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Jean Jouzel

climatologue et glaciologue français

Jean Jouzel, né le à Janzé (Ille-et-Vilaine), est un climatologue et glaciologue français.

Directeur de recherches au CEA et directeur de l'Institut Pierre-Simon-Laplace jusqu'en 2008, il est membre de l'Académie des sciences et de l'Académie d'agriculture de France[1].

BiographieModifier

Né dans une famille d'agriculteurs bretons, Jean Jouzel passe par le collège Saint-Joseph à Janzé, puis le lycée de l’Assomption à Rennes avant de faire ses classes préparatoires Maths Sup et Maths spé au lycée Chateaubriand[2]. Il est ingénieur diplômé de l'École d’ingénieur ESCIL (nouvellement nommée CPE Lyon), promotion 1968, docteur en sciences physiques depuis 1974 à l'issue d'une thèse sur la Complémentarité des mesures de deutérium et de tritium pour l’étude de la formation des grêlons proposée par son professeur Étienne Roth, après avoir soutenu en 1973 à la faculté d'Orsay sa thèse de doctorat troisième cycle sur les mesures du tritium dans de faibles quantités d'eau à la teneur naturelle[3]. Plutôt que de postuler pour devenir chercheur au CNRS, il préfère alors rentrer au CEA pour y travailler avec Claude Lorius[4]. Il est nommé ingénieur de recherche au laboratoire de géochimie isotopique au CEA de Saclay dont il devient coresponsable en 1986[5]. En 1989, il est nommé adjoint au directeur du laboratoire de glaciologie et géophysique de l'environnement au CNRS - Grenoble puis, en 1991, adjoint au directeur du laboratoire de modélisation du climat et de l'environnement (actuel LSCE) au CEA et, enfin, directeur de recherches au CEA en 1995[5].

De 2001 à 2008, il dirige l'Institut Pierre-Simon-Laplace dont une des principales composantes est le LSCE qui dépend du commissariat à l'Énergie atomique, dont il est responsable du groupe climat de 1998 à 2000[5]. Il est également président du Conseil d'administration de l'Institut polaire français Paul-Émile-Victor (IPEV). En 2009, il devient également président de l'association Méditerranée 2000 dont l'objectif est l'éducation à l'environnement du grand public[5], à l'occasion du 20e anniversaire de sa création.

Une révolution des perspectives du réchauffement en 20 ansModifier

Dans les années 1970, Jean Jouzel et Claude Lorius pensaient plutôt que la Terre était au début d'une nouvelle période de glaciation. Selon Jouzel, « Les trois précédentes périodes interglaciaires avaient duré environ 10 000 ans, la nôtre s’approchait de 12 000 ans, et comme il y avait eu une petite baisse dans les années 1960-1970, on envisageait le refroidissement. Lorius aussi, du reste »[4]. Mais les analyses des carottes de glace prélevées dans l'Antarctique par les Russes dans les années 1982-1983 sur leur base Vostok vont entrainer un changement complet de la vision des climatologues. C'est ce qu'ils vont démontrer dans une série d'articles retentissants parus en 1987 dans la revue Nature. Selon Jouzel, l'analyse des carottes de glace « démontre que pendant les périodes froides il y a moins de CO2 et que pendant les périodes chaudes il y en a davantage. Nous confirmons ainsi que ce qui préside aux grandes phases, c’est bien l’astronomie, la position de la Terre par rapport au Soleil, mais que, lors des réchauffements, le CO2 amplifie le phénomène »[4]. La démonstration du rôle du gaz carbonique, le CO2, va ainsi converger avec le travail des modélisateurs qui « avançaient ce lien et faisaient des prévisions d’augmentation des températures provoquées par les émissions de gaz à effet de serre. Mais c’était des modèles, auxquels s’ajoutaient quelques expériences de laboratoire et les études sur l’atmosphère des autres planètes. Là, grâce au retour dans le passé, nous apportons des résultats concrets, portant sur la Terre, avec des courbes faciles à comprendre par les politiques »[4].

Depuis cette période, Jean Jouzel est reconnu mondialement[6] pour ses analyses de la glace de l'Antarctique et du Groenland permettant de connaître le climat terrestre passé (paléoclimatologie). Il a publié en tant que coauteur près de 45 articles dans les prestigieuses revues scientifiques Nature et Science. C'est ainsi qu'il s'est vu décerner conjointement avec Claude Lorius la prestigieuse médaille d'or du CNRS[4].

Des contributions scientifiques à la lutte politique contre le réchauffement climatiqueModifier

Après la décision en 1988 de fonder le GIEC au sein de l'ONU, les contributions de Jean Jouzel vont devenir bien plus politiques. En 2002, il en sera nommé vice-président du groupe scientifique[5]. C'est alors qu'il deviendra connu du grand public pour sa contribution au sujet du réchauffement climatique, notamment par son rôle d'expert du groupe scientifique s'exprimant de manière infatigable dans les médias. Il n'hésitera pas à parler non seulement en qualité de scientifique expert en climatologie mais également pour commenter les projections économiques et les décisions politiques[7]. En 2007, sous la présidence de Rajendra Kumar Pachauri, le GIEC se voit décerner le prix Nobel de la paix, avec Al Gore, au titre de lanceur d’alerte sur l'urgence climatique[8].

 
Donnant des conférences sur le réchauffement comme ici pour les 80 ans du C.N.R.S.

Quittant le terrain scientifique pour des engagements plus politiques, il va prendre parti, comme il le déclare au Monde « toujours à gauche. Et toujours pour de futurs perdants. Ségolène Royal, Nicolas Hulot, Pierre Larrouturou, Benoît Hamon… Cette année, j’ai préféré ne pas me prononcer pour que le pacte finance-climat, que j’ai lancé avec Pierre Larrouturou, lui-même candidat sur la liste PS-Place publique, reste un peu au-dessus de la mêlée. »[4]

Diverses participations politiquesModifier

En 2010, il intègre le Conseil économique, social et environnemental [9].

En 2014, il est nommé membre du Conseil stratégique de la recherche[10].

Après avoir soutenu Pierre Larrouturou pour la primaire citoyenne de 2017, lequel est finalement exclu du scrutin[11], il rejoint la campagne du candidat socialiste Benoît Hamon comme conseiller climat[12],[13].

En décembre 2017, il lance une campagne[14] visant à soutenir un traité européen destiné à trouver des financements pérennes de la transition énergétique, afin de lutter contre le réchauffement climatique. Il enchaîne ensuite les interventions publiques[15], ainsi que devant les représentants politiques[16], sociaux et environnementaux[17]. Il est à l'origine du collectif « Pacte Finance Climat »[18] signé depuis par plus de cent cinquante personnalités[19], et qui s'appuie sur le livre Pour éviter le chaos climatique et financier qu'il a cosigné avec Pierre Larrouturou.

DistinctionsModifier

Il a reçu de nombreuses distinctions[20] :

Vie privéeModifier

Avec sa femme Brigitte qui était institutrice, il a deux enfants, dont Jean-Noël Jouzel, sociologue, chargé de recherche au CNRS[25].

Publications et apparitionsModifier

BibliographieModifier

prix du livre Science pour tous 2017

ApparitionsModifier

Jean Jouzel est représenté dans une interview de la bande dessinée Saison Brune, parue en 2012 [25].

Il apparaît aussi à titre d'intervenant dans le web-documentaire Climat sous tension paru en 2015.

Il est également un personnage récurrent dans la pièce de théâtre de David Lescaut sur la COP21, Les Glaciers Grondants[26],[27].

Notes et référencesModifier

  1. Notice Jouzel sur AAF
  2. Tugdual Denis, « Jean Jouzel : blues de chauffe », sur bretons-mag.com, .
  3. Jean Jouzel, Claude Lorius, Dominique Raynaud, Planète blanche : Les glaces, le climat et l'environnement, Odile Jacob, (lire en ligne), p. 98.
  4. a b c d e et f Nathaniel Herzberg, « Jean Jouzel : « L’effondrement n’est pas imminent. Je nous vois griller à petit feu » », lemonde.fr,‎ (lire en ligne)
  5. a b c d et e Romain Georges, « Jean Jouzel : biographie », Overblog,‎ (lire en ligne)
  6. « Jean Jouzel, sentinelle du climat », Le Monde, 23 août 2007
  7. [1], Réseau Action climat, 21 juillet 2004
  8. « Les craintes de Jean Jouzel, prix Nobel de la Paix ».
  9. « Conseil économique social et environnemental »
  10. Décret du 3 février 2014 portant nomination au Conseil stratégique de la recherche.
  11. Mathieu Dejean, « Présidentielle 2017 : jusqu’où ira Pierre Larrouturou ? », lesinrocks.com, 12 décembre 2016.
  12. Marie-Pierre Haddad , « Présidentielle 2017 : ce que traduit le nouvel organigramme de l'équipe de Hamon », rtl.fr, 26 février 2017.
  13. Organigramme de campagne de Benoît Hamon
  14. « Nous n’acceptons pas que l’humanité se dirige, sans réagir, vers le chaos climatique », sur Le Monde.fr (consulté le 8 juillet 2018)
  15. https://www.youtube.com/watch?v=Wl9iKlcwokQ
  16. « Commissions du développement durable et affaires européennes : MM. Pierre Larrouturou et Jean Jouzel - Mercredi 6 juin 2018 », sur videos.assemblee-nationale.fr (consulté le 8 juillet 2018)
  17. Frédérick Moulin, « CESE/Débat sur le Pacte Finance-Climat avec Jean Jouzel, Pierre Larrouturou et le Commissaire Cañete », (consulté le 8 juillet 2018)
  18. https://climat-2020.eu/fr/
  19. « Les Premiers signataires | Pacte Finance Climat », sur climat-2020.eu (consulté le 8 juillet 2018)
  20. « Qui est Jean Jouzel, le nouveau « Nobel » français que les médias ignorent ? ».
  21. CNRS, « Liste des médaillés d'or du CNRS », sur http://www.cnrs.fr (consulté le 11 février 2014).
  22. Météo et Climat.
  23. « Médaille d'OR de l'Académie d'Agriculture de France ».
  24. « Décret du 13 juillet 2018 portant promotion », sur legiondhonneur.fr (consulté le 14 juillet 2018).
  25. a et b Aurélie Luneau, « Jean Jouzel brise la glace ! », émission La Marche des sciences sur France Culture, 3 octobre 2013
  26. « Les Glaciers grondants : Le climat serait-il aussi à l’intérieur de nous ? », sur Kaizen (consulté le 11 avril 2019)
  27. « «Glaciers grondants», retour de flamme », sur Libération.fr, (consulté le 11 avril 2019)

Liens externesModifier