Ouvrir le menu principal

Famille d'Estampes
Image illustrative de l’article Famille d'Estampes
Armes

Blasonnement d'azur, à deux girons d'or, posés en chevron, au chef d'argent chargé de trois couronnes de gueules.
Devise « Virtus non prima coronat. »

La famille d'Estampes (ou d'Etampes) est une famille subsistante de la noblesse française, anoblie en 1392[1],[2],[3].[4],[5]

HistoireModifier

OrigineModifier

Cette famille est originaire du Berry et n'a aucun rapport avec les anciens seigneurs de la ville d’Étampes en Hurepoix[3].

Sa filiation remonte à Jean de Bas, dit d'Estampes, garde des joyaux d'or et d'argent de Jean de France, duc de Berry, dans la seconde moitié du XIVe siècle, marié à Guillemette Duplessis[3]. Son fils, Robert Ier d'Estampes, seigneur de Salbris, capitaine de la Grosse Tour de Bourges, marié à Jacqueline Rolland, fille d'un médecin du duc de Berry, est anobli par lettres patentes du 4 décembre 1392[3]. Trois de ses enfants seront respectivement évêque de Carcassonne, de Nevers et de Montauban au milieu du XVe siècle[1].

XIVe – XVe siècles : une rapide agrégation à la noblesse de courModifier

Robert Ier d’Estampes (vers 1360 † vers 1420), seigneur de Salbris, des Roches (à Villeherviers ?) et d'Ardreloup, élevé auprès du duc de Berry, devient le favori de ce prince et le demeure sa vie durant. Il est à son tour nommé garde des joyaux du duc de Berry en 1402 et capitaine de la Grosse Tour de Bourges. Il est anobli en mai 1404 par Charles VI. En 1416, il est exécuteur testamentaire du duc de Berry. Il épousa Jacquette Rolland, fille d’Imbault, médecin du duc, d'une famille de Bourges[3].

Les enfants de Robert Ier se trouvent bientôt agrégés à la haute et ancienne noblesse de cour, par l’importance de leurs charges, de leurs fiefs et de leurs alliances :

XVe – XVIe siècles : puissance territoriale et fidélité à la couronneModifier

XVIIe siècle : un apogée au Grand siècleModifier

Les trois branches de la Maison d’Estampes, fidèles soutiens du Roi Henri IV, bénéficient grandement de sa victoire et de l’élévation de leurs proches, tel le maréchal de Fervacques, fait duc et pair (1611).

Avec la génération aux affaires sous Louis XIII puis le jeune Louis XIV, les d’Estampes, jouissant de la confiance du cardinal de Richelieu, atteignent leur apogée, par leurs emplois (militaires, ecclésiastiques et civils), leurs alliances et leur fortune.

- Branche cadette de Valençay : Jean (mai 1548 + 1620), fils de Jacques Ier et Jeanne Bernard d'Estiau, seigneur de Valençay et d'Estiau en Anjou (Etiau à Longué-Jumelles et St-Philbert), chevalier de l'ordre de Saint-Michel, capitaine de cinquante hommes d’armes des ordonnances du Roi (1586), marié en février 1578 à Sara d’Happlaincourt, héritière de ce fief en Picardie, est ainsi fait conseiller d’État en 1594, puis nommé chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (1619, ou ordres du roi). Il obtient de faire recevoir son fils aîné à sa place dans cet ordre, étant alors en campagne en Navarre, aux côtés du duc de Mayenne, et meurt peu après d'une blessure d'arquebuse.

La branche de Valençay produit alors des frères remarquablement distingués, fils de Jean (1548-1620) et de Sara d'Happlaincourt :

- La branche aînée de La Ferté-Imbault n’est pas en reste avec Jacques (1590 + 1668), fils de Claude et Jeanne de Fervaques de Mauny ci-dessus, 1er marquis de La Ferté-Imbault et de Mauny, sire de Salbris, maréchal de camp (1628), ambassadeur en Angleterre (1641-1643), lieutenant-général des armées du Roi (1645), Maréchal de France en 1651, lieutenant-général de l'Orléanais, du Vendômois et du Dunois, puis chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (1661), ami de Gaston de France, duc d'Orléans.

- La branche benjamine, enfin : Jean-Baptiste/Jean II (vers 1565 + vers 1640), fils de Louis et d'Anne du Plessis de L'Isle, 1er marquis d'Autry, baron d’Ardreloup (les Ardeloups) et de Theillay, est mestre de camp du régiment de Condé, frère d'un capitaine de vaisseau, mort religieux missionnaire en Afrique en 1645.

- Les alliances sont à la hauteur de leur distinction et de leur fortune. Le Maréchal de la Ferté-Imbault a épousé une Choiseul-Praslin (Catherine-Blanche, en 1610), elle-même fille du Maréchal Charles ; son jeune cousin Dominique de Valençay (1601 + mai 1691), fils de Jacques et Louise Blondel de Bellebrune, marquis d'Happlaincourt puis 2e marquis de Valençay : une Montmorency (1641), Marie-Louise, sœur aînée du Maréchal duc de Luxembourg et de la duchesse de Châtillon/puis duchesse de Mecklembourg-Schwerin ; leurs sœurs : d’autres Maréchaux de France (La Châtre, Monchy d'Hocquincourt...) ou Secrétaires d’État (Sillery de Puysieux…), leur cousine : un Rochechouart (1611), leurs nièces : un fils de bâtard de Valois (1622 : François d'Angoulême x Louise-Henriette de La Châtre) puis un duc d’Uzès, François (1625), ou Marie (+ décembre 1697) : un Béthune (Philippe II, 1630 + 1658, comte de Selles, petit-neveu de Sully), puis un seigneur d'Épernon (Jean-Baptiste Goth, Marquis de Rouillac, seigneur du Duché d'Epernon).

Le 2e marquis de Valençay, Dominique (1601-1691 ; fils puîné de Jacques II et Louise Blondel de Bellebrune), agrandit follement son château de Valençay, de 1640 à 1650, et le maréchal Jacques relève, dès 1627, son château de La Ferté-Imbault, victime des guerres de religion, et modernise celui de Mauny, près de Rouen. Dominique épouse Marie-Louise/Marguerite de Montmorency-Bouteville, † 1684, sœur aînée du Maréchal duc de Luxembourg, d'où :

  • Henri-Dominique de Valençay (vers 1645-1680 prédécédé), marquis de Fiennes, et ses frères et sœurs, vus plus loin.

- Frère cadet du 2e marquis Dominique de Valençay,

À la génération suivante, Henri-Dominique (vers 1645 + 1680 ou 1682 prédécédé ; fils aîné du 2e marquis de Valençay Dominique et de Marguerite de Bouteville), marquis de Fiennes, appelé aussi « le jeune marquis de Valençay » , enseigne des gendarmes du Roi, multiplie les procès, y compris contre ses plus proches parents. Madame de Sévigné le qualifie de « malhonnête homme », et écrit « sa mort réjouit tout le monde » (lettre du 1er mars 1680) ; il épouse sa cousine Anne-Elisabeth d'Etampes-Valençay rencontrée plus haut, fille de Jean, d'où Jacques-Dominique, 3e marquis de Valençay (1673-1700).

Il a deux frères cadets :

  • François-Henri (vers 1650 + 1711), comte puis 4e marquis de Valençay après son neveu Jacques-Dominique, chevalier de l'ordre de Saint-Lazare (mai 1675), exempt des Gardes-du-Corps du Roi, puis colonel d’un régiment de dragons, marié en 1702 à Angélique-Françoise fille de François de Raymond de Bréviandes :
    • leur fille Angélique (1709-1728), dame de Valençay, épouse en 1728 sans postérité Louis-Roger d'Estampes de La Ferté-Humbault marquis de Mauny ci-dessous ;
  • et Jean-Hippolyte, marquis de Bellebrune (vers 1652 + mars 1697), page de la Grande Écurie du Roi (1667), puis capitaine au régiment du Roi, infanterie et gouverneur de Salins. De son mariage avec Anne du Bousquet,
  • Deux de leurs sœurs sont mariées, l'aînée Marie-Thérèse en 1679 à Gaspard, comte de Chavagnac (+ 1695), général des armées de l’Empereur, sans postérité ;
  • la cadette, Julie (+ décembre 1705), en février 1685 et comme sa 2° femme, à Pierre Gorge d'Antraigues (+ 1701), baron de Roise, Charenton et Meillant, conseiller au parlement de Metz (juillet 1681), d'où une fille, Julie-Christine-Régine Gorge duchesse de Béthune-Charost (mère de François-Joseph), et un fils, Pierre-François Gorge, fait duc palatin de Phalaris par le pape en 1718, « en considération de la maison de Valençay, qui était chère au Saint-Siège », en fait un aventurier à la réputation déplorable.
  • Deux autres sont religieuses, en particulier Angélique-Isabelle (+ 1707), Abbesse de CléretsMâle), qui réforme cette maison en 1690, sur le modèle de la Trappe et meurt en odeur de sainteté. En mai 1676 Madame de Sévigné rend visite aux deux jeunes filles à la Visitation de Moulins. Elle s’émerveille de leur beauté et de leur renoncement au monde, où elles auraient pu jouir non seulement de la fortune mais du succès. Elle écrira plus tard « L'abbaye des Clérets, (…) est devenue toute sainte, depuis qu'une Mme de Valençay, sortie de la Visitation de Moulins, et vagabonde depuis trois ans d'abbaye en abbaye, l'a réformée, et est devenue sainte elle-même ». (Lettre de Mme de Sévigné, 22 novembre 1692)

- Parallèlement, le fils aîné du Maréchal Jacques de La Ferté-Imbault et de Catherine-Blanche de Choiseul, François (1618 + 1667 prédécédé), marquis de Mauny, Premier écuyer de Gaston, duc d’Orléans, et lieutenant de sa compagnie de gendarmes, d’un tempérament sanguin, brutal, irréfléchi et médisant, s’attire de nombreuses inimitiés.

En 1658 il compromet sa maison, se trouvant excommunié plusieurs mois pour avoir manqué d’assassiner l’archevêque de Sens, oncle de son épouse, à la suite d’un différend. Il gâche ainsi la position solide de sa Maison, confortée par la notoriété de son père et par son propre mariage en 1641 avec Charlotte Brûlart (1619-1697), une fille du marquis de Sillery Pierre IV Brulart, secrétaire d’État, et de Charlotte d’Estampes-Valençay (1597-1677), sœur de Jacques.

Cet épisode, davantage que leur proximité avec les ducs d’Orléans successifs ou que leurs liens étroits avec le Grand Condé, semble avoir coûté aux d'Estampes la consécration qu'ils pouvaient espérer de Louis XIV, être honorés d'un titre ducal. Les fils cadets du Maréchal sont Roger, abbé de Beaugency, comte et chanoine de Saint-Jean de Lyon, et Louis (vers 1620 + vers 1642), seigneur de Salbris, commandant un régiment de cavalerie en Lorraine, mort jeune.

Fils de François de Mauny (1618-1667) et de Charlotte Brulart, Charles (vers 1642 + 1716), marquis de la Ferté-Imbault et de Mauny, appelé le marquis d’Estampes, est un personnage plus solide et recommandable, très en cour à Versailles sa vie durant. Mestre de camp d’un régiment de cavalerie, il est chevalier d’honneur de Madame (1681), puis Premier capitaine des gardes du corps du duc d’Orléans (Monsieur, puis son fils le Régent) et fait chevalier de l'ordre du Saint-Esprit en 1688. Saint-Simon écrit de lui qu’« Il était riche, honnête homme et fort brave ». Ce marquis d’Estampes était connu pour avoir 50 000 écus de rente (soit 150 000 £ivres), sans compter un bel hôtel parisien (rue de Varenne), Mauny, La Ferté-Imbault et Le Mont Saint-Sulpice (vendu vers 1715). Son frère cadet, François (vers 1645 + vers 1710), chevalier de Malte, puis capitaine d'infanterie, est appelé le comte d'Estampes.

- Enfin, François (vers 1627 + avant 1682), 2e marquis d’Autry, fils du 1er marquis d'Autry Jean II Baptiste et de Louise Le Grand, meurt sans postérité masculine. Avec lui et ses frères cadets, Robert, capitaine de vaisseau, et Jean-Baptiste (1638 + 1684), évêque de Marseille cité plus haut, s'éteint la branche d'Autry.

  • Sa fille unique et héritière, Blanche d’Estampes (née vers 1660), dame d’Autry, fille d'Anne Acarie de Porcheresse, épouse en 1682 Alexandre-Germain de Courtin, écuyer, seigneur de Saunoy et de Thierville, dont Alexandre de Courtin, marquis d'Autry-lès-Vierzon.

Première moitié du XVIIIe siècle : déclin familial et extinction des ValençayModifier

Amorcé dès les années 1680 chez les Valençay par la dilapidation d’une fortune séculaire, des querelles intestines, mesquineries, procès de succession et décès précoces, le relatif déclin de la fastueuse Maison d'Estampes se propage vingt ans plus tard à la branche aînée. Ces générations sont marquées par la fatalité, comme de précédentes l’avaient été par la conjonction des succès.

- Au mois de février 1700, les deux jeunes fils du défunt marquis de Fiennes Henri-Dominique (1645-1680/1682 prédécédé), Jacques-Dominique, 3e marquis de Valençay (novembre 1673 + 24 février 1700), capitaine de cavalerie, et son frère cadet François-Louis-Charles († 16 février 1700), chevalier de Malte[réf. nécessaire], meurent tous deux à quelques jours d’intervalle, le premier « pour s'être trop échauffé à une chasse de loup que fit Monseigneur » (Dangeau), le second au cours d'un combat naval en Méditerranée.

Leur oncle, François-Henri (vers 1650 + 1711), comte puis 4e marquis de Valençay, terre qui ne lui rapporte alors que 10 000 £ivres de rente, meurt laissant une fille unique :

  • Angélique, 1709 + 1728, dame de Valençay, mariée en 1728 au marquis Louis-Roger de Mauny, aîné des d'Estampes, branche de La Ferté-Imbault, ci-dessous.

Leur cousin Henry-Hubert (décembre 1684 + juin 1734), marquis du Gué-Péan par son mariage, puis 5e marquis de Valençay (fils du marquis de Bellebrune Hippolyte, lui-même frère benjamin d'Henri-Dominique et du 4e marquis François-Henri), se marie en septembre 1715, à Philiberte Amelot du Chaillou (1692 + 17..), qui lui donne Dominique-Jacques-Henry (novembre 1718 + juin 1742), 6e marquis de Valençay, mousquetaire (janvier 1735), puis lieutenant au régiment du Roi, Infanterie, mais ce dernier meurt pendant la campagne de Bohême, à 23 ans, d’une fluxion de poitrine. Avec ce jeune officier s’éteint ainsi, en juin 1742, la branche de Valençay.

Trois ans plus tard, en 1745, le magnifique château de Valençay, avec 20 000 hectares de terres et bois, est vendu par la marquise douairière pour la somme de 400 000 Livres. Ce prix est le même que celui prévu en 1719 (vente au financier John Law et au Prince Philippe de Vendôme, finalement annulée par arrêt du Conseil du Roi en 1722), mais l’état du château s’était probablement dégradé au cours des 25 années écoulées. Les marquisats d’Applaincourt et de Fiennes ont déjà été cédés, respectivement en 1713 et 1731.

- Charles de La Ferté-Imbault (vers 1642 + 1716), marquis d’Estampes, aîné de sa Maison, eut pour sa part trois fils :

  • Roger (1679 + 1718), marquis de Mauny, guidon (1704) puis capitaine-lieutenant des gendarmes du duc d’Orléans (charge qu'il cède en 1715 pour 40 000 écus, soit 120 000 £ivres), fait prisonnier à la bataille d’Audenarde, en Flandres (1708), partiellement déshérité par son père, ayant peu d'esprit et s'étant mésallié en captivité avec une flamande d'Huizen, Marie-Elisabeth Dirchse : parents de Louis-Roger (1711-1754) ci-dessous
  • Jean-Baptiste (1682 + 1704), abbé d’Estampes puis marquis de Sallebris (1704), le plus doué, guidon des gendarmes d’Orléans (1704), tué à la bataille de Blenheim après avoir eu trois chevaux tués,
  • et Philippe-Charles (1684 + 1737), chevalier puis comte d'Estampes, garde de la marine, puis capitaine des gardes du corps du duc d’Orléans en survivance de son père (1707), colonel propriétaire du régiment de Chartres-Infanterie, brigadier des armées du roi (1719), marié en 1709 à Jeanne-Marie du Plessis-Châtillon (+ 1738), fille de Jacques du Plessis-Châtillon marquis de Nonant († 1707). Philippe-Charles s'employa à détourner emplois, honneurs et biens familiaux à son profit, au détriment de son frère aîné Roger puis de son neveu Louis-Roger, dont il était le tuteur.

Ce dernier, Louis-Roger, marquis de Mauny (1711 + 1754), mousquetaire du roi (1727), épouse en 1728 Angélique d’Estampes-Valençay (1709 + 1728), fille unique et héritière du 4e marquis de Valençay François-Henri, morte sans postérité, puis, en 1734, Marguerite Lydie de Becdelièvre de Cany (1714 + 1741), d'où :

  • Louis-Dominique (1734-1815) et Hector (1736-1788).

Le comte d'Estampes a pour sa part deux fils,

  • l'aîné prénommé comme lui Philippe-Charles (1712-1737),
  • et Louis-Auguste, chevalier puis comte d’Estampes (1714 + 1742), colonel-lieutenant du régiment de Chartres (1737), mort sans alliance ;
  • ainsi qu'une fille, Sophie d'Estampes, épouse du marquis Le Conte de Piercourt : Postérité.

Philippe-Charles (1712 + 1737, le même mois que son père), appelé le marquis de la Ferté-Imbault, âgé de 20 ans, colonel propriétaire du régiment de Chartres, Infanterie (1731), épouse en 1733 Marie-Thérèse Geoffrin (1715 + 1791), dotée de 400 000 Livres, fille unique et héritière de François Geoffrin, actionnaire majeur de la Compagnie des Glaces, conseiller secrétaire du Roi, et de la fameuse Madame Geoffrin (1699 + 1777), née Marie-Thérèse Rodet. La jeune femme, pourtant charitable, a décrit son beau-père (1684-1737) comme tout à la fois « tyran, ignorant, bête à manger du foin », méchant et brutal. Le jeune ménage La Ferté-Imbault n'a qu'une fille, Charlotte-Thérèse (1736 + 1749), morte enfant.

En 1748 la marquise de la Ferté-Imbault abandonne ce château historique des d'Estampes (estimé à plus de 1 100 000 Livres en 1741) à sa belle-sœur Sophie d’Estampes, pour qu’elle puisse épouser Alexis Leconte de Nonant marquis de Piercourt, président au Parlement de Normandie.

Seconde moitié du XVIIIe siècle : les La Ferté-Imbault sursaut familial et RévolutionModifier

Veuve à vingt et un ans, et ayant perdu sa seule enfant, Madame de la Ferté va reporter toute son affection sur les deux fils de Louis-Roger, marquis de Mauny, qui lui a confié leur avenir, Louis-Dominique (1734 + 1815), aîné de la Maison d'Estampes, et Hector (septembre 1736 + septembre 1788), appelé le comte puis le marquis de Valençay (en héritage d'Angélique d’Estampes-Valençay ci-dessus, pourtant sans postérité), officier au régiment du roi, infanterie, puis sous-lieutenant aux gendarmes de la garde.

À la réprobation de leur tante, les deux jeunes gens sont influençables et se laissent entraîner à la débauche, jusqu'à ce que leur bienfaitrice y mette un terme en leur fermant temporairement la porte de son hôtel et sa bourse.

Le courant s’inverse alors : Madame de la Ferté-Imbault permet à son neveu Louis-Dominique, marquis de Mauny, puis d'Estampes, de retrouver une position de fortune et de cour conforme à son rang, puis d'embellir son château de Mauny. Sous les auspices de sa tante ce marquis d’Estampes épouse 1° en 1755 la belle Adélaïde Julie de Fouilleuse (+ 1758), fille du marquis de Flavacourt et de la seule des cinq sœurs de Mailly-Nesle qui se soit refusée à Louis XV, puis 2°, en 1762, Françoise Geneviève Joly de Fleury (1742 + 1817), fille d'Omer (1715 + 1810), procureur général du Parlement de Paris (1746). Colonel aux grenadiers de France (1757), le marquis d'Estampes participe à la guerre de Sept Ans, principalement en Allemagne, avant d'être nommé brigadier d'infanterie (1768), pourvu d'un régiment (1771), puis promu maréchal de camp (1780).

Son frère, le marquis de Valençay Hector, capitaine de cavalerie au régiment Commissaire-général, est nommé brigadier de cavalerie (juin 1768) n'ayant pas 32 ans, capitaine des gardes du duc de Chartres, puis chambellan du duc d’Orléans, chevalier de Saint-Louis, commandeur de l’ordre de Saint-Lazare (décembre 1769).

Le marquis d'Estampes Louis-Dominique a de son premier lit Adélaïde-Thérèse (1758 + 1783), mariée en 1773 au vicomte de Bourdeilles Henri-Joseph, et du second lit :

  • Louis-Omer (1763 + 1833), comte, puis marquis d'Estampes (1815), officier, chevalier de Saint Louis, marié en 1787 à Christine Rouillé du Coudray (vers 1765 ou 55 ? + 1832), fille d’Hilaire (1716 + 1805), marquis du Coudray et de Boissy, lieutenant général des armées du roi, Grand-croix de Saint-Louis, et de la richissime Marie d'Abbadie d'Ithorrots (1738 + 1786) : Postérité ;
  • et Armand-Marie (1778-1853) : Postérité[8].

L’effondrement de la Monarchie et la Terreur emportent les rêves de renaissance de la vieille Maison d’Estampes, sa fortune (la « Manufacture royale des Glaces », actuel Groupe Saint-Gobain) et celle de ses belles alliances. À la Révolution le marquis d'Estampes Louis-Dominique n'émigre pas, à la demande de Madame Elisabeth, pour rester près du Roi, puis, en 1791, hérite de sa tante la marquise de la Ferté-Imbault, dont il était le légataire universel.

À la première Restauration, chant du cygne, le marquis d’Estampes, est nommé lieutenant-général honoraire à 80 ans et fait grand-croix de Saint-Louis. Il meurt durant les Cent-Jours, peu avant Waterloo.

TitresModifier

  • Marquis de Mauny (titre de courtoisie)[9].
  • Marquis et comte d'Estampes (titres de courtoisie)[9].
  • Marquis d'Autry (titre de courtoisie)[9].
  • Marquis et comte de Valencay (titres de courtoisie)[9].
  • Marquis de La Ferté-Imbault (titre de courtoisie)[9].
  • Marquis de Bellebrune (titre de courtoisie)[9].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Jougla, Grand armorial de France, volume 3, page 303, no 14325
  2. E de Séréville, F de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, page 411.
  3. a b c d e f et g Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome 16, pages 239 à 243.
  4. « Maison d'Estampes, p. 543-553 », sur Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, t. VII, pat le Père Anselme, Honoré Caille du Fourny et les Pères Ange et Simplicien, aux Libraires associés à Paris, 1733 (consulté le 22 septembre 2019)
  5. « Maison d'Estampes, p. 483-485 », sur Le Grand Dictionnaire historique, t. III, par Louis Moréri, chez Jean-Baptiste Coignard Fils à Paris, 1732 (consulté le 22 septembre 2019)
  6. Louis de La Roque, Catalogue des chevaliers de Malte appelés successivement chevaliers de l'ordre militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, 1099-1890, Alp. Desaide, Paris, 1891, col. 81
  7. de La Roque, col.81
  8. « Louis d'Estampes (1734-1815) », sur Geneanet, arbre de François de Surville (consulté le 22 septembre 2019)
  9. a b c d e et f Jougla, Grand armorial de France, 3, 304, no 14325

Pour approfondirModifier

SourcesModifier

  • Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle tome XVI,1918, page 239 à 243.
  • Père Anselme de Sainte-Marie, Généalogie de la Maison d'Estampes, Paris, 1733.
  • Louis Moréri Grand Dictionnaire historique, t. III, 1732 : p. 483-485
  • Étienne Boislandry Dubern, Gentry (tome 4 : Ascendance de Guillemette de Ginestous, 1902 + 1993, comtesse Baguenault de Puchesse), 2000.
  • Louis de La Roque, Catalodue des chevaliers de Malte appelés successivement chevaliers de l'ordre militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte, 1099-1890, Alp. Desaide, Paris, 1891
  • Gilberte Espouy, Jacques d'Estampes, Marquis de La Ferté-Imbault, maréchal de France ou l'honneur de servir, 2000.
  • Maurice Hamon, Madame Geoffrin : femme d’influence, femme d’affaires au temps des Lumières, Fayard, Paris, 2011.
  • La Chesnaye des Bois, Paris, 1773.
  • Mercure de France, Paris, décembre 1754.
  • Saint-Simon : Mémoires du duc de Saint-Simon. (Sur Charlotte d'Estampes-Valençay, 1597 + 1677, tome IV 4 : « Madame de Puysieux, veuve dès 1640, ne mourut qu'en 1677, à quatre-vingts ans, avec toute sa tête et sa santé. C'etoit une femme souverainement glorieuse, que la disgrâce n'avoit pu abattre (...). On ne peut avoir plus d'esprit qu'elle en avoit, et, quoique impérieux, plus tourné à l'intrigue ».
  • Tallemant des Réaux, Historiettes, 1834. (Sur l'archevêque duc de Reims : « Il avait l'esprit agréable, était bien fait de sa personne mais il n'y a jamais eu un homme si né à la bonne chère et à l'escroquerie; bon courtisan, c'est-à-dire lâche et flatteur ». Sur le Cardinal de Valençay, homme de guerre : « C'était un original (...) d'ailleurs, il était aussi fier que brave ».)
  • Les papiers personnels de la famille d'Estampes sont conservés aux Archives nationales sous la cote 508AP

Pages connexesModifier