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Pollution plastique

accumulation de produit plastique dans l'environnement

La pollution par le plastique (ou « pollution plastique ») est une pollution engendrée par l'accumulation de déchets en matière plastique dans l'environnement. Il existe plusieurs formes et types de pollution plastique.

Le système mondial de production, d'utilisation et d'élimination des matières plastique est un système défaillant. La pollution plastique est corrélée avec le faible coût du plastique, ce qui amène une utilisation massive et jetable de ce dernier. Elle est également due à la faible dégradabilité des plastiques. Cette pollution peut avoir des effets nuisibles sur la terre, les mers et océans ainsi que dans les cours d'eau en affectant la vie sauvage, l'habitat et secondairement ou par rétroaction les humains[1].

État des lieuxModifier

Selon un rapport de l'ONU, en seulement 65 ans, l'homme a produit 9 milliards de tonnes de plastique. Depuis 1950, la production mondiale de plastique n'a cessé d'augmenter, atteignant un niveau record de 320 millions de tonnes en 2015, soit l'équivalent de 10,1 tonnes par seconde dont 10 % finissent dans les océans[réf. nécessaire].

Dans l'année 2017, la Chine, l'Indonésie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam, cinq pays d’Asie, rejettent plus de déchets plastiques dans la mer que tous les autres pays du monde réunis[2]. Le continent asiatique accueillant les ordures d'une vingtaine de pays développés, les fleuves Yangzi Jiang, Indus, Jaune, Hai He, Nil, Ganges, Perle, Amour, Niger et le Mékong fournissent 95% des plastiques qui envahissent les océans[3],[4].

La pollution plastique est due à la faible dégradabilité des plastiques[5].

La masse des déchets plastiques progresse de plus de 3 % par an depuis 2010 et atteint à l'échelle mondiale 310 Mt (millions de tonnes) en 2016. La production de plastique, estimée à 396 Mt en 2016 dans un rapport du WWF, pourrait dépasser 550 Mt dans 30 ans. Or un bon tiers de ces déchets plastiques, soit une centaine de millions de tonnes par an, échappe à tout traitement (mise en décharge, incinération, recyclage) et part se perdre dans la nature. Les neuf dixièmes vont se répandre et s'accumuler dans les écosystèmes terrestres, le reste finit dans les océans à raison de plus de 9 millions de tonnes par an. Le WWF prévoit que la pollution plastique cumulée des océans pourrait atteindre 300 Mt d'ici à 2030, sur la base des prévisions actuelles ; les mers du globe porteront alors le même poids de déchets que de poissons. Selon une récente étude de la Banque mondiale, l'est de l'Asie et des pays du Pacifique est plus pollué, avec 57 Mt (millions de tonnes), que l'Europe et l'Asie centrale (45 Mt) et l'Amérique du Nord (35 Mt). À elle seule, la mer Méditerranée reçoit chaque année quelque 600 000 tonnes de plastiques sur les 24 Mt de déchets produits par ses 22 pays riverains. Le WWF a recensé plus de 270 espèces victimes d'enchevêtrement et plus de 240 victimes d'absorption de plastique. Les émissions de dioxyde de carbone résultant de l'incinération des déchets plastiques (15 % des déchets produits) ou de leur déversement à ciel ouvert (14 %) pourraient tripler d'ici à 2030 et atteindre annuellement 350 millions de tonnes[6].

Selon l'Environmental Protection Agency, en 2011, le plastique constitue environ 12 % des déchets solides municipaux, comparativement à moins de 1 % dans les années 1960[7].

Lutte contre la pollution par les plastiquesModifier

Diverses initiatives ont été prises pour réduire cette pollution en amont, par un meilleur tri et une meilleure récupération des déchets, et parfois par une réduction de la consommation du plastique accompagnant la promotion du recyclage du plastique[8].

Des ONG dénoncent également l'usage abusif et croissant de microplastiques et microbilles de plastique dans les produits cosmétiques et de soins, et demandent aux décideurs et aux fabricants de bannir les microbilles de plastique de leurs produits.

Une ONG s'est créée, nommée « 5 Gyres Institute » qui collecte et diffuse des informations au sujet des microplastiques et de la soupe de plastique trouvée dans les gyres de l'océan. Selon cette ONG, un seul tube ou flacon de nettoyant pour le visage peut contenir plus de 300 000 de ces microbilles, et il s'en vend des millions chaque jour, alors qu'il existe des alternatives peu coûteuses, biodégradables et plus sûres (noyaux de fruits ou coquilles de fruits secs finement broyés par exemple, ou sel pour le gommage).

En 2013, plusieurs États des États-Unis (notamment des États riverains des Grands Lacs) ont commencé à légiférer pour interdire ces produits[9], avec une interdiction effective avant fin 2016 pour les États de New-York et de Californie (avec un délai d'un an supplémentaire si le produit cosmétique est aussi reconnu comme médicament par la Food and Drug Administration). La Californie interdit aussi la publicité pour ces produits à partir de cette date[10].

À la suite des campagnes lancées par les ONG, et à la suite de ces projets d'interdiction ou de nouvelles règlementations déjà votées aux États-Unis, plusieurs utilisateurs industriels se sont engagés à volontairement les supprimer de leurs produits, mais souvent sans annoncer de date butoir. Le groupe Johnson & Johnson a cependant annoncé avoir déjà cessé de développer de nouveaux produits contenant des microbilles de polyéthylène et être en train d'examiner des alternatives pour les produits qui en contiennent encore « Notre objectif est de clore une première phase de reformulations avant fin 2015 » a déclaré un porte-parole du groupe[10] (cette « première phase » correspond à environ la moitié des produits vendus par la société et contenant des microbilles, le contenu de la seconde phase sera déterminé par les progrès faits dans la première phase[10]).

Le groupe Personal Care Products Council qui rassemble les producteurs de cosmétiques et parfums s'est également prononcé en faveur d'alternatives au plastique[10].

Typologie de pollutions par le plastiqueModifier

 
Pollution plastique sur des plantes.

La pollution plastique est constituée :

  • d'amoncellement de (macro-)déchets (en), avec notamment une accumulation de déchets en mer (portés par le vent, la pluie et les cours d'eau), la pollution de l'eau par les déchets et fragments ou microparticules de plastiques ;
  • des microplastiques issus de la dégradation d'éléments plus gros sous l'effet des éléments (eau, soleil, usure, etc.) remontant la chaine alimentaire ;
  • de l'arrivée dans les cours d'eau puis en mer de microbilles de plastique issues de produits cosmétiques et de produits de soins du corps en contenant (plus de six cents produits différents rien qu'aux États-Unis[11]).

Notes et référencesModifier

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Plastic pollution » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) « Plastic pollution », Encyclopædia Britannica
  2. (en) Hannah Leung, « Five Asian Countries Dump More Plastic Into Oceans Than Anyone Else Combined: How You Can Help », Forbes,‎ (lire en ligne) :

    « China, Indonesia, Philippines, Thailand, and Vietnam are dumping more plastic into oceans than the rest of the world combined, according to a 2017 report by Ocean Conservancy »

  3. (en) Christian Schmidt, Tobias Krauth et Stephan Wagner, « Export of Plastic Debris by Rivers into the Sea », Environmental Science & Technology, vol. 51, no 21,‎ , p. 12246–12253 (PMID 29019247, DOI 10.1021/acs.est.7b02368, Bibcode 2017EnST...5112246S) :

    « The 10 top-ranked rivers transport 88–95% of the global load into the sea »

  4. (en) Harald Franzen, « Almost all plastic in the ocean comes from just 10 rivers », Deutsche Welle,‎ (lire en ligne) :

    « It turns out that about 90 percent of all the plastic that reaches the world's oceans gets flushed through just 10 rivers: The Yangtze, the Indus, Yellow River, Hai River, the Nile, the Ganges, Pearl River, Amur River, the Niger, and the Mekong (in that order). »

  5. (en) Ronald E. Hester et R. M. Harrison (éditeurs), Marine Pollution and Human Health, Royal Society of Chemistry, (ISBN 184973240X, lire en ligne), p. 84-85
  6. Plastique : une pollution qui vire au désastre écologique, Les Échos, 12 juin 2019
  7. (en) « Plastics »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur epa.gov
  8. (en) Bonnie Malkin, « Australian town bans bottled water », The Daily Telegraph,
  9. Governor Quinn Signs Bill to Ban Microbeads, Protect Illinois Waterways, Illinois Government News Network, 8 juin 2014.
  10. a b c et d Jim Johnson, Momentum building for plastic microbead bans, PlasticNews, 9 mai 2014
  11. Becker, L. C., Bergfeld, W. F., Belsito, D. V., Hill, R. A., Klaassen, C. D., Liebler, D. C., … et Andersen, F. A. (2014), « Safety assessment of modified terephthalate polymers as used in cosmetics », International Journal of Toxicology, 33 (3 suppl), 36S-47S

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • Le 1, « Alerte - Le plastique serial killer des océans », 2 juillet 2014.