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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Amédée de Savoie.

Amédée V de Savoie
Illustration.
Amédée V de Savoie sur une lithographie de 1832.
Titre
Comte de Savoie

(38 ans, 2 mois et 1 jour)
Prédécesseur Philippe Ier
Successeur Édouard Ier
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Date de naissance
Lieu de naissance Château du Bourget
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Avignon
Sépulture Abbaye d'Hautecombe
Père Thomas II de Piémont
Mère Béatrice Fieschi
Conjoint Sibylle de Baugé
Marie de Brabant
Enfants voir section 'Descendance'

Amédée V de Savoie

Amédée V de Savoie dit « le Grand », né en 1249 au château du Bourget et mort à Avignon le , est comte de Savoie (1285-1323), prince d'Empire. Il est le fils de Thomas II de Piémont, comte de Flandres, apanagé en Piémont, et succède à son oncle Philippe Ier de Savoie.

Sommaire

BiographieModifier

JeunesseModifier

Amédée serait né le [1],[2] (le chercheur Vincent Borrel donne une date approximative plus tardive, vers 1252-1253[3]), au château du Bourget[1],[2],[4]. Il est le fils cadet de Thomas II († 1259), comte de Piémont, et de sa seconde épouse, la Génoise Béatrice Fieschi (Fisco ou Fiesque de Lavagne) († 1283)[2],[5], nièce du pape Innocent IV. Son père meurt quand il n'est encore qu'un enfant. Sa mère l'élève, jusqu'au moment[Quand ?] où son oncle, Philippe, alors archevêque de Lyon, le fait venir à Lyon pour étudier[6].

Philippe Ier succède à son frère Pierre II en 1268, en application des différents testaments de ce dernier[ReG 1]. Le testament de Pierre de 1264, alors qu'il vient d'être fait comte, indique qu'en cas de décès, sa nièce Éléonore, femme du roi Henri III d'Angleterre hériterait du comté de Savoie, son frère Philippe est indiqué en deuxième position, puis leurs jeunes neveux, fils de leur frère Thomas II de Piémont : Thomas III de Piémont, Amédée et Louis[7]. Le dernier testament du comte Pierre II, en date du [ReG 2], indique aussi que les fils de Thomas II de Piémont doivent hériter du comté après leur oncle Philippe, si ce dernier n'a pas d'héritier[7],[8].

Amédée de Savoie épouse en 1272[9], Sibylle, la fille de Guy II de Baugé (aujourd'hui Bâgé), seigneur souverain de Bresse, héritière universelle de ses biens[10],[11],[12]. Sibylle de Baugé, par don de sa mère, lui a apporté le château de Miribel, près de Saint-Bonnet-le-Château.

Etant écarté d'une probable succession, il se rend auprès de son cousin Edouard Ier avec qui il combat notamment les Gallois[13]. Il semble être tombé malade au cours de l'année 1277[13]. L'année suivante, il semble avoir été fait chevalier[13]. Il se rend à un tournois en Allemagne avant de revenir à Londres, à l’hôtel de Savoie, en raison de la maladie[13].

Philippe Ier n'a pas d'héritier. Selon les auteurs de La Savoie de l'an mil à la Réforme, s'il suit les volontés de son prédécesseur en choisissant un fils de leur frère aîné Thomas II de Piémont, il renonce cependant à la tradition humbertienne de la primogéniture mâle[14]. Il impose ainsi son second neveu, Amédée, comte de Flandre, écartant de fait l'aîné de la fratrie, Thomas III de Piémont[14]. Selon Laurent Ripart, Philippe n'aurait pas pu faire valoir ses volontés (il aurait soutenu les fils de Thomas III, mort en 1282) et Amédée se serait imposé face à son frère Louis au terme d'un conflit militaire, après la mort de leur oncle Philippe en 1285[7], et grâce au probable soutien de son cousin le roi d'Angleterre[13].

Comte de SavoieModifier

Amédée V de Savoie succède ainsi, en 1285, à l'âge de 36 ans, à son oncle paternel Philippe Ier. Son neveu Philippe, le fils de son frère aîné Thomas III, est encore mineur et donc incapable de revendiquer l'héritage. Amédée est son tuteur et lui confirme par la suite l'apanage du Piémont, sous la suzeraineté du comté de Savoie, et lui donne les villes de Turin et Pignerol pour calmer ses éventuelles ambitions sur le titre de comte de Savoie. De même, il donne en apanage à son propre frère cadet, Louis de Savoie, la baronnie de Vaud[13], à titre héréditaire et le château de Pierre-Châtel (Virignin)[15].

Depuis 1282, le comté de Savoie est en guerre contre une coalition regroupant Rodolphe Ier de Habsbourg, roi des Romains, le Dauphins de Viennois et le comte de Genève, Amédée II[16]. Lors de son avènement, Amédée V organise une trêve au mois d'août avec le Dauphin et le comte de Genève afin de régler sa succession[17]. Un mois plus tard, le comte de Genève s'allie avec la Grande Dauphine et son second mari, Gaston VII de Béarn[17],[ReG 3].

Bien que les comtes de Savoie circulent beaucoup sur l'ensemble du comté et de leurs possessions, le comte Amédée V choisit comme lieu de résidence principale le château du Bourget[18].

En 1287, il s'empare du château de Château-Vieux, au détriment du comte de Genève. Amédée V, signera, un peu plus tard, avec ce dernier un traité de paix, rédigé à Annemasse. En 1289[19], il prend possession de la seigneurie de Meillonnas.

Il accueille l'empereur Henri VII de Luxembourg à Chambéry[20]. Ce dernier le fait, le , à Asti, prince d'Empire[20],[21]. Dés lors, dans les titres énoncés dans les protocoles sont « comte de Savoie, duc de Chablais et d'Aoste, marquis en Italie et vicaire général d'Empire »[20]. Titulature qui sera reprise et complétée par ses successeurs[20].

RésidencesModifier

En 1295, Amédée V fait l'acquisition du château de Chambéry, qui devient rapidement la principale résidence comtale[22]. Il fixe notamment au château la Chambre des comptes du comté[22] et l'ensemble de l'administration comtale non itinérante[23]. Dès la fin du XIIIe siècle, des travaux considérables y sont entrepris.

Il fait par ailleurs améliorer le château du Bourget, édifié par son père et où il est né, et le transforme l'une des résidences comtales[4],[23].

AlliancesModifier

Amédée V de Savoie défait et soumet Humbert Ier du Viennois, dauphin de Viennois, et l'oblige, ainsi que le comte de Genève, à devenir son vassal, par le traité d'Annemasse. Il est soutenu dans ce conflit par Aimon de Miolans, évêque de Saint-Jean-de-Maurienne[24].

Il se rapproche du roi de France afin de trouver un allié puissant pouvant le soutenir dans les nombreux conflits qu'il entretient avec les empereurs germaniques. Il reçoit la vicomté de Maulévrier en Normandie en cadeau. Toutefois, après la prise de Lyon (1311) par le roi de France, il se rapproche des Habsbourgs et de l'empereur Henri VII dont il est devenu le beau-frère en 1297 en épousant Marie de Brabant[25]. L'une des conséquences de ce mariage — l'historien Georges Duby utilisait l'expression de « marché matrimonial » pour qualifier ce type de mariage entre famille princières — est l'accroissement des échanges entre le Brabant et la Savoie, qui permettait également l'accès à la péninsule italienne[25]. Celui-ci lui offre les titres de vicaire impérial de Lombardie et de comte d'Asti.

Mort et successionModifier

Le comte Amédée V teste le , en présence du roi de France, Philippe le Bel[26]. Son fils aîné, Édouard, est désigné comme son successeur[26]. Son fils cadet, Aymon, n'obtient que « deux mille livres de rente en fond de terre » et est destiné à une carrière ecclésiastique[26].

Il meurt le 15[27] ou le , durant son séjour à la cour papale d'Avignon[26],[28],[29]. Le comte s'y était rendu afin d'aborder la politique de la maison de Savoie, voire, semble-t-il, il souhaitait aborder avec le pape Jean XXII de l'opportunité d'une croisade. Le corps est porté à l'abbaye d'Hautecombe[29].

Son fils, Édouard, lui succède à la tête du comté.

Famille et descendanceModifier

Le comte Amédée V épouse, le 5 juillet 1272[12], au château de Chillon[12], Sibylle de Baugé ou Bâgé (1255-1294), fille et héritière de Guy, seigneur de Bâgé et de Bresse, et de Dauphine de Lavieu dame de Saint-Bonnet[11]. Sibylle de Baugé/Bâgé, par don de sa mère, lui portera le château de Miribel. Ils ont pour descendance connue sept[10],[5] ou huit enfants[30] :

En secondes noces, il épouse, un mois d'avril de 1297[25] (1304 pour Guichenon[10]), Marie de Brabant, fille de Jean Ier de Brabant (1253-1294), duc de Brabant et de Marguerite de Dampierre-Flandre[25],[10]. Ils ont pour descendance connue quatre enfants [32] :

Titres et possessionsModifier

Lors de la réception de l'empereur des Romains, Henri VII, à Chambéry, Amédée est fait prince d'Empire[35]. La cérémonie ne fait qu'entériner un état de fait relativement ancien, mais donne une nouvelle légitimité au chef de la maison de Savoie[35].

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

Régeste genevoisModifier

Actes publiés dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) :

  1. Testament de février 1234, à l'occasion de ses fiançailles avec Agnès de Faucigny (REG 0/0/1/664) ; testament du (REG 0/0/1/871) ; testament de septembre 1264 (REG 0/0/1/979) ; testament du (REG 0/0/1/1028) ; Premier codicille du (REG 0/0/1/1029) ; second codicille du (REG 0/0/1/1030).
  2. testament du (REG 0/0/1/1028).
  3. Ratification d'un acte d'alliance du (REG 0/0/1/1222).

Autres référencesModifier

  1. a et b Joseph Henri Costa de Beauregard (1752-1824), Mémoires historiques sur la maison royale de Savoie et sur les pays soumis à sa domination depuis le commencement du onzième siècle jusqu'à l'année 1796 inclusivement, enrichis de notes et de tableaux généalogiques et chronologiques, tome I, P.-J. Pic, Turin, 1816, p. 29 (lire en ligne)
  2. a b et c Germain 2007, p. 22.
  3. Borrel 2017, p. 246.
  4. a et b Johannès Pallière, Le Lac du Bourget : Lac majeur de France, La Fontaine de Siloé, , 463 p. (ISBN 978-2-8420-6234-7), p. 249.
  5. a et b Palluel-Guillard, p. 17.
  6. Claude Genoux, Histoire de Savoie, depuis la domination romaine jusqu'à nos jours, p. 135.
  7. a b et c Laurent Ripart, « Non est consuetum in comitatu Sabaudie quod filia succedit patri in comitatu et possessione comitatus Genèse de la coutume savoyarde de l’exclusion des filles », dans Pierre II de Savoie (+ 1268). Le "Petit Charlemagne", Lausanne, Fondation Humbert et Marie José de Savoie et Université de Lausanne, , 444 p. (ISBN 2-940110-40-9, lire en ligne), p. 295-331.
  8. Bernard Andenmatten, « Contraintes lignagères et parcours individuel : les testaments de Pierre II de Savoie », dans Pierre II de Savoie (+ 1268). Le "Petit Charlemagne", Lausanne, Fondation Humbert et Marie José de Savoie et Université de Lausanne, , 444 p. (ISBN 2-940110-40-9), p. 265-293.
  9. Claudius Blanchard, Histoire de l'abbaye d'Hautecombe en Savoie : avec pièces justificatives inédites, Chambéry, Puthod, , 741 p. (lire sur Wikisource), chap. XII, p. 176-177.
  10. a b c et d Samuel Guichenon, Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie ou Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie justifiée par titres, fondations de monastères, manuscrits, anciens monumens, histoires, et autres preuves authentiques, chez Jean-Michel Briolo, 1660, pp. 367 (lire en ligne).
  11. a et b Bruno Galland, Philippe de Savoie, archevêque de Lyon, p.  61, Bibliothèque de l'École des chartes, Volume 161,Numéro 2, Librairie Droz, Genève, 1988 (lire en ligne).
  12. a b et c Albert Naef, Chillon, Boissonnas, , 82 p. (lire en ligne), p. 49.
  13. a b c d e et f Borrel 2017, p. 247.
  14. a et b La Savoie de l'an mil à la Réforme, 1984, p. 126.
  15. Jean Létanche, Les vieux châteaux, maisons fortes et ruines féodales du canton d'Yenne en Savoie, Le livre d'Histoire-Lorisse, 1907 (ISBN 9782843738135) p. 14.
  16. La Savoie de l'an mil à la Réforme, 1984, p. 144.
  17. a et b Pierre Duparc, Le comté de Genève, (IXe-XVe siècles), t. XXXIX, Genève, Société d’histoire et d’archéologie de Genève, coll. « Mémoires et documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 621 p. (lire en ligne), p. 197-198
  18. La Savoie de l'an mil à la Réforme, 1984, p. 117.
  19. Topographie historique du département de l'Ain 1873, p. 227.
  20. a b c et d Demotz, 2000, p. 275.
  21. Joseph-Gabriel Rivolin, Les Valdôtains et la maison de Savoie : un aperçu historique, Aoste, (lire en ligne [PDF])
  22. a et b Demotz, 2000, p. 355.
  23. a et b Bernard Sache, Le siècle de Ripaille, 1350-1450 : quand le Duc de Savoie rêvait d'être roi, La Fontaine de Siloé, , 324 p. (ISBN 978-2-84206-358-0, lire en ligne), p. 70.
  24. Louis Boisset, Un concile provincial au treizième siècle : Vienne 1289 : Eglise locale et société (Volume 21 de Théologie historique), Editions Beauchesne, (ISBN 978-2-7010-0055-8), p. 123.
  25. a b c et d Gil Bartholeyns, « Le Brabant en Savoie. Marché textile et culture vestimentaire internationale autour de 1300 », dans Isabelle Paresys, Paraître et apparences en Europe occidentale du Moyen Âge à nos jours, Presses Univ. Septentrion, , 397 p. (lire en ligne), p. 215-226.
  26. a b c et d Guichenon 1660, p. 364.
  27. Jean Frézet, Histoire de la Maison de Savoie (vol. 1), Alliana et Paravia, 1826, 463 pages, p. 298, note (lire en ligne).
  28. « Dictionnaire du Moyen Âge, histoire et société » (vol. 34), Encyclopædia Universalis, 2015, 2073 pages, p. 124 (lire en ligne).
  29. a et b Nadia Pollini, La mort du prince, rituels funéraires de la maison de Savoie, 1343-1451, vol. 9, Université de Lausanne, Faculté des lettres, Section d'histoire, coll. « Cahiers lausannois d'histoire médiévale », , 286 p. (ISSN 1661-965X), p. 45.
  30. « Comtes de Savoie » sur Foundation for Medieval Genealogy.
  31. a et b Pierre Duparc, Le comté de Genève, (IXe-XVe siècles), t. XXXIX, Genève, Société d’histoire et d’archéologie de Genève, coll. « Mémoires et documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 621 p. (lire en ligne), p. 244.
  32. Samuel Guichenon, Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie ou Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie justifiée par titres, fondations de monastères, manuscrits, anciens monumens, histoires, et autres preuves authentiques, chez Jean-Michel Briolo, 1660, pp. 371-373 (lire en ligne).
  33. Acte du publié dans le Régeste genevois (1866), consultabe en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (REG 0/0/1/1647).
  34. Pierre Duparc, Le comté de Genève, (IXe-XVe siècles), t. XXXIX, Genève, Société d’histoire et d’archéologie de Genève, coll. « Mémoires et documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 621 p. (lire en ligne), p. 254
  35. a et b Demotz, 2000, p. 175.