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Cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon

cathédrale située dans le Finistère, en France

Cathédrale Saint-Paul-Aurélien
de Saint-Pol-de-Léon
Image illustrative de l’article Cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon
Présentation
Culte Catholique romain
Type Ancienne cathédrale
église paroissiale depuis 1801
Rattachement Diocèse de Quimper et Léon
Début de la construction XIIe siècle
Fin des travaux XVIe siècle
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Ville Saint-Pol-de-Léon
Coordonnées 48° 41′ 06″ nord, 3° 59′ 11″ ouest

Géolocalisation sur la carte : Bretagne

(Voir situation sur carte : Bretagne)
Cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon

La cathédrale Saint-Paul-Aurélien de Saint-Pol-de-Léon est l'ancienne cathédrale du diocèse de Léon, créée au VIe siècle et supprimée en 1801. L'église fait actuellement partie du diocèse de Quimper, et fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840.

HistoireModifier

Les édifices antérieursModifier

 
Arcade séparant le collatéral nord et le transept, avec trace d'un arc en plein cintre subsistant de l'église romane

L'église est dédiée à Saint Paul-Aurélien (ou Saint Pol Aurélien). D'après la légende, Paul Aurélien serait un moine venu du Pays de Galles pour évangéliser le territoire des Osismes vers 525. Il aurait été le premier évêque de la ville, peut-être une abbaye-évêché sur le modèle irlandais. Cette histoire est relatée par un moine de l'abbaye de Landévennec vers 884 dans une Vita de Paul Aurélien, qui n'est probablement pas une source fiable. Cependant, il est certain que l'évêché de Saint-Pol-de-Léon est très ancien et antérieur à ceux de Dol, Saint-Brieuc et Tréguier, fondés au IXe siècle[1].

La première église est détruite en 875 par les Danois. Une église romane, probablement non voûtée, est reconstruite à cet emplacement dans la première moitié du XIIe siècle, sous l'épiscopat de Hamon. Les vestiges conservés indiquent que l'édifice était particulièrement soigné, avec un décor riche : peintures murales dans les combles du transept nord, quelques fenêtres bouchées au croisillon sud... Il pourrait avoir eu le même plan, au moins en partie, que l'édifice actuel[1]. Ce bâtiment subit des dommages en 1170 lors d'un raid mené par les Anglais sous la conduite d'Henri II Plantagenêt[2].

La reconstruction de la façade et de la nef (XIIIe siècle et XIVe siècle)Modifier

La construction de la cathédrale actuelle commence vers 1230, sous l'évêque Derrien, par la façade occidentale. Le chantier traîne en longueur et dure jusqu'au XIVe siècle[2].

Les travaux se poursuivent par la nef : elle est le fruit de deux grandes campagnes de constructions, l'une dans les années 1250-1260 et la seconde dans le premier tiers du XIVe siècle. La première campagne, menée à une époque où l'architecture bretonne reçoit l'influence des constructions normandes et anglaises, a eu pour fruit les parties basses de la nef et sa travée la plus occidentale, ainsi que le porche méridional ; elle peut être rapprochée de la nef de la cathédrale de Tréguier, elle aussi influencée par l'architecture anglaise et normande. La seconde campagne a permis de bâtir le triforium et les fenêtres hautes et de poser les voûtes. Entre les deux périodes, le chantier a connu un long arrêt, mis à profit pour poser un décor peint dans la partie méridionale de la nef. La reprise de la construction, notamment le voûtement des bas-côtés, a conduit à la mutilation de ces peintures. L'édifice est consacré en 1334[3].

Une chapelle dédiée à saint Martin est également bâtie le long de la nef, au-delà du bas-côté méridional, entre le grand porche et le bras sud du transept[4]. Sa construction a sans doute eu lieu sous l'épiscopat de Guillaume de Kersauzon (1292-1327)[5].

La reconstruction du transept et du chevet (XIVe siècle-XVIe siècle)Modifier

 
Rose du transept sud, construite après l'incendie de 1375

La chronologie de la reconstruction du transept et du chevet a fait l'objet de désaccords parmi les historiens, la plupart datant le lancement du chantier de l'épiscopat de Jean Validire, soixante ans après des dégradations commises par les Anglais en 1365[6]. Cependant, de nouvelles hypothèses ont été proposées par Isabelle Isnard : incendiée par les Anglais le 14 septembre 1375 (et non 1365), le jour de la Sainte-Croix, tout comme la ville, la cathédrale fait rapidement l'objet d'une campagne de travaux de restauration sur transept et le chœur romans, dont sont issus le pignon du croisillon sud, les baies en plein cintre qui couronnent le mur est de ce croisillon, ainsi que les baies de la première chapelle nord avec leurs remplages de style gothique rayonnant[7].

Un nouveau chantier est lancé par l'évêque Jean Validire en 1431, avec le soutien financier du duc Jean V. Ses successeurs Jean Prigent puis Guillaume Ferron assurent la poursuite des travaux, que le second mène à son achèvement. L'ouvrage commence par les chapelles du déambulatoire ; le transept est rebâti en parallèle des travaux du chœur, en intégrant les parties bâties au XIVe siècle. Les travaux sont achevés en 1472 au plus tard, à la mort de Guillaume Ferron[8].

Dans la nef, le portail méridional du XIIIe siècle est remplacé au XVe siècle par un autre réalisé en kersantite. On aménage également des enfeus dans le bas-côté nord[4].

Enfin, entre 1521 et 1539, on remanie le transept en y lançant de nouvelles voûtes ; à cette période, les chapelles du déambulatoire sud sont également modifiées pour permettre un nouvel aménagement de l'espace[8].

L'édifice à l'époque moderneModifier

En 1658, on construit une tribune d'orgue dans la nef, appuyée sur les piles qui portent les tours de la façade[4].

Après la Révolution françaiseModifier

L'édifice, qualifié d'exceptionnel par Prosper Mérimée en 1835, est classée monument historique par la liste de 1840[9]. Peu après, des travaux de restauration sont lancés, sous la responsabilité de Charles Boyer puis d'Etienne Puyo. La voûte de la nef est restaurée en 1844, par la suppression des gravats situés sur son extrados et la mise en place de tirant de fer avec des ancres au sud. Les voûtes sous les tours de façade durent être entièrement reconstruites en 1859-1860, sous la conduite d'Etienne Puyo, qui recevait lui-même des indications d'Etienne Lambert. En outre, six des dix arcs-boutants sont remplacés dans l'intervalle. Enfin, le porche sud en kersantite est lourdement restauré en 1860-1863 : l'intérieur est gratté, les socles des statues, les culots sculptés, les banquettes et les colonnettes qui portaient les voûte sont tous refaits ou remplacés[10].

Une cérémonie grandiose célébra les 4, 5 et la translation dans une châsse en bronze doré des reliques conservées dans la cathédrale : une épine de la couronne du Christ ; le crâne, un os du bras et un doigt de saint Pol Aurélien ; une omoplate et une vertèbre de saint Hervé ; une tête de fémur et deux fragments d'os d'un certain saint Laurent, neveu de saint Pol[11]. L'ancienne cathédrale est édifiée en basilique mineure de l'Annonciation par Léon XIII en 1901[12].

Vie de la cathédrale au XXIe siècleModifier


DescriptionModifier

La basilique-cathédrale actuelle est une église gothique, influencée par le style normand, bâtie sur les ruines d’une église romane. Elle est inspirée notamment de la cathédrale de Coutances. Elle dresse ses deux tours dissemblables aux imposants clochers d’une hauteur de 55 mètres. La nef a été construite en pierre de Caen, inhabituel à l'époque. Le reste de l'édifice est en granit. Le parvis est refait en 2006 avec du granit provenant de Chine[13]. Les dalles sont des losanges pour faire écho au plan du monument religieux, et de deux couleurs en correspondance avec le dallage de son chœur.

 
Plan de la cathédrale (légende en description).

DimensionsModifier

  • Hauteur des clochers : 55 m
  • Longueur intérieure : 84 m
  • Hauteur de la nef : 16 m
  • Hauteur des bas-côtés : ?
  • Largeur de la nef : ?
  • Largeur des bas-côtés : ?
  • Largeur totale : ?

ExtérieurModifier

FaçadeModifier

TranseptModifier

Le transept, vu de l'extérieur, se caractérise par la diversité des parements.

ChevetModifier

La façade est dominée par deux flèches polygonales dissymétriques, hautes près de 50 m. Au-dessus du portail central, se trouve une terrasse, à partir de laquelle l'évêque donnait sa bénédiction. Sous la flèche de droite, une petite porte était réservée aux lépreux. Au-dessus du transept se situe un petit clocheton, dit "clocher du chapitre".

Sur la ville constituée de maisons basses, la hauteur de la cathédrale s’imposait à tous. Dans l’obscurité médiévale, l’absence d’éclairage public devait rendre sa silhouette encore plus grandiose et imposante. Les illuminations de ces chefs-d’œuvre d’architecture qui essaimaient dans toute l’Europe venaient alors de la couleur, celle des vitraux mais aussi parfois de la façade et de la statuaire (les statues sous les porches ont été polychromes).

Les pensées des bâtisseurs de cathédrales étaient bien loin des nôtres et leur façon d’appréhender la polychromie, dans une symbolique qui a évolué au fil des siècles, peut surprendre aujourd'hui. En 2007, elle s'est vêtue d'un habit brillant de lumière, permettant de mettre en valeur des détails qui font la richesse de l’édifice, mis au point par l’éclairagiste Pascal Goujonmis[14].

IntérieurModifier

NefModifier

La nef est construite en calcaire importé de Normandie, un matériau rare et précieux en Bretagne, qui atteste du soin apporté à l'édifice[4]. Elle comporte trois vaisseaux, séparés par de grandes arcades retombant sur des piles composées de multiples colonnettes. Ces grandes arcades présentent deux profils d'intrados différents : dans les deux travées occidentales, on observe une double moulure épaisse, d'inspiration normande ; dans les travées suivantes, il n'y a plus qu'un large bandeau orné de cavets[15]. Cette différence pourrait résulter d'une interruption du chantier le temps de démolir l'ancienne nef, à laquelle les deux premières travées seraient d'abord venues s'appuyer[16]. Au-dessus de ces grandes arcades, le triforium aveugle est surmonté par des fenêtres hautes, au pied desquelles circule une galerie, suivant la technique normande du mur épais[15].

La première travée, construite lors de la première phase de construction, diffère significativement du reste de la nef. Le triforium de la première travée est composée de deux arcades larges, dédoublées par deux arcs brisés, tandis que dans les travées suivantes, il est formé de quatre arcades brisées, les deux du centre plus large que celles des côtés[15]. Ce triforium est orné de quadrilobes et de trilobes en creux, inspirés de constructions de la première moitié du XIIIe siècle en Basse-Normandie : la nef de la cathédrale de Sées, le chevet de la cathédrale de Bayeux, par exemple. La frise qui présente ces décors est conservée et même doublée dans les travées suivantes, malgré les modifications apportées par ailleurs au triforium : il montre désormais une influence française qui n'existait pas dans la première phase de construction. En effet, l'absence de bases et de chapiteaux rappelle l'architecture rayonnante d'Île-de-France, quand la modification des proportion et la modénature simplifiée évoquent le chevet de la cathédrale de Bourges, peut-être connu par l'intermédiaire de celui de la cathédrale du Mans[16]. Dans la seconde partie de la nef le triforium est surmonté des fenêtres hautes, encadrées par deux petites baies aveugles, qui ouvrent sur le passage mural. Les fenêtres hautes présentent des remplages extrêmement variés, difficiles à dater. Il est probable que les baies à meneaux bifurqués soient les plus anciennes, tandis que celles à deux lancettes surmontées d'un oculus pourraient être le fruit de remaniements ultérieurs[15].

La nef et ses collatéraux sont couverts de voûtes d'ogives. La similitude entre la sculpture des chapiteaux des parties hautes de la nef et celle des clés de voûtes, qui présentent tous deux des feuillages naturalistes, indiquent que les voûtes ont été posées peu de temps après l'achèvement des parties hautes[16].

TranseptModifier

Le transept est particulièrement allongé : chacun des deux bras comprend quatre travées. Son élévation ne comprend que deux niveaux : de grandes arcades brisées surmontées de grandes fenêtres hautes. Il s'agit pour l'essentiel du transept de la cathédrale romane, mis au goût du jour aux XIVe siècle et XVe siècle[17].

ChœurModifier

 
La nef de la Cathédrale

L'intérieur présente trois nefs, précédées par un narthex. La nef principale est surmontée d'un triforium. La voûte est composée d'ogives en tiers-points. Le chœur est entouré d'un déambulatoire. Au-delà de son grand intérêt architectural, l'édifice recèle de nombreuses œuvres d'art remarquables et abrite une multitude de curiosités artistiques :

Dans le chœur, 66 stalles de chênes du XVIe siècle, chef-d'œuvre de menuiserie. Elles déploient un merveilleux programme iconographique emprunté autant aux Écritures qu’aux fabliaux du Moyen Âge. Quelques panneaux portent des graffitis de jeunes choristes de la psallette du XVIe siècle.

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Au-dessus de l'autel, un précieux ciborium en bois (dit aussi colombarium). En forme de crosse, ce grand palmier rococo symbolisant l’éternité et la résurrection est l'un des rares ciborium encore en place dans une église. Il abritait le ciboire contenant la Sainte Eucharistie pour assurer la conservation des hosties[18].

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MobilierModifier

La cathédrale abrite trente-trois objets inscrits ou classés au titre des monuments historiques. Parmi les plus notables, on compte le maître-autel, une cloche très ancienne, ainsi qu'un sarcophage dit tombeau de Conan Mériadec.

Maître-autelModifier


StallesModifier

RetablesModifier

LutrinModifier

BaptistèreModifier

StatuesModifier

TableauxModifier

Mobilier funéraireModifier

TombeauxModifier

L'ancienne cathédrale Saint-Paul-Aurélien abrite également plusieurs tombeaux. Le plus ancien est un sarcophage roman, réalisé au XIIe siècle. Il avait la réputation d'abriter les restes du roi légendaire Conan Mériadec, et l'on croyait au XIXe siècle qu'il s'agissait d'une oeuvre mérovingienne du VIe siècle. Il est sculpté de motifs chrétiens : une croix à la tête, l'arbre de vie au pied, avec des arcatures sur les côtés[19]. Ce sarcophage est classé au titre des monuments historiques depuis le [20].

S'y ajoutent une série de tombeaux de dignitaires et de notables locaux. Sous un enfeu, dans le dallage de la chapelle Saint-Roch dans le collatéral, se trouve la dalle funéraire en marbre noir de Jean Le Scaff, sénéchal de Léon autour de 1500, et de sa femme Anne du Bois de Kergoat. Ce tombeau, fait de marbre noir et de kersantite, a été réalisé au XVIe siècle. Il comporte notamment les armoiries des familles des deux défunts[21]. Il est classé au titre des monuments historiques depuis le [22].

Dans la chapelle axiale se trouve l'enfeu du chanoine Olivier Richard, mort en 1539. Un entablement et un fronton le surmontent, avec un décor Renaissance. Le fronton porte les armes de la famille Richard. Le tombeau a été commandé par le frère du chanoine, François Richard, après la mort de ce dernier. Ce tombeau n'est pas protégé au titres des monuments historiques[23].

On trouve également dans l'édifice le tombeau de René de Rieux, comte-évêque de Léon mort en 1651. Ce tombeau se trouvait initialement à l'abbaye cistercienne du Relec. Classé au titre des monuments historiques le , il a été depuis déclassé le [24].

Classé et déclassé aux mêmes dates que le précédent, le tombeau de Guillaume de Kersauzon, évêque de Léon au tournant des XIIIe siècle et XIVe siècle, a été reconstitué en marbre au XIXe siècle[25]. Il se trouve dans le déambulatoire, du côté sud, et comporte un gisant représentant un évêque[26].

Reliquaires de crânesModifier

Un enfeu du déambulatoire nord abrite un ensemble funéraire surnommé les "Étagères de la Nuit". Il s'agit d'un ensemble de trente-cinq boites en bois, en forme de chapelles surmontées d'une croix. La face avant des boites laisse voir leur contenu par une ouverture en forme de trèfle ou de cœur : chaque boite protège un crâne, identifié par le nom et la date du décès. Les plus anciens de ces objets remontent au XVIe siècle. L'ensemble est incomplet du fait de deux vols successifs : en 1984, un crâne est dérobé, et le voleur laisse la boite vite ; l'année suivante, une boite et un crâne sont volés simultanément. L'ensemble subsistant est classé au titre des monuments historiques le [27].

ClochesModifier

La cathédrale abrite une cloche de bronze dont l'origine remonte peut-être au VIe siècle. Ses dimensions sont modestes : pas plus de 19 cm de haut. Appelée « cloche de saint Pol de Léon », elle est classée au titre des monuments historiques depuis le [28]. Il s'agit d'une cloche à main, réputée avoir appartenu au saint évêque. Il l'aurait tenue du roi Marc, oncle de Tristan, et la cloche est attestée au Xe siècle sous le nom de cloche du roi Marc. Elle occupe une place importante dans l'hagiographie de Paul Aurélien écrite par le moine Wrmonoc en 884. Elle fait l'objet d'une grande vénération de la part des fidèles, car elle a la réputation de guérir la surdité et les maux de têtes. On l'imposait sur la tête des malades, jusqu'à ce que l'évêque s'oppose à cette pratique en 1629-1630, en n'acceptant plus que l'osculation, c'est-à-dire les baisers. A la fin du XXe siècle, l'une et l'autre pratique ont disparu, et on fait simplement sonner la cloche au-dessus de la tête des fidèles[29].

Hors de cette clochette, la cloche la plus ancienne de la cathédrale a été fondue en 1563. Appelée « le Jacques », elle commémore l'évêque Ham, que son neveu Guiomarets du Fou avait assassiné le , alors qu'il sortait de l'office. Elle porte l'inscription suivante : « Je fus fait par Mr Guy de Hergoat chanoine de Léon, fabrique lors me fit faire par Artus Grumaret fondeur pour servir l'an MVc LXIII. Ante nommalear Hamo ». Cette cloche sonne les heures. Elle a été classée au titre des monuments historiques comme immeuble par destination avec la cathédrale par la liste de 1840[30].

Enfin, l'édifice abrite deux autres cloches, situées dans la tour nord, qui sonnent les quarts d'heure. Elles ont été fondues en 1612 et, comme la précédente, ont été classées au titre des monuments historiques comme immeuble par destination avec la cathédrale par la liste de 1840[31].

Le retable de Notre-Dame du Mont-Carmel, XVIIe siècle[32].

Le baptistère octogonale en bois, 1897[33].

Nombreux tombeaux d'évêques de Saint-Pol-de-Léon, autour du chœur (Mgr de Kersauzon[34], Mgr de Neufville[35], Mgr de Rieux[36], Mgr de La Marche[37]…). On retiendra notamment celui de Mgr François de Visdelou[38], œuvre du sculpteur Nicolas de la Colonge et daté de 1711 et un mausolée Renaissance, œuvre des frères Richard.
L'église abrite également les reliques de Saint Pol Aurélien, une vertèbre et une omoplate de Saint-Hervé, un fémur de Saint-Laurent[39].
La dalle de Marie-Amice Picard marque l’emplacement où est inhumée l’une des figures les plus extraordinaires de toute l’histoire du mysticisme. Décédée en 1652, cette mystique est restée près de vingt ans sans prendre de nourriture, autre que l'Eucharistie. Elle a attiré en son temps l’attention des plus grands esprits d’Europe, Descartes et Huygens notamment[40].

VitrauxModifier

 
Maîtresse vitre de la façade méridionale du transept sud

Les vitraux apparaissent a l'inventaire comme s'étalant de 1367 au XVIIIe siècle. Les vitraux anciens furent réalisés par Allain Cap[41], un célèbre peintre verrier[42]. Le chœur et les transepts offrent seuls des armoiries ou des dates.

  • Les armes de Jean du Juch « sont en la maîtresse vitre du chœur de l’église cathédrale et aux deux vitres de la chapelle de Toussaints en la même église. » (1367-1369)[43].
  • « La grande fenêtre septentrionale (Nord) à meneaux rayonnants est en vitraux de couleurs portant la date de 1500 et représentent le Jugement dernier et les Œuvres de Miséricordes. Les fenêtres du chœur étaient garnies de verrières de couleur, œuvres d’Alain Cap de Lesneven. Il en reste des fragments qui donnent à penser que l’évêque de Neuville (1563-1613) les avait fait exécuter. Les écussons des familles importantes s’y mêlaient à ceux de France et de Bretagne. »[44].

OrguesModifier

 
Grand orgue de 1660

Orgues et buffets d'orgues réalisés par les anglais Robert et Thomas Dallam, soutenus par une voûte en anse de panier. Le grand orgue a été construit entre 1657 et 1660. L’instrument, monument historique, comporte 2118 tuyaux. Le plan de l'orgue est très proche de celui du King's College de Cambridge et de Windsor. Il est orné d'un damier noir et blanc, en trompe-l'œil, évoquant une cour semi-circulaire encadrée de colonnades[45].

ClochesModifier

La cloche celtique de Paul Aurélien[46], l’une des plus anciennes cloches carolingiennes de Bretagne, et, dans un tube de cristal, une épine de la couronne du Christ présente dans la cathédrale depuis plusieurs siècles… L'église offre une "chasse aux dragons", emblème de Pol-Aurélien qui vainc le "mal", à travers sculptures et vitaux, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. 41 dragons se cachent seuls ou en groupe dans les stalles du chœur ; ils ornent des accoudoirs et les miséricordes des stalles[47].

AnnexesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b Techer 2009, p. 325.
  2. a et b Bonnet et Rioult 2010, p. 425.
  3. Techer 2009, p. 327-329.
  4. a b c et d Techer 2009, p. 326.
  5. Bonnet et Rioult 2010, p. 426.
  6. Peyron 1901, p. 31
  7. Isnard 2009, p. 339.
  8. a et b Isnard 2009, p. 340.
  9. Notice no PA00090425, base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. Techer 2009, p. 326-327.
  11. Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, (ISBN 978-2-918135-37-1)
  12. Historique de la construction de la cathédrale Paul Aurélien, magazine municipale, janvier 2016
  13. Saint-Pol de Léon. Un nouveau visage pour le centre-ville, Le Télégramme, 25 juin 2007
  14. Philippe Madec, Des projets d'ensemble pour les espaces urbains
  15. a b c et d Techer 2009, p. 327.
  16. a b et c Techer 2009, p. 328.
  17. Isnard 2009, p. 333.
  18. Le ciborium
  19. Vieillard-Troïekouroff 1986, p. 60.
  20. « Sarcophage dit de Conan Meriadec », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 26 août 2019)
  21. « Tombeau de Jean le Scaff et de Anne du Bois de Kergoat », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 26 août 2019)
  22. « Dalle funéraire de J. Le Scaff sénéchal de Léon », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 26 août 2019)
  23. « Tombeau, enfeu du chanoine Olivier Richard », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 26 août 2019)
  24. « Tombeau de l'évêque de Rieu », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 26 août 2019)
  25. « Tombeau de l'évêque de Kersauzon », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 26 août 2019)
  26. « Tombeau : de monseigneur de Kersauzon », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 26 août 2019)
  27. « 35 reliquaires de crâne », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 23 août 2019)
  28. « Cloche dite de Saint Pol de Léon », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 23 août 2019)
  29. Tanguy 1994, p. 511-515.
  30. « Cloche dite le Jacques », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 23 août 2019)
  31. « 2 cloches », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 23 août 2019)
  32. Retable
  33. Baptistère
  34. Tombeau de Guillaume de Kersauzon
  35. Tombeau de Monseigneur de Neufville
  36. Tombeau de Monseigneur de Rieux
  37. Tombeau de Monseigneur de La Marche
  38. Tombeau de Monseigneur de Visdelou
  39. Reliquaire de Paul-Aurélien, Saint Hervé et Saint Laurent
  40. Tombe d'Amice Picard
  41. Allain Cap, né le à Lesneven, mort le
  42. Charles-François Farcy et François-Fortuné Guyot de Fère, Le Foll-Goët, "Journal des artistes : annonce et compte rendu des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure, lithographie, poésie, musique et art dramatique", 1844, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k423911m/f313.image.r=Cuburien?rk=1072966;4
  43. Vie des saints, 1901, p. 235
  44. Pol de Courcy, monographie de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon
  45. Grandes Orgues
  46. Cloche de saint Paul
  47. Le dragon de St Pol-Aurélien

BibliographieModifier

  • Philippe Bonnet et Jean-Jacques Rioult, « Saint-Pol-de-Léon. Cathédrale Saint-Paul-Aurélien », dans Bretagne gothique, Paris, Picard, , 485 p. (ISBN 978-2-7084-0883-8), p. 425-437
  • Françoise Gatouillat et Michel Hérold, « Saint-Pol-de-Léon. Cathédrale Saint-Paul-Aurélien », dans Les vitraux de Bretagne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Corpus Vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France » (no 7), , 367 p. (ISBN 2753501513), p. 193-194
  • Isabelle Isnard, « Saint-Pol-de-Léon, cathédrale Saint-Paul-Aurélien. Le transept et le choeur », Congrès archéologique de France, Paris, Société française d'archéologie « Session 2007 : Finistère »,‎ , p. 332-341
  • Paul Peyron, La Cathédrale de Saint-Pol et Le Minihy Léon, Quimper, Imprimeur de l’Évêché, , 248 p. (lire en ligne)
  • Bernard Tanguy, « La cloche de Paul-Aurélien », Collection de l'Institut des Sciences et Techniques de l'Antiquité, vol. 511 « Mélanges François Kerlouégan »,‎ , p. 611-622 (lire en ligne).
  • Pascale Techer, « Saint-Pol-de-Léon, cathédrale Saint-Paul-Aurélien. Les campagnes des XIIIe et XIVe siècles », Congrès archéologique de France, Paris, Société française d'archéologie « Session 2007 : Finistère »,‎ , p. 325-331.
  • May Vieillard-Troïekouroff, « Le tombeau du duc d'Alsace Etichon, fondateur du monastère de Sainte-Odile », Bulletin de la société nationale des antiquaires de France,‎ , p. 55-62 (lire en ligne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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