Cathédrale Saint-Corentin de Quimper

cathédrale située dans le Finistère, en France

Cathédrale Saint-Corentin
Image illustrative de l’article Cathédrale Saint-Corentin de Quimper
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse de Quimper et Léon (siège)
Début de la construction XIIIe siècle
Fin des travaux XVe siècle
(flèches)
Style dominant Gothique rayonnant (chœur)
Gothique flamboyant (nef et transept)
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
Site web http://www.quimper.fr/624-la-cathedrale-saint-corentin.htm
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Ville Quimper
Coordonnées 47° 59′ 44″ nord, 4° 06′ 08″ ouest
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Cathédrale Saint-Corentin
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Cathédrale Saint-Corentin
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Cathédrale Saint-Corentin

La cathédrale Saint‑Corentin, dont le nom complet est basilique cathédrale Saint-Corentin[1], est un lieu de culte catholique sous le patronage de Notre-Dame et du premier évêque légendaire dont elle porte le nom, saint Corentin. Elle est située dans le centre-ville de Quimper, chef-lieu du département du Finistère, en Bretagne. Siège du diocèse de Quimper avant la Révolution française, le bâtiment est depuis 1801 le siège du diocèse de Quimper et Léon.

Le monument actuel de style gothique est édifié au XIIIe siècle sur la base d'édifices plus anciens, et achevé sous le Second Empire. Il présente une apparente unité architecturale malgré un chantier permanent durant six siècles, marqué d'hésitations, d'arrêts dans la construction et de repentirs.

Classée Monument Historique sur la liste de 1862, la cathédrale est entièrement restaurée dans les années 1990 et 2000 qui voient la consolidation de ses structures et la restitution partielle de sa polychromie originelle plus vive.

La cathédrale est considérée comme l'élément majeur du patrimoine quimpérois, attirant de nombreux touristes venus admirer ses flèches culminant à plus de 75 mètres au-dessus du sol et encadrant la statue du roi légendaire Gradlon.


HistoireModifier

 
Situation de la cathédrale.

La cathédrale actuelle occupe un emplacement où plusieurs sanctuaires se sont succédé et dont l'historien sait peu de choses, faute de textes et de fouilles archéologiques.

La cathédrale pré-romaneModifier

Une cathédrale est élevée sous l’épiscopat de Félix (titulaire du siège de Cornouaille en 835), déposé par Nominoé en 849 sous prétexte de simonie, mais plus probablement en raison de son origine ou de son obédience franques[2].

La cathédrale romaneModifier

Bien qu'attestée en 1128 et en 1424, la cathédrale romane n'a pas fait l'objet d'études historiques, ni de fouilles archéologiques. On ignore donc pour l'essentiel ses caractéristiques et l'époque de sa construction[3]. Le seul vestige connu est un chapiteau sculpté retrouvé en 1879 dans la façade d'une maison à proximité de la cathédrale. Aujourd'hui, cet élément lapidaire est conservé au Musée départemental breton de Quimper. De forme presque cubique, il est orné dune couronne de feuillages débordants dont les tiges forment aux angles des quatrefeuilles et pourrait provenir du rond-point de la cathédrale. Il a sans doute été produit dans le dernier quart du XIe siècle[4].

Sa place au cœur du réseau viaire concentrique du Quimper médiéval permet néanmoins de supposer que sa construction est liée à la réorganisation de l'espace public situé aux alentours. En effet, ainsi que l'ont démontré les fouilles archéologiques, l'actuelle place Laënnec accueille à partir de 1060 - 1080 un grand cimetière traversé par des allées convergeant vers la nef de l'actuelle cathédrale gothique, emplacement supposé de la cathédrale romane. Jean-Paul Le Bihan émet l'hypothèse que ce grand projet urbain est ordonné par le duc de Bretagne et comte de Cornouaille Hoël II, dont la famille a fréquemment été associée à la charge d'évêque de Quimper[3]. Le culte de saint Corentin est également très vivace chez les princes cornouaillais. Cette période de construction, commençant aux alentours de 1070, est compatible avec le chapiteau roman mentionné par Le Men[5].

Le Bihan fait également l'hypothèse que l'emplacement de la cathédrale romane à cet endroit - sous la nef de l'actuelle cathédrale gothique - aurait permis la conservation d'un monument plus ancien le temps des travaux et situé sous le chœur de l'actuelle cathédrale gothique. Cet emplacement est également davantage à l'abri des grandes marées qui peuvent remonter le cours de l'Odet. La découverte, en 1992, des vestiges d'une abside sous le bras nord du transept gothique laisse supposer la présence d'un baptistère de plan circulaire construit à l'arrière du chevet roman[5].

D'après Le Men, le chœur de la cathédrale romane est démoli en 1424 pour laisser place aux travaux de construction de la nef gothique[3]. Le Bihan pense que c'est la cathédrale entière qui a été démolie à cette occasion[6].

La cathédrale gothiqueModifier

La cathédrale gothique est construite en trois fois, l'impulsion initiale étant donnée en 1239 par un horsain, l'évêque de Cornouaille Rainaud.

L’édification du chœurModifier

De 1240 à 1336 est construit le chœur (consacré en 1287) à l'Est de la cathédrale romane qui est conservée pour le culte mais les travaux sont interrompus par la guerre de Succession de Bretagne et ne sont achevés que sous l'épiscopat de Gatien de Monceaux : les voûtes sur croisées d'ogives sont lancées de 1408 à 1415, peintes en 1417. Les verrières traitées au jaune d'argent sont, quant à elles, sont mises en place entre 1417 et 1419[7].

L'édification de la nefModifier

 
Plan de la cathédrale montrant le « désaxement ».

Sous l'impulsion de l'évêque de Cornouaille Bertrand de Rosmadec, la première pierre de la façade est posée le 26 juillet 1424[8]. La nef et le transept sont construits de 1424 à 1485, après démolition de la cathédrale romane[9]. Les portails nord (portail des Baptêmes) et sud (portail Sainte-Catherine) sont en place avant 1433. Après 1460, la nef vient se greffer sur le chœur par l'intermédiaire du transept, que surmonte un clocher central de 16 mètres. Les voûtes de la nef, enduites d'ocre et tracées à l'imitation d'un assemblage de briques, ne sont complètement posées qu'entre 1486 et 1493[10].

La cathédrale a un plan en croix latine et possède la particularité d'avoir une déviation vers la gauche de l'ordre de 10° de l'axe du chœur par rapport à la nef. Plusieurs hypothèses ont été données pour expliquer ce « désaxement » :

  • hypothèse la plus vraisemblable : contrainte due à la configuration du terrain (« désaxement » pour éviter le sol humide trop instable proche de la rivière) qui empêche de modifier l’axe de la cathédrale romane ;
  • choix symbolique de rappeler la position de la tête du Christ sur sa croix ;
  • choix rationnel de raccorder l'édifice à la chapelle romane de la « Victoire » qui était alors une structure indépendante et un symbole important de la mythologie comtale (mémorial de la victoire du comte de Cornouaille Alain Canhiart sur son suzerain Alain III en 1031) avant de devenir la chapelle axiale ;
  • présence du palais épiscopal au Sud et de l'urbanisme naissant, avec ses axes comme la rue Kéréon et la place sur laquelle la façade de la cathédrale ne pouvait être placée en biais, ce qui interdit de prolonger l’axe gothique du chœur et impose de conserver l’orientation de la nef romane[11].

Le porche sud a été réalisé par l'atelier ducal du Folgoët[12]. Les vitraux anciens furent réalisés par Allain Cap[13], un célèbre peintre verrier[14].

Les temps modernesModifier

Le 10 août 1613 a lieu l'incendie de la toiture de la tour nord. Le , la flèche de la tour de plomb est touchée par la foudre. Les chanoines du chapitre approchent les saintes reliques des flammes ; peine perdue, l'incendie poursuit ses ravages, malgré l'emploi de 150 barriques d'eau et d'une cinquantaine de charretées de fumier. Pour lutter contre ce fait de sorcellerie, les chanoines décident alors de jeter dans le brasier un pain de seigle renfermant une hostie et d'asperger le feu d'eau bénite mélangée à du lait de femme. Miraculeusement, le démon quitte les flammes et le feu s'éteint, mais le clocher est totalement ruiné. La légende affirme que le pain de seigle contenant l'hostie fut retrouvé intact au milieu des cendres. Cette anecdote est connue sous le nom du « diable de Quimper-Corentin »[15].

De 1643 à 1644 sont construits l'orgue et sa tribune[8]. La chaire baroque, de bois polychrome et doré, est une œuvre de 1679, due à Jean Michelet et Olivier Daniel, maître menuisier et maître sculpteur quimpérois, qui représentent dans des médaillons de la cuve et sur la rampe d'escalier différents épisodes de l'histoire de saint Corentin[16].

La RévolutionModifier

 
La cathédrale flanquée de ses échoppes, vers 1740.

Sous la Révolution, la cathédrale est transformée en temple de la Raison. Les échoppes fabriciennes accrochées aux flancs de la cathédrale sont converties en débits de boisson. Mobilier, objets sacrés et statues polychromes sont brûlés ou dispersés[17]. Selon la tradition locale, un menuisier, Daniel Sergent, réussit à soustraire aux profanations les prétendues reliques de saint Corentin et celles du bienheureux Jean Discalceat et les transporter en l'église d'Ergué-Armel. Le bâtiment n'est rendu à sa vocation religieuse qu'avec le Concordat. Seules les reliques de saint Corentin sont restituées à la cathédrale[18].

La restauration et l'érection des flèches au XIXe siècleModifier

 
Médaillon représentant la Cène sur l'autel d'onyx de Poussielgue-Busand, chapelle du Sacré Cœur.
 
Cathédrale au XIXe siècle - photo de J. Villard

À Quimper, vers 1838, les cabarets les plus prospères jouxtaient la cathédrale ou y étaient accolés. L'un d'eux avait même une porte donnant directement sur le porche. « Parfois on entend des chants bachiques se mêler aux chants religieux ». En sortant, on urine volontiers contre le temple sacré. La municipalité fait détruire plusieurs de ces cabarets ; l'effet ne fut pas merveilleux : leur emplacement servit d'urinoir et de dépôt d'ordures[19].

Sous l'impulsion de l'évêque de Quimper Mgr Graveran gagné aux reconstitutions d'Eugène Viollet-le-Duc, une importante campagne de restauration est confiée à l'architecte diocésain Joseph Bigot. À l'intérieur de la cathédrale, on croit « reconstituer » une atmosphère médiévale en créant des vitraux à médaillons historiés et du mobilier néo-gothique, en supprimant les retables et en recouvrant de patine ou de brou de noix les couleurs des enduits et des bois. Yan' Dargent est alors engagé pour orner les murs des chapelles de scènes tirées de l'évangile et de La Légende dorée[20].

Mgr Graveran[21] décide notamment de reprendre le projet des flèches, ébauché par Claude de Rohan. Il impose aux fidèles le « sou de saint Corentin », consistant pour chaque habitant du diocèse à donner un sou par an, pendant cinq ans, pour financer les travaux[22] d'un coût de 150 000 francs[23]. Les flèches néo-gothiques sont dressées en 1854 par Bigot, architecte du château de Kériolet. Elles sont réalisées de 1854 à 1856 par le maître-maçon Pierre Nestour et le tailleur de pierres Corentin Quéré[24]. Le peintre-verrier Émile Hirsch réalise jusqu'en 1875 23 verrières, sous la direction de Bigot[25]

La clôture de chœur est l'œuvre du ferronnier et serrurier parisien Jules Everaert qui réalise de 1866 à 1868 une grille de fer forgé d'1,70 m de hauteur. En 1875-1876, le même artisan met en place une grille en fer ouvré au-dessus des stalles en châtaignier[26].

Le fameux « autel d'or » (ancien maître-autel de la cathédrale en chêne recouvert de bronze doré et émaillé, sous un baldaquin à séraphins, œuvre de l'orfèvre Poussielgue et du statutaire Geoffroy-Dechaume, d'après les dessins de Boeswillwald) présenté à l’exposition universelle de 1867 est un présent de Napoléon III, premier chef d'État français à se déplacer officiellement à Quimper[27].

La cathédrale est classée Monument Historique sur proposition de Prosper Mérimée le 28 mars 1837 et est placée sur la liste de 1862[28].

La cathédrale au début du XXIe siècleModifier

 
Nef de la cathédrale : restitution partielle[29] de la polychromie avec les voûtains ornées d'un faux appareil, les murs et colonnes chaulés, les enduits colorés de la voûte avec ses nervures ocrées.

Malgré l'importante campagne de restauration menée dans les années 1870 par l'architecte diocésain Joseph Bigot, l'édifice souffre de désordres qui nécessitent une reprise des travaux dans le cadre des lois de programme sur les monuments historiques de 1989-1993 et 1996-1999. La cathédrale Saint-Corentin fait ainsi l'objet d'opérations de rénovation durant près de vingt ans, subventionnées par le ministère de la Culture, par le biais de la Conservation régionale des Monuments historiques, service de la DRAC Bretagne[30]. Il s'agit de consolider les structures de la cathédrale (dès 1982, les études ont montré des fissures dans les voûtes du chœur malgré le remplacement, par l'architecte diocésain Joseph Bigot, des tirants métalliques installés dès 1777), notamment par le recentrement des charges pour pallier le déversement des culées d'arcs-boutants. La restauration a également porté sur le remplacement des pierres abîmées, le traitement des fresques et la création d'un mobilier liturgique contemporain (maître-autel, cathèdre et ambon), dû au sculpteur Pierre Manoli en 1999[31]. Le choix d'une restitution de la polychromie que partielle a fait l'objet de controverses, y compris au service des Monuments historiques dont plusieurs architectes ont critiqué le manque d'audace ou la décoration aseptisée[32].

Le chœur restauré de 1988 à 1993 est inauguré à la Saint Corentin les 12 et 13 décembre 1993. La nef et ses transepts sont restaurés de 1995 à 1999, le grand orgue de 1995 à 2003, les tours et des flèches de 2004 à 2007, le portail occidental qui souffrait de nombreux maux (desquamation, désagrégation due à l’action des sels solubles, fissures dues aux efforts de compression, érosion due aux pluies battantes, croûtes noires dues à la pollution, développement de végétaux) de 2007 à 2008. L'inauguration du portail occidental, le 12 décembre 2008, marque la fin de ce travail de restauration[33].

DescriptionModifier

DimensionsModifier

Les principales dimensions de la cathédrale sont les suivantes :

Longueur totale 92,45 m (du portail au fond de l'abside)
Longueur du transept 36 m
Longueur de la nef 36 m
Hauteur voûte du vaisseau central (nef et chœur) 20,20 m
Largeur du vaisseau central m (nef)
m (chœur)
Hauteur des tours 40 m
Hauteur des flèches 35,40 m
Largeur de la façade 34 m[34].

ExtérieurModifier

FaçadeModifier

 
La façade occidentale.

La façade harmonique tripartite à deux tours, débutée au XVe siècle et finalisée sous l'épiscopat de Mgr Graveran, a un style resté proche du gothique normand du XIIIe siècle, seuls des détails comme les remplages témoignant d'un environnement flamboyant[35]. Elle a comme originalité de n'avoir qu'un portail central encadré par deux grandes baies en tiers-point, les deux portails latéraux étant déportés sur les façades nord et sud, au niveau de la première travée des bas-côtés. Ce porche est surmonté d'un mur pignon triangulaire percé de deux grandes baies superposées en plein cintre dont le maillage orthogonal traduit l'influence de l'architecture anglaise car il n'est pas sans rappeler la chœur des Anges de la cathédrale de Lincoln. Les tours hautes de 75 mètres (les flèches font quant à elles 36 mètres), sont influencées des clochers normands et découlent des recherches de la chapelle de Notre-Dame-du-Mur à Morlaix, du clocher de la chapelle Notre-Dame du Kreisker et de la flèche de l'église Saint-Pierre de Caen. Les deux tours sont percées de baies très allongées et couronnées par deux galeries ajourées et superposées, cette formule originale étant reprise et adaptée à de nombreuses églises rurales de la Bretagne occidentale[36].

Les flèches ne datent que du milieu du XIXème, entre 1854 et 1856, réalisées par l'architecte Joseph Bigot. Elles sont inspirées en grande partie de celle de l'église Notre Dame de Roscudon de Pont-Croix, datant du milieu du XVème siècle, et dans une moindre mesure de celle du Kreisker à Saint Pol-de-Léon. Elles prennent leur appui sur la plateforme qui présente une galerie de couronnement composée de trois registres : deux rangs étroits de quatre-feuilles ou de soufflets encadrant une suite d'arcatures brisées et trilobées. Quatre clochetons de forme octogonal encadrent aux quatre points cardinaux quatre baies divisées par un meneau central, surmontées d'un gâble ajouré. Dans la partie supérieure de la flèche s'échelonnent des quatre-feuilles ajourées, surmontés de petits gâbles à crochets et fleuron. Les huit ouvertures situées au sommet sont empruntés au Kreisker. Les arêtes des angles sont ornés de crochets.

La travée centrale de la façade est épaulée par une double rangée de contreforts ornés de niches superposées et couronnées d'un dais, amortis de pinacles et surmontés de fausses arcades en mitre décorant les angles de la tour[37].

Légèrement en saillie entre les contreforts, le portail est surmonté d'une terrasse avec balustrade décorée de quatre-feuilles et de mouchettes. Largement ébrasé, il comporte sept voussures disposées sur un plan biais et qui portent des culs-de-lampe, les trois voussures principales étant ornées de niches à dais garnies de statuettes d'anges couronnés dans l’attitude de l'adoration et les quatre secondaires ornés de rinceaux de feuillages. Le tore extérieur se relève en une accolade ornée de choux frisés, et amortie d'un fleuron. Cette accolade est surmontée d'un gable, qui, au lieu de lui être tangent, présente la particularité de couper au-dessus d'elle les hauts pinacles encadrant l'entrée.
Les baies géminées du grand portail étant trop étroites pour laisser passer le dais de la procession, leur trumeau central et leur tympan sont démolis en 1820 avant d'être restitués de 1866 à 1870 par l'architecte diocésain Bigot qui choisit une autre iconographie[38]. La baie d’entrée est divisée en deux par un trumeau auquel était adossée, avant 1793, la statue équestre en kersanton du duc de Bretagne Jean V (donateur important de la cathédrale). Bigot y a substitué en 1866 une figure du Christ foulant aux pieds un dragon, bénissant de la dextre et tenant le globe dans la main gauche, œuvre du sculpteur lorientais M. Le Brun qui s'est clairement inspiré des grandes cathédrales gothiques, à commencer par le Beau Dieu d'Amiens[39]. Le tympan jadis plein est désormais ajouré et orné d'une rosace rayonnante aveugle, flanquée de roses plus petites.

C'est dans le gable couronnant le portail que s'étale, selon l'archiviste Le Men, « la plus belle page héraldique que le moyen âge ait gravée en Bretagne, sur le granit de ses monuments »[40] : au centre trône le lion de Montfort assis, coiffé d’un casque sommé de deux cornes pour cimier et orné de lambrequins, tient de la patte gauche, l’écu carré de Jean V, et, de la patte droite, la hampe de la bannière de Bretagne au haut de laquelle flotte une banderolle qui porte la devise ou « cry de guerre », de ce duc : « Malo au riche duc »[41]. À droite de ces armoiries, est l’écusson en losange de Jeanne de France (parti de Bretagne et de France), mariée en 1396 au duc Jean V. Il est soutenu par deux colombes. Trois autres écus sans timbres, dont l’un est posé sur un lion couché, sont placés l’un à gauche, et les deux autres au-dessous des armes du duc. Ils représentent les trois fils, alors en bas-âge, de Jean V et de Jeanne de France. Dans l’angle inférieur du fronton, à gauche, sont les armes de l’évêque Bertrand de Rosmadec. À l’angle opposé du même fronton, à droite, est un écu couché de Guillaume de Rosmadec, père de l’évêque Bertrand, timbré d’un casque sur son angle sénestre, sommé d’un cygne pour cimier et orné de lambrequins. En dehors du fronton triangulaire, est représentée toute la noblesse cornouaillaise avec ses écus et cartouches portant leur devise. Bien que bûchés à la Révolution, il a été possible de restituer cet armorial qui était coloré et doré.

Au sommet de cette façade, est placée la statue équestre du roi Gradlon qui, selon la légende, aurait fait don de son palais au bord de l'Odet, situé à l'emplacement de l'actuelle cathédrale, à l'ermite Corentin pour y construire le sanctuaire. Une première statue du XVe siècle, en plomb, est détruite par les Sans-Culotte le 12 décembre 1793, pendant la Révolution française. Dans le contexte de renouveau culturel et de quête identitaire que connaît la Bretagne au milieu du XIXe siècle, le congrès de l'Association bretonne tenu à Quimper en 1847 lance l'idée du rétablissement de la statue équestre. L'architecte diocésain Joseph Bigot parvient à restituer une nouvelle statue, en granit, réalisée par le sculpteur Le Brun sur un modèle du statuaire Amédée Ménard, et inaugurée le 10 octobre 1858 . D'un traitement naturaliste, Gradlon veillant sur la ville est représenté sur son cheval Morvarc'h et avec tous les attributs de sa royauté : couronne sur la tête, sceptre dans la main droite, cape, collier en or autour du cou, épée sur le côté[26].

NefModifier

TranseptModifier

ChevetModifier

IntérieurModifier

NefModifier

TranseptModifier

ChœurModifier

 
Élévation.

Le chœur à quatre travées droites avec bas-côté et chapelles latérales est prolongé par un rond-point avec déambulatoire ouvrant sur cinq chapelles rayonnantes et une chapelle axiale consacrée à la Vierge, le tout mesurant 30 mètres de long[42]. La nef est composée d’une travée précédant le portail et de cinq travées avec deux collatéraux, l’un large, l’autre étroit et fractionné tardivement en chapelles latérales dont les autels sont supprimés depuis 1790[42].

Les travées du chœur traduisent l’influence normande au XVIe siècle : multiplication verticale des colonnettes dont la taille est réduite, foisonnement de nervures simples dans la mouluration des arcades au profil aigu, frise peu débordante au-dessus des grandes arcades, baies du triforium aveugle contenues dans un cadre, fenêtres hautes assez étroites[43].

Le maître d'œuvre rompt avec la mode anglaise qui superposait une élévation à trois étages avec des grandes arcades, un haut triforium à arcades géminées et des fenêtres peu élevées. Il choisit une élévation à trois niveaux dans la nef, mais avec des grandes arcades en ogive surbaissée, une double galerie composée d'un court triforium en bande (la longueur des travées étant inégale, le triforium[44] comporte cinq ou six arcs brisés à réseau d'intrados trilobé) et d'une galerie supérieure (le garde-corps de cette galerie étant ajouré de six ou sept quadrilobes), enfin des fenêtres trois fois plus hautes que le triforium. L'élévation dans les quatre travées du chœur diffère par un triforium et une galerie de circulation qui sont placées devant les fenêtres hautes[45].

Les grandes arcades sont surmontées d'une frise richement ornée dont les motifs sculptés mêlent végétaux, figures animales, petites arcatures et quatre-feuilles, attestant une probable influence normande[46].

VitrauxModifier

 
Verrière de la famille du Dresnay, dans la 4e travée de la nef

Les vitraux de la cathédrale de Quimper composent un ensemble particulièrement riche ; cependant, cet ensemble apparaît au visiteur du XXIe siècle gravement mutilé : toutes les verrières basses anciennes ont été perdues ; quant aux verrières hautes, une grande part d'entre elles est, au moins en partie, ancienne, mais les restaurations menées depuis le XIXe siècle, très lourdes, rendent difficile la distinction entre les éléments anciens et modernes. La plupart des verrières anciennes conservées, au moins en partie, remontent aux travaux du XVe siècle[47]. L'ensemble des vitraux des parties hautes ont été déposés en 1942, puis reposées dans les années 1950-1960[48].

Les verrières hautesModifier

Le chœurModifier

Les verrières hautes du chœur ont été exécutées vers 1415-1417, alors que les voûtes du haut chœur étaient en voie d'achèvement. Il subsiste assez peu de panneaux intacts de cette période, mais le programme iconographique demeure lisible : la baie axiale figurait un Calvaire autour duquel s'alignaient des saints abrités par des niches d'architecture figurée, accompagnés de donateurs clercs (au nord) ou laïcs (au sud). Ces donateurs, issus de l'aristocratie cornouaillaise sauf pour les vitraux du rond-points offerts par le duc Jean V et son épouse, ont choisi leur saint, d'où des redites dans le programme ; en outre, ils avaient initialement fait figurer leurs armoiries au tympan des verrières[49]. On peut reconnaître plusieurs factures différente, ce qui indique l'intervention d'au moins quatre ateliers : certains utilisent plus que d'autres le jaune d'argent ; les structures des dais sont assez différentes d'une baie à l'autre. Quoi qu'il en soit, ces verrières présentent des différences avec les principales productions connues de la période, la maîtresse-vitre de l'église de Runan due à un maître verrier trégorois et les vies de saint Gilles et de saint Nicolas, à Malestroit, de facture rennaise, ce qui semble indiquer la présence à Quimper d'un centre artistique actif avec plusieurs ateliers de verriers au début du XVe siècle[50].

Le Calvaire de la verrière d'axe ainsi que les deux fenêtres immédiatement latérales, abîmées, sont remplacées par le maître-verrier Julien-Léopold Lobin en 1856[49]. En 1866, Antoine Lusson restaure les verrières des travées droites ; il n'intervient guère sur celles du nord, encore en bon état, mais change de nombreux panneaux des baies méridionales. Après ce travail de restauration, les vitraux de Lobin juraient, et Lusson est chargé de les remplacer par des copies des anciennes, dont certains panneaux étaient conservés à la cathédrale ; le Calvaire de Lobin est installé par la suite à l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Les verrières ont fait l'objet d'une nouvelle restauration en 1989-1993 par les ateliers Le Bihan, pour les verrières nord, et Messonet, pour les verrières sud. Quant aux panneaux anciens, ils demeurent probablement dans le fond d'atelier Lusson jusqu'à la mort de son successeur, Pierre-Georges Bardon, en 1905. Ils sont alors dispersés, la Crucifixion est remontée dans la chapelle du château de Castelnau-Bretenoux, tandis que les autres éléments, plus fragmentaires, transitent dans des collections normandes avant de parvenir à Paris où ils sont aujourd'hui conservées en mains privées[51]. D'autres fragments, notamment des têtes issues de diverses baies, sont réapparues en 2006, dans une autre collection privée du sud-ouest de la France[52].

Le transept et la nefModifier
 
Verrière des Kerloaguen, dans la 4e travée de la nef

Les verrières du transept et de la nef ont quant à elles été exécutées à la fin du XVe siècle, après l'achèvement de la construction de ces parties du monument, sans doute après 1493 et la pose des voûtes de la nef. L'une d'entre elles, sur le mur est du bras sud du transept, porte une inscription avec la date de 1496 ; cependant, deux des lancettes ne font pas partie du programme initial choisi par les donateurs de la famille de Tréanna et ont été ajoutées postérieurement : celles représentant le Christ ressuscité et la Charité de saint Martin, cette dernière provenant peut-être d'une verrière basse dans les chapelles de la nef[53]. Le choix iconographique d'une longue suite de portraits de saints sous des dais d'architecture a été maintenu, sauf dans les baies 116 et 127, cette dernière étant un remploi provenant peut-être d'une fenêtre basse. Malgré l'unicité du programme iconographique, le transept et la nef se distinguent du chœur par les coloris du vitrail, nettement plus soutenus à la fin du XVe siècle du fait de l'évolution des goûts et de la technique du vitrail[48]. Certaines verrières présentent des similitudes stylistiques avec d'autres vitraux de l'époque : avec la grande verrière de la Passion de Locronan, avec des vitraux de Notre-Dame de Kerdévot, avec des panneaux de l'église de Brennilis, et enfin avec les verrières réalisées par Laurent et Olivier Le Sodec à Plogonnec et à Notre-Dame de Kerfeuteun à Quimper pour la verrière offerte par Jean Le Baillif dans le transept[54].

Les verrières ont plus souffert du passage du temps que celles du chœur et sont donc moins authentiques. Les vitraux ont été restaurés par l'atelier Le Bihan en 1995[48].

Les verrières bassesModifier

La quasi-totalité des verrières basses est postérieure à la Révolution française : certaines fenêtres étaient obturées, et d'autres qui avaient eu des verrières anciennes, les avaient vues remplacées par des vitreries blanches dès le XVIIe siècle. Un grand chantier visant à constituer un ensemble de vitraux pour les verrières basses est engagé par Mgr Sergent, évêque à partir de 1856. Cet effort se poursuit jusque dans les années 1900. Il permet à la cathédrale de Quimper de posséder aujourd'hui des vitraux de plusieurs peintres verriers renommés de la deuxième moitié du XIXe siècle : Lobin, Steinheil, Emile Hirsch, Eugène-Stanislas Oudinot, Claudius Lavergne... Des commandes plus récentes viennent compléter cet ensemble : Hubert de Sainte-Marie dans les années 1950, puis Jacques Gruber, Josette Mahuzier et Anna Stein dans les deux dernières décennies du XXe siècle[55].

MobilierModifier

La cathédrale de Quimper conserve un riche patrimoine mobilier dont vingt-huit éléments sont protégés au titre des monuments historiques : un autel médiéval, la chaire à prêcher, l'orgue une demi-douzaine de dalles funéraires, ainsi que des statues, reliefs et groupes sculptés et une cloche du XIVe siècle.

Dalles funérairesModifier

 
Tombeau de Bertrand de Rosmadec, évêque de Cornouailles

La cathédrale abrite un ensemble de dalles funéraires, dont six sont protégées au titre des monuments historiques depuis le . La plus ancienne est celle d'Even de la Forest, évêque de Cornouailles de 1283 à 1290. Réalisée en 1296, cette pierre tombale est un dalle sculptée en relief, figurant le défunt identifié par une épitaphe en latin[56]. La suivante par ordre chronologique est celle de Geoffroy le Marhec, évêque de Cornouailles de 1357 à 1383. Située sous un enfeu, dans une chapelle du déambulatoire, elle a sans doute été réalisée dans le quatrième quart du XIVe siècle, compte tenu de la date de décès du défunt, identifié par une inscription[57]. Suit Gatien de Monceaux, évêque de 1408 à 1416, dont la dalle de pierre est également abritée par un enfeu dans une chapelle ; là encore, on voit une effigie du défunt[58]. Son successeur, Bertrand de Rosmadec, a également une dalle funéraire à son effigie, dans une chapelle du déambulatoire[59]. Un dernier évêque est identifié par une dalle funéraire : Raoul Le Moël, évêque de 1493 à 1501, dont le tombeau se trouve dans un enfeu de la chapelle baptismal, au bas-côté gauche de la nef[60]. Enfin, à ces évêques s'ajoute un chanoine, Pierre de Quinquis, dans un enfeu d'une chapelle du déambulatoire. Le défunt représenté en effigie est mort en 1459[61].

Chaire à prêcherModifier

 
Chaire à prêcher

La chaire à prêcher de la cathédrale a été classée au titre des monuments historiques en même temps que les dalles funéraires. Sculptée et construite en 1679-1680 par le sculpteur Olivier Daniel et le menuisier Jean Michelet, elle est ornée de scènes de la vie de saint Corentin. L'ensemble est fait de bois, les scènes hagiographiques ont été dorées[62].

SculpturesModifier

La cathédrale abrite également de nombreuses sculptures, dont six sont protégées au titre des monuments historiques. La plus ancienne est une tête de Christ en bois qui a pu être produite au XIIe ou XIIIe siècle. Conservée dans la première chapelle nord de l'édifice, elle est classée au titre des monuments historiques depuis le [63].

Plusieurs objets protégés remontent au XVIe siècle. C'est notamment le cas d'un groupe sculpté en ronde-bosse, en bois polychrome et doré, qui représente sainte Anne et la Vierge enfant. D'une hauteur d'environ 70 cm, cet ensemble est conservé dans la deuxième chapelle au sud de la travée droite de chœur. Il est classé au titre des monuments historiques depuis le [64].

 
Saint Yves entre le riche et le pauvre

De la même époque date un groupe sculpté en bois polychrome représentant saint Yves entre le riche et le pauvre. Composé de trois statuettes d'un peu plus d'1 m de haut, cet ensemble est classé depuis le [65].

Contemporain des deux précédents, un haut-relief d'albâtre représente saint Jean Baptiste. Il est considérablement plus haut que les précédents, mesurant 2,15 m. Conservé dans la chapelle des fonts baptismaux, il est classé au titre des monuments historiques depuis le [66].

Dans le même matériau, un petit retable composé de panneaux en bas-reliefs date également du XVIe siècle. Placé sur l'autel d'une chapelle du déambulatoire, il représente le Christ entouré des quatre vertus théologales et est classé au titre des monuments historiques depuis le [67].

Un peu plus tardive est une statue de saint Jean Discalceat, accompagnée d'un reliquaire : la statue de bois a été taillée au XVIIIe siècle et le reliquaire en laiton a été fabriqué au cours du siècle suivant. L'ensemble est inscrit au titre des monuments historiques depuis le [68].

 
Notre-Dame d'Espérance

Enfin, une statue en marbre de la Vierge à l'Enfant, appelée Notre-Dame de l'Espérance, est l'oeuvre du sculpteur Auguste Ottin. D'une hauteur d'environ 1,22 m, elle est datée de 1846, est conservée le long du mur sud de la cathédrale et est classée au titre des monuments historiques depuis le [69].

Table d'autelModifier

Une table d'autel remontant au XIIIe siècle est conservée à la cathédrale. Une inscription indique qu'elle a été consacrée le par Alain Ribelin, probablement Alain Rivelen, évêque de Cornouailles de 1290 à 1300. Cette table d'autel est classée aux monuments historiques depuis le [70].

ClochesModifier

La cathédrale contient une sonnerie de six cloches de volée électrique en lancé-franc, répartie entre les deux tours ; les deux plus grosses, ou bourdons sont dans la tour sud, tandis que les quatre autres sont dans la tour nord :

  • Cloche 1 : Cécile-Joséphine ; 1,66 m de diamètre ; 3 000 kg ; refondue en 1837 par Briens Frères (Morlaix) ; Sib2
  • Cloche 2 : Marie ; 1,56 m de diamètre ; 2 200 kg ; fondue en 1880 par Bollée & Fils (Le Mans) ; Do3
  • Cloche 3 : Marie-Joseph ; 1,25 m de diamètre ; 1 098 kg ; fondue en 1923 par Cornille-Havard (Villedieu-les-Poêles) ; Mib3
  • Cloche 4 : Eugénie ; 1,10 m de diamètre ; 805 kg ; fondue en 1923 par Cornille-Havard (Villedieu-les-Poêles) ; Fa3
  • Cloche 5 : Marguerite-Marie ; 0,99 m de diamètre ; 564 kg ; fondue en 1923 par Cornille-Havard (Villedieu-les-Poêles) ; Sol3
  • Cloche 6 : Pia ; 0,81 m de diamètre ; 305 kg ; fondue en 1923 par Cornille-Havard (Villedieu-les-Poêles) ; Sib3[71]

Face à la dégradation du beffroi nord, il est décidé, en , de ne plus faire sonner que Eugénie (la cloche 3) avec les 2 grosses cloches de la Tour Sud[72] ; puis, les sonneries des cloches de la tour nord sont remplacées, à partir de , par des enregistrements, le temps de faire des travaux de consolidation[73].

Outre les 6 cloches de volée, l'édifice possède également trois cloches fixes, autrefois reliées à l'Horloge et situées sur la plateforme entre les deux tours, derrière la statue équestre du roi Gradlon :

  • Cloche +1 : Marie ; 0,97 m de diamètre ; fondue en 1312 ; Mib (provient de la chapelle Notre-Dame du Guéodet, détruite au début du XIXe siècle ; cette cloche est classée au titre des Monuments Historiques depuis le [74])
  • Cloche +2 : 0,57 m de diamètre ; fondue en 1830 par Viel Aîné (Quimper) ; Lab
  • Cloche +3 : 0,48 m de diamètre ; Sol[75]

Ce qui fait au total (avec les six cloches de volée) un ensemble campanaire de neuf cloches.

OrgueModifier

La cathédrale de Quimper disposait dès le XVIe siècle d'un orgue construit en 1524 par Hervé Guillemyn. Il est remplacé par un nouvel instrument en 1643-1646 par Robert Dallam, facteur anglais réfugié en France pour fuir son pays dominé par Oliver Cromwell, qui construit entièrement un nouvel instrument et son buffet. L'instrument est révisé plusieurs fois au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, notamment à l'issue de la Révolution française : on lui ajoute alors plusieurs tuyaux provenant des Jacobins de Morlaix. Malgré une restauration en 1816, l'instrument se dégrade progressivement ; en outre il est de moins en moins au goût du jour. Il est assez lourdement restauré et transformé par Aristide Cavaillé-Coll en 1846 ; le facteur renommé conserve cependant le buffet de Dallam et une partie des tuyaux. De nouvelles restaurations ont lieu en 1900 et 1958-1971, qui suppriment presque entièrement la tribune XVIIe siècle. De cette époque ne subsistent aujourd'hui que le cromorne, quelques bourdons et des pieds d'anches, ainsi que le buffet avec la frise à rinceaux et le balcon à balustres de bois ; la plus grande partie de l'orgue remonte à Cavaillé-Coll et le reste aux facteurs intervenus au cours du XXe siècle[76].

Inscrit au titre des monuments historiques en 1989, l'orgue avec son buffet est classé au titre des monuments historiques en 1992[77].

 
Les grande orgues


Composition

Positif
56 notes
Montre 8'
Dessus de flûte 8'
Bourdon 8'
Prestant 4'
Flûte 4'
Nazard 2 2/3'
Doublette 2'
Tierce 1 3/5'
Larigot 1 1/3'
Fourniture III
Cymbale III
Trompette 8'
Cromorne 8'
Tremblant
Grand-Orgue
56 notes
Montre 16'
Bourdon 16'
Montre 8'
Bourdon 8'
Flûte harmonique 8'
Viole de gambe 8'
Prestant 4'
Flûte 4'
Grande Tierce 3 1/5'
Nazard 2 2/3'
Doublette 2'
Quarte 2'
Tierce 1 3/5'
Fourniture V
Cymbale IV
Chamade 8'
Bombarde
56 notes
Grand Cornet V
Bombarde 16'
1ere Trompette 8'
2e Trompette 8'
Voix humaine 8'
Clairon 4'
Tremolo
Récit expressif
56 notes
Flûte harmonique 8'
Bourdon 8'
Gambe 8'
Voix céleste 8'
Flûte octaviante 4'
Octavin 2'
Flageolet 1'
Cornet IV
Basson 16'
Hautbois 8'
Trompette 8'
Voix humaine 8'
Clairon 4'
Pédale
30 notes
Bourdon 32'
Soubasse 16'
Flûte 16'
Flûte 8'
Flûte 4'
Bombarde 16'
Basson 16'
Trompette 8'
Clairon 4'

GalerieModifier

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Notes et référencesModifier

  1. L'évêque fait prévaloir l'appellation basilique pour la cathédrale Saint-Corentin[1]
  2. Philippe Bonnet et François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque, , p. 18
  3. a b et c Le Bihan et Villard 2005, p. 145
  4. Autissier 2005, p. 356.
  5. a et b Le Bihan et Villard 2005, p. 146
  6. Le Bihan et Villard 2005, p. 222
  7. Tanguy Daniel et Anne Brignaudy, Les vitraux de la Cathédrale Saint-Corentin de Quimper, Presses universitaires de Rennes, , p. 26
  8. a et b Philippe Bonnet et François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque, , p. 205
  9. Le Bihan et Villard 2005, p. 224
  10. Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Quimper, Éditions Palantines, , p. 54
  11. Jean-Pierre Bayard, La tradition cachée des cathédrales : du symbolisme médiéval à la réalisation architecturale, PÉditions Dangles, , p. 108
  12. jean-yves cordier, « La Collégiale du Folgoët. I. L'Autel des anges. », sur aile.com, Le blog de jean-yves cordier, (consulté le 30 septembre 2020).
  13. Allain Cap, né le à Lesneven, mort le
  14. Charles-François Farcy et François-Fortuné Guyot de Fère, Le Foll-Goët, "Journal des artistes : annonce et compte rendu des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure, lithographie, poésie, musique et art dramatique", 1844, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k423911m/f313.image.r=Cuburien?rk=1072966;4
  15. Roland Villeneuve, Les procès de sorcellerie, Payot, , p. 60
  16. Philippe Bonnet et François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque, , p. 45
  17. On retrouve ainsi un vitrail de la cathédrale au château de Castelnau-Bretenoux, dans le Lot, acquis par Jean Mouliérat, son dernier propriétaire privé. [2]
  18. Louis Le Guennec, Histoire de Quimper Corentin et son canton, Les Amis de Louis Le Guennec, , p. 467
  19. Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, (ISBN 978-2-918135-37-1)
  20. Philippe Bonnet et François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque, , p. 76
  21. Le vitrail de 1856 dans la chapelle de Saint-Pierre rappelle la construction des flèches édifiées par l'évêque. Une statue en calcaire qui signale sa sépulture rappelle également ce fait : le prélat qui porte la légion d'honneur tient dans sa main un parchemin sur lequel est gravé l'épure des tours et des flèches.
  22. Chantal Leroy, Dominique de La Rivière, Cathédrales et basiliques de Bretagne, Éditions Ereme, , p. 102
  23. Journal L'Impartial du Finistère, no 366 du 25 février 1854
  24. Jean-Yves Quéméner, Quimper, Alan Sutton, , p. 13
  25. Philippe Bonnet, Quimper, la cathédrale, Paris, Zodiaque 2003, p. 67 et passim.
  26. a et b Philippe Bonnet et François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque, , p. 78
  27. Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Quimper, Éditions Palantines, , p. 98
  28. Notice no PA00090326, base Mérimée, ministère français de la Culture
  29. La restitution des mouchetures d'hermines n'a pas été adoptée.
  30. DRAC Bretagne, « Quimper, histoire d'un restauration », (consulté le 2 juillet 2010)
  31. Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Quimper, Éditions Palantines, , p. 56
  32. Philippe Bonnet et François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque, , p. 86
  33. CATHÉDRALE SAINT-CORENTIN DE QUIMPER. INAUGURATION DU PORTAIL OCCIDENTAL 12 décembre 2008, p. 4
  34. CATHEDRALE SAINT-CORENTIN
  35. Michel Chevalier, La France des cathédrales : du IVe au XXe siècle, Éditions Ouest-France, , p. 181
  36. Pierre Chirol, « Le pays normand et son architecture », dans La construction moderne, 45e année, no 3, 20 octobre 1929, p. 38
  37. Chantal Leroy, Dominique de La Rivière, Cathédrales et basiliques de Bretagne, Éditions Ereme, , p. 87
  38. Philippe Bonnet et François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque, , p. 52
  39. Philippe Bonnet et François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque, , p. 94
  40. R. François Le Men, Monographie de la cathédrale de Quimper, Jacob, , p. 209-210
  41. Manière pour les aïeux d'Anne de Bretagne de montrer leur mécénat mais surtout leur autorité ducalz sur la ville.
  42. a et b R. François Le Men, Monographie de la cathédrale de Quimper, Jacob, , p. 115
  43. CATHÉDRALE SAINT-CORENTIN DE QUIMPER. INAUGURATION DU PORTAIL OCCIDENTAL, 12 décembre 2008, p. 15
  44. Le triforium se développe entre deux cordons moulurés à tore et cavet.
  45. Philippe Bonnet et François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque, , p. 164
  46. Philippe Bonnet et François Talairach, Quimper : la Cathédrale, Éditions Zodiaque, , p. 122
  47. Gatouillat et Hérold 2005, p. 172.
  48. a b et c Gatouillat et Hérold 2005, p. 174.
  49. a et b Gatouillat et Hérold 2005, p. 172-173.
  50. Gatouillat 2009, p. 295-297.
  51. Gatouillat et Hérold 2005, p. 173-174.
  52. Gatouillat 2009, p. 294.
  53. Gatouillat 2009, p. 299.
  54. Gatouillat 2009, p. 299-300.
  55. Gatouillat et Hérold 2005, p. 175-176.
  56. « Dalle funéraire d'Even de la Forest, évêque de Léon », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 4 avril 2020)
  57. « Dalle funéraire de Geoffroy Le Marhec, évêque de Quimper », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 4 avril 2020)
  58. « Dalle funéraire de Gatien de Monceau », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 4 avril 2020)
  59. « Tombeau et dalle funéraire de Bertrand de Rosmadec, évêque », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 4 avril 2020)
  60. « Dalle funéraire de Raoul Le Moël, évêque », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 4 avril 2020)
  61. « Tombeau et dalle funéraire de Pierre de Quinquis, chanoine », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 4 avril 2020)
  62. « Chaire à prêcher : Scènes de la vie de saint Corentin », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 5 avril 2020)
  63. « Statue (tête) : Christ », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 5 avril 2020)
  64. « Groupe sculpté : Sainte Anne et la Vierge enfant », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 5 avril 2020)
  65. « Groupe sculpté : Saint Yves entre le Riche et le Pauvre », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 5 avril 2020)
  66. « Haut-relief : Saint Jean-Baptiste », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 5 avril 2020)
  67. « Bas-relief : Le Christ entouré des quatre vertus théologales », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 5 avril 2020)
  68. « Statue : Saint Jean Discalceat dit Santik Du ; reliquaire », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 5 avril 2020)
  69. « Groupe sculpté : Vierge à l'Enfant dite Notre-Dame de l'Espérance », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 5 avril 2020)
  70. « Table d'autel », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 5 avril 2020)
  71. Celton 2013, p. 263-268.
  72. Basile CAILLAUD, « Quimper. Quelque chose cloche dans la tour nord de Saint-Corentin », sur Ouest-France.fr, (consulté le 4 avril 2020)
  73. Basile CAILLAUD, « VIDÉO. Quimper : pourquoi les cloches de la cathédrale carillonnent-elles ce mercredi 4 décembre ? », sur Ouest-France.fr, (consulté le 4 avril 2020)
  74. « Cloche », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 4 avril 2020)
  75. Jean-Yves Cordier, « Kleier Kemper : les cloches de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper. », sur Le blog de jean-yves cordier (consulté le 4 avril 2020)
  76. « Quimper, cathédrale Saint-Corentin », sur orguesfrance.com (consulté le 4 avril 2020)
  77. « Orgue de tribune : buffet d'orgue », sur www.pop.culture.gouv.fr (consulté le 4 avril 2020)

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Anne Autissier, La sculpture romane en Bretagne, XIe-XIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-0066-2). 
  • Philippe Bonnet, Quimper. La cathédrale, Paris, Zodiaque, (ISBN 2-7369-0296-3). 
  • Yann Celton, « Les cloches », dans Jean-Marie Le Vert, Quimper. La grâce d'une cathédrale, Strasbourg ; Paris, La Nuée bleue ; Place des Victoires, , 413 p. (ISBN 978-2-8099-1072-8), p. 263-268.
  • Tanguy Daniel (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, Rennes & Quimper, Presses universitaires de Rennes & Société archéologique du Finistère, , 287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).
  • Yves Gallet, « Quimper, cathédrale Saint-Corentin. L'architecture (XIIIe – XVe siècle) », Congrès archéologique de France « Finistère 2007 »,‎ , p. 261-292.
  • Yves Gallet, « Les ducs, l'argent, les hommes ? Observations sur la date présumée du chevet rayonnant de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper (1239) », dans Le prince, l'argent, les hommes au Moyen Âge. Mélanges offerts à Jean Kerhervé, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-0602-2), p. 103-116.
  • Françoise Gatouillat et Michel Hérold, « Quimper. Cathédrale Saint-Corentin », dans Les vitraux de Bretagne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Corpus Vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France » (no 7), , 367 p. (ISBN 2753501513), p. 172-182.  
  • Françoise Gatouillat, « Quimper, cathédrale Saint-Corentin. Les vitraux anciens », Congrès archéologique de France « Finistère 2007 »,‎ , p. 293-301. 
  • Jean-Paul Le Bihan (dir.) et Jean-François Villard, Archéologie de Quimper : matériaux pour servir l'Histoire, t. 1 : De la chute de l'empire romain à la fin du Moyen Âge, Quimper & Saint-Thonan, Centre de Recherche Archéologique du Finistère & éditions Cloître, , 459 p. (ISBN 2-910981-06-1). 
  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Guide du patrimoine. Bretagne, Paris, Monum. Éditions du Patrimoine, (ISBN 2-85822-728-4), p. 375-383.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier