
Coordonnées 65° 30′ nord, 37° 00′ est
Subdivisions Golfe de Kandalakcha
Baie de la Dvina
Baie d'Onega
Baie de Mezen
Superficie 95 000 km2
Géolocalisation sur la carte : Russie européenne
(Voir situation sur carte : Russie européenne)
Mer Blanche
Deux images satellite de la mer Blanche.
Carte morphostructurale de la côte sud-est de la Mer Blanche, avec morpho-isohypses (lignes du relief tectonique de hauteurs équivalentes) et linéaments (failles géologiques estimées) sont tracés sur la carte

La mer Blanche (russe : Белое море, carélien et finnois : Vienanmeri, nénètse : Сэрако ям) est une mer qui s'étend sur 95 000 km2 dans le nord-ouest de la Russie, au sud de la mer de Barents ; elle constitue une dépendance de l'océan Arctique.

DescriptionModifier

L'été y dure de début juin à fin août. Dans la partie nord de la mer, il ne dépasse pas un mois et demi, les nuits sont alors très réduites.

Sa température évolue de 0,5 à −2 °C l'hiver et de 12 à 15 °C l'été.

Les glaces apparaissent dès octobre et forment des champs de glace à partir de la mi-novembre. Les animaux des régions polaires viennent alors s'y réfugier : le phoque du Groenland, le chien de mer et le phoque commun.

La fonte des neiges commence en avril et les glaces disparaissent en mai. Mais, à cause des vents du nord, on peut rencontrer des « glaçons » flottants jusqu'à fin juin.

Au printemps, sous l'action des vents du sud et des courants, certains animaux sont emportés sur leur morceau de glace vers l'océan Arctique. Ils sont alors abattus par les habitants de la côte qui se déplacent dans des canots à patins.

Le port important d'Arkhangelsk donne sur la mer Blanche. Pendant une bonne partie de l'histoire de la Russie, ce fut le principal port de commerce international maritime. À l'époque moderne, ce port est devenu une base navale et sous-marine soviétique, puis de la Fédération de Russie.

GéographieModifier

L'Organisation hydrographique internationale définit les limites de la mer Blanche de la façon suivante[1] :

HistoireModifier

Des gravures rupestres ont été trouvées aux abords de la mer Blanche[2].

Elle fût l'objet de deux blocus maritimes en 1854 et 1855. Ceux-ci furent effectués par de petites escadres franco-britannique dans le cadre de la guerre de Crimée.

La corvette la Recherche est dépêchée en Mer Blanche durant l'année 1840. Le lieutenant de vaisseau Fabvre rédige de véritables instructions nautiques sur la navigation dans cette mer. D'après lui, cette navigation : « N'a rien de plus périlleux que celle de l'Océan Atlantique. » si l'on choisit la bonne saison pour éviter les glaces, le principal obstacle étant selon lui : les brumes[3]. Selon le lieutenant de vaisseau, « les cartes anglaises dont on se sert sont pleines d'erreurs » et celles établies par les Russes sont pour lui de bien meilleure qualité car elles donnent des indications de marées, de courants et comportent des plans particuliers de mouillages. « Elles me paraissent soignées et mériter toute confiance. ».

En 1850 une expédition naturaliste a également lieu dans la Mer Blanche. En plus des habituelles indications sur la composition de la flore locale, le scientifique Boehtlingk prend également des observations sur le climat et la profondeur de la mer. Alfred Maury synthétise ces relevés et note:


« On ne possède aucun sondage bien précis pour la mer Glaciale; ce que l'on a reconnu, c'est qu'en général cette mer est peu profonde. À l'est de la route de l'île de Vaigatz, la profondeur est faible; elle augmente ensuite assez notablement vers l'est, mais diminue en s'élevant au nord. Les sondages exécutés montrent que cette profondeur varie entre 84 et 147 pieds. Boehtlingk a observé à Kola la température de la mer, celle de l'atmosphère variant de 16 à 18° Réaumur [20 à 22,5 °C] et il a trouvé de 8 à 10° [10 à 12,5 °C]. Ruprecht donne pour température de l'eau sur la côte de Laponie, du 1er au 19 août, de + 5° ½ R.; et dans la baie de Matotchkin, du 24 au 30 juillet, de + à 4°R. D'après Ruprecht et Wahlenberg, la haute mer sur la côte de Laponie ne gèle pas même dans le fort de l'hiver. Au golfe de Kola, en janvier et février, la mer se couvre de glace à une distance de 20 à 25 verstes [21,335 à 26,667 km] de la côte; mais cela n'a pas lieu durant les hivers doux, et, dès le mois de mai, la baie est libre de glaces. »[4].

En raison des conditions écologiques particulières du milieu la mer blanche a fait l'objet de diverses expéditions et explorations scientifiques, ayant par exemple porté sur la géologie et pétrologie[5] faune mammalienne, les méduses (1900)[6], les éponges marines (1878)[7], les vers[8],[9], les hydraires (1902)[10] ou encore dans les années 1960 des microorganismes comme les ciliés mésopsammiques littoraux[11],[12], les parasites des poissons[13]. Plus récemment, on s'est aussi intéressé, via quelques marqueurs bioindicateurs (ex : phoque du Groenland[14]) au degré de pollution de cette mer et de ses sédiments[15] ou à la manière dont certains polluants y sont bioaccumulés dans le réseau trophique[16],[17]. Les chercheurs s'intéressent aussi à l'évolution de cette région au gré des glaciations notamment[18] pour notamment mieux comprendre quels seront les effets locaux du dérèglement climatique en cours[19].

En Aout 2019, une partie de la mer blanche a été fermée par les autorités russes, suite à l'Accident nucléaire russe du 8 août 2019 (explosion survenu sur une plate forme marine (liée à un proche centre d'entrainement militaire) lors d'un test de missile, ayant entrainé la mort de plusieurs personnes et l'émission de radionucléides[20],[21].

Notes et référencesModifier

  1. « Limites des Océans et des Mers, 3e édition », Organisation hydrographique internationale, (consulté le 31 janvier 2015)
  2. Raudonikas W.J & Zemljakov B.F (1938). Les gravures rupestres des bords du lac Onega et de la mer blanche. Ed. de l'Academie des sciences de l'URSS
  3. Étienne Taillemite, Marins français à la découverte du monde, de Jacques Cartier à Dumont d’Urville, Paris, Fayard, , p. 656
  4. Maury Alfred, « Considérations sur La Géographie Botanique et Physique de la Russie Septentrionale », Bulletin de la société géographique de Paris,‎ 1er semestre 1890, TXI
  5. ex : Mashkovtsev S (1927) Sur les drusites des bords de la Mer Blanche. Trav. de la Soc. des Naturalistes de Leningrad, 57.
  6. Linko A.K (1900). Observations sur les Méduses de la Mer Blanche.
  7. Merejkowsky, C. D. (1878). Études sur les Éponges de la Mer Blanche. Eggers.
  8. Tzetlin A.B (1994). Fine morphology of the feeding apparatus of Cossura sp.(Polychaeta, Cossuridae) from the White Sea. Memoires du Museum national d'histoire naturelle, 162, 137-143.
  9. Zachs I.G (1923). Sur un nouveau Ammocharidae (Myriochele oculata n. sp.) provenant de l’expédition du Prof. Deruguine dans la Mer-Blanche en 1922. Trudy Petrogradskogo Obshchestva Estestvoispytatelei, 53, 171-174.
  10. Schydlowsky, A. (1902). Matériaux relatifs à faune des Polpes Hydraires des mers arctiques: Les hydraires de la Mer Blanche le long du littoral des Jles Solowetzky. I.
  11. Raikov I.B (1962). Les ciliés mésopsammiques du littoral de la Mer Blanche (URSS) avec une description de quelques espèces nouvelles ou peu connues. Cah. Biol. Mar, 3, 325-361.
  12. Agamaliev, F. G. (1967). Faune des ciliés mésopsammiques de la côte ouest de la mer Caspienne. Cah. Biol. Mar, 8, 359-402.
  13. Shulman S.S & Shulman-Albova R.E (1953). Parasites of fish of the White Sea. Parasites of fish of the White Sea résumé
  14. Timoshenko Y.K (1995). Harp seals as indicators of the Barents Sea ecosystem. Developments in Marine Biology, 4, 509-523 |résumé.
  15. Savinov, V. M., Savinova, T. N., Carroll, J., Matishov, G. G., Dahle, S., & Næs, K. (2000). Polycyclic aromatic hydrocarbons (PAHs) in sediments of the White Sea, Russia. Marine Pollution Bulletin, 40(10), 807-818|résumé
  16. Muir, D., Savinova, T., Savinov, V., Alexeeva, L., Potelov, V., & Svetochev, V. (2003). Bioaccumulation of PCBs and chlorinated pesticides in seals, fishes and invertebrates from the White Sea, Russia. Science of the Total Environment, 306(1), 111-131.
  17. Muir, D., Savinova, T., Savinov, V., Alexeeva, L., Potelov, V., & Svetochev, V. (2003). Bioaccumulation of PCBs and chlorinated pesticides in seals, fishes and invertebrates from the White Sea, Russia. Science of the Total Environment, 306(1), 111-131.
  18. Funder, S., Demidov, I., & Yelovicheva, Y. (2002). Hydrography and mollusc faunas of the Baltic and the White Sea–North Sea seaway in the Eemian. Palaeogeography, Palaeoclimatology, Palaeoecology, 184(3), 275-304.
  19. Filatov, N., Pozdnyakov, D., Johannessen, O. M., Pettersson, L. H., & Bobylev, L. P. (2007). White Sea: its marine environment and ecosystem dynamics influenced by global change. Springer Science & Business Media.
  20. Росгидромет подтвердил повышение радиации в 16 раз в Северодвинске 8 августа, Communiqué interfax ; Опубликовано 13 августа 2019 ; 13 aout 2019 (ru)
  21. brève intitulée "Радиация во время взрыва в Северодвинске была превышена в 4–16 раз" (Le rayonnement moyén lors de l'explosion à Severodvinsk a été dépassé de 4 à 16 fois) publié le 13 août 2019 | URL:https://iz.ru/909643/2019-08-13/radiatciia-vo-vremia-vzryva-v-severodvinske-byla-prevyshena-v-4-16-raz

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

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