Janus de Savoie

membre de la maison de Savoie, comte apanagiste de Genevois, baron de Faucigny et de Beaufort de 1460 jusqu'à sa mort

Janus de Savoie dit aussi de Genève, né à Genève en 1440 et mort à Annecy le , est un membre de la maison de Savoie, comte apanagiste de Genevois, baron de Faucigny et de Beaufort de 1460 jusqu'à sa mort.

BiographieModifier

OrigineModifier

Janus est le 3e fils de Louis Ier de Savoie, second duc de Savoie, prince de Piémont, comte d'Aoste et de Maurienne, et de Anne de Lusignan ou de Chypre, fille de Janus, roi de Chypre et roi titulaire de Jérusalem[1]. Il porte un prénom utilisé par la maison de Lusignan[2]. Sa date de naissance n'est pas connue précisément. Le généalogiste de la maison de Savoie, Samuel Guichenon, n'en donne aucune[3]. L'historien suisse Édouard Mallet (1805-1856) donne le [4] et le site Medieval Lands donne le [5].

Il est élevé à la cour du duc Charles d’Orléans[2]. L'historien Laurent Perrillat le décrit comme très probablement « raffiné (voire efféminé ?), lettré et sage »[2].

Comte de GenèveModifier

Son frère aîné, Louis, dit de Genève, abandonne le titre de comte de Genève pour devenir roi de Chypre. Janus reçoit l'apanage du Genevois le [2],[6], à Chieri[6], devenant également baron du Faucigny et de Beaufort, seigneur d'Ugine, de Faverges et de Gordans[7].

Son père, par deux actes en date du , lui permet de recevoir les hommages des vassaux ainsi q'une pension de 6000 florins[2]. Janus obtient le pouvoir politique et financier sur son apanage[2]. Lorsque son père meurt, en 1466, « il reçoit pleine possession de sa principauté et peut la gouverner directement[2]. » C'est à cette période que son frère aîné, Louis, n'ayant pu maintenir son titre de roi de Chypre, tente de contester l'héritage de son cadet[2].

Un contrat de mariage est signé le au château de Beaurevoir afin d'épouser Hélène, la fille de Louis de Luxembourg, connétable et comte de Saint-Pol[2],[7]. Ils se marient l'année suivante[2], à Genève[7].

Lors du conflit opposant le roi de France, Louis XI, à Charles le Téméraire, en 1468, il prend le parti de la France, tandis que son frère Philippe II, dit sans Terre est aux côtés des Bourguignons[2]. Ce positionnement lui fait d'ailleurs prendre un rôle majeur en accueillant dans son château d'Annecy les pourparlers entre les Suisses, alliés du roi de France, et les diplomates du duc de Savoie, son petit-neuveu Philibert Ier, qui s'était rangé aux côtés du duc de Bourgogne[2]. En position de faiblesse, les Savoyards doivent renoncer ainsi à certaines positions en pays de Vaud et bas Valais[2].

Durant son règne, il réside non seulement au château d'Annecy, ancienne capitale du comté, mais aussi dans les châteaux comtaux de Duingt, acquis en 1462[8], de Clermont et de Bonneville, qui fait figure de seconde capitale[2].

En 1471, il fonde un couvent de cordeliers, à Cluses[7]. La ville sera détruite par les flammes en 1478[2].

Hélène de Luxembourg décède. Sa fille, Louise, épouse en 1487 François de Luxembourg, vicomte de Martigues[2]. Janus de Savoie épouse en secondes noces, en 1488, Madeleine de Brosse, dite de Bretagne, fille de Jean III, comte de Penthièvre[7].

Mort et sépultureModifier

 
Vue de l'ancienne église Saint-Dominique (aujourd'hui dédiée à Saint-Maurice).

Janus établi son testament le au château d'Annecy[7],[9]. Sa fille Louise, est son héritière universelle, dans le cas où il n'aurait pas de descendance mâle avec sa seconde épouse[7].

Il meurt la même année à Genève, peut être le 22 décembre[7], à moins que cette date soit celle uniquement de son enterrement[10]. Il est inhumé dans l'église du couvent des dominicains d'Annecy[11], dans la chapelle Notre-Dame de Pitié et Saint-Michel[2], au côté de son épouse Hélène de Luxembourg décédée en [10]. Cette chapelle avait été édifiée à sa demande le [10]. Sa sépulture est réalisée en marbre noir et ne porte aucune inscription[7].

L'apanage du Genevois, Faucigny et Beaufort revient au domaine ducal[2].

Unions et postéritéModifier

Janus de Savoie épouse en 1466 Hélène de Luxembourg, morte en 1488, avec qui il a une fille unique, Louise (1467-1530)[7].

Il épouse en secondes noces, en 1488, Madeleine de Brosse (sans postérité)[7].

- Sa fille Louise de Savoie est née en 1467 à Talloires[7]. Elle est « portée au baptême » par l'évêque de Genève, Jean-Louis de Savoie, son oncle[7]. Samuel Guichenon la dit « marquise de Baugé (ou Bagé), Dame de Thorens, de Richemont, de Montrosset, d'Arbusigny, de Duyn, de Conflens et de Cusy »[7]. Elle est fiancée le à son cousin germain Charles de Savoie, fils du duc Amédée IX de Savoie[7]. Toutefois, elle est mariée, le , au frère puîné de ce dernier, Jacques-Louis de Savoie (Chambéry † Turin ), dit marquis de Gex, sans postérité[7].
Le , elle est remariée avec François de Luxembourg, vicomte de Martigues, fils de Thibault de Luxembourg, seigneur de Fiennes, comte de Brienne, et de son épouse Philippine (Philippotte) de Melun d'Epinoy[7]. Elle apporte en dot « les seigneuries d'Evian, de Féternes, de Monteil, de Vevey, de Blonay et de la Tour de Peyl en Pays de Vaud »[7].

Elle meurt le et est inhumée, comme ses parents[11], dans l'église du couvent des dominicains d'Annecy[7].

AscendanceModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

RéférencesModifier

  1. André Palluel-Guillard, « La Maison de Savoie » (consulté le 23 février 2017), dont André Palluel-Guillard, « Louis Ier » (consulté le 23 février 2017).
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Laurent Perrillat, « Les apanages de Genevois au XVe siècle. quelques résultats de recherches sur les institutions et les hommes », Etudes savoisiennes, no halshs-01023760,‎ (lire en ligne).
  3. Samuel Guichenon, Histoire généalogique de la royale maison de Savoie, justifiée par titres, fondations de monastères, manuscrits, anciens monuments, histoires et autres preuves authentiques. Livres 1-2 / ; enrichie de plusieurs portraits, sceaux, monnaies, sculptures et armoiries, Lyon, G. Barbier, , 1073 p. (lire en ligne), p. 522.
  4. Édouard Mallet, Documents genevois inédits pour la généalogie de la maison souveraine de Savoie, depuis le XIIe jusqu'au XVe siècle, Impr. Royale, 1836, p. 31 (lire en ligne).
  5. Charles Cawley, "Medieval Lands", 2006-2013, page « Savoy ».
  6. a et b François Mugnier, Comptes de la châtellenie de La Balme en Genevois et extraits de comptes des châtellenies de St-Genis, Seyssel et Chaumont, Chambéry, impr. de Ménard, , 104 p. (lire en ligne), p. 66.
  7. a b c d e f g h i j k l m n o p q r et s Samuel Guichenon, Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie, p. 522-526 (lire en ligne).
  8. Georges Chapier, Châteaux savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti », , 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 316-319.
  9. Max Bruchet, Étude archéologique sur le château ď Annecy, suivie des comptes de la construction et d'inventaires inédits, impr. Abry, Annecy, 120 pages, p.57.
  10. a b et c Bernard Andenmatten, Laurent Ripart, « Ultimes itinérances. Les sépultures des princes de la Maison de Savoie entre Moyen Âge et Renaissance », dans Agostino Paravicini Bagliani, Eva Pibiri et Denis Reynard (dir.), L’itinérance des seigneurs (XIVe-XVIe siècles). Actes du Colloque international de Lausanne et Romainmôtier, 29 novembre-1er décembre 2001, Lausanne, Université de Lausanne, (lire en ligne), p. 239.
  11. a et b Paolo Cozzo, « Stratégie dynastique chez les Savoie: une ambition royale, XVI-XVIII siècle », dans Juliusz A. Chrościcki, Mark Hengerer, Gérard Sabatier, Les funérailles princières en Europe, XVIe-XVIIIe siècle : Volume I : Le grand théâtre de la mort, Les Editions de la MSH, , 412 p. (ISBN 978-2-73511-686-7, lire en ligne), p. 228 (Carte).