Marie-Pierre Kœnig

homme politique et militaire français

Officier général francais 7 etoiles.svg Marie-Pierre Kœnig
Marie-Pierre Kœnig
Marie-Pierre Kœnig (avec le bâton), entouré du Lieutenant General Omar Bradley, du General Dwight D. Eisenhower et de l'Air Chief Marshal Arthur Tedder à Paris en 1944.

Naissance
à Caen
Décès (à 71 ans)
à Neuilly-sur-Seine
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Dignité d'État Maréchal de France
Années de service 19171951
Commandement Forces françaises de l'intérieur
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Distinctions principales :

Maréchal de France
Grand-Croix de l'ordre de la Légion d'honneur
Compagnon de la Libération
Médaille militaire
Croix de guerre 1914-1918
Croix de guerre 1939-1945
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
Médaille de la Résistance
Médaille coloniale
Croix du combattant
Distinguished Service Order
Compagnon de l'ordre du Bain
Grand croix de l'ordre de Georges Ier

Pierre Kœnig
Fonctions
Député français

(7 ans et 5 mois)
Circonscription Bas-Rhin
Gouvernement Quatrième République
Législature IIe, IIIe (Quatrième République)
Groupe politique RPF (1951-1955)
RS (1956-1958)
Biographie
Résidence Bas-Rhin

Marie-Pierre Kœnig, plus connu en France sous le nom de Pierre Kœnig, est un militaire et homme politique français, maréchal de France et compagnon de la Libération, né le à Caen et mort le à Neuilly-sur-Seine.

Il est surtout connu pour son rôle en tant que commandant de la 1re brigade française libre lors de la bataille de Bir Hakeim (Libye), qui se déroule du au durant la guerre du Désert, et au cours de laquelle son unité de 3 700 hommes résiste opiniâtrement aux assauts conjugués des armées allemande et italienne, environ dix fois plus nombreuses, de l'Afrika Korps dirigées par le général Erwin Rommel.

BiographieModifier

Issu d'une famille d'origine alsacienne, Marie, Joseph, Pierre, François Kœnig[1] étudie au collège Saint Joseph, puis au lycée Malherbe à Caen. Il participe alors aux activités sportives à l'Avant-Garde caennaise, un patronage paroissial affilié à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF) à laquelle il reste très attaché. Il obtient son baccalauréat et s'engage en 1917. Il sert dans le 36e régiment d'infanterie. Il est nommé aspirant en et rejoint son unité sur le front. Décoré de la médaille militaire, il est promu sous-lieutenant le .

Après la guerre, il sert en Silésie comme adjoint du capitaine Adrien Henry, dans les Alpes, en Allemagne, puis au Maroc, à l'état-major de la division de Marrakech. Il est capitaine et adjoint du lieutenant-colonel Raoul Magrin-Vernerey dans la 13e demi-brigade de Légion étrangère quand il décide de s'engager dans la France libre, en . Il participe à la tentative de ralliement de Dakar, puis au ralliement du Gabon, et à celle du Levant. Il est promu colonel début 1941.

C'est cette même année lors de sa visite de la Palestine et des kibboutzim que naît son amitié pour Israël[2]. Il est promu général de brigade en . Le général Kœnig commande les Français libres lors de la bataille de Bir Hakeim ( au ), puis lors de la seconde bataille d'El Alamein. Il est le général en chef des Forces françaises de l'intérieur (FFI) en 1944. Promu général de corps d'armée en , il est nommé gouverneur militaire de Paris le , peu avant la libération de la ville.

Le , il est chargé de l'arrestation du maréchal Pétain à Vallorbe, à la frontière suisse, et de l'escorter jusqu'au fort de Montrouge, son lieu de détention.

De au , il est nommé commandant en chef de la zone d'occupation française en Allemagne. Il est remplacé par un haut-commissaire de République française en Allemagne, l'ambassadeur André François-Poncet.

Optant ensuite pour la carrière parlementaire, il prend la tête d'une liste du Rassemblement du peuple français (RPF) dans le Bas-Rhin, qui remporte 31 % des suffrages le avec 94 970 voix sur 305 890 et trois sièges sur neuf. Pressenti par le groupe gaulliste (l'Union des républicains d'action sociale (URAS) depuis la mise en sommeil du RPF par le général de Gaulle) comme candidat de recours lors de l'élection présidentielle de décembre 1953, il renonce à se lancer, malgré l'accord de De Gaulle.

Il est ministre de la Défense nationale et des Forces armées du au dans le gouvernement Pierre Mendès France et du au dans le gouvernement Edgar Faure (2).

Le , il est réélu dans le Bas-Rhin, à la tête d'une liste d'Union démocratique des Républicains sociaux qui n'obtient que 7,1 % des voix, grâce à un apparentement avec le Mouvement républicain populaire (MRP) et l'Union des Indépendants et paysans, apparentement majoritaire en voix.

 
Le général Kœnig en 1965 lors d'un concert de la Légion étrangère avec Johnny Hallyday.

Dans les années 1960, il est président du comité de l'alliance France-Israël[3].

Il meurt le , à 71 ans, puis est enterré au cimetière de Montmartre. Il est élevé à la dignité de maréchal de France le à titre posthume[4] par le président François Mitterrand, devenant ainsi le quatrième et dernier général français élevé à cette dignité depuis la Libération, après Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952), à titre posthume, en 1952[5], Alphonse Juin (1888-1967), de son vivant, en 1952[6] et Philippe Leclerc de Hauteclocque (1902-1947), à titre posthume, en 1952[7].

Sa femme, Marie Klein, épousée en 1931, meurt en 1978. Il eut une liaison de à avec Susan Travers, qui fut son chauffeur et qui resta à ses côtés pendant toute la bataille de Bir Hakeim, ce que la propagande allemande utilisa. Il rompit quand il fut appelé aux côtés du général De Gaulle, mais renoua à plusieurs reprises, notamment lorsqu'il fut gouverneur militaire de Paris. À cette époque il entretenait deux liaisons à la fois d'abord avec Susan Travers mais aussi avec la Suissesse Monique Barbey (1910-1994), femme d'un de ses adjoints[8].

En 2000, Susan Travers, âgée alors de de 90 ans, écrit, avec l'aide de Wendry Holden, son autobiographie Tomorrow to Be Brave: A Memoir of the Only Woman Ever to Serve in the French Foreign Legion où elle évoque ses relations avec Kœnig[9]. Treize ans plus tard, dans son journal intime paru de façon posthume, Il n'y a qu'une façon d'aimer, Monique Barbey (1910-1994) raconte à son tour l'histoire d'amour qu'elle eut avec Pierre Kœnig entre 1942 et 1947[10].

DécorationsModifier

Décorations françaisesModifier

Décorations étrangèresModifier

HommagesModifier

 
Bas-relief sur la façade de l'hôtel Malherbe à Caen (Calvados).
  • À Caen, à l'angle de la rue de Bayeux et de la rue d'Authie, une stèle commémorative marque l'emplacement de sa maison natale.
  • En 1972, son nom a été donné au Pont Kœnig à Lyon sur la Saône[13].
  • À Neuilly-sur-Seine, un boulevard porte son nom : le Boulevard du Général Kœnig.
  • Vers 1976, l'ancien Grand Cours de Caen sur la Prairie est rebaptisé cours Général Kœnig[14]. Cette voie passe non loin du lycée Malherbe où il a étudié.
  • En 1978, la place de Porte-des-Ternes à Paris est renommée place du Général-Kœnig. À proximité se trouve également une allée du Général-Kœnig.
  • La promotion 1970-1971 de l'École militaire interarmes a choisi comme parrain le général Kœnig[15].
  • À Jérusalem, une rue porte le nom du général Pierre Kœnig.
  • À Netanya (ville francophone, en Israël), une rue porte son nom[réf. nécessaire].
  • À Palavas-les-Flots, l'ancienne route de Montpellier s'appelle dorénavant avenue des maréchaux Kœnig, Juin, de Lattre, Leclerc.
  • À Strasbourg, un quai reprend son nom c'est le « Quai du Général Koenig ».
  • À Nevers, la Nationale 7 a pris le nom de « Boulevard Maréchal-Koenig ».
  • À Belleville-sur-Meuse, une rue porte le nom du général Pierre Kœnig.
  • À Perpignan, l'Avenue Maréchal Kœnig relie l'Université de Perpignan Via Domitia au Moulin à Vent.
  • Après le départ de l'Armée de l'air, en 1999, la base aérienne 200 (Apt-St-Christol) a été renommée quartier Maréchal Koenig et accueille désormais le 2e régiment étranger de génie de la Légion étrangère.
  • À Liévin, une rue porte le nom du Maréchal Koenig.

Notes et référencesModifier

  1. Fils de Joseph Kœnig, facteur d'orgues, et de Marie Ernestine Joséphine Françoise Élisabeth Monique Mutin, né à 11 h 50 du soir, rue de Bayeux no 154 (acte no 742) ; un [PDF] décret du 6 juin 1984 donne le nom complet du général Kœnig, avec la ligature œ.
  2. [1] selon Michel Soulas, historien, conférence Les relations entre la France et Israël : du général Kœnig au 60e anniversaire de l'État d'Israël, juin 2008.
  3. « Président du comité « France-Israël » le général Kœnig est « boycotté » par la Ligue arabe », L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 14 décembre 1964 .
  4. Décret du 6 juin 1984, conférant, à titre posthume, la dignité de maréchal de France, paru au JO du 8 juin, p. 1775 [PDF].
  5. Décret du 15 janvier 1952, paru au JO du 16 janvier, p. 666.
  6. Décret du 7 mai 1952, paru au JO du 8 mai, p. 4713.
  7. Décret du 23 août 1952, paru au JO du 24 août, p. 8430.
  8. « Susan, l'héroïne cachée de Bir Hakeim » - Documentaire de la Case du siècle - Patrick Jeudy - Durée : 52 min - Première diffusion le 4 mars 2018 sur France 5.
  9. en français : Tant que dure le jour, éditions Plon, 2001, (ISBN 978-2259192897).
  10. « L'histoire d'amour secrète de Kœnig, héros caennais de la Libération », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 13 décembre 2015).
  11. le 16 juillet 1946 Monitor Polski 1947 no. 27 pos. 188
  12. « Distinctions honorifiques dans Bulletin d'information du 30 septembre 1949 », sur gouvernement.lu (consulté le 19 mars 2016).
  13. https://www.lyon-france.com/Je-decouvre-Lyon/sites-et-monuments/Sites-et-monuments-remarquables/Pont-du-General-Koenig
  14. Plan de Caen, La Poste, 1977.
  15. Site de la promotion Général-Kœnig

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier