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Destruction de la couche d'ozone

amincissement voire une disparition de la couche d’ozone atmosphérique de la Terre
Image du plus grand trou dans la couche d'ozone jamais enregistré (septembre 2006).

La destruction (ou dégradation) de la couche d'ozone est un amincissement voire une disparition de cette couche qui résulte d'un déséquilibre entre la production et la destruction de l’ozone dans la stratosphère[1],[2].

Évolutions de la couche d'ozoneModifier

ÉpaisseurModifier

L'épaisseur de la couche d'ozone est mesuré en Unité Dobson (DU), 1 DU correspondant à 2.686.100 molécules d'ozone par m². Elle varie autour du globe en fonction de la latitude et des saisons. La couche est mince au niveau de l’équateur (Environ 270 DU) et plus épaisse au niveau des pôles (environ 300 DU), elle est plus mince en automne et plus épaisse au printemps. Ces variations ont pour causes les courants atmosphériques et l'énergie radiative venue du soleil [3],[4].

AppauvrissementModifier

Il existe deux types d’appauvrissement de la couche d’ozone.

  • Le premier est un appauvrissement lent et régulier de l’ozone stratosphérique : il est de l’ordre de 4 % par décennie, et se produit constamment depuis les années 1970.
  • Le second est une perte très importante de l’ozone au niveau des pôles ; ce phénomène est saisonnier et est appelé « trou d’ozone ».

Dans les deux cas, le principal processus responsable de l’appauvrissement de la couche d’ozone est la destruction catalytique de l’ozone par le chlore atomique et le brome. La principale source de ces halogènes est la dissociation des chlorofluorocarbures (CFC), appelés aussi fréons, par le rayonnement solaire. Les CFC sont des molécules de synthèse très stables chimiquement : elles sont inoffensives pour les êtres vivants dans l’atmosphère et ininflammables. Ce sont des produits qui trouvent de nombreuses applications en réfrigération et conditionnement d'air, comme constituants des mousses synthétiques, comme gaz propulseurs pour bombes aérosols, comme extincteurs d'incendie , etc.

Ces gaz persistent des décennies dans l’atmosphère (20 à 100 ans) ; temps durant lequel ils atteignent la stratosphère où, dégradés sous l’action des rayons ultraviolets (UV) du Soleil, ils détruisent la couche d'ozone qui retient la composante dangereuse du rayonnement solaire [5],[6],[7].

Histoire du phénomèneModifier

 
Évolution de la couche d'ozone de 1957 à 2001.
Plus la couleur est froide (vers le bleu), moins il y a d'ozone dans la stratosphère et plus les UV solaires peuvent traverser l'atmosphère.

DégradationModifier

L'analyse de relevés au sol réalisés dans les années 1950 a mis en évidence un trou dans la couche d'ozone, puis, dans les années 1960 à 1980, des analyses de la colonne d'air atmosphérique, jusqu'à la stratosphère — dans ce cas faites grâce aux ballons-sondes — montrent des anomalies de plus en plus importantes et saisonnières de régression de la couche d'ozone, surtout au-dessus du pôle sud[8].

  • 1985 : Au milieu des années 1980, alors que des travaux scientifiques cherchant à évaluer l'impact des effets des activités anthropiques sur l'ozone stratosphérique (O3) venaient de suggérer que les perturbations saisonnières sur l’ozone devraient rester faibles pour au moins la prochaine décennie, les résultats des mesures faites in situ contredisent leurs conclusions[9].
    Au vu de la réalité, c’est-à-dire des observations in situ qui montrent que les valeurs printanières pour l’ozone total en Antarctique sont au contraire alors en forte diminution, ces conclusions sont remises en question : les modèles jusqu'alors utilisés étaient très simplificateurs (à une dimension), sous-estimant la complexité des réactions photochimiques à l’œuvre dans l'atmosphère polaire.
    Comme la circulation atmosphérique basse était a priori restée apparemment inchangée, des réactions chimiques complexes ont dû être envisagées pour expliquer cette persistance du trou au printemps.
    En 1985, Farman et al.[10] suggèrent que les températures très basses qui règnent au cœur de l'hiver et jusqu’à plusieurs semaines après l'équinoxe de printemps montrent que la stratosphère antarctique est uniquement (selon eux) sensible à l’augmentation saisonnière du taux de composés inorganiques du chlore (CLx), principalement via l'effet de cette augmentation sur le ratio NO2/NO. Ce phénomène, combiné avec le fait que l’irradiation UV est particulièrement élevée dans la stratosphère polaire, pourrait expliquer la perte d’ozone observée.
  • 1987 : La signature du protocole de Montréal est l'occasion d'une prise de conscience générale.
  • 1988 : Un rapport de l'OMM confirme le problème[11].
  • 1989 : Un nouveau rapport confirme le problème[12].
  • 1990 : Les mesures du protocole font l'objet d'ajustements à Londres (London Amendment and adjustment).
  • 1991 : Un nouveau rapport confirme la déplétion de la couche d'ozone[13].
  • 1992 : Sous l'égide de l'ONU, les États acceptent de prendre en compte (progressivement) le bromure de méthyle[14],[15].

Amélioration durant deux décenniesModifier

Les 20 ans qui suivent 1992 voient la situation lentement et globalement s'améliorer, mais les suivis scientifiques pointent encore des anomalies périodiques : la concentration d’ozone de la stratosphère arctique s’est par exemple réduite de 40 % pendant l'hiver 2011 (un record, expliqué par des températures inhabituellement froides en Antarctique et, sans doute, par la persistance dans l'atmosphère de gaz destructeurs d'ozone[16]), mais la tendance globale semble être à l'amélioration :

  • en 2008, des indices laissent penser que la formation du trou est ralentie ou stabilisée[17].
  • 2011 : les niveaux d'ozone tendent à se rapprocher de la normale dans la haute atmosphère[18] puis diminuent à nouveau lors d'une période froide
  • 2014[19]/2015 : un rapport de l'Organisation météorologique mondiale confirme l'amélioration à haute altitude, et moindrement dans les latitudes moyennes et basses[20].

Nouvelles inquiétudesModifier

  • Mi-2016 (juin) un article publié dans la revue Science signale que le trou d'ozone antarctique a alors déjà « provoqué des changements importants dans le climat estival de l'hémisphère sud (…) avec ses répercussions sur la température de surface, les précipitations et les océans. Dans l'hémisphère Nord, aucun lien solide n'a été trouvé entre appauvrissement d'ozone stratosphérique et le climat troposphérique. ». Les auteurs confirment une réduction du trou antarctique depuis 2000 (de plus de 4 millions de km2).
    Les modélisations prospectives laissent alors penser que, sur la majeure partie du globe, le total de la couche d'ozone devrait aux latitudes moyennes et en Arctique retrouver avant 2050 des niveaux comparables à ceux de 1980, et un peu plus tard sur l'Antarctique, à condition que le Protocole de Montréal soit pleinement respecté. Plus de la moitié de la réduction constatée résulte alors de la diminution des CFC dans l’atmosphère[8] et la plupart des produits délétères pour l'ozone sont en forte diminution. Cependant les hydrochlorofluorocarbures (HCFCs) et l'halon-1301 continuent à anormalement augmenter.
    En 2016, on constate — en particulier à partir de sources tropicales — une augmentation préoccupante de nouvelles émissions anthropiques de produits chlorés et bromés à très courte vie (VSV) qui deviennent un problème émergent pour l'ozone stratosphérique ; le taux de dichlorométhane a doublé dans l'air entre 2004 et 2014[21]. De même les émissions de HFC-23 (sous-produit du HCFC-22) se sont poursuivies « en dépit des efforts d'atténuation »[20]. La couche d'ozone reste vulnérable alertent les auteurs du rapport de 2016 ; ainsi une grande éruption volcanique (ou une opération de géo-ingénierie) introduisant une grande quantité de soufre dans l'atmosphère « se traduirait par une diminution chimique importante de l'ozone sur une grande partie du globe »[20]. Depuis 1995 environ, le taux de trichlorofluorométhane (CFC-11) dans l'air (second CFC le plus abondant) a continué à décliner mais moins vite depuis 2012 [22], laissant penser que des sources industrielles persistent et même augmentent[23],[24] quelque part en Asie orientale[23].
  • En 2019, les données atmosphériques collectées à Gosan (Corée du Sud) et Hateruma (Japon), tout comme les données de surveillance mondiales, comme les simulations issues de modèles de transport de substances chimiques dans l'air montrent que des CFC-11 sont émis en Asie orientale (plus de 7,0 ± 3,0 [± 1 d'écart-type] par an pour la période 2014-2017 par rapport à celles de 2008-2012, surtout du côté des provinces du Shandong et de Hebei dans le nord-est de la Chine). Cette augmentation compte pour au moins 40 à 60% de la hausse mondiale des émissions de CFC-11. Selon les données disponibles les autres pays (y compris de l'est de l'Asie) semblent respecter le protocole de Montréal, mais le manque de mesures locales de CFC dans une grande partie du monde empêche encore de détecter les autres sources d'augmentation de CFC-11. Des indices plaident au moins pour une nouvelle production et utilisation en Chine, contraire au Protocole de Montréal qui visait l'interdiction totale d'émissions de chlorofluorocarbones avant 2010[25],[26].
  • Un autre gaz destructeur de la couche d'ozone, le protoxyde d'azote (N2O) augmente dans l'air en inquiétant des météorologues et scientifiques, depuis le début des années 1970[27]. Au début du XXIe siècle, il est devenu le premier ennemi de la couche d'ozone selon plusieurs articles scientifiques, notamment en 2002[28], 2009[29] et 2013[30]. Et le GIEC prévoit qu'il devrait continuer à s'accumuler dans l'air[31], tendance confirmée par un article publié près de dix ans plus tard, en 2018 dans Science, et il devrait le rester durant tout le XXIe siècle[29] car la part de protéines animales dans alimentation humaine ne cesse de croître, associée à une production de fumier et de soja également croissante, source d'oxyde nitreux. Selon un article de la revue Nature Geoscience, le lisier et le fumier perdent dans l'air 2 % environ de l'azote qu'ils contenaient et les engrais azotés 2,5 % ; ces deux sources introduisent dans l'atmosphère 2,8 millions de tonnes de N2O pour les lisiers et 2,2 millions de tonnes pour les engrais de synthèse (dont la production et le transport et l'épandage produisent aussi par ailleurs du CO2 qui aggrave l'effet de serre (qui lui même freine la restauration de la couche d'ozone). L'industrie rejette officiellement bien moins de N2O (0,8 million de t/an environ) que l'agriculture et que la combustion de la biomasse (0,5 million de t/an), mais elle produit une quantité croissante de N2O vendu comme gaz servant d'après l'étiquette à faire des mousses en cuisine, mais en réalité essentiellement consommé comme drogue dite « récréative » à inhaler (non-interdite).
Article détaillé : Protoxyde d'azote.

Étapes de la destruction de la couche d'ozoneModifier

Les principales phases de la destruction de la couche d'ozone sont[7] :

  1. émission des (CFC) et autres composés halogènes par les activités humaines et les processus naturels à la surface de la terre ;
  2. accumulation de ces composés chimiques dans l’atmosphère inférieure (troposphère) car ils sont très stables et non réactifs ;
  3. transport de ces composés chimiques vers la stratosphère par la circulation atmosphérique ;
  4. conversion de ces composés en composés réactifs dans la stratosphère par des réactions chimiques impliquant les rayons ultraviolets, ces composés réactifs étant responsables de la destruction de l'ozone stratosphérique ;
  5. élimination de ces composés par l'humidité dans les nuages et la pluie au niveau de la troposphère.

Causes de la destruction de la couche d'ozoneModifier

Causes naturellesModifier

  • La couche d'ozone peut être affectée par des processus naturels tel que les taches solaires et les vents stratosphériques. L’effet de ces processus ne contribue que pour 1 à 2 % de la dégradation de la couche d'ozone et ces effets ne sont que temporaires.
  • Les éruptions volcaniques contribuent aussi a la dégradation de la couche d'ozone : lors d'une grande éruption volcanique, le chlore qui est un composant de l'acide chlorhydrique est libéré directement dans la stratosphère avec le dioxyde de soufre ; dans ce cas, le dioxyde de soufre est plus nocif que le chlore car, converti en aérosols d'acide sulfurique, il catalyse les réactions chimiques qui causent la destruction de la couche d'ozone par le chlore[32],[7] .

Causes anthropiquesModifier

L'équilibre naturel entre la production et la destruction d'ozone est perturbé par la libération excessive dans l'atmosphère de produits de synthèse provenant des activités humaines tels que les chlorofluorocarbures (CFC), les halons, les hydrochlorofluorocarbones, le bromure de méthyle, le tétrachlorure de carbone , etc. Ces substances sont la cause principale de l'appauvrissement de la couche d'ozone : on les appelle substances appauvrissant la couche d'ozone (SAO). Le problème avec les SAO est qu'elles stagnent longtemps dans l'atmosphère. Chimiquement stables dans l'atmosphère, elles sont bientôt transportées dans la stratosphère où leur dégradation intervient pour 90 % environ dans l'appauvrissement total de la couche d'ozone [32],[7].

Causes de l'augmentation du trou de la couche d'ozoneModifier

La couche d'ozone est naturellement plus fine au-dessus des pôles, mais elle a commencé dans les années 1950 à saisonnièrement disparaître sur une étendue de plus en plus importante (phénomène plus connu sous le nom de trou de la couche d'ozone).

Cycle de ChapmanModifier

Le processus naturel de formation et de destruction de l'ozone stratosphérique est comme suit :

Réaction Durée de vie du réactif Bilan enthalpique
O2 + hν → 2 O 111 kcal/mol
O2 + O + M→ M + O3 O : 1s -25 kcal/mol
O3 + hv → O + O2 O3 : 100-1000s 39 kcal/mol
O3 + O → 2 O2 O : 100-1000s

O3 : 100 000-1 000 000s

-94 kcal/mol
O + O + M → M + O2 O : 100-1000s -111 kcal/mol
 
Cycle de Chapman

Le dioxygène est photodissocié suivant la première réaction. L'oxygène atomique en résultant va ensuite s'associer le plus souvent avec une autre molécule de dioxygène pour former de l'ozone, la tierce molécule M permettant de désexciter la nouvelle molécule par collision. L'oxygène atomique peut également, mais beaucoup plus rarement, s'associer avec un autre atome d'oxygène ou une molécule d'ozone.

L'ozone ainsi créé peut être détruit de deux manières : soit il est dissocié par rayonnement UV (dissociation la plus probable), soit il s'associe avec un atome d'oxygène pour former du dioxygène.

Le cycle de Chapman est ainsi fermé.

Ce processus explique comment l'ozone absorbe les UV lorsqu'il est détruit. Par ailleurs, cette réaction exothermique participe donc au réchauffement de la stratosphère. Enfin, on comprend pourquoi l'ozone connaît un cycle annuel très marqué aux pôles. En effet, durant la nuit hivernale (resp. estivale), il n'y a aucun rayonnement UV au pôle nord (resp. pôle sud) ce qui explique que des quantités importantes d'ozone se forment. Au contraire, en été (resp. en hiver), le fort rayonnement UV détruit cette couche d'ozone qui protège néanmoins la surface terrestre des rayons UV.

Mécanisme de la destruction de la couche d'ozone par les CFCModifier

Les CFC flottent vers la stratosphère qui est riche en ozone, le contact des CFC avec le rayonnement ultraviolet provoque la libération d'un atome de chlore, ce chlore libre réagit avec une molécule d'ozone et forme le monoxyde de chlore (ClO) et une seule molécule d'oxygène O2(Cl + O3 = ClO + O2). Un seul atome d'oxygène réagit avec la molécule de monoxyde de chlore provoquant la formation d'une molécule d'oxygène et un seul atome de chlore(ClO + O = Cl + O2), cet atome de chlore menaçant continue alors le cycle et entraîne une destruction supplémentaire de la couche d'ozone donc le même atome de chlore peut détruire plusieurs molécules d'ozone , un atome de chlore peut détruire plus de 100,000 molécules d'ozone[33],[7] .

Causes chimiquesModifier

Plusieurs facteurs sont à l'origine de la diminution (photochimique et catalytique) de la couche d'ozone, notamment un grand nombre de substances naturelles ou artificielles présentes dans l'atmosphère ou résultant de réactions chimiques.

Ces molécules sont regroupées sous le vocable SAO (Substances appauvrissant la couche d'ozone). Il s'agit principalement des CFC, des halons, du bromure de méthyle et des HCFC, mais les oxydes d'azote (NOx) contribuent également à cette destruction.

Voici comment se décompose cette réaction, pour X l'agent chimique responsable de la destruction d'ozone.

Réaction Effet de la réaction
O3 + X → XO + O2 Le réactif X détruit les molécules d'ozone
O3 + hv → O + O2 D'autres molécules d'ozone sont détruites par le rayonnement UV
O + XO → X + O2 Le réactif XO réagit également avec l'atome O et X se libère de sa liaison avec l'oxygène

Le bilan net de cette réaction est 2O3 + hv → 3O2, c'est pourquoi on peut dire que X agit comme un catalyseur.

Paul Crutzen a montré que les oxydes d'azote NO et NO2 sont les plus importants dans ces réactions, mais ils sont très rares dans la stratosphère. En revanche, les CFC, libèrent du chlore sous l'effet du rayonnement UV au-dessus de 25 km d'altitude sous forme de Cl et de ClO, très efficaces pour détruire l'ozone.

Causes climatiquesModifier

Le froid en altitude est un facteur aggravant, car il rend les CFC (chlorofluorocarbones) présents plus destructeurs pour la couche d'ozone[34].

En hiver dans les régions polaires, les températures très basses provoquent une formation de nuages dans la basse stratosphère, ces nuages favorisent des réactions chimiques qui transforment des composés stables issus de la réaction des atomes de chlore des CFC avec d'autres substances en composés actifs, au printemps le retour de soleil provoque une destruction rapide et importante de l'ozone par ces composés actifs[35].

Or, l'effet de serre modifie l'albédo de l'atmosphère et sa température et y contribue en réchauffant les basses couches de l'atmosphère à priver les hautes couches d'une partie des calories normalement renvoyées du sol vers l'espace. Paradoxalement, le réchauffement global peut se traduire par un refroidissement des hautes couches de l'atmosphère et ce froid intensifie les réactions chimiques de destruction de l'ozone[34].

Il est à noter que certains gaz destructeurs de la couche d'ozone sont aussi des gaz à effet de serre, le bromure de méthyle par exemple.

Conséquences de la dégradation de la couche d'ozoneModifier

La dégradation de la couche d'ozone engendre une augmentation des rayons ultraviolets qui vont atteindre la Terre, ces rayons sont nocifs pour tous les êtres vivants sur terre[36].

Effets sur la santé humaineModifier

L’exposition aux rayonnements ultraviolets peut provoquer plusieurs types de cancer de la peau chez l’homme dont le carcinome basocellulaire et le cancer épidermoïde. Ils sont aussi dangereux sur les yeux car ils peuvent provoquer des maladies oculaires tel que la cataracte et la photokératite.

Les rayons (UV) affaiblissent la réponse  du système immunitaire et provoquent aussi son altération[36],[37] .

Impacts sur les écosystèmesModifier

Les rayons UV affectent également les plantes en réduisant la photosynthèse et peuvent altérer le temps de floraison de certaines espèces végétales. Ils peuvent également affecter directement la croissance des plantes en modifiant les processus physiologiques et de développement des plantes. Les principales espèces de cultures qui sont particulièrement vulnérables à l'augmentation des UV sont : le blé, le riz, l'orge, l'avoine, le maïs, le soja, les pois, les tomates, les concombres, le chou-fleur, le brocoli et les carottes.

Les rayons ultraviolets affectent également d'autres formes de vie, c'est l'une des principales raisons du déclin de nombre d'espèces d'amphibiens dont ils affectent chaque étape du cycle de vie. Ils gênent la croissance et le développement depuis le stade larvaire, diminuent l'immunité chez certaines espèces et provoquent même des dommages rétiniens et la cécité chez certaines espèces.

Les rayons UV ont également des effets néfastes sur l'écosystème marin, en particulier le plancton qui joue un rôle vital dans la chaîne alimentaire et le cycle du carbone océanique [37],[36].

Impact sur l’environnementModifier

L'appauvrissement de la couche d'ozone entraîne une diminution de l'ozone dans la stratosphère et une augmentation de l'ozone présent dans la basse atmosphère. L'ozone dans la basse atmosphère est un polluant et un gaz à effet de serre [37],[36],[38].

Impacts sur les cycles biogéochimiquesModifier

L'augmentation du rayonnement UV-B pourrait affecter les cycles biogéochimiques terrestres et aquatiques, ce qui modifie les sources et les puits de gaz à effet de serre et chimiquement importants (par exemple, le dioxyde de carbone, le monoxyde de carbone, le sulfure de carbonyle, l'ozone et éventuellement d'autres gaz). Ces changements potentiels contribueraient aux rétroactions biosphère-atmosphère qui atténuent ou amplifient les concentrations atmosphériques de ces gaz[39].

Effet sur le réchauffement climatique ?Modifier

Le trou dans la couche d'ozone pourrait contribuer de plusieurs manières au réchauffement climatique.

La première raison, qui conduit à une contribution faible au réchauffement climatique, c'est que le rayonnement UV qui n'est pas arrêté par la couche d'ozone est absorbé par la surface terrestre et contribue donc à la réchauffer. Mais la raison la plus importante est que l'ozone, en se dissociant et en absorbant les UV, contribue à réchauffer la stratosphère[Contradiction]. Par conséquent, la stratosphère étant plus froide au niveau du trou de la couche d'ozone, cela à des conséquences sur la circulation atmosphérique et sur la hauteur de la tropopause.[à vérifier]

Le bilan de toutes ces contributions n'est pas évident à déterminer, mais selon les experts du GIEC, la reconstruction de la couche d'ozone au-dessus de l'Antarctique à la suite du protocole de Montréal devrait freiner le réchauffement climatique global, même si elle participera à réchauffer le pôle Sud en agissant comme un gaz à effet de serre[40].

Protocole de MontréalModifier

Article détaillé : Protocole de Montréal.

Le , les Nations unies ont adopté le protocole de Montréal sur les substances qui dégradent la couche d’ozone, il est considéré comme un accord de protection de l'environnement. Il impose aux pays développés et en développement des obligations d'élimination progressive pour toutes les principales substances appauvrissant la couche d'ozone, y compris les CFC, les halons et les produits chimiques de transition moins nocifs comme les HCFC. Le Protocole vise 96 produits chimiques dans des milliers d'applications dans plus de 240 secteurs industriels.

Le Protocole a été renforcé par cinq amendements - Londres 1990, Copenhague 1992, Vienne 1995, Montréal 1997 et Pékin 1999 - qui ont présenté des calendriers d'élimination et ajouté de nouvelles substances appauvrissant la couche d'ozone à la liste des substances contrôlées par le Protocole de Montréal.

Le Protocole de Montréal a également produit d'autres avantages environnementaux importants. Plus particulièrement, l'élimination des substances appauvrissant la couche d'ozone est responsable de retarder le forçage climatique jusqu'à 12 ans.

Les dommages causés à la couche d'ozone protectrice de la Terre ont suscité une préoccupation et une action mondiales sans précédent. Depuis qu'il a été convenu en 1987 de supprimer progressivement les substances qui appauvrissent la couche d'ozone (aussi connues sous le nom de SAO), 196 pays ont ratifié le Protocole de Montréal. En , le Timor oriental a ratifié le Protocole de Montréal, ce qui en fait le premier traité international sur l'environnement à parvenir à une ratification complète - un effort vraiment remarquable qui reflète l'acceptation et le succès universel de l'accord[41],[3].

Notes et référencesModifier

TraductionModifier

NotesModifier

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  2. Gouvernement du Canada, Environnement et Changement climatique Canada, « Environnement et Changement climatique Canada - Air - Appauvrissement de la couche d'ozone », sur www.ec.gc.ca (consulté le 30 décembre 2016).
  3. a et b (en) Shagoon Tabin, Global Warming: The Effect Of Ozone Depletion, APH Publishing, (ISBN 978-81-313-0396-2, lire en ligne).
  4. Marc Joubert, « Amincissement de la couche d'ozone », sur Planet Terre - ENS Lyon, (consulté le 18 octobre 2019)
  5. (en) Shagoon Tabin, Global Warming: The Effect Of Ozone Depletion, APH Publishing, (ISBN 978-81-313-0396-2, lire en ligne).
  6. (en-US) « Causes Of Ozone Depletion - Universe Today », Universe Today,‎ (lire en ligne, consulté le 2 décembre 2016).
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  8. a et b « Le trou dans la couche d’ozone est en train de se résorber », sur lemonde.fr, (consulté le 27 septembre 2016).
  9. Vienna Convention Atmospheric Ozone 1985. WMO No. 16.
  10. (en) Farman, J. C., Gardiner, B. G., & Shanklin, J. D. (1985). Large losses of total ozone in Antarctica reveal seasonal ClOx/NOx interaction (résumé).
  11. International Ozone Trends Panel Report 1988. WMO No. 18.
  12. Scientific Assessment of Stratospheric Ozone: 1989. WMO No. 20.
  13. Scientific Assessment of Ozone Depletion: WMO No. 25.
  14. UNEP (1992) Methyl Bromide: Its Atmospheric Science, Technology, and Economics (Assessment Supplement).
  15. UNEP (1992), Copenhagen Amendment and adjustments.
  16. Goudet JL ; « Et l’on reparle du trou dans la couche d’ozone », Futura science, 5 avril 2011.
  17. Yang, E.-S. et al. J. Geophys. Res. Atmos. 113, D20308 (2008).
  18. Salby, M., Titova, E. & Deschamps, L. Geophys. Res. Lett. 38, L09702 (2011).
  19. Scientific Assessment of Ozone Depletion: 2014. WMO No. 55.
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  21. cf.« Une autre menace sur la couche d'ozone », Pour la Science, no 479,‎ , p. 12
  22. Carpenter L.J & Reimann S (2014) in Scientific Assessment of Ozone Depletion : 2014 Ch.1 (OMM : World Meteorological Organization)
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  30. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Kanter2013
  31. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Menon2007
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  37. a b et c (en-US) « Ozone Layer Depletion - Causes, Effects and Solutions », The 7 Continents and 5 Oceans of the World,‎ (lire en ligne, consulté le 2 décembre 2016).
  38. (en-US) Rinkesh, « Ozone Layer and Causes of Ozone Depletion - Conserve Energy Future », Conserve Energy Future,‎ (lire en ligne, consulté le 2 décembre 2016).
  39. (en) US EPA,OAR,OAP,SPD, « Health and Environmental Effects of Ozone Layer Depletion », sur www.epa.gov (consulté le 1er décembre 2016).
  40. (en) Seok-Woo Son, « Ozone hole and Southern Hemisphere climate change », Geophysical Research Letters,‎ .
  41. (en) Department of the Environment and Energy, « Montreal Protocol on Substances that Deplete the Ozone Layer », sur www.environment.gov.au, (consulté le 7 décembre 2016).

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Livres de vulgarisationModifier

  • (en) Philip Dray et Seth Cagin, Between earth and sky: how CFCs changed our world and endangered the ozone layer, New York, Pantheon Books, (ISBN 0-679-42052-5)
  • (en) Sharon Roan, Ozone crisis: The 15-year evolution of a sudden global emergency, New York, Wiley, (ISBN 0-471-52823-4)
  • (en) Harold Schiff et Lydia Dotto, The Ozone war, Garden City, N.Y, Doubleday, (ISBN 0-385-12927-0)

Sur les actions des pouvoirs publicsModifier

Articles et ouvrages scientifiquesModifier

  • (en) Jack G. Calvert, John J. Orlando, William R. Stockwell et Timothy J. Wallington, The Mechanisms of Reactions Influencing Atmospheric Ozone, New York (New York), Oxford University Press, , 589 p. (ISBN 978-0-19-023302-0).
  • (en) S.V. Krupa et R.N. Kickert, « The Greenhouse effect: impacts of ultraviolet-B (UV-B) radiation, carbon dioxide (CO2), and ozone (O3) on vegetation », Environmental Pollution, vol. 61, no 4,‎ , p. 263-393.
  • (en) Stephen R. Wilson, Keith R. Solomon et Xiaoyan Tang, « Changes in tropospheric composition and air quality due to stratospheric ozone depletion and climate change », University of Wollongong Research Online,‎ (lire en ligne [PDF]).

Articles connexesModifier

 
Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Destruction de la couche d'ozone.

Liens externesModifier